Archives pour la catégorie “Méditerranée”

Là-bas sur l’horizon glisse un paquebot blanc :
Un prodige marin quasiment aussi grand
Qu’un énorme building. C’est un phénoménal
M’as-tu vu chamarré comme le général

D’un pays d’opérette ; une sorte de ville
Flottant sur l’eau bonace ; un monstre bien tranquille
Ayant tout oublié des dangers de la mer
Et tout pétaradant de bruit et de lumière.

On n’y songe qu’à rire et à bien profiter
Des multiples plaisirs et des nombreux attraits
Qu’offre la vie moderne : ébats dans la piscine,
Bains de soleil et flirt, délicieuse cuisine !

La croisière s’amus(e), la fête bat son plein…
Au grand dam de Neptune. Aussi le dieu marin
Vient-il de décider d’y mettre le holà :
Il va se divertir et ça leur apprendra !

Rameutant à grands cris le vent et le tonnerre,
Le monstre se déchaîne et fait vivre un enfer
Aux pauvres malheureux qui croyaient oublier
Que la vie n’est qu’ennuis dans un monde bien laid…

L’énorme paquebot n’est plus sur la mer folle
Qu’une sorte d’esquif qui saute et cabriole
Comme coquille de noix ! Chacun n’est plus qu’effroi
Et admet humblement que seul Neptune est roi,

Le priant ardemment de sauver le bateau.
Magnanime, il écoute et maîtrise les flots
Qui baissent le museau. Quant aux gens, ils sont verts,
Mais ils ont bien compris ce qu’est vraiment la mer.

 

 

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poème illustré par un tableau de :

Vera Pagava
(1907-1988)

Je suis doux et bouclé comme un tendre mouton
Et j’aime m’enrouler autour du corps bien rond
De ma jolie Emma. Quand elle sent le sel,
Juste après la baignade ! Elle essuie ses aisselles,

Ses jambes et ses bras… d’autres choses encore !
J’ai, comme dirait l’autre, une fonction en or !
Et puis elle m’étend sur le sable doré
Et se couche sur moi. Mon Dieu ! si vous saviez…

Voici bien des années que je vis ce servage
Et je vieillis pas mal, malgré tous les lavages.
J’étais bleu outremer, mais ma teinte qui passe
Est un brin délavée. Si ma couleur la lasse,

J’ai peur qu’elle me jette. Et le qu’en dira-ton
Dit que je pourrais bien me muer… en chiffon !
L’usure me détruit, j’ai du mal à survivre,
Mais vous m’imaginez, faisant briller les cuivres ?

Enfin, ça va encor : Emma n’est pas bêcheuse.
Elle aime ma douceur, la texture moelleuse
De mon coton épais. On va continuer
A aller à la mer pour s’y faire bronzer…

 

 

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Poème illustré par un tableau de :

Laurence Malherbe
www.gecko-rouge.net

L’été est revenu et ses jours lumineux
Nous paraissent sans fin ; immuablement bleu,
Le ciel a oublié ce qu’était un nuage
Et l’on est tout content d’avoir tourné la page.

Il faudrait maintenant que notre cher soleil
Fasse de gros efforts : depuis peu à Marseille,
On recommence à voir des baigneurs sur les plages
Qui mettent à bronzer autant force que rage,

Car  ici nul n’a honte de trop dénuder
Son corps parfois bien fait, mais souvent trop replet ;
Et ces seins tout flapis, ces bedons étalés
Seraient bien plus jolis s’ils étaient mordorés !

L’astre-roi ne sait plus où donner de la tête ;
Il est si fatigué qu’une bonne trempette
Lui ferait un bien fou ! Mais ce n’est qu’à neuf heures
Qu’il pourra se plonger, pour son plus grand bonheur,

Tout là-bas, à l’ouest, derrière l’horizon.
Pour le moment, c’est vrai, ils perdent la raison,
Tous ces gens ne rêvant que d’être bien grillés,
Barbecuetés et frits, boucanés, rissolés !

Mais pour notre glouton, c’est un fameux festin
Que l’épiderme blanc de ces pauvres crétins
Qui vont vite saisir qu’à s’exposer ainsi
Ils jouent avec leur peau de joyeux ahuris !

Souffrir pour être beau, ruisseler de sueur,
Et rester immobile et des heure(s) et des heures…
Il est vrai qu’à Marseille on va devoir peler
Pour être enfin admis dans le Club des bronzés !

 

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Poème illustré par un tableau de :

Jacques Testa
www.tableaux-testa.net

J’ai besoin de soleil et j’ai soif de lumière !
Où pourrais-je en trouver autant que par ici
Quand s’annonce l’été ? Et quand enfin la mer
Transforme sa clameur en un doux clapotis.

Et ce bleu infini du ciel interminable
Quand les jours sont si longs ? En est-il de plus pur ?
Cette tiédeur de l’eau, cette chaleur du sable
Qui font monter en vous comme un goût de luxure,

En quelle autre région pourrait-on les trouver ?
Le soleil et la mer, la lumière et le ciel
Incroyablement bleu si souvent dans l’année !
Ce pays est béni et vous donne des ailes

Car l’âme est plus légère au cours de ces longs jours
Immuablement clairs. Pas trop chaud, pas trop frais :
Ce temps presque parfait devrait durer toujours !
Provence-paradis dès le début de mai !

 

 

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Sonnet illustré par un tableau de :

Ivan Aïvazovski
(1817-1900)

La Méditerranée clapote au clair de lune ;
La brise virevolte et des bribes d’écume
Volettent ça et là sur les vagues marine
Ourlées d’un lé d’argent. La mer qui dodeline

Oscille en soupirant sous le ciel lumineux
D’une nuit du mois d’août. La nue est encor bleue,
Et la côte au lointain la hachure de noir.
Pas encore la nuit, plus tout à fait le soir :

C’est l’heure délicieuse où il fait enfin frais.
Plaqué au firmament, le visage de craie
De la planète éteinte est celui d’un Pierrot.

La Méditerranée qui reflète sa face
Ondoie infiniment. La vibration de l’eau
Ronfle sous le ciel clair, comme une contrebasse.

 

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Poème illustré par un tableau de :

Man Ray
(1890-1976)

Honoré le pêcheur vivait au Lavandou.
Honoré ? Il l’était ! Car notre pescadou
Etait le géniteur de quatre jolies filles :
Madelon, Magali, Marguerite et Camille.

Camille était bizarre : elle adorait nager
En ces temps où la mer suggérait le danger !
Sujette émerveillée d’une étrange passion,
Elle aimait plus que tout l’univers des poissons.

Mais ce qu’on ignorait, c’était que la donzelle
Cachait farouchement un don exceptionnel :
Quand elle était sous l’eau, elle y pouvait rester
Tout comme les tritons, sans devoir respirer !

Pratiqué chaque jour et quel que soit le temps,
Ce rite paraissait tout de même inquiétant…
Et quand cette manie tourna à l’obsession,
Honoré le pêcheur, se posant des questions,

Ordonna à ses soeurs de la mieux surveiller :
Il leur fallut deux jours pour trouver son secret…
Et à lui un instant pour enjoindre à sa fille
D’en faire profiter sa nombreuse famille :

Camille irait nager aux tréfonds des grands fonds
Pour rabattre vers lui ces énormes poissons
Nombreux comme, dit-on, grains de sable à l’Anglade :
La fortune assurée contre une promenade !

Sous les yeux sidérés de toute la tribu,
Elle se rebiffa, outrée et fort émue :
« Père, je suis marrie de vous désobéir ;
Mais jamais, mes amis, ne pourrai les occire ! »

Et puis elle plongea définitivement
Au sein de cette mer aimée passionnément :
La Méditerranée devenue son royaume
Qui lui fit oublier l’indignité des Hommes.

Elle y vit désormais comme une vraie poissonne,
Ne devant rendre compte à rien ni à personne.

 

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Au creux de l’onde noire, une ombrelle nacrée
Se gonfle et se dégonfle au gré du courant chaud.
Un dôme iridescent, transparent et léger ;
Hémisphère diaphane ondoyant sous les eaux.

Dans son sillage traînent des filaments bleus,
Comme une chevelure étrange et sinueuse
Ondulant sous la mer ; flagelles vénéneux
D’une ombelle irisée, délicate et gracieuse !

Mais bientôt le courant la pousse vers la plage,
La posant sur le sable avec tact, en douceur ;
Et le temps insidieux se met vite à l’ouvrage,
Asséchant sa beauté d’un souffle destructeur.

Bientôt ne reste plus de la bulle moirée
Qu’une bouse malsaine, un petit tas bourbeux !
Elle était arc-en-ciel en Méditerranée
Et n’est plus maintenant qu’un immondice honteux.

 

 

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Un gros soleil tout rond darde partout en France
Ses longs rayons d’argent. Ils sont un peu usés
Mais encor très ardents ; et même la Provence
N’en revient toujours pas de cet ultime été.

On est le six octobre : il fait trente degrés ;
Tout aussi chaud, vraiment, qu’en plein coeur du mois d’août !
Les gens en sont ravis, et les plages bondées
Comme lors des beaux jours ! Il ne fait aucun doute

Que ce n’est qu’un sursis ; alors profitons-en…
Même si les marchands d’habits font grise mine
Car ils n’ont pas prévu que ces maudites gens
Se croiraient en été. Ils râlent et fulminent

Devant bottes, bonnets, manteaux matelassés
Très inutilement présents à l’étalage.
Ils les vendront plus tard ! Et nous, les Marseillais,
Nous nous délectons tous, avec force, avec rage,

De la chance inouïe qu’est pour nous ce miracle :
L’été au mois d’octobre et la plage en automne !
Le Prophète assailli, le soleil au pinacle !
Il paraît qu’au Prado un platane bourgeonne…

 

 

 

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Poème illustré par un tableau de :

Jean-Marc Janiaczyk
jean-marc.janiaczyk.pagesperso-orange.fr

Une harmonie parfaite et le juste milieu !
Le ciel est bleu layette, éclairant Mandelieu
De la lumière tendre du nouveau printemps.
La Méditerranée cligne et l’horizon s’étend

Jusqu’aux lointains confins d’un monde inachevé…
La mer est comme un songe, et l’on pourrait rêver
Qu’elle baigne là-bas des côtes inconnues
Avec les mêmes flots, existant à l’insu

Des Hommes de chez nous. Il fait très doux ce soir
Et les premières fleurs embaument l’air ivoire.
Brise molle agitant les plumes d’un palmier,
Le vent emporte au loin l’odeur des orangers

Qui fleurissent déjà sur les rives australes.
La côte y est d’azur et le temps idéal,
Juste comme il faudrait qu’il soit infiniment.
Les mimosas dorés chuchotent doucement…

 

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Poème illustré par un tableau de :

Catherine Thivrier-Forestier
www.livegalerie.com

Je hais le vent d’hiver et ces longs beuglements
Qu’il pousse à la folie quand il est déchaîné ;
Quand il se rue du Nord vers le Midi pelé
Par le gel de décembre. Il est le vent dément

Qu’on appelle mistral au pays de Provence.
Il est le vent d’hiver, dont les hululements
D’animal pris au piège et né du Léviathan
Font trembler les maisons et leurs toits en souffrance

Sous ses coups de boutoir. Il est un monstre froid
Ne sachant que souffler haine et grand’démesure ;
Torturant les bateaux, déchirant les voilures,
Il n’aime qu’engendrer la tourmente et l’effroi.

Il ne craint que la pluie : c’est elle qui le vainc
De ses longs doigts glacés et qui le paralysent.
Il se calme soudain et la mer devient grise
Sous le doux clapotis. Le mistral fou qui geint

S’effondre sur lui-même en devenant soupir ;
Et puis il disparaît, soufflé comme la flamme
D’une simple bougie dont on a éteint l’âme.
La Méditerranée peut enfin s’assoupir…

 

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Poème illustré par un tableau de :

Etienne Bonnot

www.bonnotpeinture.canalblog.com

On est le dix juillet. Le temps est somptueux,
Merveilleusement clair, et la mer est si bleue
Qu’on n’en croit pas ses yeux. On ne voit plus le sable
Tant il y a de monde. Vacances admirables ?

Eh bien, non, justement ! Car il n’y a personne
Dans l’eau bien trop glacée ! Pas de cris qui résonnent
Joyeux et excités dès que gicle une vague !
On n’en peut vraiment plus et l’été extravague !

C’est la faute au mistral fougueux et déglingué
Qui nous a refroidi la Méditerranée.
Que se passe-t-il donc ? On a la peau grenue
Comme peau de poulet, et hier il a plu !

Tout bain paraît longuet : l’eau à quinze degrés
N’est pas très attrayante et l’on va au Musée…
Bien sûr, c’est mieux chez nous qu’ailleurs partout en France,
Mais ce n’est pas un temps très normal en Provence

Que cet été sans bains tant la mer est frisquette !
Seuls quelques tout-petits font gentiment trempette :
On a dû leur greffer une peau de dauphin !
Mais peut-être après tout fera-t-il chaud demain ?

 

 

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Un bouquet de poissons de toutes les couleurs
Virevolte en valsant autour d’un rocher bleu :
Des bijoux ciselés pour le plaisir des yeux,
Mais que seuls quelques uns ont la fortune et l’heur

De voir ainsi tourner dans un monde enchanté.
Viens avec moi, Phyllis ! Allons donc faire un tour
Là où l’été brûlant n’est plus qu’un demi-jour.
Suis moi et n’aie pas peur car nous allons plonger…

Nous sommes devenus des bulles si légères
Que nous devons lutter pour rester tout au fond.
Ton visage est très pâle et tes yeux sont tout ronds
Derrière le hublot. Devenus des chimères,

Nous flottons, ondoyant comme les algues rouges
Où se faufile et danse un étrange ballet :
A rayures, à pois, bariolés, chamarrés,
Les poissons ballotés par l’eau grise qui bouge

S’abandonnent tout doux. Puis soudain ils s’enfuient
Sans aucune raison pour revenir bientôt ;
Baguenaudant sans but et frôlant notre peau,
Ils sont immatériels : tout juste un friselis

De vie calme et tranquille aux tréfonds de la mer.
Sous nos palmes le sable est comme rayuré
Par des vagues dorées. Le soleil est gommé,
Réduit par l’ombre ocrée à un jeu de lumières.

 

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Poème illustré par un tableau de :

Inma Abbet
www.inma-abbet.blogspot.com

Vibrisses hérissées, petites bouilles rondes,
Ce sont les plus jolis des hôtes des étangs
Non loin de Piémanson : le poisson y abonde,
Braconné chaque soir, tout frais et tout craquant.

Peu de gens les ont vues ; elles sont peu nombreuses,
Ne sortant que la nuit pour mener leurs affaires.
Croquer une grenouill(e) grassouillette et goûteuse
Ne les rebute point : un excellent dessert

Après un grand festin d’anguille(s) et de crevettes
Qui emplit à craquer leur bedaine dodue !
Pour loutres et loutrons, chaque soir, c’est la fête,
D’autant plus qu’en Camargue on ne les chasse plus.

Mais elles sont bien là : leur long corps effilé
Se faufile parfois le long d’une roubine.
Elles sont brun foncé, fines et bien lustrées,
Et jouent dans les roseaux. Puis quand sonnent mâtines,

Elles vont se cacher au creux de leurs terriers
Appelés des catiches par les gens d’ici.
Elles gisent en rond au fin-fond du marais,
Somnolant tout le jour jusqu’au seuil de la nuit…

 

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Poème illustré par un tableau de :

Claude Théberge
(1934-2008)

www.claudethéberge.com

La ville est secouée par d’énormes rafales :
Gigantesque, dément, c’est un coup de mistral
Comme jamais personne n’en vit à Marseille.
Pas même en son ciel bleu cet immense soleil

Qui s’étale immobile au-dessus du Midi !
C’est presqu’un ouragan, tellement inouï
Que les vieux Provençaux en sont tout effrayés.
Ils n’ont jamais encor dû devoir essuyer

Une telle tempête. Elle balaie les rues,
Et la mer démontée qui grimpe jusqu’aux nues
Va sans doute noyer toute la ville basse.
Les arbres torturés se déploient et se cassent,

Pulvérisant des toits. Des voitures tournoient,
Jetées sur les trottoirs qui plient et qui ondoient.
Les gens terrorisés se cachent où il peuvent,
N’importe quel abri – de crainte que ne pleuve

Sur leur corps si chétif une pluie de débris.
Le bruit est terrifiant, mais parfois un grand cri
Parvient à surmonter l’incroyable vacarme.
La grand’ville est vaincue et a rendu les armes…

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Poème illustré par un tableau de :

John William Waterhouse
(1849-1917)

Au large de Cassis, dans le creux d’un rocher,
Vivait une sirène appelée Danaë
Par les gens de la mer. Les rayons de la lune
Faisaient étinceler sa peau couleur d’écume

Et ses longs cheveux blancs délavés par les flots.
Une fille magnifique, une nymphe de l’eau
Qui chantait chaque soir, attirant les pêcheurs
Par sa voix maléfique. Hélas, pour leur malheur !

Car quand ils revenaient vivre auprès de leurs frères
Rien ne parvenait plus, plus jamais ! à leur faire
Oublier leur séjour au Royaume des Eaux.
Ils y retournaient tous, et peu après leurs os

S’en venaient s’échouer non loin sur le rivage.
Dans toute la région l’on voyait avec rage
Disparaître un à un tous ces jeunes garçons
Devenus fous d’amour, dévorés de passion…

Mais un soir de juillet, le beau Tristan Ogier
Fut charmé lui aussi. Personne ne l’aimait :
Il avait le coeur dur. Détaché et hautain,
C’était un fort bel homme, mais froid et peu humain.

Il ne dit rien aux autr(es) et il reprit sa vie,
Insensible à la fée qui hurlait à grands cris
Son incompréhension d’être ainsi méprisée.
Il haussait les épaul(es), sifflotait, ricanait…

Danaë incrédule eut le coeur ravagé
Par un curieux chagrin. La Méditerranée
Lui paraissait soudain bien inhospitalière !
Elle replongea donc tout au fond de la mer

Et nul ne la revit. A jamais submergée,
Elle s’en retourna au monde des damnés.
Quant à Tristan Ogier, s’obstinant à se taire
Sur sa grande aventure, il garda son mystère…

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