Archives de catégorie : Marseille

Le Tour

Poème illustré par un tableau de :
Josette Mercier-Kornmayer

Le Tour est à Marseille. Une énorme pagaille
A envahi la ville. Et il y a partout,
De la Gare au Prado, un encombrement fou.
Comme tout est fermé, les Marseillais rouscaillent,

Car ils ne peuvent plus rejoindre leur demeure.
Et comme la plupart adore le boxon,
Ils l’accentuent encor à grands coups de klaxon ;
Mais ne vous y fiez pas : leur ire n’est qu’un leurre,

Au fond ils sont contents ! Et les embouteillages,
Cet énorme tintouin, ils connaissent fort bien…
Ils sont habitués, il n’y a presque rien
Qui les ravisse autant que les grands cafouillages.

Mais aujourd’hui, c’est sûr, avec la Caravane,
Les autos, les vélos, les coureurs et le bruit,
C’est vraiment le bouquet, et ce n’est point le fruit
Comme les autres jours de leurs propres arcanes.

Mais les gens aiment ça : c’est un « contre la montre » !
Ils vont ainsi pouvoir apprécier les coureurs
En les identifiant. Et s’ils font une erreur,
De joyeux quolibets pleuvront à leur encontre,

Les Marseillais ayant la moquerie facile.
Tout le monde est joyeux, l’on s’agite partout ;
Le Tour et son foutoir révolutionnent tout !
Un joyeux brouhaha tourneboule la ville.

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Marseille la joyeuse

C’est une ville gaie, même si la misère
Y rôde autant qu’ailleurs. Peut-être même plus !
Se pourrait-il alors que sa grande lumière
Y lave le malheur, et que soit dévolu

Aux villes du Midi le don de savoir rire ?
Toujours est-il qu’elle est un prodige vivant
Qui s’amuse, aime et vit, leste comme ce vent
Dont les grands soubresauts ne cherchent qu’à séduire

Les touristes charmés par sa cadence folle.
Cachant sa pauvreté, Marseille rit souvent
Sans faire trop d’efforts, simplement en suivant
Sa nature ambiguë d’attachante cagole

Qui sait fort bien masquer la pauvreté parquée
Et cachée aux regards dans ses quartiers du Nord.
Malgré ses aléas, notre ville s’honore
D’être joyeuse et rude, unique et remarquée

Jusqu’aux confins du Monde et au-delà des mers,
Bien que sa gaîté cache un goût parfois amer !

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Marseille dans la brume

Marseille est ouaté d’une brume maussade.
Octobre l’éteignoir crie à la cantonade
Que c’en est bien fini des excès de l’été
Et de ces jours si doux dont le temps arrêté

Nous offrait ces plaisirs qui font aimer la vie !
Dans nos cœurs attristés monte déjà l’envie
De revoir le printemps, de bien vite oublier
Ces moments rabat-joie où l’on vit replié

Sur sa petite vie et ses petits soucis…
La brume estompe tout de son voile, adoucit
La raideur des murs gris et râpés de la ville.
Il y règne à présent une torpeur tranquille

Seulement perturbée par les cris des gabians
Point trop désarçonnés par ce brouillard ambiant
Semblable à un rideau de mousseline grise.
Il n’y a pas de vent. Non ! Pas même une brise

Qui ferait vivre un peu l’eau morte et sans replis.
Aucune ondulation, pas même un friselis…
La mer décolorée génère de la brume
Où des étoiles bleues de temps en temps s’allument

Comme ces feux follets qu’on voit au cimetière.
Un voile suffocant couvre la ville entière
Etonnée de subir ce temps extravagant
Qui s’avère à Marseille un prodige intrigant

Suscitant le cafard et un brin d’inquiétude…
Notre azur est si pur qu’on n’a pas l’habitude
De le voir engoncé dans un manteau brumeux !
Marseille est silencieux sous son ciel cotonneux.

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Disgrâce

Une course ? Impossible  de l’envisager,
Car ces yachts du Vieux Port ont perdu leur allure
De conquérants des mers. Et malgré leur voilure,
Etouffé tout espoir de jamais voyager.

Certains ne savent plus ce qu’est la haute mer !
Exposés pour montrer fortune et réussite,
Peut-être souffrent-ils d’un chagrin que suscitent
La mer tellement proche et ses relents amers ?

Ils tanguent juste un peu quand le vent souffle fort,
Qui pourrait abîmer l’opulente richesse
De leur coque vernie, sans leur donner l’ivresse
De bondir sur les flots en s’enfuyant du Port,

De goûter pour de vrai ce qu’est la liberté.
Marseille les enserre, et le bruit de la ville
Est le seul qui parvient jusqu’à leur pont tranquille
Où parfois un marin d’opérette est posté.

Rutilants de couleurs, tellement beaux à voir,
Ils ressemblent un peu à ces tristes maquettes
Dormant à tout jamais derrière une étiquette
Au fond d’une vitrine éteinte dès le soir

Quand le gardien s’en va. Ils n’existent pas plus !
Ils sont beaux, luxueux, ils suscitent l’envie,
Ignorant à jamais ce qu’est vraiment la vie,
Et contemplant de haut les modestes pointus*

Impatients de pêcher dès le lever du jour ;
Sautillant sur les flots, ivres d’impertinence
Et de témérité, et dont l’irrévérence
D’impudents moussaillons leur rappelle l’amour

Qu’ils avaient pour la mer quand ils furent conçus…
Les yachts huppés du Port doucement dodelinent,
Comme certains bourgeois parvenus se dandinent
Pour montrer à autrui leur triomphe cossu.

* Petits bateaux de pêche typiques de Marseille

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La sirène du château d’If

Savez-vous qu’autrefois, non loin du château d’If,
Vivait avec les siens en ce monde agressif
Qu’est la mer, si féconde en secrets, en tempêtes,
Un être merveilleux, mi-femme et demi-bête ?

Ce fut un Marseillais qui pécha la sirène
S’ébrouant dans la mer avec thons et murènes.
Emberlificotée telle un banal poisson,
Elle entonna alors une étrange chanson.

Le pécheur aurait dû être terrorisé.
Oh, mais non, pas du tout ! Au contraire il prisait
Cette occasion rêvée d’enfin faire fortune
En vendant hors de prix cette pèche opportune.

Il vira donc de bord pour regagner Marseille,
Et, sans plus s’étonner de l’étrange merveille
Qui par un coup du sort venait de lui échoir,
Il cingla vers le port dans la fraîcheur du soir.

La sirène empêtrée dans les plis du filet
Hurlait toujours son chant étrange et modulé
De notes suraiguës, des sons insupportables
Pour un humain normal. Mais l’homme imperméable

A tout vrai sentiment continuait sa route,
Insensible à la grâce, à la pitié, au doute,
Et sans même un regard pour cet être inouï
Qui gisait à ses pieds et poussait de hauts cris

Appelant au secours le vieux Poséidon.
Le Dieu somma sitôt l’un de ses espadons
D’attaquer le bateau pour délivrer sa fille,
En usant pour le mieux de cette banderille

Qui ornait son museau de chimère aquatique :
Le bateau martelé de charges fantastiques
Transperçant le bois dur fut bien vite détruit
Et coulé dans les flots où las ! il s’engloutit.

La sirène aurait pu avoir de la rancoeur,
Et s’en prendre au pécheur. Mais elle avait bon cœur !
Elle le mena donc gentiment sur la plage…
Où elle en fit sitôt un fort plaisant usage.

Oui, vous avez bien lu ! Cette histoire est coquine,
Tout comme la sirène ; et l’horrible taquine
Profita du pécheur autant qu’elle le put..
L’histoire le laissa satisfait et repu :

Il ne s’en plaignit point, personne ne le sut !

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Le dôme bleu

Le ciel est comme un dôme, un dôme bleu qui pèse
Lourdement sur Marseille étouffé par l’été ;
Un ciel que les gabians, de leur vol ouaté,
Strient à grands coups d’aile. Un gros soleil obèse

Darde ses longs rayons sur le port accablé.
L’on a chaud, bien trop chaud. Des filles presque nues
Attendent patiemment la fraîcheur bienvenue
Qui devrait apaiser leur teint caramélé

En fin d’après-midi. Allongées sur la plage
Tout comme des statues, elles dorent en choeur
Sans souci pour leur peau. Et le soleil vainqueur,
Fignolant en sournois leur pernicieux bronzage,

Y sème patiemment des graines de cancer.
Mais juillet est brûlant ; et tout au bord de l’eau
Nul ne pourrait sentir à quel point il fait chaud.
Seul paraît bien vivant l’immuable concert

Des cigales crissant dans la cité éteinte.
Le ciel est comme un dôme, et son bleu outremer
Pèse massivement sur la Terre et la Mer
Imbriquées l’une en l’autre en une immense étreinte…

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Meeting


Poème inspiré il y a cinq minutes par le meeting de Jean-Luc Mélenchon. Un simple tableau, pas forcément prosélyte !!!

La Méditerranée dodeline et soupire
Car la plage est bien vide : où sont-ils tous partis ?
Il fait pourtant bien chaud et le soleil rôtit
Le sable incandescent où le soleil se mire…

Du côté du Vieux Port, on entend de grands cris,
Des hourra ! des chansons. Marseille semble en fête,
Et la ville excitée vocifère à tue-tête
Sous le vaste ciel bleu qui scintille et qui rit.

Debout sur un podium au milieu de la foule,
Un homme tonitrue en agitant les bras
Face à la Canebière. Et, du haut jusqu’en bas,
Oscillant en tanguant comme une grande houle,

Le public applaudit le tribun en hurlant.
L’homme, dos à la mer, salue les drapeaux rouges ;
Et, agitant les bras, sa grande ombre qui bouge
Ressort bien sur le bleu où moutonne du blanc…

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Le vent d’hiver est fou…

Le vent d’hiver est fou, qui hurle à perdre haleine,
Qui s’échine à briser les grands arbres penchés.
Le vent d’hiver est fou, qui depuis deux semaines
Fait suffoquer le Sud à souffle déployé.

Le vent d’hiver est fou, qui casse les antennes,
Qui arrache le linge étendu à sécher.
Le vent d’hiver est fou, qui rudoie et malmène
Les portes des maisons de ses coups de bélier.

Les faisant tressauter tout comme les mouettes
Dodelinant sur l’eau mousseuse qu’il fouette,
Il secoue les pointus* amarrés au Vieux Port,

Les ballant en cadence. Et les petits bateaux,
Qu’on dirait remontés sur de joyeux ressorts,
Dansent tels des canards se dandinant sur l’eau.

*Petit bateau caractéristique de Marseille

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Complainte

Je m’en vais vous conter un bien triste destin,
Mais je vous en préviens  : ma tragique complainte
Est un vrai requiem, tout sanglots, toutes plaintes,
A vous faire pleurer dès le petit matin…

C’était l’été dernier ; je m’en souviens fort bien.
Le ciel était très bleu – de bien mauvais augure ?
Mais après tout un tas de sombres aventures
Dues à des coups de vent, vécues non loin d’Amiens,

J’étais fort satisfait de venir en Provence.
Pas un nuage au ciel, un azur vraiment bleu !
Oubliées les nuées se suivant queue leu leu
Que j’avais supportées dans le nord de la France !

J’étais un compagnon pour ma propriétaire
Dont je sauvegardais les beaux cheveux bouclés
Et les fards parfaisant un joli teint de lait.
Je la suivais partout, témoin prioritaire

De la moindre sortie, de toute promenade.
Toujours en exercice. Un bosseur, je vous dis !
Je l’aidais tous les jours, mais pas le mercredi :
Elle était professeur. Un jour pour moi maussade…

Et puis on est venus s’établir à Marseille.
Au début, c’était cool : il n’y pleuvait jamais !
Je restais dans ma housse. Enfin de vrais congés,
Des vacances super. Délices et merveilles…

A Marseille, Elodie se passait bien de moi
Et j’étais enchanté de n’avoir rien à faire !
Je ne détectais point l’ambiance mortifère
Qui pourtant aurait dû provoquer mon émoi

Quand un jour je compris que je n’existais plus…
Ma toile chiffonnée n’était plus dépliée,
Mes ressorts étaient mous, mes baleines rouillées.
Depuis notre arrivée, il n’avait jamais plu !

Je croyais que le sort m’avait vraiment souri
Et je ne rêve plus que d’un climat pourri !

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Un coup de vent d’automne…

Un coup de vent d’automne a emporté son cœur
Au-delà de la mer, au-delà de Marseille.
Coup de tabac dément, bourrasque sans pareille
Venue d’on ne sait où pour répandre la peur !

Il l’avait rencontrée depuis trois jours à peine
Quand ce mistral cinglé a soudain déboulé.
Elle s’est affolée : il fallait s’en aller
Pour fuir cette région à la louche dégaine,

Où le vent tempêtait tout comme un ouragan.
Elle y était venue en pleine confiance,
Avec des rêves fous de soleil en Provence ;
Et sans ce coup de vent vraiment extravagant,

Elle y serait restée, déjà presque amoureuse.
Marseille lui plaisait, et le jeune homme aussi.
Sans ce foutu mistral, il aurait réussi
A garder près de lui la jolie visiteuse !

Mais elle est repartie, emportée par le vent.
Il est resté tout seul, et le spleen de septembre
Rend encor bien plus dur le vide de sa chambre.
Depuis ce coup de chien, plus rien n’est comme avant…

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Petit matin d’été à Marseille

De grands gabians braillards strient le ciel doré
De leur flottille grise, importunant Marseille
A force de longs cris. Le matin ensoleille
Leurs ailes éployées de chauds reflets cuivrés.

Le soleil se réveille, encor un peu pâlot,
Mais il blondit déjà l’immense Bonne Mère
Et son bébé divin… Un nuage éphémère
A fondu brusquement, juste au-dessus d’Allauch,

Et Marseille en a eu un tout petit écho
Qui n’a rien résolu. Une ondée passagère,
Une simili-pluie, même pas messagère
D’un bon coup de tabac ! Un ratage, un fiasco…

Mais c’est déjà fini : un orage d’été
Local et spontané, avec toute la grâce
Des faits presque imprévus, dont déjà toute trace
S’est effacée au sol aussitôt asséché.

Un matin marseillais, un matin de juillet !
Il va faire très chaud, mais la mer semble fraîche
Sous son friselis bleu. Un grand mistral dessèche
Les fleurs de Borély : le parc est assoiffé

Car ça fait trente jours qu’ici il n’a pas plu
Si ce n’est tout à l’heure, une ou deux ou trois gouttes !
Le grand jardin frémit. Un mimosa s’égoutte
Sur le sentier pierreux ne fumant déjà plus.

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La fin d’un monde

Sous le ciel où dansent trois nuages,
La mer bat comme un cœur cadencé.
Elle semble ainsi se balancer
De Marseille à l’incertain rivage

Du Couchant à l’azur enflammé.
La mer bat telle une grosse artère
Engorgée du sang roux de la Terre…
L’astre-roi est un lion affamé

Dont les crocs aiguisés dilacèrent
Le ciel bleu accablant de l’été.
Tout là-bas, l’horizon est flouté,
Avec des rais d’argent qui éclairent

La tour ronde imprécise d’un phare
Insensible aux gifles de la mer
Qui se mêle intimement à l’air
Pour lui faire larguer ses amarres.

La mer bat comme une grosse caisse
Pulsant fort sous les horions du vent,
Gigantesque et tout aussi vivant
Que les flots qui montent, qui s’abaissent.

Le ciel bleu peu à peu s’obscurcit ;
L’eau foncée maintenant semble épaisse
Comme la lave brune que laisse
Les volcans dans ces lointains pays

Où nues et mer semblent se confondre.
Le ciel fond, le vent crie, la mer bat.
Monstrueux ils mêlent leurs ébats
Au-dessus d’un monde qui s’effondre.

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Mauvaise foi

Le vieux chat se sent seul. Autour de lui Marseille
Dodeline tout doux en crevant de chaleur.
Le jardin est exsangue, et trois ultimes fleurs
Essaient de résister à l’anhydrie vermeille

D’un été enfiévré qui surchauffe la ville.
Ses maîtres sont partis chercher de la fraîcheur
Tout là-haut, en Ubaye. Deux immondes lâcheurs
Sachant pourtant qu’un chat n’est pas bête servile…

Mais Tom a le cœur gros. Tout près de lui la caisse
Dont il s’est échappé pour ne point voyager.
Il y a son pot d’eau et de quoi bien manger…
Pourquoi donc ressent-il cette infâme faiblesse

Qui le fait défaillir quand il pense à ses maîtres ?
C’est vrai qu’ils l’ont cherché jusque sur le Prado,
Sans oublier plus tard nourriture et plein d’eau…
Mais croyaient-ils vraiment qu’il allait se soumettre ?

Un chat n’obéit pas. Ce n’est point sa nature
De changer sans arrêt ainsi de domicile.
Les deux autres, là-haut ? Ce sont deux imbéciles.
Laisser seul son matou, n’est-ce point immature ?

Le vieux Tom se sent seul ; il part à la dérive,
Il est tout angoissé. Il ne comprend pas trop
Ce qui le gêne ainsi. Le fait qu’il fasse chaud ?
Et pourquoi attend-il qu’une voiture arrive

Dans la rue, au-dessous ? Pourquoi a-t-il envie
D’entendre leur deux voix clamer soudain son nom ?
Il n’a pas besoin d’eux ! Pas du tout ! Non non non…
Il est chat, il est libre, il veut vivre sa vie

Sans câlins, sans chichis, sans leur sollicitude…
Mais il faut constater qu’ils lui sont dévoués !
Et Tom exaspéré doit enfin s’avouer
Qu’il n’aime vraiment pas, oh non ! la solitude…

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Pollution

couple

L’on dirait que Marseille est sous un capuchon.
Son azur cristallin semble moins transparent
Et son ciel infini est bloqué par l’écran
D’un mystérieux brouillard. Là-haut, le cabochon

De la lune imprévue, dépourvue de limites,
Est encor bien présent malgré le grand soleil.
La ville est mal à l’aise, et depuis son réveil
Respire vraiment mal. Même ceux qui habitent

Non loin du littoral ont l’horrible impression
D’étouffer peu à peu sous l’étreinte invisible
D’êtres lilliputiens, malfaisants et nuisibles
Qui insidieusement en prennent possession !

Particules souillées, corpuscules de suie,
Atomes polluants à l’âcre couleur miel
Et à l’amère odeur vont polluer le ciel
Jusqu’à ce qu’un grand vent nettoyeur les essuie.

En attendant, Marseille est pris dans un filet
Enserrant de ses rets et la mer et la ville.
Il attend patiemment, étonnamment docile,
Que le mistral s’en vienne enfin l’éparpiller.

Nous étions si contents que le printemps arrive,
Et sa lumière bleue et son grand ciel si clair !
Plus petites nos fleurs ? Bien plus âcre notre air ?
La Provence elle aussi s’en va à la dérive…

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A Marseille, au printemps…

jeunes-filles-sur-la-plage

A Marseille, au printemps, les filles sont jolies
Avec leur teint nacré parfois éclaboussé
De taches de rousseur, et leur corps élancé
Recherchant le soleil avec gloutonnerie.

A Marseille, au printemps, les filles d’opaline
Dénudent leurs mollets que le soleil oblong
Va colorer tout doux au fil des jours plus longs
Pour les repeindre d’or, comme des nectarines.

A Marseille, au printemps, les filles encor pâles
Exposent leurs bras nus aux tout premiers rayons
Qui s’en vont les bronzer tout comme des brugnons.
Les filles au printemps ont une peau d’opale

Délicate et rosée, encor fragile et tendre :
Un satin velouté, un velours sans défaut…
En juin elles seront dorées comme il le faut,
Et c’est à ce moment qu’il leur faudrait entendre,

En tentant de ne pas paraître trop moqueuses,
Les conseils judicieux et doctes des aînés
Leur prônant de couvrir leur joli petit nez :
Mais les fill(es) du Midi ne sont pas bien sérieuses !

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