Archives de catégorie : Le soleil-lion

Trois perles de cristal…

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Il y a sur son front trois perles de cristal
Qui roulent lentement. Commence-t-elle à fondre ?
Ne va-t-on retrouver de la belle Chantal
Qu’une flaque dorée qui s’en va se confondre

Avec les vagues bleues s’abattant sur la plage ?
Il fait tellement lourd que même au bord de l’eau
Elle espère ardemment le gigantesque orage
Rafraîchissant soudain un temps beaucoup trop chaud.

Car Chantal n’en peut plus et vit dans le Midi,
Depuis la mi-juillet, un été effroyable.
Tout huilé de sueur, son épiderme luit :
Il n’est plus une peau satinée, désirable,

Préparée pour l’amour, faite pour les caresses,
Semblable à un velours aux chauds reflets ambrés,
Mais un étui suant qu’agresse avec rudesse
Ce soleil carnassier indûment adoré.

Il fait vraiment trop chaud ! Nul n’y résiste plus,
Même les abonnés des plages de Marseille,
Qui y passent leur temps et qui y vivent nus
A longueur de journée ! Cet été les effraye ;

Il est trop agressif depuis quelques années…
Il faut partir ailleurs. Chantal se lève enfin
Pour fuir le bord de mer, rouge et congestionnée.
Le sable de la plage est divinement fin…

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Elle aime…

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Elle aime s’allonger sur la plage en été,
A l’endroit imprécis où les vagues caressent
Sa nudité ambrée ; quand les vagues agressent
Pour mieux l’éparpiller le sable délité.

Elle aime bien sentir, sur sa peau surchauffée
Par la lumière crue, les doigts froids de la mer
La comblant de frissons ; le goût âcre et amer
De l’eau éclaboussant ses lèvres assoiffées.

Elle aime avoir trop chaud sous le soleil brûlant,
Subir presque en souffrant la chaleur démentielle
Du temps fou de juillet, fièvre préjudicielle
A ce teint satiné qu’aiment tant ses amants.

Elle aime être dorée comme une nectarine,
Telle une belle pêche à la peau de velours…
Il fait toujours plus chaud. Et le soleil balourd
Mordille tant et plus ses rondeurs enfantines…

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Le soleil insensé

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Juste au milieu du ciel, l’énorme disque blond
Du soleil qui rugit, qui bouillonne et palpite
Tel un cœur flamboyant. Gigantesque pépite
D’or fondu par le Temps, posé juste à l’aplomb

De la mer immobile aux noires eaux brûlantes,
Il va tout dévorer s’il continue ainsi
Car il est trop intense ! On dirait qu’il grossit
Chaque jour un peu plus ; que se fait plus ardente

Cette folle fournaise accablant le Midi
Bien plus fort chaque année. Août et juillet défaillent
Sous ce délire blanc. Et les gens d’ici raillent
Les touristes du Nord qui n’y ont rien compris,

Ne voyant du fléau qu’une figure aimable
En cet ogre enragé qui les mange vivants.
Nous, nous nous protégeons, et bénissons le vent
Qui s’en vient par moments rendre l’été vivable.

Peut-être l’astre fou va-t-il mettre le feu ?
L’on a tous l’impression qu’il croît et se dilate.
A l’horizon, là-bas, la large face plate
De la lune bleutée s’étale peu à peu…

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Un orage au mois d’août

Orage

Le ciel tout enfiévré s’est drapé d’un orage
Le striant d’éclairs blancs. Un énorme nuage
L’assombrit peu à peu, et d’ici quelques heures
Ils n’y verront plus rien. Juste avant que ne meure

La lumière infinie de ce beau jour d’été,
Ils vont dans le jardin cueillir des roses-thé
Pour en faire un bouquet tellement odorant
Que son parfum poivré, étrange et entêtant

Embaumera l’entour.. Il fait vraiment très sombre ;
L’orage se précise, il tonitrue, et l’ombre
Submerge peu à peu les contours de leur chambre…
Ce jour d’août est semblable à un soir de septembre,

Quand on va vers l’hiver… Comme elle a un peu peur,
Il la prend dans ses bras, et sa main sur son cœur
Va tenter d’en calmer l’énorme battement.
Mais peut-être après tout, peut-être qu’elle ment ?

Qu’elle feint seulement d’être vraiment inquiète ?
L’air est électrisé et lui tourne la tête…
Il va la rassurer ! Ses mains si caressantes
La serrent contre lui, de plus en plus pressantes…

Tempête déchaînée… L’orage est monstrueux
De violence et de bruit, mais lui importe peu
Tant elle est bien ainsi. Le ciel peut s’écrouler,
Rien ne peut désunir leurs corps entremêlés…

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Les saisons de la mer

mistral

Printemps
Oh, Méditerranée ! Si bleue sous le ciel bleu,
Tu bats en palpitant telle un énorme cœur
Quand la lumière peint de fluctuantes fleurs
Sur ta houle ondulante où la lumière pleut.

Eté
Méditerranée plate, insensible au soleil
Qui te fait clignoter sous ses longs rayons noirs
Depuis le matin clair jusqu’au terme du soir,
Tu es tout hachurée de lents rouleaux vermeils.

Automne
Méditerranée grise et âpre sous le vent,
Tu deviens vraiment folle et bouscules tes flots
Jusqu’à ton horizon, où le roulis de l’eau
Brise ton harmonie de ses spasmes mouvants.

Hiver
Méditerranée sombre hurlant sous le mistral
Et parfois fustigée de flocons étoilés,
Tu oscilles giflée par un ciel bas voilé
Où stagnent les nuées d’un morne hiver austral.

 

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Un bel été

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C’était un bel été, aux jours si lumineux
Que je n’en garde au cœur que souvenirs heureux ;
Assurés et joyeux, portant en bandoulière
Notre amour triomphant tout comme une bannière,

Nous allions de l’avant, prêts à tout bousculer.
Torride était le temps. Le soleil roucoulait
Tout au long de journées vraiment interminables.
Je t’aimais, tu m’aimais.Tout nous semblait aimable,

Même si la chaleur nous faisait suffoquer.
Tous les gens de Marseille étaient estomaqués
Par ce fol étouffoir ! Mais nous n’en avions cure,
Seulement occupés à oeuvrer pour que dure

Notre histoire d’amour. Le temps était si beau
Que nous passions nos jours à barboter dans l’eau
Tant la mer était chaude : une soupe tiédasse !
Nous aurions nous aussi dû ressentir l’angoisse

De ce curieux prodige, y prêter attention ;
Mais nous étions brûlés par l’énorme passion
D’un été trop brûlant à la chaleur intense,
Où la normalité tirait sa révérence

En toute indifférence au monde tempéré.
Nous nous moquions de tout ; seule pour nous comptait
Cette folie vécue comme extraordinaire
Par un mois de juillet vraiment caniculaire.

Il faisait bien trop chaud et il y eut des morts.
Marseille se terrait. Peut nous challait son sort !
Il n’est rien de plus froid ni de plus égoïste
Que le bonheur à deux. L’amour n’est point altruiste…

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Sonnet d’un soir d’été

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Poème illustré par un tableau de :

Claude Gellée, dit « Le Lorrain »
(1600-1682)

La Méditerranée est mouchetée de sang
Par le soleil couchant ; son ultime lumière
Embrase l’onde sombre, et son image altière
S’efface lentement aux confins du Ponant.

La mer s’est embrunie, hormis ces taches rousses
Qui ensanglantent l’eau. Marseille s’adoucit.
En se laissant aller sous le ciel obscurci,
La ville s’assoupit sous la nue calme et douce

Où s’arrondit la lune embrumée d’un halo.
Son image floutée se reflète dans l’eau,
Oscillant sur les flots où tanguent des mouettes.

Un vent paisible et doux souffle sur le Vieux Port,
Le faisant frissonner. Et les pointus* cliquettent
En se cognant l’un l’autre, amarrés bord à bord.

* Barques caractéristiques du Midi

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Un beau mois de juillet

1Alberto Gioia

Poème illustré par un tableau de :

Alberto Gioia

Tu es si rassurant. Ton corps est si solide
Que je me sens bien, là, allongée près de toi.
La pluie en cliquetant tambourine le toit…
Nous sommes apaisés, loin du monde turbide

Qui s’agite dehors. Ce fut un gros orage,
Mais il faisait si chaud qu’il devait éclater
Pour adoucir un peu les excès de l’été…
Nous allons maintenant redevenir bien sages,

Sages comme le temps, sages comme la pluie
Tranquille et mesurée qui s’est enfin calmée :
Bonace après tempête et passion consumée…
Je suis bien dans tes bras et, toute ardeur enfuie,

Je vais m’y endormir. La pluie tombe si drue
Qu’elle frappe aux carreaux un petit air rythmé
Qui tapote gaiement. Soudain réanimé,
Notre jardin renaît d’une averse incongrue

Au mitan de juillet. Sur la vitre mouillée
Coulent en zigzaguant de minuscules rus.
Je me laisse glisser vers un monde inconnu
Et je m’endors enfin… quand je suis réveillée

Par un baiser fougueux ravivant la tempête.
C’est de nouveau l’orage, et ses grands soubresauts
Illuminent le ciel. La pluie retombe à seaux…
L’été de cette année ? Rien que des jours de fête !

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Le nuage importun

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Il y a tout là-haut un nuage dansant
Dans le ciel de l’été ; un nuage passant
Au-dessus du Midi sans trop savoir pourquoi ;
Un nuage importun, vraiment sans foi ni loi !

Car a-t-on jamais vu, en juillet, en Provence,
Se donnant indûment une telle importance,
Un nuage passer, un nimbus en goguette ?
Et le Septième Mois a-t-il perdu la tête

A laisser un nuage ainsi batifoler,
La bride sur le cou, au cœur du grand été ?
Mais où se croit-il  donc ? A-t-il perdu le Nord
A se laisser porter en douceur jusqu’aux bords

De notre mer à nous, la Méditerranée ?
C’est un coup du mistral : depuis quelques années
Il néglige la Loi, et, oubliant l’usage,
Montre qu’il est en fait un vent vraiment peu sage !

Le tout petit nuage est vraiment isolé
Au milieu du grand ciel. Mais tout environné
De bleu, de bleu, de bleu jusqu’à l’horizon bleu,
Il se recroqueville et devient grumeleux

Comme du lait caillé… Un tout petit nuage
Qui ne peut résister ! Se croyant un orage,
Il pensait devenir une nue tropicale ;
Mais c’était ignorer l’inertie provençale

Forte et déterminée qui ne veut point changer
Et se méfie toujours des troubles étrangers.
Le petit nimbus blanc a vite disparu,
Absorbé par le bleu qui l’a mangé tout cru…

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Regrets d’été

Mer

Qu’est-il donc devenu, ce grand ciel immuable,
Inlassablement bleu, invariablement clair,
Parfois un peu griffé par le très bref éclair
Du vol gris d’un oiseau tellement vulnérable ?

Où sont ces reflets roux qu’avait peints le soleil
Sur ta peau orangée telle une nectarine,
Lui octroyant alors une si bonne mine
Que je la mordillais comme un beau fruit vermeil ?

Et ce petit maillot, léger et minuscule,
Ne cachant de ton corps qu’un petit presque rien,
Devenu rien du tout sous mes mains de vaurien ?
Oh, cet amour léger et qui soudain bascule…

Où sont-ils donc passés, ces souvenirs d’été
Si proches, si lointains, maintenant en goguette
A l’autre bout du Temps ? La petite guinguette
Où nous allions danser ? Et nos corps enchantés

De s’être découverts, d’être complémentaires
Dans la chaleur torride embrasant tout le ciel ?
Tes immenses yeux gris, ta peau couleur de miel
Où la sueur perlait ? Et cette odeur de terre,

Chauffée par un soleil incroyablement blanc,
A-t-elle disparu ? S’est-elle évanouie
Tout comme la senteur des fleurs épanouies !
Il fait sombre aujourd’hui. Finis, les faux-semblants

D’un amour merveilleux mais vraiment éphémère.
C’était un été bleu, lumineux et doré
Sur une plage ocrée. De lancinants regrets
Viennent mordre mon cœur de leurs traits délétères…

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Le jardin ressuscité

fleurs

J’ai confié mon jardin à une vieille amie
Car je devais partir. Mais je n’aurais pas dû !
J’ai trouvé en rentrant le pauvret éperdu,
Tout sec et désolé. L’anhydrie ennemie

Avait déjà tué la plupart de mes fleurs ;
La femme de confiance était une traîtresse
Et j’ai cru défaillir en voyant la détresse
De mon petit Eden ! J’ai versé quelques pleurs…

Puis j’en ai replanté d’autres encor plus belles
Avec force sueur et pas mal de jurons.
Le soleil m’a aidée, et bientôt nous verrons
Mes plantes rénovées fleurir en ribambelles.

J’ai perdu une amie ; j’ai un nouveau jardin
Qui pousse à qui mieux mieux pour m’être sympathique.
Je m’en vais retrouver un espace idyllique
Embaumant a giorno le lys et le jasmin…

La terre est bonne, ici, tout y pousse à foison !
Mon plumbago déjà transforme la lumière
En bribes de ciel bleu, et la Nature entière
Soucieuse de m’aider s’est mise au diapason.

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Senteurs d’été

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Il flotte en mon jardin un parfum délicieux,
Mélange de jasmin, de rose et de lavande.
Un peu plus loin, là-bas, volettent sur la lande
Des effluves grisants, frais cocktail harmonieux

De thym, de romarin et de sauge sauvage
Qui excite le nez ; ça pique et ça sent bon.
On tète l’air fleuré comme un goûteux bonbon :
Les odeurs de juillet enivrent le village.

Te souviens-tu, dis-moi, de ces Grecs lotophages
Débarquant sur une île au parfum envoûtant
Et qui les tint captifs, les saoulant tant et tant
Qu’ils ne désiraient plus en quitter le rivage ?

C’est une étrange fleur qui les avait charmés.
Peut-être est-ce pareil par chez nous en Provence,
Où l’on sent en été d’insolites fragrances ?
Mais la fleur du lotus faisait tout oublier,

Ce qui n’est pas le fait des plantes provençales.
Ca sent très bon, c’est tout – et c’est déjà très bien –
Des rives de la mer et jusques aux confins
Des Alpes tout là-haut… La chaleur estivale

Exacerbe avec feu les sublimes odeurs
Du Midi enfiévré où même la lumière
Fleure bon les senteurs de notre belle terre,
Ces arômes exquis d’une fraîche verdeur.

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Un phénomène

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Vraiment, mon Chamimi, tu es un phénomène !
Nous sommes tous prostrés, hagards, anéantis
Par l’énorme chaleur, et toi tu t’y promènes
Indifférent, royal, sans y être englouti !

Les chats viennent, dit-on, de zones désertiques ;
Ils y furent créés par un Djinn facétieux
Qui leur attribua ce pouvoir fantastique.
Avec ton fier aplomb, ton air de demi-dieu

Méprisant nos travers et notre vanité,
Tu fais fi, Chamimi, des jours de canicule
Détruisant les humains, cette calamité
Hors de toute raison nous laissant incrédules !

Alors que nous fuyons l’implacable lumière,
Tu t’y vautres, royal, allongé au soleil
Sans paraître en souffrir – insondable mystère !
Et t’y anéantis, plongé dans un sommeil

Qui ressemble à la mort, immobile et heureux,
Sans être mal à l’aise et sans aucune gène ;
Et quand nous demandons comment, toi, tu le peux,
L’on nous répond souvent : « C’est inclus dans ses gênes ! »

Mais moi, j’ai peur pour toi ; je crains que tu ne fondes !
Et s’il ne restait plus qu’une flaque de chat
Au milieu de l’allée ? Mes pensées vagabondent…
Soucis bien superflus pour mon petit pacha !

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L’été hors de raison

Eté

 

Les volets sont tirés ; la maison est bien fraîche,
Alors qu’à l’extérieur l’air est si surchauffé
Qu’on dirait qu’il ondule : un bien curieux effet
Dû au soleil tout blanc dont la lumière assèche

Le jardin affaibli tentant de résister
A ses flèches d’acier. Chaleur presque anormale
D’un jour incandescent, que le chant des cigales
Rend malgré tout vivant. Brûlant mois de juillet

Que nous passons cloîtrés au creux de la maison !
L’on est si bien dedans, si fraîche est la pénombre
Que nous ne sortons plus, comme captés par l’ombre
Synonyme de vie. L’été hors de raison

Nous pousse à ne rien faire, allongés sur les dalles
De terre cuite ocrée qui luisent de fraîcheur.
Somnolents malgré nous, gagnés par la torpeur,
Nous n’entendons taper au cœur de la grand’salle

Que le lent va-et-vient de l’horloge qui bat.
Bien que nous soyons nus, nous restons vraiment sages,
Aussi indifférents que de chastes images,
Ne songeant même plus à de fiévreux ébats

Car il fait bien trop chaud ! Si l’on n’en souffre pas,
L’on perçoit la chaleur qui frappe à notre porte :
Elle est bien trop outrée ! Que le diable l’emporte,
Qui m’empêche aujourd’hui d’être au creux de tes bras…

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Sur la montagne en feu…

1-vol d'oiseaux

Sur la montagne en feu une fleur est posée :
Un énorme soleil , tel un rouge dahlia,
Inondant de lumière un envol de choucas
Imprimant sur le ciel leurs ailes aiguisées.

Le soleil moribond ressemble à une fleur
Sur la montagne en feu inondée de lumière.
Y flamboient des éclairs et de l’or en poussière,
Du cuivre rougeoyant et toutes les couleurs

D’un glorieux arc-en-ciel. Lumière triomphante
Des tout derniers éclats d’un beau jour de juillet ;
Horizon encor clair à la courbe noyée
Par le léger brouillard d’une chaleur ardente…

La montagne chatoie comme les hauts sommets
Alors que la vallée s’abîme au fond de l’ombre ;
Et les grands bois obscurs saupoudrés de pénombre
S’éteignent lentement… Peut-être à tout jamais ?

Et si notre astre fou ne devait plus renaître ?
S’il était à jamais dévoré par la nuit ?
Monde de la terreur, et de l’immense ennui
De devoir supporter et d’être né et d’être

Perdu dans le néant ? Reviens vite, Soleil !
Surtout ne laisse pas cette nuit te dissoudre !
Et dès demain matin, nous voudrons bien t’absoudre
Des excès de l’été plombant notre sommeil…

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