Archives de catégorie : Le soleil-lion

Par un jour accablant…

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A Marseille, aujourd’hui, il fait tellement chaud
Que la ville apeurée paraît entrée en transe.
La mer voudrait l’aider, mais le calme tempo
Des longues vagues bleues qui ondoient et qui dansent

Ne peut pas juguler l’effroyable chaleur
Qui va la consumer. Le soleil implacable
Darde au long de ses rues des rais impitoyables
Et tellement ardents que la ville prend peur,

Confrontée à ce feu semblant né de l’enfer.
La lumière outrancière est vraiment anormale
Pour la ville qui n’a jamais encor souffert
D’occuper dans le Sud sa latitude australe !

La mer essaye en vain de la lécher tout doux
Pour revivifier ses quais poisseux et tièdes,
Mais aucun clapotis : ses vagues sont trop raides !
L’été halluciné paraît devenu fou

Sans les lois bien réglées de tout mois de juillet…
Tout semble donc perdu, mais Marseille en a marre
De devoir supporter cet effarant brasier ;
Il se décide alors à larguer les amarres

Pour aller s’installer loin de l’été dément
Au centre de la mer en Méditerranée,
Là où il fait plus frais. La ville malmenée
Par l’étrange fournaise sort de l’abattement

Où elle se mourait, en retrouvant le goût
De son sourire inné, de sa vie un peu dingue.
C’est désormais une île, et, se moquant de tout,
Pour une ultime fois Marseille se distingue…

Tout au Sud de la France il y a un grand trou,
Et la vie alentour peu à peu se déglingue…

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Grognitude

déjeuner au jardin

Lou déjeune souvent très tôt sur la terrasse
Quand y clique léger un tout premier soleil
Encor un peu dolent ; quand ses rayons vermeils
Ne criblent point encor la Provence un peu lasse

Des excès de l’été au mitan de juillet.
Tout au fond du jardin chante une tourterelle
Affamée de sa mie qu’amoureuse elle appelle…
Marc le rejoint plus tard, les yeux encor brouillés

Des rêves de la nuit, barbe et cheveux hirsutes,
Tout affamé de thé, de pain frais et de miel,
Avec au fond des yeux des bribes d’arc-en-ciel.
Il n’est pas vraiment là ! Pas question qu’on discute !

Lou attend qu’il échappe aux rêves de sa nuit
Pour l’aborder de front. Silencieux il grignote
Un morceau de jambon et un bout de biscotte,
Encor tout engourdi et réfractaire au bruit…

Le jardin est semblable à lui quand il s’éveille
A la vie des longs jours embrasés de juillet.
Sur son feuillage bleu encor ensommeillé
Et tout étincelé de lumière vermeille,

Des gouttes de rosée fondent tout doucement.
Tout n’est que calme et paix. Seule la tourterelle
Continue sa chanson pour appeler sa belle.
Patiemment Lou attend l’éveil de son amant…

Il boit un peu de thé, puis enfin il renaît,
Lui sourit tendrement et le prend par le cou.
La tourterelle en joie fredonne son roucou.
Le jardin resplendit. Lou est rasséréné…

*Dédié à deux amis qui se reconnaîtront

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Petit matin d’été

Petit matin

Oh, ce petit matin ! La fragrance des fleurs
Enivre les oiseaux qui pépient à tue-tête  !
Je sens vibrer en moi les frissons du bonheur,
Et j’aspire assoiffée les ondes guillerettes

Sourdant avec vigueur du soleil roux qui clique…
Il est vraiment très tôt ; je n’ai pu résister
Aux tout premiers rayons cuivrés et féeriques
Qui ont frôlé le lit pour mieux m’en arracher,

Après s’être glissés entre les deux volets…
Le monde est rénové, il est comme une épure.
Le ciel d’un bleu terni vient d’être ravalé
Par un pinceau géant. L’atmosphère est si pure

Qu’il se pourrait très bien que soudain elle tinte !
Tous est calme alentour, il fait encor bien frais.
Au-dessus du toit bleu la lune s’est éteinte,
Ne laissant dans le ciel qu’un soupçon de regret.

Je suis seule au jardin ; toi tu es endormi,
La peau tout embuée de moiteur estivale.
Ne peux-tu t’éveiller ? J’aimerais tant, ami,
Que tu sois près de moi… Oh, le soleil avale

Le tout dernier lambeau de la lune mourante !
Encore demi-sphère, il est juste posé
Sur l’horizon à l’Est. Et la mer amarante
Double comme un miroir le ciel vaste et rosé.

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Trois perles de cristal…

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Il y a sur son front trois perles de cristal
Qui roulent lentement. Commence-t-elle à fondre ?
Ne va-t-on retrouver de la belle Chantal
Qu’une flaque dorée qui s’en va se confondre

Avec les vagues bleues s’abattant sur la plage ?
Il fait tellement lourd que même au bord de l’eau
Elle espère ardemment le gigantesque orage
Rafraîchissant soudain un temps beaucoup trop chaud.

Car Chantal n’en peut plus et vit dans le Midi,
Depuis la mi-juillet, un été effroyable.
Tout huilé de sueur, son épiderme luit :
Il n’est plus une peau satinée, désirable,

Préparée pour l’amour, faite pour les caresses,
Semblable à un velours aux chauds reflets ambrés,
Mais un étui suant qu’agresse avec rudesse
Ce soleil carnassier indûment adoré.

Il fait vraiment trop chaud ! Nul n’y résiste plus,
Même les abonnés des plages de Marseille,
Qui y passent leur temps et qui y vivent nus
A longueur de journée ! Cet été les effraye ;

Il est trop agressif depuis quelques années…
Il faut partir ailleurs. Chantal se lève enfin
Pour fuir le bord de mer, rouge et congestionnée.
Le sable de la plage est divinement fin…

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Elle aime…

plage

Elle aime s’allonger sur la plage en été,
A l’endroit imprécis où les vagues caressent
Sa nudité ambrée ; quand les vagues agressent
Pour mieux l’éparpiller le sable délité.

Elle aime bien sentir, sur sa peau surchauffée
Par la lumière crue, les doigts froids de la mer
La comblant de frissons ; le goût âcre et amer
De l’eau éclaboussant ses lèvres assoiffées.

Elle aime avoir trop chaud sous le soleil brûlant,
Subir presque en souffrant la chaleur démentielle
Du temps fou de juillet, fièvre préjudicielle
A ce teint satiné qu’aiment tant ses amants.

Elle aime être dorée comme une nectarine,
Telle une belle pêche à la peau de velours…
Il fait toujours plus chaud. Et le soleil balourd
Mordille tant et plus ses rondeurs enfantines…

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Le soleil insensé

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Juste au milieu du ciel, l’énorme disque blond
Du soleil qui rugit, qui bouillonne et palpite
Tel un cœur flamboyant. Gigantesque pépite
D’or fondu par le Temps, posé juste à l’aplomb

De la mer immobile aux noires eaux brûlantes,
Il va tout dévorer s’il continue ainsi
Car il est trop intense ! On dirait qu’il grossit
Chaque jour un peu plus ; que se fait plus ardente

Cette folle fournaise accablant le Midi
Bien plus fort chaque année. Août et juillet défaillent
Sous ce délire blanc. Et les gens d’ici raillent
Les touristes du Nord qui n’y ont rien compris,

Ne voyant du fléau qu’une figure aimable
En cet ogre enragé qui les mange vivants.
Nous, nous nous protégeons, et bénissons le vent
Qui s’en vient par moments rendre l’été vivable.

Peut-être l’astre fou va-t-il mettre le feu ?
L’on a tous l’impression qu’il croît et se dilate.
A l’horizon, là-bas, la large face plate
De la lune bleutée s’étale peu à peu…

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Un orage au mois d’août

Orage

Le ciel tout enfiévré s’est drapé d’un orage
Le striant d’éclairs blancs. Un énorme nuage
L’assombrit peu à peu, et d’ici quelques heures
Ils n’y verront plus rien. Juste avant que ne meure

La lumière infinie de ce beau jour d’été,
Ils vont dans le jardin cueillir des roses-thé
Pour en faire un bouquet tellement odorant
Que son parfum poivré, étrange et entêtant

Embaumera l’entour.. Il fait vraiment très sombre ;
L’orage se précise, il tonitrue, et l’ombre
Submerge peu à peu les contours de leur chambre…
Ce jour d’août est semblable à un soir de septembre,

Quand on va vers l’hiver… Comme elle a un peu peur,
Il la prend dans ses bras, et sa main sur son cœur
Va tenter d’en calmer l’énorme battement.
Mais peut-être après tout, peut-être qu’elle ment ?

Qu’elle feint seulement d’être vraiment inquiète ?
L’air est électrisé et lui tourne la tête…
Il va la rassurer ! Ses mains si caressantes
La serrent contre lui, de plus en plus pressantes…

Tempête déchaînée… L’orage est monstrueux
De violence et de bruit, mais lui importe peu
Tant elle est bien ainsi. Le ciel peut s’écrouler,
Rien ne peut désunir leurs corps entremêlés…

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Les saisons de la mer

mistral

Printemps
Oh, Méditerranée ! Si bleue sous le ciel bleu,
Tu bats en palpitant telle un énorme cœur
Quand la lumière peint de fluctuantes fleurs
Sur ta houle ondulante où la lumière pleut.

Eté
Méditerranée plate, insensible au soleil
Qui te fait clignoter sous ses longs rayons noirs
Depuis le matin clair jusqu’au terme du soir,
Tu es tout hachurée de lents rouleaux vermeils.

Automne
Méditerranée grise et âpre sous le vent,
Tu deviens vraiment folle et bouscules tes flots
Jusqu’à ton horizon, où le roulis de l’eau
Brise ton harmonie de ses spasmes mouvants.

Hiver
Méditerranée sombre hurlant sous le mistral
Et parfois fustigée de flocons étoilés,
Tu oscilles giflée par un ciel bas voilé
Où stagnent les nuées d’un morne hiver austral.

 

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Un bel été

a-Soleil levant

C’était un bel été, aux jours si lumineux
Que je n’en garde au cœur que souvenirs heureux ;
Assurés et joyeux, portant en bandoulière
Notre amour triomphant tout comme une bannière,

Nous allions de l’avant, prêts à tout bousculer.
Torride était le temps. Le soleil roucoulait
Tout au long de journées vraiment interminables.
Je t’aimais, tu m’aimais.Tout nous semblait aimable,

Même si la chaleur nous faisait suffoquer.
Tous les gens de Marseille étaient estomaqués
Par ce fol étouffoir ! Mais nous n’en avions cure,
Seulement occupés à oeuvrer pour que dure

Notre histoire d’amour. Le temps était si beau
Que nous passions nos jours à barboter dans l’eau
Tant la mer était chaude : une soupe tiédasse !
Nous aurions nous aussi dû ressentir l’angoisse

De ce curieux prodige, y prêter attention ;
Mais nous étions brûlés par l’énorme passion
D’un été trop brûlant à la chaleur intense,
Où la normalité tirait sa révérence

En toute indifférence au monde tempéré.
Nous nous moquions de tout ; seule pour nous comptait
Cette folie vécue comme extraordinaire
Par un mois de juillet vraiment caniculaire.

Il faisait bien trop chaud et il y eut des morts.
Marseille se terrait. Peut nous challait son sort !
Il n’est rien de plus froid ni de plus égoïste
Que le bonheur à deux. L’amour n’est point altruiste…

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Sonnet d’un soir d’été

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Poème illustré par un tableau de :

Claude Gellée, dit « Le Lorrain »
(1600-1682)

La Méditerranée est mouchetée de sang
Par le soleil couchant ; son ultime lumière
Embrase l’onde sombre, et son image altière
S’efface lentement aux confins du Ponant.

La mer s’est embrunie, hormis ces taches rousses
Qui ensanglantent l’eau. Marseille s’adoucit.
En se laissant aller sous le ciel obscurci,
La ville s’assoupit sous la nue calme et douce

Où s’arrondit la lune embrumée d’un halo.
Son image floutée se reflète dans l’eau,
Oscillant sur les flots où tanguent des mouettes.

Un vent paisible et doux souffle sur le Vieux Port,
Le faisant frissonner. Et les pointus* cliquettent
En se cognant l’un l’autre, amarrés bord à bord.

* Barques caractéristiques du Midi

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Un beau mois de juillet

1Alberto Gioia

Poème illustré par un tableau de :

Alberto Gioia

Tu es si rassurant. Ton corps est si solide
Que je me sens bien, là, allongée près de toi.
La pluie en cliquetant tambourine le toit…
Nous sommes apaisés, loin du monde turbide

Qui s’agite dehors. Ce fut un gros orage,
Mais il faisait si chaud qu’il devait éclater
Pour adoucir un peu les excès de l’été…
Nous allons maintenant redevenir bien sages,

Sages comme le temps, sages comme la pluie
Tranquille et mesurée qui s’est enfin calmée :
Bonace après tempête et passion consumée…
Je suis bien dans tes bras et, toute ardeur enfuie,

Je vais m’y endormir. La pluie tombe si drue
Qu’elle frappe aux carreaux un petit air rythmé
Qui tapote gaiement. Soudain réanimé,
Notre jardin renaît d’une averse incongrue

Au mitan de juillet. Sur la vitre mouillée
Coulent en zigzaguant de minuscules rus.
Je me laisse glisser vers un monde inconnu
Et je m’endors enfin… quand je suis réveillée

Par un baiser fougueux ravivant la tempête.
C’est de nouveau l’orage, et ses grands soubresauts
Illuminent le ciel. La pluie retombe à seaux…
L’été de cette année ? Rien que des jours de fête !

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Le nuage importun

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Il y a tout là-haut un nuage dansant
Dans le ciel de l’été ; un nuage passant
Au-dessus du Midi sans trop savoir pourquoi ;
Un nuage importun, vraiment sans foi ni loi !

Car a-t-on jamais vu, en juillet, en Provence,
Se donnant indûment une telle importance,
Un nuage passer, un nimbus en goguette ?
Et le Septième Mois a-t-il perdu la tête

A laisser un nuage ainsi batifoler,
La bride sur le cou, au cœur du grand été ?
Mais où se croit-il  donc ? A-t-il perdu le Nord
A se laisser porter en douceur jusqu’aux bords

De notre mer à nous, la Méditerranée ?
C’est un coup du mistral : depuis quelques années
Il néglige la Loi, et, oubliant l’usage,
Montre qu’il est en fait un vent vraiment peu sage !

Le tout petit nuage est vraiment isolé
Au milieu du grand ciel. Mais tout environné
De bleu, de bleu, de bleu jusqu’à l’horizon bleu,
Il se recroqueville et devient grumeleux

Comme du lait caillé… Un tout petit nuage
Qui ne peut résister ! Se croyant un orage,
Il pensait devenir une nue tropicale ;
Mais c’était ignorer l’inertie provençale

Forte et déterminée qui ne veut point changer
Et se méfie toujours des troubles étrangers.
Le petit nimbus blanc a vite disparu,
Absorbé par le bleu qui l’a mangé tout cru…

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Regrets d’été

Mer

Qu’est-il donc devenu, ce grand ciel immuable,
Inlassablement bleu, invariablement clair,
Parfois un peu griffé par le très bref éclair
Du vol gris d’un oiseau tellement vulnérable ?

Où sont ces reflets roux qu’avait peints le soleil
Sur ta peau orangée telle une nectarine,
Lui octroyant alors une si bonne mine
Que je la mordillais comme un beau fruit vermeil ?

Et ce petit maillot, léger et minuscule,
Ne cachant de ton corps qu’un petit presque rien,
Devenu rien du tout sous mes mains de vaurien ?
Oh, cet amour léger et qui soudain bascule…

Où sont-ils donc passés, ces souvenirs d’été
Si proches, si lointains, maintenant en goguette
A l’autre bout du Temps ? La petite guinguette
Où nous allions danser ? Et nos corps enchantés

De s’être découverts, d’être complémentaires
Dans la chaleur torride embrasant tout le ciel ?
Tes immenses yeux gris, ta peau couleur de miel
Où la sueur perlait ? Et cette odeur de terre,

Chauffée par un soleil incroyablement blanc,
A-t-elle disparu ? S’est-elle évanouie
Tout comme la senteur des fleurs épanouies !
Il fait sombre aujourd’hui. Finis, les faux-semblants

D’un amour merveilleux mais vraiment éphémère.
C’était un été bleu, lumineux et doré
Sur une plage ocrée. De lancinants regrets
Viennent mordre mon cœur de leurs traits délétères…

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Le jardin ressuscité

fleurs

J’ai confié mon jardin à une vieille amie
Car je devais partir. Mais je n’aurais pas dû !
J’ai trouvé en rentrant le pauvret éperdu,
Tout sec et désolé. L’anhydrie ennemie

Avait déjà tué la plupart de mes fleurs ;
La femme de confiance était une traîtresse
Et j’ai cru défaillir en voyant la détresse
De mon petit Eden ! J’ai versé quelques pleurs…

Puis j’en ai replanté d’autres encor plus belles
Avec force sueur et pas mal de jurons.
Le soleil m’a aidée, et bientôt nous verrons
Mes plantes rénovées fleurir en ribambelles.

J’ai perdu une amie ; j’ai un nouveau jardin
Qui pousse à qui mieux mieux pour m’être sympathique.
Je m’en vais retrouver un espace idyllique
Embaumant a giorno le lys et le jasmin…

La terre est bonne, ici, tout y pousse à foison !
Mon plumbago déjà transforme la lumière
En bribes de ciel bleu, et la Nature entière
Soucieuse de m’aider s’est mise au diapason.

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Senteurs d’été

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Il flotte en mon jardin un parfum délicieux,
Mélange de jasmin, de rose et de lavande.
Un peu plus loin, là-bas, volettent sur la lande
Des effluves grisants, frais cocktail harmonieux

De thym, de romarin et de sauge sauvage
Qui excite le nez ; ça pique et ça sent bon.
On tète l’air fleuré comme un goûteux bonbon :
Les odeurs de juillet enivrent le village.

Te souviens-tu, dis-moi, de ces Grecs lotophages
Débarquant sur une île au parfum envoûtant
Et qui les tint captifs, les saoulant tant et tant
Qu’ils ne désiraient plus en quitter le rivage ?

C’est une étrange fleur qui les avait charmés.
Peut-être est-ce pareil par chez nous en Provence,
Où l’on sent en été d’insolites fragrances ?
Mais la fleur du lotus faisait tout oublier,

Ce qui n’est pas le fait des plantes provençales.
Ca sent très bon, c’est tout – et c’est déjà très bien –
Des rives de la mer et jusques aux confins
Des Alpes tout là-haut… La chaleur estivale

Exacerbe avec feu les sublimes odeurs
Du Midi enfiévré où même la lumière
Fleure bon les senteurs de notre belle terre,
Ces arômes exquis d’une fraîche verdeur.

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