Archives pour la catégorie “Le début de l’été”

C’est à Venasque*au mois de mai
Qu’a lieu la fête des cerises ;
Car le Vaucluse est un verger
Où les jolies sphères exquises
Ponctuent de sang les arbres verts.
C’est « La Fête du diamant rouge »,
Ce petit globe où la lumière
Etincelle, chatoie et bouge
Sous le soleil qui le polit.
Venasque écarlate rutile
Par la vertu de tous ces fruits
Qui tachent de pourpre la ville.
Ils sont plus de cent à vanter
Leur chair sucrée, leur goût craquant ;
Et les rues tout ensoleillées
Bruissent du chant de leur accent
*Poème dédié à la ville de Venasque
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Poème illustré par :
John Walker
www.bimago.fr
Viens ! Nous allons marcher tout au long de la mer
Où l’eau encor glacée va nous mordre les pieds ;
Je crois qu’il est trop tôt pour pouvoir nous baigner,
Mais nous allons goûter comme en avant-première
Cette fraîche trempette à faire frissonner.
La grève est solitaire, et nous sommes les seuls
A y marcher ainsi sur le sable tilleul
Qui résiste à nos pas, consistant et mouillé.
Six heures du matin ! Le soleil encor sage
Qui vient de se lever est une boule orange.
Sa lumière ourlée d’or met des reflets étranges
Sur l’eau bleue du Prophète. Il est bien loin l’orage
Qui grondait cette nuit en me faisant si peur !
Tout est calme et serein, il fait même un peu frais ;
Le ciel est bien lavé, et nous allons rentrer
Avant le grand afflux des premiers promeneurs.
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Prenez un petit pain et coupez-le en deux.
Ensuite frottez d’ail. Un peu d’huile d’olive,
Du vinaigre et du sel. Ajoutez-y des oeufs,
Durs, cela va de soi ! Des poivrons, des olives,
Tomates et oignons, filets d’anchois et thon :
Hamburger du Midi, mais mille fois meilleur !
Refermez bien le tout, dites-moi si c’est bon…
Ca tient vraiment au ventre et ça chauffe le coeur !
N’est-ce pas délicieux, ce que vous avalez ?
Ce repas sur le pouce au retour de la plage,
Goûteux, méridional, et… bien équilibré !
Vous voulez saliver ? Regardez cette image…
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Poème inspiré par :
Jean-Louis Honnet
www.galerie-mogador.com
Pourquoi depuis huit jours l’aube est-elle si fraîche ?
Pourquoi ce froid subit ? Nous sommes en été !
Mais l’on dirait vraiment que juillet est de mèche
Avec le mois de mars pour nous enquiquiner !
Tout le monde est furieux, y compris les touristes :
Ils sont venus chez nous pour trouver la chaleur !
Allez, mon vieux Soleil ! Remets-toi vite en piste,
On va rire de toi et gare au déshonneur !
On a si souvent dit que tu es notre maître
Et que tu régis tout, n’importe où en Provence.
Tu sais bien que les gens ne se sentent renaître
Que quand tu leur reviens, après quelques vacances
En hiver, au lointain, dans les terres australes.
On veut bien te prêter aux autres quelques mois,
Mais tu es mieux ici en terre provençale !
Reviens, mon bon Soleil, et comprends notre émoi…
Et ne crois surtout pas au bouleversement
Que chacun nous prédit : changement de climat !
Reste tel que tu es, parfois tonitruant,
Brutal et même fou ! On t’aime comme ça…
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Poème illustré par :
René Constant
http://s1.artquid.fr
Enfin l’été est là, les cigales criquètent !
On l’a tant attendu qu’on n’ose encor y croire !
Allez, mon vieux Marius, viens nous servir à boire ;
Tant pis si ton pastis nous fait tourner la tête !
Profitons de ce temps : il ne va pas durer
Car d’ici quelques jours nous aurons bien trop chaud.
C’est ainsi par ici : dès qu’il fait vraiment beau,
Le soleil aussitôt ne sait qu’exagérer.
Profitons de ces jours où tout est idéal.
Pas de vent, mais des fleurs, du pastis, des cigales !
Que demander de plus aux dieux de la Provence ?
C’est l’été, et des gens au teint blanc ou vermeil
Vont affluer bientôt du fin-fond de la France
Pour venir se frotter à notre beau soleil.
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Poème illustré par :
Josette Mercier
www.josettemercier.ch
Aujourd’hui une rose a fleuri au jardin,
Rose-thé, délicate et encor enroulée
Telle un bijou précieux du début de l’été,
Lavée par la rosée si fraîche du matin !
Puis elle s’est ouverte, à la fois forte et frêle
Sous les rayons en biais du soleil matinal,
Argentés et légers comme rais de cristal.
Ses pétales battants ressemblaient à des ailes ;
Elle paraissait lourde et penchait sous le poids
D’un tout petit bébé lové dans sa corolle.
Vous ne me croyez pas ? Croyez-vous qu’il est drôle
Que sans aucun respect vous vous gaussiez de moi ?
Car mon histoire est vraie ! Voyons : souvenez-vous !
Avez-vous oublié que les petites filles
Naissent au coeur des ros(es) dans toutes les familles ?
Quant aux petits garçons, ils naissent dans les choux !
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Poème illustré par :
Philippe Paquet
www.expo.artactif.com
Des milliers de pieds piétinent en cadence :
Un ballet agité, une sorte de danse
Autour des treize mille et quatorze joueurs !
De la folie furieuse et une énorme ardeur
Pour la sérieuse et gaie Marseillaise à pétanque !
Délaissés les cafés, les plages, les calanques :
Un troupeau bon enfant de familles, d’amis
Se dirige en riant vers le parc Borély
Où cinq bons jours durant, du matin jusqu’au soir,
On s’en va communier en une grande foire !
Lancer le cochonnet, et pointer, et tirer :
Oui, monsieur ! C’est un sport ! Vous pouvez rigoler…
Quatre mille trois cent et soixant(e) huit équipes :
On est heureux déjà quand on y participe
Même si l’on est sûr d’en être blackboulé
Le temps d’une partie ! L’important, c’est d’aimer…
Quarante neuf années qu’on se passionne autant
Pour des boules d’acier, Et l’on est bien content
Que ça se passe ainsi au début de juillet :
L’un des premiers signaux du retour de l’été !
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Poème illustré par :
Francis Jalibert
www.artmajeur.com/jalibert
Il est survenu d’un seul coup
Et s’est soudain jeté sur nous,
Comme affamé et plein de haine !
Hier encor on était en peine
Et l’on frissonnait dans le vent.
C’est ainsi chez nous : très souvent,
Le temps est fou et sans nuances ;
L’été s’abat sur la Provence
D’un seul coup comme un ravageur !
Alors qu’on était presqu’en pleurs
Deux jours avant sans les cigales,
Aujourd’hui l’on peste et l’on râle
Tant il fait chaud ! Et le cricri
Tant attendu est comme un cri
De victoire dans le jardin…
Et c’est tant mieux ! Et si l’on geint,
C’est qu’on est sot ! Vive l’été,
Même s’il nous fait transpirer
Et boire comme cent chameaux !
Tu n’as qu’à mettre ton chapeau…
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Poème illustré par :
Elisabeth Fourcade
www.elisabeth-fourcade.net/
On n’ose pas y croire et l’on doit se pincer :
On est le vingt-huit juin ; la première cigale
N’a toujours pas chanté ! Nous sommes consternés
Et ne nous sentons plus en terre provençale !
Dis, petite : où es-tu ? Il fait bon maintenant !
Depuis quatre ou cinq jours on peut parler d’été
Bien que nous n’ayons pas encor eu de printemps !
Il faudrait désormais sortir ton bout de nez
De ton antre de terre et ne plus redouter
Que l’été puisse avoir été anéanti
Par ce Temps insensé ! Laisse nous espérer
Que nous sommes enfin au bout de nos soucis !
Allez ! Fais un effort, ma petite cagnarde !
Viens-t-en sur les grands pins nous jouer ta musique
Car elle est tout l’été ! Si tu veux qu’on flemmarde
Au soleil revenu, ne sois pas amnésique
Et ne nous oublie pas. Vas-y : fais un effort,
Sors vite de ton trou pour entonner ton chant !
Car nous voulons ouïr pour toujours et encore
Sous l’énorme soleil ton chaud criquètement.
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Poème illustré par :
Francis Jalibert
www.artmajeur.com/jalibert
Requinqué, le soleil a repeint le pays
De ses rudes couleurs, de ses pigments à lui :
Des tons exagérés, des teintes provençales
Parfois exacerbées, outrées par le mistral.
Dès que l’été est là, le paysage change.
La douceur du printemps et ses sages façons
Font place à la fureur, sans une transition
Du beige à l’ocre roux et du jaune à l’orange.
Le vert tendre et léger va bientôt se faner,
Surtout dans la garrigue appauvrie de son eau
Car le soleil assèche les minces ruisseaux
Qui baignaient de fraîcheur les arbres assoiffés.
L’astre fauve qui mord flamboie alors si fort,
Brûlant tout le pays à longs traits outranciers,
Qu’il affadit parfois le ciel décoloré,
Le soir heureusement rehaussé d’un peu d’or !
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Poème illustré par :
Tivador Kosztka Csontvàry (1859-1919)
Salut, le Temps ! Comment vas-tu
Aujourd’hui ? Quand vas-tu cesser
De faire le hurluberlu ?
Nous en avons vraiment assez
De tes caprices d’enfant-roi
Et ne sommes pas descendus
Dans le Sud pour peler de froid !
L’été serait le bienvenu
Car nous sommes le vingt-deux juin !
Il pleut sans cesse et l’on grelotte,
Tu ne peux savoir à quel point !
Même le chat a la tremblotte !
Foin de la pluie et des rhinites
Dues à ce vent frais et humide !
Quant aux cigal(e)s, elles hésitent
A sortir de leur chrysalide !
Où se trouve donc le Bureau
Des Requêtes, pour exiger
Qu’on pende vite court et haut
Tous ces gens qui nous ont trompés
Sur le mois de juin en Provence ?
Quoiqu’il faille bien avouer
Que c’est bien pis partout en France…
Et si l’on cessait de râler ?
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Poème illustré par :
Shalyka
www.shalyka.skynetblogs.be
Assis sur un muret, un petit monsieur rêve :
Immobile et plongé dans un songe éveillé,
Il est un peu bizarre. Le regard hébété,
Il rumine son mal ; sa souffrance est sans trêve.
Il a tourné le dos à sa vieille maison.
A quoi bon maintenant ? Et à quoi faire face
Puisqu’il a tout perdu ? Il pense et il ressasse
Depuis hier au soir à perdre la raison.
Des hommes sont venus et ils ont emporté
Sa femme Adélaïde. Elle était près de lui
Quand le flot gigantesque et furieux de la pluie
A forcé le garage où elle s’est noyée.
Et il n’a rien pu faire ! Et il ne reste rien
De sa modeste vie de petit retraité,
De tous les souvenirs de son si long passé !
Il souhaite la mort, le néant, leur soutien !
Depuis cent cinquante ans on n’avait jamais vu
Pareille inondation. Il y eut le barrage
Qui craqua autrefois… Mais cet énorme orage ?
Maintenant il fait calme ; il bruine sur Fréjus
Et le petit monsieur frissonne tout trempé,
Quand un ami navré pose sur ses épaules
Un plaid épais et chaud. En pleurant le vieux Paul
A saisi la main tiède et s’y est accroché.
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Illustration du poème trouvée sur :
http://macha-club.blogspot.com
Dans le Var, on est hébété
Face aux incroyables ravages
Qui laissent chacun dévasté.
Le fléau, la mort : un orage !
Angelo est désespéré
Car ses vignes sont gorgées d’eau !
Tant de travail et tant d’années
Qui s’en sont allés à vau-l’eau !
Il a peur que ça recommence…
Ceux qui croient prient, les autres pleurent,
D’autres maudissent la malchance !
Tout s’est passé en moins d’une heure…
Et tant de gens ont disparu,
Noyés hier à Draguignan,
Emportés par l’immense flux,
Par cette vague déferlant
Qui se ruait sur les villages :
Le Luc, le Muy, les Arcs, la Motte
Et Roquebrune… Enorme orage,
Enorme pluie, énorme faute
D’un mois de juin devenu fou !
Dans les rues, des autos en tas !
La désolation est partout.
Y a t-il eu un attentat ?
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Poème illustré par :
Gabrielle Gandit
www.gabrielle-gandit.artdudessin.com
Mais que se passe-t-il cette année en Provence ?
L’été a un mal fou à s’y enraciner,
Contrarié par la pluie, la froidure, les transes
D’un mistral opiniâtre, excessif et glacé.
Quand Juin monte à l’assaut, on est tous attentifs,
Suivant le coeur battant son combat résolu
Contre un très vieil hiver obstiné et rétif
Qui ne veut pas admettre qu’il n’existe plus !
C’est vraiment sidérant : le soleil indocile
Va et vient et repart ! Et il semble oublier
Que c’est chez nous qu’il doit élire domicile,
Dans le ciel du Midi, et durant tout l’été !
Mais peu lui chaut vraiment de nous mettre en émoi !
J’ose à peine avouer l’effet de ses outrages :
On est le douze juin, l’on a tellement froid
Que toute honte bue, l’on remet le chauffage !
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On est le 28 mai : on est tous descendus
Dans la cour de l’immeuble où même le vieux Charles
A l’air d’être sympa, toutes querelles bues .
On l’a tous décidé : l’on rit et l’on se parle
Comme si l’on était tous des soeurs et des frères !
Heureusement le temps est un vrai temps d’été :
Pas un souffle de vent, une belle lumière :
On est vraiment contents d’être ainsi rassemblés.
On a tous cuisiné : quiches, tourtes, pâtés…
Le gros Antonino a cuit moultes pizzas
Goûteuses à souhait, qu’on mange accompagnées
De grands coups de rosé versé à tour de bras
Car Jean-Luc le Syndic a offert du Bandol ;
N’étant pas coutumier de telles attentions,
Veut-il donc qu’on oublie à quel point il nous vole ?
Mais bah ! N’y pensons plus : qu’importent ses raisons !
C’est un beau soir d’été et l’on est tous amis ;
Et le plus merveilleux, c’est de pouvoir penser
Que partout des voisins sont ainsi réunis,
En Provence, à Paris, et dans le monde entier.
Poème offert à Atanase Périfan
« Mille mercis pour ce délicieux cadeau
Ce poème est magnifique, bravo pour tant de talent
Il me touche
A très vite »
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Atanase Périfan
Président de la Fédération Européenne des Solidarités de Proximité
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