Archives pour la catégorie “Le début de l’été”

L’heure de l’apéro, c’est sacré à Marseille,
Surtout dès les beaux jours, à l’heure où le soleil
Descend sur l’horizon. On s’installe au jardin
Avec un bon pastis, pour ne faire plus rien.

Ah, mais si ! Tout de même ! On ne peut oublier
Qu’on s’est donné du mal pour bien vous préparer
Quelques amuse-gueule, avec une anchoïade.
En voici la recette de tatie Bertrade :

Vous prenez un peu d’ail, des anchois et des câpres,
Et de l’huile d’olive, au goût vert un peu âpre.
Vous écrasez le tout pour faire une purée,
Mais surtout pas trop fine ; ceci fait, vous coupez

Quelques lesques de pain – du gros pain de ménage !
Vous les faites griller comme le veut l’usage
Et vous les tartinez de la bonne pommade
Qu’ici dans la région on appelle anchoïade.

Et vous vous régalez pendant que les grillons
Entonnent dans le soir une brave chanson.
L’heure de l’apéro ? Le Paradis sur terre
Pour les épicuriens qui savent ne rien faire.

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C’est l’heure fugitive où le soleil descend :
Rétractant ses rayons, il n’est plus qu’une boule
Enorme et rouge vif sur le ciel. Puis il coule
Derrière l’horizon barbouillé de safran.

Il est vite avalé ; l’on peut enfin souffler.
Une brise d’été relativement fraîche
Caresse en l’effleurant notre peau, et y sèche
De son souffle ténu une sueur salée

Où est resté collé le sable de la plage.
L’horizon qui n’est plus qu’une ligne légère
Disparaît peu à peu ; sa lueur éphémère
Se dissipe à l’ouest, là-bas, dans un orage

Qui gronde sourdement du côté de Carry.
Il fait un peu plus frais et l’on se sent bien mieux.
Le soir qui met le feu à des étoiles bleues
Est même un peu frisquet sous leur doux clignotis.

 

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poème illustré par un tableau de :

Vera Pagava
(1907-1988)

Je suis doux et bouclé comme un tendre mouton
Et j’aime m’enrouler autour du corps bien rond
De ma jolie Emma. Quand elle sent le sel,
Juste après la baignade ! Elle essuie ses aisselles,

Ses jambes et ses bras… d’autres choses encore !
J’ai, comme dirait l’autre, une fonction en or !
Et puis elle m’étend sur le sable doré
Et se couche sur moi. Mon Dieu ! si vous saviez…

Voici bien des années que je vis ce servage
Et je vieillis pas mal, malgré tous les lavages.
J’étais bleu outremer, mais ma teinte qui passe
Est un brin délavée. Si ma couleur la lasse,

J’ai peur qu’elle me jette. Et le qu’en dira-ton
Dit que je pourrais bien me muer… en chiffon !
L’usure me détruit, j’ai du mal à survivre,
Mais vous m’imaginez, faisant briller les cuivres ?

Enfin, ça va encor : Emma n’est pas bêcheuse.
Elle aime ma douceur, la texture moelleuse
De mon coton épais. On va continuer
A aller à la mer pour s’y faire bronzer…

 

 

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Poème illustré par un tableau de :

Laurence Malherbe
www.gecko-rouge.net

L’été est revenu et ses jours lumineux
Nous paraissent sans fin ; immuablement bleu,
Le ciel a oublié ce qu’était un nuage
Et l’on est tout content d’avoir tourné la page.

Il faudrait maintenant que notre cher soleil
Fasse de gros efforts : depuis peu à Marseille,
On recommence à voir des baigneurs sur les plages
Qui mettent à bronzer autant force que rage,

Car  ici nul n’a honte de trop dénuder
Son corps parfois bien fait, mais souvent trop replet ;
Et ces seins tout flapis, ces bedons étalés
Seraient bien plus jolis s’ils étaient mordorés !

L’astre-roi ne sait plus où donner de la tête ;
Il est si fatigué qu’une bonne trempette
Lui ferait un bien fou ! Mais ce n’est qu’à neuf heures
Qu’il pourra se plonger, pour son plus grand bonheur,

Tout là-bas, à l’ouest, derrière l’horizon.
Pour le moment, c’est vrai, ils perdent la raison,
Tous ces gens ne rêvant que d’être bien grillés,
Barbecuetés et frits, boucanés, rissolés !

Mais pour notre glouton, c’est un fameux festin
Que l’épiderme blanc de ces pauvres crétins
Qui vont vite saisir qu’à s’exposer ainsi
Ils jouent avec leur peau de joyeux ahuris !

Souffrir pour être beau, ruisseler de sueur,
Et rester immobile et des heure(s) et des heures…
Il est vrai qu’à Marseille on va devoir peler
Pour être enfin admis dans le Club des bronzés !

 

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Poème illustré par un tableau de :

François Boucher
(1703-1770)

C’est dans une mairie en Drôme provençale
Que naquit le scandale au début de l’été ;
Au moment où s’enclenche le choeur des cigales,
Quand le cours de la vie semble bien plus léger.

La jeune Aminata, qui faisait le ménage,
Supposant que le maire était déjà parti,
Entra dans son bureau. Il hurla à l’outrage :
Etait-ce donc ainsi qu’on pénétrait chez lui ?

Puis il regarda mieux la jeune fille noire
Et se dit qu’elle était tout à fait à son goût.
C’était un vieux, déjà, mais un coureur notoire,
Qui s’offusquait fort peu de l’effroi, du dégoût

Qu’il pouvait susciter chez la gent féminine.
Ce fut comme un réflexe, et, lui sautant dessus,
Sans plus se soucier des cris de la gamine,
Le vieux satyre en rut lui mit la main au cul !

Mais elle était costaude ; elle lui résista
Et lui griffa le ventre d’un ongle acéré
Pour prouver son forfait. Puis elle s’échappa
Et courut dans la rue, pour y mieux raconter

L’attaque du notable. Il était si surpris
Qu’il n’eut pas trop le temps d’inventer un bobard ;
On le confondit donc, d’autant plus qu’au pays
Il était le sujet de tout un tas d’histoires.

D’autres femmes bientôt osèrent raconter
Moults incidents cochons de la part du pourceau,
Jusqu’à ce que, sali, il soit désavoué
Et démissionne enfin comme un fieffé salaud.

Il se retrouva seul ; sa femme le quitta.
Il avait tout perdu à trop perdre la tête !
Déshonoré, flétri, renié ! Et tout ça ?
Pour de bien brefs instants de zizi en goguette…

 

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Poème illustré par un tableau de :

Jacques Testa
www.tableaux-testa.net

J’ai besoin de soleil et j’ai soif de lumière !
Où pourrais-je en trouver autant que par ici
Quand s’annonce l’été ? Et quand enfin la mer
Transforme sa clameur en un doux clapotis.

Et ce bleu infini du ciel interminable
Quand les jours sont si longs ? En est-il de plus pur ?
Cette tiédeur de l’eau, cette chaleur du sable
Qui font monter en vous comme un goût de luxure,

En quelle autre région pourrait-on les trouver ?
Le soleil et la mer, la lumière et le ciel
Incroyablement bleu si souvent dans l’année !
Ce pays est béni et vous donne des ailes

Car l’âme est plus légère au cours de ces longs jours
Immuablement clairs. Pas trop chaud, pas trop frais :
Ce temps presque parfait devrait durer toujours !
Provence-paradis dès le début de mai !

 

 

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Poème illustré par un tableau de :

Joseph Bayol
www.josephbayol.com

Où sont ces soirs d’été, ces jolis soirs d’antan
A l’extrême douceur – où l’on tirait sa chaise
Sur le pas de la porte ; où l’on avait le temps
De rire entre voisins, tout en prenant ses aises

Après le dur labeur d’une longue journée ?
On était bien dehors, enroulé dans un châle,
Car il faisait frisquet sous la voûte étoilée
Après le grand cagnard d’un jour d’août infernal.

Où est cette vie calme et cependant très rude
Où tout petit bonheur semblait exceptionnel ?
Je me souviens encor de la Mamet Gertrude
Narrant à qui voulait combien elle était belle

En sa folle jeunesse. Et toutes ces histoires,
Ces contes, ces chansons… On avait presque froid
Mais c’était délicieux ! Oh, qu’ils sont loin, ces soirs
D’une époque bénie appelée… autrefois !

Pas de télé, alors, qui confine les gens
Au creux de leur maison bien fermée dès huit heures.
Est-ce bien un progrès ? Où est-il donc ce temps
Qui rapprochait les gens pour leur plus grand bonheur ?

Où sont ces soirs d’antan, ces jolis soirs d’été
Qu’on avait le loisir de goûter lentement ?
Ces veillées disparues et qui s’en sont allées,
Comme la vie qui passe en mangeant ses enfants !

 

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Poème illustré par un tableau de :

Anna Ancher-Brandon
(1859-1935)

J’aime ces soirs d’été qui sentent la lavande,
Le thym, le romarin ; et cette sarabande
De grillons endiablés dans le fond du jardin ;
Ces veillées entre amis, attablés sous le pin

A boire un grand pastis cliquetant de glaçons ;
Cette brise posant d’agréables frissons
Sur les épaules nues mangées par le soleil,
Et l’horizon frangé par un éclat vermeil

Déclinant à l’ouest. J’aime ce noir profond
S’immisçant peu à peu sous le moindre buisson
Et qui donne au jardin une aura de mystère ;
L’odeur âcre, un peu sûre, et qui sourd de la terre

Trop sèche depuis peu. J’adore ces soirées
Eclairées aux bougies ; quand l’air un peu plus frais
Distille lentement d’incroyables senteurs :
Celles des fleurs flétries harassées de chaleur.

J’aime ces soirs d’été où l’on refait le monde
A grands coups d’utopie sous la lune bien ronde,
Cercle d’or appliqué sur le ciel bleu-marine ;
Quand la réalité met enfin sa sourdine…

 

 

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Poème illustré par un tableau de :

Vincent Van Gogh
(1853-1890)

On va ressortir les glacières,
Maillots de bain, crème solaire,
Car voici enfin revenu
Le mois de juin, presqu’incongru

Tant le printemps fut souffreteux !
Mais le soleil impérieux
A bouté l’hiver dans son trou ;
L’été est bien au rendez-vous,

Couronné de fleurs et de feuilles,
Et s’esbaudissant qu’on l’accueille
Avec une telle allégresse.
Il est tout en délicatesse,

N’ayant pas encor eu le temps
De devenir tonitruant.
Un joli mois presqu’idéal,
Point trop chaud ni par trop brutal

Grâce à son soleil raisonnable.
Mois de juin, joli mois affable
Avec tes longs jours lumineux,
Tu sais comment nous rendre heureux

Et nous attirer sur la plage.
Joli mois léger et volage,
Tu nous mets au coeur des idées
D’amourettes peu compliquées…

L’on va rire, l’on va s’aimer
Et bien profiter de l’été :
Ces trois longs mois de pur bonheur
Qui n’apportent que joie au coeur !

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Par l’embrasure des volets,
Maud voit la lune, elle est énorme !
Un astre qui n’est pas aux normes
D’un bel été, au trois juillet !

Maud est allongée sur son lit
Et les rayons couleur d’opale
Baignent doucement sa peau pâle,
En gommant l’ombre de la nuit.

La lumière froide immobile
Fait de son corps une statue,
Une superbe statue nue
Que seul dépare son nombril,

Petit trou sombre et angoissant :
Un défaut sur la pureté
Des lignes de son corps parfait,
Auréolé d’un halo blanc

Qui le nimbe d’une lueur
Bleutée et comme féérique.
La nuit a des ondes magiques,
Toutes façonnées de douceur.

 

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Poème illustré par un tableau de :

Marie Buffière
www.marie.buffiere.over-blog.com

Dans le ciel, un nuage ! Un seul… Il sert de planque
Au soleil embusqué qui attend patiemment
Que passe à sa portée l’un de ces saltimbanques
A la peau toute blanche et aux cheveux d’argent

Qui viennent dès juillet envahir son Midi.
Il en pète du feu, tant la concupiscence
Le met tout en émoi ; et il se réjouit
De les voir débarquer en troupeaux en Provence !

Ceux qu’il aime surtout, ce sont les Scandinaves
Dont le teint transparent n’attend que ses baisers.
Oh ! Comme ils vont rougir et cramer ! Il en bave
Et affûte encor plus ses flèches acérées…

C’est un puissant tyran… pourtant si désiré
Par ses adorateurs descendant vers la mer !
Nous, nous le redoutons ! Et il n’est apprécié
Par les gens du Midi que lors des mois d’hiver

Quand il est pâlichon, vaguement endormi
Au-dessus de la mer aux vagues un peu jaunes ;
Demi-cercle posé sur l’horizon tout gris,
Il flemmarde en douceur dans les vapeurs d’automne…

 

 

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Poème illustré par un tableau de :

Théo Azambre
www.galerie-creation.com

Il y a bien longtemps, un Etre de lumière
Descendit de son monde afin de s’informer
De la planète bleue qui s’appelait la Terre.
Il se posa près d’Aix au début de l’été

Dans un très grand jardin et s’y trouva fort bien ;
D’autant qu’il y trouva des êtres immobiles
De toutes les couleurs. De bien curieux Terriens,
Mais parfaitement beaux – qui semblaient très fragiles

Dans leurs ailes de soie frémissant dans le vent.
L’Etre venu d’ailleurs, hébété de stupeur,
Se dit que ces Terriens vivaient étrangement…
D’autant que dans son monde, il n’y a pas de fleurs !

Puis un autre Terrien, marchant à quatre pattes
Et levant sans vergogne un pied sur un rosier,
Arrosa sans pudeur les fleurs si délicates.
Un tel manque d’égards… L’Etre fut horrifié !

Mais ce ne fut pas tout : un autre, vertical,
Arrivait en courant, tout écumant de rage,
Et criant au forfait, au crime et à l’outrage,
Hurlait comme un dément tout en gesticulant ;

Puis il roua de coups le pauvre quadrupède
Qui rampait à ses pieds… Lors l’Etre de lumière,
Ecoeuré par les moeurs de l’horrible bipède,
Se dit que les Terriens et leur maudite Terre

Ne justifiaient pas qu’on s’y attarde plus !
Il préférait Orion, où nul ne commettait
D’acte délictueux. Que ces olibrius
S’entretuent donc entre eux ! Les seuls qui méritaient

Qu’on s’intéresse à eux ne pouvaient pas bouger !
Parfums ensorcelants et robes de couleur ?
Mais aucun mouvement : ils étaient imparfaits !
L’Etre repartit donc vers son monde d’Ailleurs…

 

 

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Poème illustré par un tableau de :

Etienne Bonnot

www.bonnotpeinture.canalblog.com

On est le dix juillet. Le temps est somptueux,
Merveilleusement clair, et la mer est si bleue
Qu’on n’en croit pas ses yeux. On ne voit plus le sable
Tant il y a de monde. Vacances admirables ?

Eh bien, non, justement ! Car il n’y a personne
Dans l’eau bien trop glacée ! Pas de cris qui résonnent
Joyeux et excités dès que gicle une vague !
On n’en peut vraiment plus et l’été extravague !

C’est la faute au mistral fougueux et déglingué
Qui nous a refroidi la Méditerranée.
Que se passe-t-il donc ? On a la peau grenue
Comme peau de poulet, et hier il a plu !

Tout bain paraît longuet : l’eau à quinze degrés
N’est pas très attrayante et l’on va au Musée…
Bien sûr, c’est mieux chez nous qu’ailleurs partout en France,
Mais ce n’est pas un temps très normal en Provence

Que cet été sans bains tant la mer est frisquette !
Seuls quelques tout-petits font gentiment trempette :
On a dû leur greffer une peau de dauphin !
Mais peut-être après tout fera-t-il chaud demain ?

 

 

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Poème illustré par un tableau de :

Armand Feldmann
www.armandfeldmann.com

Les persiennes fermées sont comme les paupières
Innombrables et bleues du village endormi.
Il est vraiment très tôt ; le jour est encor gris
Et des lambeaux de nuit tamisent la lumière.

Les voitures couvertes d’un voile argenté
De brume et de rosée sont garées sagement
Tout au long du trottoir. Une bribe de vent
Présage un grand mistral pour toute la journée ;

Pour le moment ça va ; ce n’est qu’une caresse
Qui ne perturbe pas le silence pesant
D’une aube provençale. Un chaton triomphant
Déambule tout seul ; sa longue queue se dresse

En point d’exclamation. Il va par la grand’rue
Dont les pavés disjoints luisent sous le ciel bleu ;
Il est tout seul au monde, inconscient et gracieux,
Et trottine gaiement, fragile hurluberlu.

C’est vrai qu’il est très tôt, et le premier soleil
Dont les rayons s’agripp(ent) aux pentes du Baou
Rend ses contours rugueux et raides un peu flous.
Car il n’est que six heure(s) et Saint-Jeannet sommeille…

 

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Poème illustré par un tableau de :

Henry Wallis
(1830-1916)

Il est encor très tôt ; l’on étouffe déjà
Car l’air chaud trop pesant ne s’est pas rafraîchi
Au long du cours brûlant d’une trop courte nuit.
Bien qu’on soit début juin, l’on est déjà très las,

Harassé de chaleur et moite de sueur.
L’été qui entre en danse a bien fourbi ses armes :
La terre est déjà cuite ; un craquement d’alarme
Fait vibrer le bois sec des pins dont la sueur

Résineuse et ocrée suinte déjà des troncs.
Nous ne sommes pas prêts à avoir aussi chaud
Et à tant transpirer. Il est vraiment trop tôt !
Même notre Midi ne tourne plus très rond…

Ce qui est inouï, c’est ce maudit silence
Sans cigales, sans rien : elles ne savent pas
Que leur temps est venu et que l’été est là !
Ce foutraque d’été est bien trop en avance…

 

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