Archives pour la catégorie “Le début de l’été”

Poème illustré par un tableau de :

Claude Monet
(1840-1926)

Au fond du vallon gris criquetant de cigales,
La Touloubre est tarie ; et seul un filet bleu
Y serpente au milieu de rocs en camaïeu
D’ocre, de blanc, de beige irisés par l’opale

Du ruisseau moribond presqu’exangue aujourd’hui.
Il n’a pas assez plu au printemps. L’eau est rare
Et la Provence sèche. Et il est bien trop tard
Pour qu’il y ait encor quelque chance de pluie !

Assise au bord de l’eau qui coule claire et fraîche ,
Je sens son clapotis léchouiller mes orteils.
Il fait déjà très chaud ; l’implacable soleil
Pompe insatiablement le ruisseau qui s’assèche

Et n’est plus qu’un filet enlaçant quelques brins
D’herbe qui se tortille au fil bleu du courant.
L’eau est vraiment frisquette et titille mes dents ;
Il est vrai qu’on n’en est encor qu’à la mi-juin !

Mais l’été sera rude ! Et bientôt le cagnard
Aura bu toute l’eau. Adieu donc les trempettes !
Sous l’arche du vieux pont trois canards qui trompettent
Patouillent dans la boue pour trouver des têtards.

 

 

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Poème illustré par un tableau de :

Hélène Gastin-Mozo
www.galerie-com.com

Nous avons ressorti du fin-fond des placards
Les shorts, les débardeurs, les vêtements légers.
Même si, d’ici peu, l’on va tant transpirer
Qu’on va pas mal râler, on grognera plus tard !

Pour l’instant jouissons de l’été revenu
Et ne prenons plaisir qu’à tous ses avantages.
Hâtons-nous d’oublier les terribles orages
D’un printemps désastreux où il a bien trop plu.

C’est vrai que le temps change et qu’on ne sait plus trop
A quels saints se vouer ! Un hiver printanier,
Un printemps gadouilleux… Seul notre bel été,
Invariablement, reste sec et bien chaud

Sauf quand juillet parfois joue à l’inconséquent,
Faisant râler les gens bien que notre Provence
Soit toujours plus gâtée qu’ailleurs partout en France :
Son ciel est lumineux, même taché d’argent ;

Ce cher bon vieux soleil ne pourrait délaisser
Ses terres du Midi ! L’été est par chez nous
Sans cesse épanoui. Parfois trop même au goût
De certains ronchonneurs toujours prêts à pester !

Alors, soyons heureux et prenons le meilleur !
Profitons de l’instant, des beaux jours qui renaissent,
Des jardins qui chatoient. Tout sent bon l’allégresse
Et l’été fait sonner sa fanfare en nos coeurs.

 

 

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Poème illustré par un tableau de :

Georges Binet
(1865-1949)

Comme un étron séché, c’est grisâtre, épineux :
Un rameau de bois mort dans une jardinière ;
Mais si l’on gratte un peu, l’on voit un peu de vert
Qui luit sous son écorce où pointent quelques yeux.

Le soleil est radieux, et l’été enfin là
Ressuscite la vie partout où elle gît.
Du rameau rabougri quelque chose a jailli :
Un petit plumet rouge, un clin d’oeil, un éclat…

Puis ce sont des soupçons de boursouflures rousses
Qui deviennent bourgeons au bout de quelques jours ;
Minuscules rejets tout ourlés de velours,
Ils se déploient bientôt en feuillure qui pousse,

Et pousse et pousse encor jusqu’à couvrir la branche.
Le feuillage est costaud, et si vert et si dru
Que s’y lovent bientôt de longs boutons pointus
Comme des fers de lance. Et l’arbuste qui penche

Se couvre peu à peu de fleurs en pleine gloire.
La nature a gagné ; lou broco desséché,
Contre tout pronostic, s’est mué en rosier
Qui sent bon le soleil dans la brise du soir.

 

 

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On est si bien ce soir assis au clair de lune
Au pied du Castellas ; le ciel doré scintille
Au-dessus du village d’Aurons où s’allument
Des feux éclaboussés de rouges escarbilles.

La brise virevolte et il fait un peu frais,
Mais nous n’en avons cure ! Il faut être patients,
Accepter ces frissons pour attendre l’été,
Sacralisé en-bas par les feux de Saint-Jean.

Dans le ciel où clignotent déjà deux étoiles,
La lune bleue s’étale, énorme et toute ronde.
Le grand soleil de juin vient de mettre les voiles
Pour aller éclairer d’autres parties du monde,

Délaissant le Midi jusqu’à demain matin.
L’été est presque là, avec sa bonne odeur
Qui rôde autour de nous : romarin, sauge, thym
Et lavande sauvage… Il est plus de dix heures,

Les feux de la Saint-Jean cliquent dans le vallon
Pour fêter le solstice. Il est vraiment très tard !
Nous allons redescendre et rentrer à Aurons
Où gicle la folie de milliers de pétards.

 

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Poème illustré par une aquarelle de :

Christiane Prévost
www.christiane-prevost.com

Un gros soleil tout neuf aiguise ses rayons ;
En avril et en mai il fut fort maigrelet
Mais c’en est bien fini et il s’est requinqué ;
Il a l’air désormais d’un énorme ballon

Hérissé de lumière, et un typhon de feu
Déferle en tourbillons au coeur de la Provence.
Il y a quelques jours on vit comme une chance
Ce retour d’un été glorieux ; mais d’ici peu

Nous allons soupirer qu’il fait vraiment trop chaud,
Tant il est vrai qu’ici on passe en un instant
De la normalité aux excès les plus grands !
Depuis hier matin un coup de sirocco

Nous arrive du Sud ; son souffle meurtrier
Commence à défraîchir les roses toute neuves.
Puisse ce bel été ne pas être une épreuve,
En faisant du jardin un paillis desséché !

Mais dame Météo a ouï nos prières :
Dès demain, paraît-il, nous allons retrouver
La douceur inhérente au début de l’été.
N’y avait-il donc là qu’une erreur saisonnière ?

 

 

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L’heure de l’apéro, c’est sacré à Marseille,
Surtout dès les beaux jours, à l’heure où le soleil
Descend sur l’horizon. On s’installe au jardin
Avec un bon pastis, pour ne faire plus rien.

Ah, mais si ! Tout de même ! On ne peut oublier
Qu’on s’est donné du mal pour bien vous préparer
Quelques amuse-gueule, avec une anchoïade.
En voici la recette de tatie Bertrade :

Vous prenez un peu d’ail, des anchois et des câpres,
Et de l’huile d’olive, au goût vert un peu âpre.
Vous écrasez le tout pour faire une purée,
Mais surtout pas trop fine ; ceci fait, vous coupez

Quelques lesques de pain – du gros pain de ménage !
Vous les faites griller comme le veut l’usage
Et vous les tartinez de la bonne pommade
Qu’ici dans la région on appelle anchoïade.

Et vous vous régalez pendant que les grillons
Entonnent dans le soir une brave chanson.
L’heure de l’apéro ? Le Paradis sur terre
Pour les épicuriens qui savent ne rien faire.

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C’est l’heure fugitive où le soleil descend :
Rétractant ses rayons, il n’est plus qu’une boule
Enorme et rouge vif sur le ciel. Puis il coule
Derrière l’horizon barbouillé de safran.

Il est vite avalé ; l’on peut enfin souffler.
Une brise d’été relativement fraîche
Caresse en l’effleurant notre peau, et y sèche
De son souffle ténu une sueur salée

Où est resté collé le sable de la plage.
L’horizon qui n’est plus qu’une ligne légère
Disparaît peu à peu ; sa lueur éphémère
Se dissipe à l’ouest, là-bas, dans un orage

Qui gronde sourdement du côté de Carry.
Il fait un peu plus frais et l’on se sent bien mieux.
Le soir qui met le feu à des étoiles bleues
Est même un peu frisquet sous leur doux clignotis.

 

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poème illustré par un tableau de :

Vera Pagava
(1907-1988)

Je suis doux et bouclé comme un tendre mouton
Et j’aime m’enrouler autour du corps bien rond
De ma jolie Emma. Quand elle sent le sel,
Juste après la baignade ! Elle essuie ses aisselles,

Ses jambes et ses bras… d’autres choses encore !
J’ai, comme dirait l’autre, une fonction en or !
Et puis elle m’étend sur le sable doré
Et se couche sur moi. Mon Dieu ! si vous saviez…

Voici bien des années que je vis ce servage
Et je vieillis pas mal, malgré tous les lavages.
J’étais bleu outremer, mais ma teinte qui passe
Est un brin délavée. Si ma couleur la lasse,

J’ai peur qu’elle me jette. Et le qu’en dira-ton
Dit que je pourrais bien me muer… en chiffon !
L’usure me détruit, j’ai du mal à survivre,
Mais vous m’imaginez, faisant briller les cuivres ?

Enfin, ça va encor : Emma n’est pas bêcheuse.
Elle aime ma douceur, la texture moelleuse
De mon coton épais. On va continuer
A aller à la mer pour s’y faire bronzer…

 

 

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Poème illustré par un tableau de :

Laurence Malherbe
www.gecko-rouge.net

L’été est revenu et ses jours lumineux
Nous paraissent sans fin ; immuablement bleu,
Le ciel a oublié ce qu’était un nuage
Et l’on est tout content d’avoir tourné la page.

Il faudrait maintenant que notre cher soleil
Fasse de gros efforts : depuis peu à Marseille,
On recommence à voir des baigneurs sur les plages
Qui mettent à bronzer autant force que rage,

Car  ici nul n’a honte de trop dénuder
Son corps parfois bien fait, mais souvent trop replet ;
Et ces seins tout flapis, ces bedons étalés
Seraient bien plus jolis s’ils étaient mordorés !

L’astre-roi ne sait plus où donner de la tête ;
Il est si fatigué qu’une bonne trempette
Lui ferait un bien fou ! Mais ce n’est qu’à neuf heures
Qu’il pourra se plonger, pour son plus grand bonheur,

Tout là-bas, à l’ouest, derrière l’horizon.
Pour le moment, c’est vrai, ils perdent la raison,
Tous ces gens ne rêvant que d’être bien grillés,
Barbecuetés et frits, boucanés, rissolés !

Mais pour notre glouton, c’est un fameux festin
Que l’épiderme blanc de ces pauvres crétins
Qui vont vite saisir qu’à s’exposer ainsi
Ils jouent avec leur peau de joyeux ahuris !

Souffrir pour être beau, ruisseler de sueur,
Et rester immobile et des heure(s) et des heures…
Il est vrai qu’à Marseille on va devoir peler
Pour être enfin admis dans le Club des bronzés !

 

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Poème illustré par un tableau de :

François Boucher
(1703-1770)

C’est dans une mairie en Drôme provençale
Que naquit le scandale au début de l’été ;
Au moment où s’enclenche le choeur des cigales,
Quand le cours de la vie semble bien plus léger.

La jeune Aminata, qui faisait le ménage,
Supposant que le maire était déjà parti,
Entra dans son bureau. Il hurla à l’outrage :
Etait-ce donc ainsi qu’on pénétrait chez lui ?

Puis il regarda mieux la jeune fille noire
Et se dit qu’elle était tout à fait à son goût.
C’était un vieux, déjà, mais un coureur notoire,
Qui s’offusquait fort peu de l’effroi, du dégoût

Qu’il pouvait susciter chez la gent féminine.
Ce fut comme un réflexe, et, lui sautant dessus,
Sans plus se soucier des cris de la gamine,
Le vieux satyre en rut lui mit la main au cul !

Mais elle était costaude ; elle lui résista
Et lui griffa le ventre d’un ongle acéré
Pour prouver son forfait. Puis elle s’échappa
Et courut dans la rue, pour y mieux raconter

L’attaque du notable. Il était si surpris
Qu’il n’eut pas trop le temps d’inventer un bobard ;
On le confondit donc, d’autant plus qu’au pays
Il était le sujet de tout un tas d’histoires.

D’autres femmes bientôt osèrent raconter
Moults incidents cochons de la part du pourceau,
Jusqu’à ce que, sali, il soit désavoué
Et démissionne enfin comme un fieffé salaud.

Il se retrouva seul ; sa femme le quitta.
Il avait tout perdu à trop perdre la tête !
Déshonoré, flétri, renié ! Et tout ça ?
Pour de bien brefs instants de zizi en goguette…

 

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Poème illustré par un tableau de :

Jacques Testa
www.tableaux-testa.net

J’ai besoin de soleil et j’ai soif de lumière !
Où pourrais-je en trouver autant que par ici
Quand s’annonce l’été ? Et quand enfin la mer
Transforme sa clameur en un doux clapotis.

Et ce bleu infini du ciel interminable
Quand les jours sont si longs ? En est-il de plus pur ?
Cette tiédeur de l’eau, cette chaleur du sable
Qui font monter en vous comme un goût de luxure,

En quelle autre région pourrait-on les trouver ?
Le soleil et la mer, la lumière et le ciel
Incroyablement bleu si souvent dans l’année !
Ce pays est béni et vous donne des ailes

Car l’âme est plus légère au cours de ces longs jours
Immuablement clairs. Pas trop chaud, pas trop frais :
Ce temps presque parfait devrait durer toujours !
Provence-paradis dès le début de mai !

 

 

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Poème illustré par un tableau de :

Joseph Bayol
www.josephbayol.com

Où sont ces soirs d’été, ces jolis soirs d’antan
A l’extrême douceur – où l’on tirait sa chaise
Sur le pas de la porte ; où l’on avait le temps
De rire entre voisins, tout en prenant ses aises

Après le dur labeur d’une longue journée ?
On était bien dehors, enroulé dans un châle,
Car il faisait frisquet sous la voûte étoilée
Après le grand cagnard d’un jour d’août infernal.

Où est cette vie calme et cependant très rude
Où tout petit bonheur semblait exceptionnel ?
Je me souviens encor de la Mamet Gertrude
Narrant à qui voulait combien elle était belle

En sa folle jeunesse. Et toutes ces histoires,
Ces contes, ces chansons… On avait presque froid
Mais c’était délicieux ! Oh, qu’ils sont loin, ces soirs
D’une époque bénie appelée… autrefois !

Pas de télé, alors, qui confine les gens
Au creux de leur maison bien fermée dès huit heures.
Est-ce bien un progrès ? Où est-il donc ce temps
Qui rapprochait les gens pour leur plus grand bonheur ?

Où sont ces soirs d’antan, ces jolis soirs d’été
Qu’on avait le loisir de goûter lentement ?
Ces veillées disparues et qui s’en sont allées,
Comme la vie qui passe en mangeant ses enfants !

 

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Poème illustré par un tableau de :

Anna Ancher-Brandon
(1859-1935)

J’aime ces soirs d’été qui sentent la lavande,
Le thym, le romarin ; et cette sarabande
De grillons endiablés dans le fond du jardin ;
Ces veillées entre amis, attablés sous le pin

A boire un grand pastis cliquetant de glaçons ;
Cette brise posant d’agréables frissons
Sur les épaules nues mangées par le soleil,
Et l’horizon frangé par un éclat vermeil

Déclinant à l’ouest. J’aime ce noir profond
S’immisçant peu à peu sous le moindre buisson
Et qui donne au jardin une aura de mystère ;
L’odeur âcre, un peu sûre, et qui sourd de la terre

Trop sèche depuis peu. J’adore ces soirées
Eclairées aux bougies ; quand l’air un peu plus frais
Distille lentement d’incroyables senteurs :
Celles des fleurs flétries harassées de chaleur.

J’aime ces soirs d’été où l’on refait le monde
A grands coups d’utopie sous la lune bien ronde,
Cercle d’or appliqué sur le ciel bleu-marine ;
Quand la réalité met enfin sa sourdine…

 

 

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Poème illustré par un tableau de :

Vincent Van Gogh
(1853-1890)

On va ressortir les glacières,
Maillots de bain, crème solaire,
Car voici enfin revenu
Le mois de juin, presqu’incongru

Tant le printemps fut souffreteux !
Mais le soleil impérieux
A bouté l’hiver dans son trou ;
L’été est bien au rendez-vous,

Couronné de fleurs et de feuilles,
Et s’esbaudissant qu’on l’accueille
Avec une telle allégresse.
Il est tout en délicatesse,

N’ayant pas encor eu le temps
De devenir tonitruant.
Un joli mois presqu’idéal,
Point trop chaud ni par trop brutal

Grâce à son soleil raisonnable.
Mois de juin, joli mois affable
Avec tes longs jours lumineux,
Tu sais comment nous rendre heureux

Et nous attirer sur la plage.
Joli mois léger et volage,
Tu nous mets au coeur des idées
D’amourettes peu compliquées…

L’on va rire, l’on va s’aimer
Et bien profiter de l’été :
Ces trois longs mois de pur bonheur
Qui n’apportent que joie au coeur !

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Par l’embrasure des volets,
Maud voit la lune, elle est énorme !
Un astre qui n’est pas aux normes
D’un bel été, au trois juillet !

Maud est allongée sur son lit
Et les rayons couleur d’opale
Baignent doucement sa peau pâle,
En gommant l’ombre de la nuit.

La lumière froide immobile
Fait de son corps une statue,
Une superbe statue nue
Que seul dépare son nombril,

Petit trou sombre et angoissant :
Un défaut sur la pureté
Des lignes de son corps parfait,
Auréolé d’un halo blanc

Qui le nimbe d’une lueur
Bleutée et comme féérique.
La nuit a des ondes magiques,
Toutes façonnées de douceur.

 

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