Archives de catégorie : Hiver

Contre-attaque

Poème illustré par un tableau de :

Yves Lallemand

L’on était tout content car c’en était fini
Des gelées, de la pluie, de toute cette crasse ;
J’avais même sorti mes pots sur la terrasse.
Une douce euphorie nous donnait le tournis…

Quand voilà, patatras ! Ce vieux crétin d’Hiver,
Contraint de déguerpir par Dame la Nature,
A fait front, résisté et tenté l’aventure :
Malgré le renouveau, les jardins déjà verts,

Il a fondu sur nous, et encore très costaud
Bien qu’il soit très âgé – quasiment un trimestre –
Il a contre-attaqué. Véritable homme-orchestre
Il a mobilisé tous ses seconds couteaux :

Le vent, le gel, la pluie, la neige et le brouillard,
Pour nous pourrir la vie… Mes fleurs ont triste mine
Et depuis quelques jours, elle se ratatinent
Pour échapper au froid. Un grand mistral braillard

Hurle sur la garrigue avec des cris de loup…
L’on était accablés, quand maîtresse  Nature
A soudain décidé que la grande imposture
Devait enfin cesser. Et que le vieux filou

Devait laisser la place au tout jeune Printemps.
Là, c’est définitif : il gît dans sa tanière,
Vaincu par le soleil et sa chaude lumière.
Car ainsi doit aller l’alternance du Temps…

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L’hiver s’en est allé…

Poème illustré par un tableau de :
Yves Lallemand

L’hiver s’en est allé, emportant ses guenilles
De froidure et de vent dans l’hémisphère sud.
Mais il y a encor, là-haut sur les paluds,
Une couche de glace argentée qui craquille

Dès qu’on y met le pied… L’on va souffler un peu,
Ne plus craindre au matin cette maudite bise
Qui vous tombe dessus et qui vous brutalise
A gifles que veux-tu ! Un grand sauve-qui-peut

Fait déguerpir le gel et la neige et la glace
En un monde inconnu. Et le nouveau printemps,
Fraîchement émoulu de l’Ecole du Temps,
S’en vient à petits pas, mais avec tant de grâce

Qu’il pousse les oiseaux à sortir de leur nid.
L’hiver s’en est allé, emportant ses caprices
Tellement déplaisants : n’est-il donc que malice ?
Nous respirons enfin et c’en est bien fini

De ce grelottement des pieds jusqu’à la tête,
De ce recul tremblant, peureux, si nous passons
Le nez à l’extérieur ; et de ces grands frissons
Dès que nous regardons de près le thermomètre…

Le temps est guilleret et l’air doux à souhait,
Juste comme il le faut. L’euphorie printanière
Aiguillonne les gens, chacun à sa manière !
Moi, je t’aime encor plus, comme tu le voulais…

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Va-t-on bientôt enfin…

Poème illustré par un tableau de :

Yves Lallemand

Va-t-on bientôt enfin éteindre le chauffage ?
Quitter ces gros manteaux, ces bonnets, ces lainages
Où l’on est engoncé des pieds jusques au cou ?
L’hiver n’est pas d’ici. L’on en souffre beaucoup,

Beaucoup plus que le Nord qui est habitué !
Chez nous, c’est un squatter ! Pour le destituer,
Nous devrions voter, afin que la Nature
Participe elle-même à sa déconfiture,

Effaçant pour toujours ce tyran irascible.
Mais ne nous leurrons pas, c’est un rêve impossible ;
Et malgré le futur changement du climat,
Il y aura toujours mauvais temps et frimas

Pour nous importuner et nous faire râler !
Mais l’on est presque au bout. L’hiver va s’en aller
Enquiquiner les gens là-bas vers l’Antarctique.
Le Temps continuera son mouvement cyclique

Pour nous faire oublier sa saison mortifère.
C’est ainsi que tout va. Il n’y a rien à faire !
Et très souvent le blanc fait contrepoids au noir
Pour que tout embarras se mâtine d’espoir…

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L’entre-deux

La station est déserte ; il n’y a plus de neige,
Hormis des glaçons gris qui s’agrippent aux toits.
Un chasse-neige usé et caduque nettoie
Une ultime gadoue sur le macadam beige

Car le dernier redoux a dépeuplé Praloup.
Le ciel est nuageux, la montagne grisouille.
Des gouttières usées et morveuses pendouillent
Des cristaux égouttant une eau salie. Un loup

S’est même aventuré au cœur de la station
Tant elle avait un air de ville abandonnée ;
Un décor pour un film où veut être donnée
Une impression d’angoisse et de désolation !

Est-il vrai que jeudi l’on jouait à glisser
Sur ces pentes ventrues, riant à perdre haleine ?
La station est fermée. Hier elle était pleine
De vie et de gaieté. Quelque chose est faussé,

Et semble inachevé, oublié, hors du temps…
Praloup n’est plus semblable à ses cartes postales
Et paraît maintenant vieux et moche et très sale.
Il se recroqueville, attendant le printemps…

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Agonie

Poème illustré par un tableau de :

Joos de Momper
(1564-1635)

L’Hiver a rassemblé ses oripeaux givrés
Sur son squelette blanc. Sa figure blafarde
Affiche depuis peu une expression pleurarde
Tant le temps se fait doux ; et il se sent sevré

De ne point pouvoir vivre au-delà de trois mois.
Il est à l’agonie car le ciel s’ensoleille
De plus en plus souvent. Entrevoir sur la treille
Des ombres de bourgeons le met tout en émoi

Car c’est un signe sûr que ce fichu printemps
Commence à s’affairer pour lui prendre sa place.
Serrant autour de lui sa défroque de glace,
Il essaie vainement de résister au Temps,

Aussi froid que la Mort dont il est le héraut.
Mais il va devoir fuir, peut-être même fondre,
Ou le jeune printemps va bientôt le confondre
Et le pousser dehors comme un bien piètre héros

Qui n’a plus rien à faire au monde des vivants.
L’hiver est moribond, chassé pour une année,
Peut-être anéanti par cette graminée
Que Mars a fait surgir dans le soleil levant…

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Froidicule

Oh, mon Dieu, quelle horreur ! On a les dents qui pèlent,
Et la bouche, et le nez… Et puis les yeux qui gèlent
Sous leurs cils pétrifiés ! L’on va tomber tout droit,
Le corps rigidifié tellement l’on a froid.

L’on marche précédé par un petit nuage
Auréolant tout doux notre pauvre visage
D’un fort joli halo. Et nos mains dans nos gants
Sont toutes racornies comme de vieux sarments.

Oh là là, qu’il fait froid ! Est-ce la froidicule ?
Déjà qu’en plein mois d’août l’on eut la canicule…
Et voici qu’on nous dit avec force arguments
Que ce sont les effets du grand réchauffement !

J’ai les pieds si glacés qu’il me semble qu’ils sortent
Du réfrigérateur. Ferme vite la porte,
Arrange le rideau que j’ai placé devant
Pour que n’entre chez nous pas un souffle de vent.

L’on a à peu près chaud, la maison est bien close.
Il faut admettre enfin qu’on est bien peu de choses,
De minables fétus face à de tels tracas…
J’ai la peau d’un poulet, hérissée sur les bras,

Et les yeux larmoyants. Je tousse, je frissonne…
Oh, mon Dieu, qu’il fait froid ! Dans ma tête résonne
Inlassable et pleurard un bien funeste glas :
L’impitoyable hiver a gagné le combat.

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Réconciliation

tempete

La Méditerranée a la couleur de l’ambre ;
Elle effleure en douceur la plage délaissée
Depuis presque deux mois. Ses eaux se sont lassées
De ruer sans arrêt depuis la fin novembre

Et d’être malmenées par le vent rugissant.
Mais elle s’est calmée, quiète, tranquillisée,
Ballant tout doucement, enfin presque apaisée
Après tous ces assauts têtus et harassants.

La Méditerranée qui tangue dodeline ;
Ses vagues pacifiées semblent même danser
En abordant la côte, hier encor agressée.
Le vent est maintenant une brise câline

Qui n’a plus rien à voir avec ce qu’il était.
La mer range ses flots en longs plis parallèles,
Le mistral les défait d’un malicieux coup d’aile :
Collègues à nouveau , presque comme en été.

Palpitant de concert et valsant, ils tournoient ;
La Méditerranée et le vent emmêlés
Clapotent de concert sous le ciel aigrelet ;
L’horizon devient rose et le soleil s’y noie…

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Solstice

clair_lune

Bien mornes ces soirées où le soleil flemmard
Va se coucher trop tôt. Ces nuits interminables
Emmitouflées de froid ! Où l’on se sent minable,
Où les rêves se muent en tristes cauchemars.

Bien trop long cet hiver, ces petits jours si courts
Dont quelqu’un semble avoir tamisé la lumière,
Où l’ombre peut régner une journée entière.
Ce temps enchifrené va-t-il durer toujours ?

Ces jours gris sont pesants… Mais moi ne t’ai-je pas
Pour me faire oublier cette étrange froidure
Qu’ici nous ressentons tout comme une imposture ?
Tant pis pour ce sol dur qui glisse sous nos pas,

Pour le soleil éteint, pour la longueur des nuits !
Le jardin est pouilleux, toutes ses fleurs sont mortes,
Dépecées par le vent : que le Diable l’emporte…
Mais tes bras sont bien chauds, et quand je m’y blottis

J’amnistie le mistral et ses longs crocs aigus.
L’entends-tu qui s’affaire à ébranler la porte ?
Mais il peut s’acharner… Après tout, peu m’importe
Qu’il pousse en s’énervant de longs cris suraigus.

L’essentiel pour nous deux, c’est d’être bien lovés
Dans les bras l’un de l’autre ; d’oublier la tristesse
De ce monde tout gris qui nous mine et nous stresse.
Le vent devenu fou pourrait bien soulever

La maison dans les airs que nous n’en saurions rien
Quand nous sommes ainsi enlacés l’un à l’autre.
Car c’est si bon, l’amour  ! Bienheureux qui s’y vautre
Avec délectation. Nous y sommes si bien…

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Feu d’enfer

feu-cheminee

L’on vient de rallumer dans l’âtre un feu d’enfer :
Il faut bien accepter le retour de l’hiver,
Ses soucis saisonniers et leurs inconvénients !
Cependant si novembre est pas mal contrariant,

Pour mieux le survoler nous avons malgré tout
Moultes petites joies : après-midis très doux
Au creux d’un bon fauteuil à regarder les flammes,
Laisser aller complet bien loin de tous ces drames

Qui rugissent dehors. Le ciel y est si noir
Qu’à midi l’on dirait qu’est survenu le soir.
Et pour imaginer que l’existence est belle,
Nous tentons de ne plus écouter les Nouvelles !

L’horloge tique et taque en dépeçant le Temps.
Il fait tiède, il fait bon. Oh, presque tout autant
Qu’il y a quelques mois ! Le bonheur qui ronronne
S’est installé chez nous. La bouilloire chantonne…

On est bien, il fait chaud. Le malheur est bien loin…
Mais quel est donc ce bruit dehors sur le chemin ?
Des gens dépenaillés et à l’allure étrange
Dont l’allure accablée nous stresse et nous dérange

Viennent de s’arrêter juste devant la porte.
Que nous veulent-ils donc ? Le diable les emporte,
Les remmène chez eux ! Qu’ils restent en enfer
Et subissent ailleurs les tourments de l’hiver…

Tiens, l’on n’entend plus rien… Alors on se regarde…
Sais-tu que d’ici peu, si l’on n’y prend point garde,
Notre cœur endurci s’en va se dessécher ?
Il faut les rappeler et aller les chercher…

Mais ils sont repartis, rivés à leur misère,
Pour divaguer sans fin tout autour de la Terre.
Nous, nous n’avons rien fait… Désormais peu nous chaud
Qu’il fasse bon chez nous et qu’on y soit au chaud !

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La mer en hiver

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Poème illustré par un tableau de :
Katsushika Hokusaï
(1760-1849)

Est-ce Klein qui ce soir a colorié le ciel
Blafard depuis deux jours – Triste ciel de Provence !
D’un grand bleu d’outremer, à l’éclat si intense
Qu’il éteint peu à peu le discret arc-en-ciel

Posé sur l’horizon par un récent orage ?
La Méditerranée, peinte par Okusaï,
Se jette en galopant à l’assaut du Cap d’Ail,
Et ses flots insensés lancés à l’abordage

S’abattent bruyamment sur les hauts rochers gris.
C’est la mer en hiver, dont les eaux malmenées
Bousculent violemment la plage abandonnée.
Les mouettes là-haut ne sont plus qu’un long cri

Et plongent en hurlant vers les énormes vagues.
C’est la mer en hiver, qui n’a plus rien à voir
Avec cette douceur des longs jours et des soirs
De l’été flamboyant ! Les oiseaux qui divaguent

Dans le vent oscillant se laissent emporter
Au gré du mistral noir qui hérisse leurs plumes.
Le soleil a bondi, et sa lumière allume
Sur les flots en fureur des éclairs irisés.

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L’hiver en embuscade

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Il n’est pas encor là, mais on le sent déjà !
Ici l’on n’aime point l’importune présence
De la pluie et du froid, ni l’anormale absence
Du soleil triomphant dont on ne comprend pas

Qu’il soit parfois ailleurs, éloigné de chez nous.
Les jours diminués s’enfuient en débandade.
Caché dans le brouillard, l’hiver en embuscade
A fixé à Lambesc son prochain rendez-vous.

L’on sent un changement, l’on frissonne et l’on sait.
Il y a des signaux, oh ! presque insaisissables :
Une impression de froid ; un mal-être impalpable ;
L’arbre au fond du jardin qu’on retrouve pelé…

Sur l’étang embrumé flotte un léger bateau :
Un squelette de feuille en lambeaux, une esquisse
De ce qui fut la vie, un fantôme qui glisse
Sous un souffle de vent, ridant à peine l’eau.

La lumière faiblit, le soleil est ouaté.
Un brouillard aérien flotte sur le village,
Aussi flou dans le soir qu’un vaporeux mirage
Où pleureraient tout doux les soupirs de l’été.

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Des larmes de cristal

olivier-en-hiver

Des larmes de cristal, tels des sanglots de glace,
Ont coulé cette nuit sur le vieil olivier
Dont le feuillage gris s’est recroquevillé
Sous l’outrage du gel. Cet hiver outrepasse

Son droit d’être chez nous en ce mois de décembre !
On n’a pas l’habitude, il fait vraiment trop froid,
Et l’on redoute tous, avec pas mal d’effroi,
Que ces grands coups de gel ne tuent ou ne démembrent

Le vieil arbre si vieux sous sa vieille ramure.
Il fait vraiment très froid, et un voile de gel
Nimbe tout le jardin d’un halo irréel
Cristallin et bleuté. L’incroyable froidure

A sculpté sur l’étang des fleurs couleur de neige
Ciselées cette nuit par les crocs bleus du vent.
L’olivier a craqué ; son branchage bravant
L’air glacial a frémi. Oh, Dieu, que le protège

L’Esprit emprisonné dans sa sève immobile !
Et puisse le dégel desserrer cet étau
Qui l’étouffe et le tue ! Que renaisse bientôt
Le soleil pour baigner cet enclos si tranquille

Et l’olivier chenu, têtu, qui se bagarre,
Tentant de résister aux assauts de l’hiver.
Il reste ici et là quelques bribes de vert,
Mais l’arbre est affaibli par les charges barbares

Du grand rush hivernal. Le gel est bien trop vif
Pour qu’il tienne longtemps ! Pourvu que le soleil
S’en vienne à sa rescousse en sortant du sommeil !
Lui seul pourrait contrer ce froid si agressif…

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Les larmes de l’hiver…

Gabriele Corno

Poème illustré par un tableau de :
Gabriele Corno

Les larmes de l’hiver qui commencent à fondre
Creusent des petits trous de leur léger flic-floc
Dans la neige amollie, et les tout-petits chocs
De ses pleurs de cristal vont bientôt se confondre

Avec le clapotis de milliers de ruisseaux…
Le printemps se déploie là-haut dans la montagne,
Tout comme dans le Sud partout dans la campagne…
D’ici quelque deux mois, le soleil à l’assaut

Aura tout dénudé sur la montagne chauve
Qui mordra le ciel pur de ses pics aiguisés
Par le vent et la pluie. Et ses contours brisés
Se découperont mieux sur le diorama fauve.

Sous la neige qui fond l’on peut même entrevoir
Les petits museaux bleus de ravissants colchiques ;
Peut-être aussi l’espoir d’une herbe rachitique
Se frayant peu à peu un chemin dans le noir ?

L’hiver peut bien pleurer à gros sanglots de glace
Il n’est personne ici qui en ait des regrets !
Le printemps se rapproche, et la vie qui renaît
Sème déjà partout ses minuscules traces.

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Le rescapé

Oiseau-virginie-trabaud

Illustré par un tableau de :
Virginie Trabaud

Un tout petit oiseau sautille
Dans le jardin tout déplumé.
Minuscule yoyo emplumé,
Il fait ployer une brindille

De son infime poids ailé.
Le ciel pesant, le long hiver
Sans fleurs, sans lumière et… sans vers,
Ne semblent point le perturber !

Il n’a pas faim, non ! Il gazouille,
Vif comme l’air et guilleret,
Auréolé d’un liseré
De lumière au chatoiement rouille.

Joli spectacle, évidemment !
Peut-être bien une mésange,
Ou la miniature d’un ange
Aussi scintillant qu’un diamant

Dans les gais reflets du soleil ?
Soudain je frappe dans mes mains :
Je viens de voir sous le jasmin,
Emergeant de son lourd sommeil,

Ma petite amie carnassière,
La chatte Amour. Elle a senti
Qu’il y avait un étourdi
Non loin de là ! Le pauvre hère

N’a que le temps de s’envoler…
La chatte est restée toute bête,
La gueule bée sur sa défaite.
Quant à l’oiseau, il rigolait…

 

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Les Baux en hiver

Michel Bec

Poème illustré par un tableau de :

Michel Bec

L’automne a passé le flambeau
A l’hiver. Un poisseux ciel gris
Que déjà la nuit assombrit
Pèse lourdement sur les Baux.

Le village est vide, et le vent
Y mène sa danse infernale :
Assourdissante bacchanale
Du mistral qui court droit devant

Comme un centaure sans raison
Tonitruant dans les venelles.
La débandade habituelle
D’une morne et triste saison !

Te rappelles-tu l’an dernier
Quand l’on y fit une balade,
Poussés dans notre promenade
Par ce vent fou qui ricanait ?

Il y faisait si froid alors
Que ton doux visage était pâle,
Pâle comme l’anneau d’opale
Auréolant le croissant d’or

De la lune accrochée au ciel.
Les vieilles maisons du village,
Bastides grises d’un autre âge,
Etaient éclaboussées du miel

De la ténébreuse lueur.
Le vent tordait ta chevelure
Qui dansait comme une voilure
Autour de ton visage en cœur…

Les Baux sont tristes en hiver.
Tu n’es plus là, tu t’es perdue
Dans une existence éperdue…
Dis, n’ai-je point assez souffert ?

Peut-être un jour reviendras-tu ?
Je t’attends rue de la Calade
Où l’infernale cavalcade
Du vent dévale à qui veux-tu….

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