Archives pour la catégorie “Contes”
Publié par Vette dans Contes

Poème inspiré par :
Andrews Esao
www.esao.net
La fée Lilou part en voyage
Dans un bien curieux équipage
Vers les confins du Lubéron.
Sa magie ne tourne plus rond,
Elle a besoin de se refaire
Une santé après l’hiver !
Elle a pris deux grosses valises,
Dont l’une est emplie de cerises,
En cas de soif ! Et la seconde
D’essence et d’un moteur qui gronde
Pour l’emporter loin, vers Bonnieux.
Car Lilou n’a pas froid aux yeux
Et elle est vraiment prête à tout
Pour oublier qu’elle est à bout !
Dans sa malle elle a mis ses chats,
Ses perruches, son chihuahua,
Dix-huit chapeaux, son canapé
Et ses vidéos préférées.
Puis elle a largué les amarres
Pour que le mistral fou s’empare
De sa nef tarabiscotée.
Et Lilou s’est laissée aller
Pour son mirobolant voyage,
Flottant au fil bleu des nuages…
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Publié par Vette dans Contes, Les gens

P0ème illustré par :
Eliane Marque
www.eliane64.artblog.fr
Il vit tout près d’Orange au coeur de la garrigue
Dans une maison bleue aux murs tout de guingois.
Un étrange vieillard que tout le monde croit
Pour le moins dérangé quand il danse la gigue
Au bord d’un chemin creux ou au bord de l’étang.
On ne lui cause pas car il ne parle pas ;
Il fait même un peu peur aux tout petits enfants.
Un vieil original étranger ! Un fada…
Nul ne sait qui il est ni comment il peut vivre,
Mais l’on s’en moque bien car il est repoussant
Avec ses yeux de fou et son regard ardent !
On dirait bien souvent qu’il boit et qu’il est ivre…
Cependant l’an dernier, Camille le berger
Qui s’ennuyait un peu en suivant son troupeau
Au milieu d’un pâtis, s’enfuit épouvanté :
Il avait vu le vieux, avec des pectoraux
Enormes, surgonflés : transformé en géant !
Un Génie colossal soufflant à la folie,
Faisant ployer les pins du Nord jusqu’au Midi,
S’élevant vers le ciel, lévitant, tournoyant…
Car le Vieux déplaisant n’est autre que le Vent !
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C’est après une pluie de curieux météores
Que l’orfèvre Vincent trouva de jolies pierres : (1)
Des étoiles de roche, une aubaine, un trésor !
Aux environs de Digne, épandus sur la terre,
C’étaient de vrais bijoux finement ciselés !
Puis il devint évêque… Un jour une donzelle
S’en vint le supplier : son jeune fiancé,
Emprisonné forclos par le sieur de Niozelles
Qui réclamait rançon, ne le pouvait payer :
Un tribut bien trop lourd pour les deux jeunes gens !
Assemblant ses étoil(es), Vincent fit un collier,
Qu’il s’empressa d’offrir à la femme de Jean
N’en croyant pas ses yeux : c’était une merveille !
Les étoiles serties dans l’or et dans l’argent
Faisaient de ce sautoir un bijou sans pareil !
Le seigneur l’accepta, on libéra l’amant…
(1) En réalité, c’étaient des pentacrines, c’est à dire des fossiles marins !
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Quand il est vraiment sûr qu’au loin tout s’est éteint,
Quand le soleil n’est plus qu’une ligne de feu,
Il sort tout doucement et se promène enfin,
Discret et délicat, toujours silencieux.
Il marche à petits pas, puis repart et s’arrête
Pour pouvoir respirer les parfums du jardin
Surfleuri pour ces morts qu’on honore et qu’on fête.
Il rôde dans l’allée une odeur de jasmin !
Il se fatigue vite et son pas est très lent
Comme s’il lui fallait actionner des rouages
Pour mieux se déplacer. Et presque transparent,
Son reflet est ténu comme l’est son image
Sur sa tombe, là-bas, jonchée de chrysanthèmes.
Il est très fatigué, de plus en plus léger…
Il sait depuis longtemps que les Humains qui l’aiment
Le croient anéanti. Mais il lui faut rentrer…
Dans les larges allées du vaste cimetière,
D’autres tristes rôdeurs flottent au gré du soir.
Il se décide alors, et, pleurant sa misère,
S’en retourne dormir sous son froid marbre noir.
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Poème inspiré par :
Jack Butler Yeats
(1871-1957)
Sur la campagne provençale
Encore engourdie par l’hiver
S’est rué – surgi de l’enfer ?
Un extraordinaire cheval
Jailli soudain d’on ne sait où,
Silhouette fantomatique
Né du ciel blanc et de la boue.
Issu d’un monde fantastique,
Un grand cheval ruisselant d’or
Avec une crinière en feu,
Colossal et multicolore,
Caracolant et lumineux.
La lande recroquevillée
S’est alors figée de terreur,
Mais sous le galop effréné
A surgi un tapis de fleurs,
De mousse, d’herbes féeriques,
De végétaux tonitruants :
Le cheval aux sabots magiques
Etait l’un des fils du Printemps.
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Des algues bleues ondoient au fil du courant bleu,
Des algues friselant comme les longs cheveux
Des sirènes d’hier et dont le chant fatal
Attirait les marins voguant près du chenal.
Leurs volutes bouclées frémissent en dansant
Tout au long de la grève et au fil du courant
Qui va jusqu’au Cap Gris ; et des poissons d’argent
Pas plus grands que le doigt s’y faufilent en bans.
La Méditerranée qui oscille balance
Ses longues algues bleues aux flagelles qui dansent
Comme dansaient hier les sirènes létales
Attendant les marins noyés près du chenal.
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Poème illustré par :
Josette Mercier
www.josettemercier.ch
Aujourd’hui une rose a fleuri au jardin,
Rose-thé, délicate et encor enroulée
Telle un bijou précieux du début de l’été,
Lavée par la rosée si fraîche du matin !
Puis elle s’est ouverte, à la fois forte et frêle
Sous les rayons en biais du soleil matinal,
Argentés et légers comme rais de cristal.
Ses pétales battants ressemblaient à des ailes ;
Elle paraissait lourde et penchait sous le poids
D’un tout petit bébé lové dans sa corolle.
Vous ne me croyez pas ? Croyez-vous qu’il est drôle
Que sans aucun respect vous vous gaussiez de moi ?
Car mon histoire est vraie ! Voyons : souvenez-vous !
Avez-vous oublié que les petites filles
Naissent au coeur des ros(es) dans toutes les familles ?
Quant aux petits garçons, ils naissent dans les choux !
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Publié par Vette dans Contes, Zooland

Dès qu’on l’effleure un peu ou lorsqu’on le caresse,
Le chat Mimi ronronne, et parfois sur deux tons :
Il met dans son ronron une telle allégresse
Qu’on dirait qu’il vrombit, comme ces hannetons
Qu’on attrapait jadis pour les faire voler,
Pauvres melolonthas, au bout d’une ficelle !
Il ronronne, il bourdonne, ne cesse de ronfler
Même en mangeant le soir, le nez dans sa gamelle.
Ce que nous ignorions, c’est qu’il a un moteur ;
Comme il bombillait trop par un beau soir d’été,
S’enivrant au jardin du chaud parfum des fleurs,
Tel un oiseau poilu Mimi s’est envolé !
Nous n’en revenions pas car il n’avait pas d’ailes,
Mais il semblait ravi de sa mésaventure :
Batifolant là-haut avec les hirondelles,
Il allait sûrement se casser la figure !
Mais non ! S’étant posé comme un hélicoptère,
Il s’en est retourné pour manger ses croquettes.
Sa queue en tournoyant avait servi d’aptères,
Et le fait ne semblait pas lui brouiller la tête !
Depuis le roi des chats va souvent faire un tour
Au-dessus du village avec les hirondelles.
Bientôt il va passer brillamment le Concours
Du looping le plus fou près de Saint-Raphaël !
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Poème illustré par :
Wilga Lerat Guy
www.wilga.over-blog.com
L’air est doux, si léger qu’on ne pèse plus rien !
On est comme une bulle, on se sent aérien,
Il n’est nulle raison qui peut nous empêcher
De voltiger dans l’air comme fleurs de pêchers,
Comme des papillons ou comme les aigrettes
Des pissenlits costauds qui poussent sur la crête
De la Rente là-haut. Il fait bleu, il fait doux ;
Nous allons prendre appui sur le bord du baou
Et puis nous envoler au-dessus des sommets ;
Nous avons un peu peur mais il faut y aller…
Mille « hourrah ! » : nous flottons tout comme les flocons
De la neige en hiver. Miracle ! nous volons ;
Nous avons accompli notre rêve insensé,
Aidés par le Génie qui aide les cinglés !
Nous planons insouciants comme ce gai printemps,
Tels de grands oiseaux bleus emportés par le vent
Qui nous pousse en douceur du côté de Praloup.
L’air pur de la montagne est goûteux et très doux,
Nous menant sans problème ainsi que feuilles mortes
Au loin vers l’Italie : Eole nous y porte !
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Publié par Vette dans Contes, Hiver

Poème inspiré par :
Wilga Lerat Guy
www.wilga.over-blog.com
De ses très longues ailes noires,
Un grand oiseau a effacé
Le soleil usé par le soir
Et les excès de son été.
Un messager de male mort
Envoyé pour vaincre et tuer ?
Toujours est-il que l’astre d’or
Est aujourd’hui tout estompé :
Gommés sa lumière en tempête
Et ses longs rayons effilés !
Sa monarchie est obsolète,
Sa puissance va s’effondrer
Car l’oiseau noir aux longues ailes
Est l’émissaire de l’hiver.
L’hiver auréolé de gel
Qui va déposer son suaire
Sur la garrigue pétrifiée.
L’oiseau est invincible, immense,
Et son ombre est démesurée
Sur le ciel gris de la Provence.
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Poème illustré par :
Annemeraude
http://annerevesdefees.blogspot.com
La sirène Anima qui n’avait pas d’enfant
Gémissait longuement les soirs de pleine lune
Quand le coeur lui poignait, lorsque le ciel s’allume
De millions de points dorés et clignotants
Car ils lui rappelaient tous ces légers esprits
En peine de naissance. Et son monde si beau
Lui semblait vain et gris au creux bleu de ses eaux
Sans un bébé triton à qui donner la vie.
Un jour au-dessus d’elle elle vit un bateau
Où grouillaient des Humains submergés par la peur.
Puis la barque craqua et, hurlant de terreur,
Il sombrèrent bientôt au coeur sombre des flots
Pour mourir sur le champ : c’étaient des hommes noirs
Qui ne connaissaient pas la mer et ses mirages.
La sirène nageant au milieu de l’orage
Vit un bébé flotter accroché aux espars.
Tout d’abord elle fut submergée de bonheur :
Elle allait le garder et en faire un triton,
L’emporter dans la mer parmi ses compagnons…
Puis elle refléchit et comprit son erreur
Car le bébé perdu n’était pas un poisson !
Elle devait le rendre à sa famille humaine !
Alors au prix très lourd de son énorme peine
Elle alla le poser sur les quais à Toulon…
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Poème illustré par :
D.Lauvernet
www.leblog-mines-a-gribouilles.overblog.com
Dans un coin du garage est rangée une échelle ;
Ce dont est convaincue la petite Marion,
C’est qu’on peut y monter bien plus haut que le ciel
Accroché en coupole au dessus de Salon.
Il lui est interdit de trop s’en approcher
Car l’échelle est instable, elle pourrait en choir.
Mais elle rit sous cape et feint d’obtempérer,
Alors que quelquefois elle sort dans le noir
Pour la mieux installer tout au fond du jardin.
Deux, trois mots de magie : gravissant les degrés,
Elle a le coeur qui bat et s’aide de ses mains
Car l’échelle enchantée ne cesse de grimper.
Quand elle arrive en haut où la lune l’attend,
Marion est enchantée d’y retrouver son chat.
Elle s’installe alors, lovée dans le croissant,
Son minet ronronnant bien blotti dans ses bras.
Elle n’en redescend que quand l’aube apparaît,
Là-bas du côté d’Aix et de ses côteaux bleus.
Elle a un peu sommeil ; tout doit être rangé
Et il faudrait dormir, ne serait-ce qu’un peu !
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Ce samedi matin un grêle carillon
M’éveille bien trop tôt car c’est potron-minet :
Un bruit tout tintinnant et qui provient du fond
Luxuriant du jardin où pousse du muguet.
Je dévale l’allée qui mène au phénomène,
Mais n’ai pas fait dix pas que je n’entends plus rien.
Et je rentre chez moi quand les sons me ramènent
Sous le micocoulier où poussent quelques brins.
Silence de nouveau ! Et un nouveau départ…
Mais un départ feinté car je me dissimule
Derrière le vieux pin ; et là je reste hagard,
Ebahi, stupéfait : les brins tintinnabulent !
C’est un joli concert au pays des merveilles
Et des rêves d’enfants ; et la frêle chanson
Des clochettes d’argent saturées de soleil
Fait danser dans le vent les premiers papillons.
Merci à Nicole Lindrec !
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Publié par Vette dans Contes, Hiver

Le dada de Cora, vraiment, c’est la déco !
Son environnement n’est pas toujours bien beau
Mais elle a décidé d’y apporter remède.
Pour ça, pas de soucis, car une folie l’aide :
La mode des stickers qu’on peut coller partout !
Depuis hier matin le ciel terne est tout mou :
Pour le rendre plus gai Coralie y dépose
Des nuages-moutons frisottés et tout roses
Qu’un soleil mordoré hérisse de rayons.
Au fond de son jardin un tilleul dont le tronc
Est séché par l’hiver geint et se désespère
Tant ses branches sont nues, crispées comme des serres.
Pour Coralie jolie ce n’est pas un problème :
Elle y colle des fleurs : boutons de chrysanthèmes,
Pétales de pommier et feuilles d’oranger…
Un arbre bien étrange au coeur de février !
Elle sticke par-là, elle colle par-ci.
Changeant en gai décor le plus laid des murs gris,
Elle pose sur tout sa touche poétique
Et fait de l’hiver sombre un printemps magnifique.
Pas bien loin de chez elle une usine crasseuse
Découpe l’horizon de ses lignes lépreuses.
Vite, un autre sticker ! La façade irréelle
D’un fort joli château doit la rendre si belle
Que chacun va bader à la voir ainsi faite.
Et pour notre Cora, c’est vraiment une fête
D’ainsi tout décorer et de remettre droit
Un monde triste et gris qui va tout de guingois !
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Poème illustré par :
Léon Engelen
www.engelen.com
A Tende le 15 août on fête saint Eloi
Par une cavalcade issue d’un Autrefois
Qui nous paraît lointain, mais nous dit qu’en son temps
Eloi surpassait tous les maréchaux-ferrants.
Enfin, pas tout à fait ! Un jour il fut défié
Par un vieil inconnu s’engageant à ferrer
Bien plus vite que lui. » Tu n’es vraiment qu’un fat ! »
Dit Eloi en riant. Puis le jeu s’engagea !
Après avoir tranché le jarret d’un cheval
Comme si c’eut été un geste machinal,
L’homme rogna, tailla le pied sur l’établi
Et quand il fut ferré, promptement le remit !
Eloi piqué au vif voulut en faire autant.
Il prit un autre pied, le trancha bonnement ;
Ses amis assemblés hurlaient déjà de joie
Lorsque le sang gicla ! Et la bête rua
Hennissant de douleur… Eloi vert de dépit
Dut ravaler sa honte et son immodestie
Alors que le vieillard réparait sa bêtise.
Le Saint fort déconfit ruminait sa sottise
Et son trop grand orgueil quand l’autre disparut !
Et le Saint tout penaud lors se sentit déchu
De sa réputation ; et puis il s’amenda,
Attentif au défi lancé par l’Au-delà !
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