Archives de catégorie : La Provence au coeur

Une pluie de printemps

Poème illustré par un tableau de :
Germaine Zurdo

La pluie tombe bien droit, et zinzinule comme
Un oiseau au printemps. Et d’ailleurs nous y sommes :
Le mois de mars est là, qui apporte avec lui
Une brise légère et cette aimable pluie

Dont avait tant besoin le sol tout asséché
Par un hiver glacial. Ses petits doigts tapotent
Les vitres balafrées, et des flaques clapotent
Au jardin, dans l’allée. Le soleil ébréché

Par un nuage noir cherche à réapparaître,
Bien qu’il soit affaibli par le dernier grand froid.
Il se sent bien plus fort, et sa lumière croît
Chaque jour un peu plus. Impression de mieux être,

Lente résurrection que féconde cette eau
Tombant en cliquetant sur les toits du village !
Des gouttes de cristal, une averse bien sage
Noyant l’horizon bleu d’un harmonieux rideau…

La pluie tombe tout droit et elle dégouline
Dans le cou du Printemps qui s’éveille impatient
De faire son boulot. Et c’est tout-chaud bouillant
De s’y mettre au plus tôt qu’il fustige et câline

Les graines et la sève enfouies sous la terre.
L’averse est bien jolie avec ces fils en verre
Qui strient le ciel gris d’un filet transparent !
Tout brille sous la pluie, et tout est différent…

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Le doux pays

Poème illustré par un tableau de :
Pierre Carron

Il est un doux pays que je ne quitterai
Jamais, au grand jamais. Pays qui m’accueillit
Quand j’en avais besoin ; qui tout doux adoucit
Un énorme chagrin… Pays où j’aimerais

Fermer un jour les yeux, d’où je ne peux partir :
Son âme était sans doute implantée dans mes gènes,
Essentielle à mon corps tout comme l’oxygène
L’est pour tout ce qui vit ! Et j’y voudrais mourir

Comme j’y ai vécu, car c’est vraiment ma terre,
Arpentée avec joie chaque jour que Dieu fait,
Même si je sais bien que je n’y suis point née.
Mais cet attachement est-il un grand mystère

Pour ceux qui ont vécu un jour dans ce Midi
Où le soleil est roi, où la lumière est reine ?
Il en faudrait beaucoup pour que je désapprenne
A quel point mon passé m’a attachée ici !

Le temps y est si bleu, la mer tellement proche
Avec ces flots dansants quasi civilisés !
Et ce soleil constant aux rayons aiguisés
Presque toute l’année ! Ce ciel pur qui s’accroche

Quatre cent jours par an aux toits roux des maisons…
Et puis les gens, surtout, et leur accent qui chante,
Et leur accueil plaisant dont la chaleur enchante
Ces estrangers gênants à en perdre raison.

Ce pays remarquable où chacun peut par chance
Vivre des jours heureux ? Ma si chère Provence…

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Le jardin de Caline

Le jardin de Caline est un vrai paradis
Où pousse à profusion tout ce que le Midi
Laisse germer et croître à force de lumière !
Où même une orchidée pousserait sur les pierres

A condition qu’elle ait tous les soirs un peu d’eau !
Le jardin de Caline ? Un merveilleux cadeau
Pour qui aime les fleurs en fouillis, la verdure…
Il souffre rarement de l’extrême froidure

Qui peut mordre le Sud juste avant le printemps,
Car une fée y vit depuis très très longtemps
Comme en un nirvana au cœur de la Provence ;
Et pour lui ce choix fut une incroyable chance

Puisqu’elle le soustrait aux caprices du temps…
Comme ces vieux jardins que les curés d’antan
Cultivaient patiemment près de leur presbytère,
Le jardin de Caline est comme un éventaire

De légumes, de fruits de toutes les couleurs,
Tout aussi parfumés que les milliers de fleurs
Y poussant à foison. Caline a la main verte
Tout comme son mari ; et toute découverte

D’un nouveau spécimen méritant d’être aimé
Les rend vraiment heureux. Pour le jardin charmé,
Ce petit plant tout neuf est comme une aventure,
Qu’il devra protéger sous ses vertes ramures

En l’ombrant sans excès. Ensuite le Destin
Prendra sa vie en main dans le petit matin
Que le ciel indigo à l’envi ensoleille.
Le jardin de Caline est une vraie merveille…

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La Fête

Il faudrait qu’un beau jour, à l’orée du printemps,
L’on fasse la fiesta pour oublier le temps
Du ciel bas sur la mer tristement cotonneuse.
Effacer tout souci de l’âme cafardeuse

Que nous donnent le froid et le gris de l’hiver !
L’on devrait tous s’unir pour repeindre la ville
De toutes les couleurs. Même les bidonvilles !
Nous masquerions leurs plaies en forçant sur le vert ;

Du jaune et puis du bleu sur les quartiers lépreux,
Et de l’or en pagaille au fond de tous les yeux.
Nous mettrions au ciel quelques nuages roses
Pour faire plus joli ; ferions pousser des roses

Et des milliers de fleurs dans le moindre recoin.
Plus chouette qu’à Rio, bien plus beau qu’à Venise !
Non, pas un Carnaval : une fête qui grise
Tous les gens de Marseille. Et qu’à brûle-pourpoint

Chacun cherche chez lui de quoi se déguiser
En grand n’importe quoi. Et qu’on danse, et qu’on chante ;
Qu’on soit surtout heureux, tous les sens aiguisés
Par le bonheur de vivre. Et que tous on s’enchante

De ce nouveau printemps s’ouvrant sur tant d’espoir.
Nous irions nous baigner. La Méditerranée
Se ferait toute douce ; et comme chaque année
Au mitan de l’été, du matin jusqu’au soir,

Nous en savourerions l’agréable tiédeur
Bien qu’on ne soit qu’en mars. Gigantesque trempette
De tous les Marseillais chantant avec ardeur
Sous le soleil ravi de se joindre à tue-tête

A l’énorme, homérique et incroyable fête !

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Sur le grand plateau roux…

Sur le grand plateau roux autour de Valensole
Le vent fait onduler les blés comme un dément.
Le soleil qui tournoie scintille éperdument
Sur le plumage noir des corbeaux qui s’envolent

Alors que gronde au loin la rumeur d’un orage.
Le ciel est étouffant, les nues sont indigo,
Se délestant parfois de rares gouttes d’eau.
Il y a vers Gréoux un monceau de nuages

Zébrés de temps en temps par des serpentins jaunes.
Sur le village gris, tout près, tinte le glas :
Un villageois est mort, une âme qui s’en va
Faire un dernier voyage ; et la cloche qui sonne

Sanglote en même temps que les nuages crèvent.
L’homme était peu aimé. Et pour l’accompagner
Des gens bien peu nombreux, tous en train de grogner
Contre l’agitation de l’été qui s’achève.

L’orage a éclaté ; dans le vieux cimetière
Où l’eau s’est abattue tout le monde s’enfuit.
Les oiseaux se sont tus. Tout à coup c’est la nuit
En plein après-midi. Un zeste de lumière

S’accroche encor un peu à la nouvelle tombe
Boueuse et délaissée dans l’énorme fracas
Des éclairs aveuglants. Puis il marque le pas…
Sur le trou mal comblé, lentement, la pluie tombe.

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Le four

Poème illustré par un tableau de :
Vincent Honnoré

L’on dirait qu’est ouverte la porte d’un four :
Dès qu’on sort, l’air ardent nous chope et nous assaille
En nous coupant le souffle. Et notre cœur tressaille
Sous cet assaut brûlant! Ça fait déjà trois jours

Qu’on n’ose plus flâner tellement il fait chaud.
Et sitôt qu’on le fait, sitôt on le regrette
Tant l’énorme étouffoir nous fait tourner la tête.
Marseille est maintenant un énorme réchaud,

Qui va, c’est évident, commencer à bouillir
Si le soleil poursuit ce maudit badinage
Où il se rit de nous, exerçant ses ravages
Sur notre pauvre corps tout prêt à défaillir.

En ville, il fait trop chaud ! Partons donc pour l’Ubaye,
Il fait bon tout là-haut : peut-être y fait-il frais ?
L’on pourrait se baigner dans le Lac, et errer
Sur ses rives fleuries. Oublions le travail

Et la ville oppressée qui se meurt peu à peu.
Lâchons tout et fuyons vers la Haute-Provence,
Ses versants verdoyants, la fraîche transparence
De son ciel lumineux et certainement bleu…

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La liseuse

Poème illustré par un tableau de :
Auguste Renoir
(1841-1919)

Une goutte est tombée sur son livre entr’ouvert.
Il fait tellement chaud que sur peau très blanche
Suinte de la sueur. Un bosquet encor vert
Malgré le manque d’eau protège de ses branches

Sa beauté délicate. Elle s’y est cachée
Pour tenter d’échapper à l’énorme chaleur
De ce terrible été. La pelouse asséchée
N’est plus qu’un paillasson sans aucune couleur.

Elle a choisi Rimbaud, pour oublier un peu
Cette énorme touffeur où le Sud est plongé
Depuis quelque deux mois. Mais personne ne peut
Vivre dans cet enfer sans en être enragé !

Pourtant, s’y essayant, elle voudrait bien lire
Selon son rituel dans ce coin du jardin
Que l’atroce chaleur l’a poussée à élire
Car il est plus ombreux ; un pied de lavandin

Y distille une odeur d’ineffable fraîcheur.
Mais c’est une illusion, la chaleur est atroce ;
Elle se sent gagnée par la molle torpeur
Distillée peu à peu par le soleil féroce

Qui voudrait l’écarter de son terrain de chasse :
Le jardin pantelant qui se meurt sous ses coups.
Elle, elle a l’impression que de grands coups de masse
Lui martèlent le front. Des perles sur son cou

Coulent tout doucement en mince ruisselet,
Comme sur ses sourcils, son ventre blanc, même entre
Les globes de ses seins aussi blancs que du lait.
Le soleil a gagné et il faut qu’elle rentre…

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Ce serait bien qu’il pleuve…

Poème illustré par un tableau de :
Daniel Sannier

Ce serait bien qu’il pleuve. Il y a dans le ciel
D’orageuses nuées traînant leur boursouflure
Au-dessus du Midi. Mais l’été démentiel
Enragé de lumière empêche leur rupture

Au-dessus de la ville accablée de chaleur.
L’on désirerait tant qu’une averse bruyante
Suivie d’un arc-en-ciel rutilant de couleurs
Crépite sur le toit en pluie pétaradante !

Oui, mais pas une goutte au-dessus du jardin
Haletant, desséché depuis moultes semaines !
Les nuages là-haut toisent avec dédain
Les plantes assoiffées, malgré toute la peine

Qu’on se donne à l’envi pour bien les abreuver.
Elles baissent la tête et la terre craquelle
Comme une peau ridée. L’on voudrait retrouver
Le bruit de l’eau qui bat, qui gargouille et ruisselle

Tout au long des allées fumant sous le torrent !
Le ciel couleur de suie où les nuages gonflent
Se tord en un ballet étrange et délirant.
Mais toujours pas de pluie, bien qu’un orage ronfle

A l’Ouest  au lointain, au-dessus de Salon…
Puis soudain le prodige, et les nuées s’éclairent ;
La pluie crépite dru en noyant le vallon !
La Nature est vraiment un énorme mystère…

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Transition…

Poème illustré par un tableau de :
Eric Espigarres

C’est la fin du printemps, le début de l’été :
Ces jours miraculeux où le temps fort aimable,
Idéal en tous points, apporte sa clarté
Au jardin qui revit, dont les fleurs innombrables

Poussent dans tous les coins sans qu’on en prenne soin !
Le soleil ranimé est-il un peu blanchâtre ?
Nous l’aimons bien ainsi ! Et l’on n’a pas besoin
De fuir pour le moment les assauts du bellâtre

Adorant se gonfler d’un fulgurant éclat
Quand son temps est venu. Fignolant sa lumière
Pour un été glorieux, il a sonné le glas
Des jours gris et pluvieux ; son but prioritaire

Est bien d’exterminer tout fichu mauvais temps.
Juin est donc enfin là, modéré et affable,
Nous faisant souvenir qu’on va pour quelque temps
Profiter de ses jours toujours si agréables.

Ma maison a repeint ses volets pour fêter
Ces beaux jours revenus d’un joli bleu pervenche ;
Elle s’est pour l’été refait une beauté
Avec ces bouts de ciel sur sa façade blanche

Qu’on dirait parsemée de jolis regards bleus.
Elle est pimpante et gaie, et sous ses tuiles rousses
Bat un bonheur tranquille ; où même quand il pleut
Ou quand il fait plus gris, la vie s’écoule douce…

C’est la fin du printemps, le début de l’été :
Des jours miraculeux tellement délectables.
Un temps presque idéal, un Midi en beauté !
Le jardin qui revit n’en peut plus d’être aimable…

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Eclosion

Poème illustré par un tableau de :
Daniel Sannier

Les cigales sont presque mûres
Au pied des pins, dont la ramure
Va bientôt crisser de leur chant.
Elles s’en vont surgir des champs

Et des sous-bois, de cette terre
Tout emplie du vaste mystère
De la vie qui renaît toujours
Dès que reviennent les beaux jours.

Juste encor un peu de lumière
Fusant même au travers des pierres
Et du roc d’un âpre Midi
Pour qu’elles sortent de leur nid !

Elles vont déplisser leurs ailes
Toutes fripées, mais en rebelles
Ne s’en serviront pas beaucoup,
Juste pour un petit coucou

A l’Autre qui attend là-bas
Pour de trop rapides ébats.
Mais elles ont encore à faire
Au fin-fond de leur noir repaire :

Se gonfler d’un chant lumineux
Pour en emplir notre ciel bleu !
Car sans elles notre Provence
Serait privé de la jouvence

Et des agréments de l’été
Qui avec elles va, forte*,
Vibrer de cette âpre chaleur
Qui en est l’essence et le cœur.

*Prononcer : Forté !

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La prolifération

Sur le talus, quatre fleurettes,
Peut-être pressées par le temps,
Sont nées sans tambour ni trompettes,
Sans même l’avis du Printemps.

Elles se sont disséminées
Partout jusqu’au fond du jardin,
Et de quatre elles sont passées
En une nuit à cinq, dix, vingt…

Puis ce fut une débandade :
Couvrant la garrigue et les champs,
Elles chantaient partout l’aubade
Folle et exaltée du printemps.

Du pollen, partout, des corolles
Peintes de milliers de couleurs,
Des pistils et des formes folles,
Et partout l’ineffable odeur

Du doux printemps baratineur,
Du temps nouveau qui vocifère.
Ca sentait l’humus, et la Terre
Semblait délirer de bonheur.

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Veux-tu venir, ami…

Veux-tu venir, ami ? Tu le vois, je t’invite
En un pays béni tout fleuri de cigales,
De soleil, de beau temps… Une terre idéale
Où il fait si bon vivre. Et que l’hiver évite

Car il s’y sent perdu, vraiment désemparé
Par la douceur ambiante et l’énorme lumière
Qui gicle de l’espace et prépare la terre
A couver en son sein un monde chamarré

Eclosant bien plus tôt qu’ailleurs partout en France.
Pays des doux printemps et fief des chauds étés :
Je t’y mène avec moi. Tu y seras fêté
Comme tous les amis qui viennent en Provence.

Tu sembles fatigué ? Viens, nous allons monter
Tout en suivant l’Ubaye jusqu’à Barcelonnette.
Nous sommes au printemps, la montagne est en fête,
Le Cimet s’est mué en un monde enchanté

Où glougloutent en cœur des cascades d’eau vive.
Respire : l’air est vif mais sent bon le soleil !
La montagne renaît après un long sommeil
Et bourdonne de vie, s’arrachant à ces rives

Froides et désolées qui enclosent l’hiver.
Un tichodrome* chante… Et la brise qui danse
Fait valser les nuées au creux du ciel immense.
Les mélèzes tout nus sont festonnés d’un vert

Qu’on aimerait goûter… C’est à pleines goulées
Qu’on boit le vent qui tourne et vire autour de nous.
L’on savoure, on est bien. Remercions à genoux
Cette marche du Temps toujours renouvelée…

* Charmant petit oiseau montagnard

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Un jardin en automne

L’automne qui s’en vient détricote l’été,
Eliminant tout doux cet excès de lumière
Dont on a abusé jusqu’à la satiété.
Une odeur d’herbe sèche émane de la terre…

Auréolé de roux sous le ciel bleu marine,
C’est un petit jardin, l’air un peu fatigué.
L’étang s’y est paré de reflets tourmaline
Ondoyant sous le vent, et parfois zigzagués

Par des rais lumineux arrachés au soleil
Qui semble à chaque instant toujours un peu plus terne.
Les vieux rosiers fanés plongent dans le sommeil,
Ce long sommeil d’hiver qui va les mettre en berne,

Et leur tige épineuse a la sinistre teinte
Du bois quand il est mort. Il ne fait pas bien chaud.
Le jardinet ressemble à une toile peinte
Par un homme encagé tout au fond d’un cachot

Tant il est moche et gris, sans aucun chatoiement.
Des rameaux desséchés s’inclinent vers la terre
Où des fleurs avachies pendouillent tristement.
Le mois d’août en partant a éteint la lumière…

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Pourrais-je vivre ailleurs…

Pourrais-je vivre ailleurs ? Je ne le pense pas !
Il y a si longtemps que je vis en Provence :
La douceur de son ciel, le mistral, son outrance…
En ce futur fragile où ma vie pas à pas

S’en va se rabougrir, je resterai ici.
L’air y est délicieux ; nulle part la lumière
N’y est aussi dorée, ni si bleue, ni si claire.
Ce pays du soleil est ores mon pays…

Et pourtant j’ai passé mes premières années
En Lorraine où vivaient mes parents, les amis
De ma prime jeunesse. Un passé endormi
Depuis la nuit des temps… Mais je suis en apnée

Dès que je ne peux plus respirer cet air bleu,
Même s’il prête vie à l’énorme violence
Du mistral déchaîné quand il mène sa danse
Au-dessus du Midi. Qui en serait heureux ?

Mais ce n’est point assez pour lors en décamper !
Plus que les Provençaux, je suis dithyrambique…
Oyez donc, mes amis, oyez la vieille bique
Chantant de tout son coeur, avec un grand respect,

Son amour passionné et inconditionnel
Pour cette terre d’or, de lumière et de miel…

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Le vent d’hiver est fou…

Le vent d’hiver est fou, qui hurle à perdre haleine,
Qui s’échine à briser les grands arbres penchés.
Le vent d’hiver est fou, qui depuis deux semaines
Fait suffoquer le Sud à souffle déployé.

Le vent d’hiver est fou, qui casse les antennes,
Qui arrache le linge étendu à sécher.
Le vent d’hiver est fou, qui rudoie et malmène
Les portes des maisons de ses coups de bélier.

Les faisant tressauter tout comme les mouettes
Dodelinant sur l’eau mousseuse qu’il fouette,
Il secoue les pointus* amarrés au Vieux Port,

Les ballant en cadence. Et les petits bateaux,
Qu’on dirait remontés sur de joyeux ressorts,
Dansent tels des canards se dandinant sur l’eau.

*Petit bateau caractéristique de Marseille

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