Archives pour la catégorie “La Provence au coeur”

Poème illustré par :
TonyWahlander
www.artony.eu
On s’installe le soir au frais sur la terrasse
Pour mieux s’y reposer ; puis l’on cligne des yeux,
Tout effaré de vivre un tel instant de grâce ;
On sent son coeur qui bat ! Tant de beauté, mon Dieu…
Les flèches des cyprès rayurent la colline
De verticales bleues sur le feuillage vert.
Au couchant le soleil qui s’éteint enlumine
Le ciel pur qui palpite encore de lumière,
Cette lumière rose éclaboussée d’orange
Encerclant d’une aura chaque arbre et chaque fleur
Et les toits au lointain. Une sorte de frange
Qui auréole tout d’une étrange couleur !
Au fond du val un arbre au beau feuillage rouge
Met une tache feu sur la masse des pins.
L’horizon est carmin et l’on dirait qu’il bouge
Sous le soleil qui meurt d’une agonie sans fin.
La colline s’endort. Peu à peu s’y allument
Des lucioles dorées : les lampes des maisons
Sous leur toit orangé. La corne de la lune,
Croissant roux effilé, s’est mise au diapason
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Poème illstré par :
Gilbert Thomas
www.gilbthomas.blogspot.com
Au loin c’est souvent un repère
Pour les vieux marins de Marseille ;
Et, dans « La gloire de mon père »,
Un terrain de jeux aux merveilles
Pour Marcel et le petit Paul.
A la fois colline(s) et montagne
Inoubliables pour Pagnol,
Il surplombe la vieille Aubagne,
Bien plus imposant qu’il n’est haut ;
Masse impériale et lumineuse
Dont les plantes en manque d’eau
Soufflent des odeurs délicieuses.
Son vallon des Escaouprés
Grésille sous le blanc soleil,
Enfoui au creux des rochers.
Au mois d’avril on s’émerveille
Qu’y jase un long filet d’argent
Ephémère et primesautier…
De l’eau ici ! Vraiment ! Comment ?
La Nature n’est que secrets…
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Poème inspiré par :
Armand Feldmann
www.armandfeldmann.com
Ce n’est qu’une montée avec un escalier
Pavé de galets ronds émoussés par les ans.
Un passage incessant et des courses d’enfants
Ont corrodé la pente, usée par trop de pieds !
Ses murs étaient lépreux ? On les a revêtus
D’ocre, de jaune paille ou d’un chaud vermillon.
Des hordes d’étrangers grimpant le raidillon
Y poussent en montant de petits cris pointus,
Le trouvant trop pentu ! Il est si folklorique,
Ce vieux quartier perdu au centre de la ville !
Vraiment méridional, isolé comme une île
Tout au fin-fond de Nice, et presque chimérique
Tant il est enchanteur ! Mais bien des résidents
L’aimeraient mieux sans doute plus approprié
A leurs jambes chenues . car ils sont très âgés,
Ceux qui y sont restés sans voir passer le temps…
Ils sont au bout du bout et bientôt s’en iront
Pour que s’y enracinent, nouveaux Provençaux,
Ces nantis de Paris qu’on appelle bobos,
Qui le rénoveront à grands coups de millions !
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Poème illustré par :
Carmelo Zagari
www.paris-art.com
Festival de ceci, Festival de cela…
Pas un village ici qui n’ait son festival !
Il y en a partout : ainsi à Charleval,
Lourmarin et Lambesc, Rognes et Saint Cannat…
Si l’on voulait vraiment être gens cultivés,
On pourrait chaque soir parcourir la Provence :
Festival de guitare ou festival de danse ?
Et que ne sais-je encor ? Que ne peut-on trouver ?
Festival des Cracheurs, Festival des Cinglés,
Festival des Cafteurs et Festival du Nu…
Non ! Je ne vous mens pas : ça existe, c’est vrai !
A quand le Festival des Grands Hurluberlus ?
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Poème illustré par :
Elisabeth Fourcade
www.elisabeth-fourcade.net/
On n’ose pas y croire et l’on doit se pincer :
On est le vingt-huit juin ; la première cigale
N’a toujours pas chanté ! Nous sommes consternés
Et ne nous sentons plus en terre provençale !
Dis, petite : où es-tu ? Il fait bon maintenant !
Depuis quatre ou cinq jours on peut parler d’été
Bien que nous n’ayons pas encor eu de printemps !
Il faudrait désormais sortir ton bout de nez
De ton antre de terre et ne plus redouter
Que l’été puisse avoir été anéanti
Par ce Temps insensé ! Laisse nous espérer
Que nous sommes enfin au bout de nos soucis !
Allez ! Fais un effort, ma petite cagnarde !
Viens-t-en sur les grands pins nous jouer ta musique
Car elle est tout l’été ! Si tu veux qu’on flemmarde
Au soleil revenu, ne sois pas amnésique
Et ne nous oublie pas. Vas-y : fais un effort,
Sors vite de ton trou pour entonner ton chant !
Car nous voulons ouïr pour toujours et encore
Sous l’énorme soleil ton chaud criquètement.
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On y est sept, pas trop tassés !
Moyen de transport fort commode,
Elle fait son petit effet
Sur les touristes incommodes
Qui grognent pourtant trop souvent.
Un joli train-tram électrique
Qui va roulant en cliquetant
De rues en ruelle(s) éclectiques.
On l’arrête en faisant un signe
Et un sourire au conducteur
Qui péniblement s’esbigne
Dans une Avignon aux couleurs
Ocrées comme soleil couchant.
La Baladine se faufile
Agilement en s’immisçant
Dans les venelles de la ville.
Elle est d’un beau vert écolo,
Ignore ce qu’est la vitesse.
Petit train-tram tout rigolo
Silencieux et anti-stress…
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Illustration du poème trouvée sur :
http://macha-club.blogspot.com
Dans le Var, on est hébété
Face aux incroyables ravages
Qui laissent chacun dévasté.
Le fléau, la mort : un orage !
Angelo est désespéré
Car ses vignes sont gorgées d’eau !
Tant de travail et tant d’années
Qui s’en sont allés à vau-l’eau !
Il a peur que ça recommence…
Ceux qui croient prient, les autres pleurent,
D’autres maudissent la malchance !
Tout s’est passé en moins d’une heure…
Et tant de gens ont disparu,
Noyés hier à Draguignan,
Emportés par l’immense flux,
Par cette vague déferlant
Qui se ruait sur les villages :
Le Luc, le Muy, les Arcs, la Motte
Et Roquebrune… Enorme orage,
Enorme pluie, énorme faute
D’un mois de juin devenu fou !
Dans les rues, des autos en tas !
La désolation est partout.
Y a t-il eu un attentat ?
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Une ou deux gousses d’ail : je vous laisse le choix !
Pelez-les, dégermez et passez au hachoir ;
Deux cuillerées de câpre(s) et six filets d’anchois.
Ajoutez deux hectos d’olives vraiment noires ;
Mélangez maintenant avec l’huile d’olive
Achetée l’autre jour au moulin de Maussane ;
Et puis mixez le tout, soyez bien attentive :
Le tout doit être lisse et de couleur havane !
Et le jus d’un citron ? Des herbes de Provence ?
Un peu ! Si vous trouvez le mélange trop fade…
Servez avec du pain à votre convenance :
Et encore bravo pour votre tapenade !
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Poème illustré par :
J.Rajaud
www.lepeintre71.e-monsite.com
Nous avons vendu la maison
Et il va falloir la quitter,
Faire appel à notre raison,
Nous résoudre à l’abandonner
Seule au milieu de son jardin
Et en proie à ses nouveaux maîtres.
Maison-passé, maison-chagrin !
Dis ! Pourrons-nous nous en remettre ?
Maison des anciens jours enfuis
Et qu’on sentait palpiter comme
Une vraie vie ! Souffle béni,
Vie d’autrefois et vie fantôme…
Voici une boîte d’argent
Toute doublée de tissu bleu,
Du velours. Délicatement,
Coeur froissé, larmes dans les yeux,
J’ai pris l’âme de ma maison,
L’y ai ai tendrement enfermée ;
Et le chemin n’est pas bien long
Pour l’emmener à Cadenet !
Ma maison neuve n’en a pas,
Je vais donc lui offrir une âme :
Celle de mon antique mas !
Peu me chaut celui qui me blâme !
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Illustration du poème trouvée sur le site :
www.bimago.fr
Colonnes élancées qui montent verticales
A l’assaut du ciel bleu, les cyprès vert foncé
Dardent leur pointe aiguë sur l’horizon violet
Dont ils brisent la ligne trop horizontale.
Hiératiques et beaux sur l’azur lumineux,
Ils ont un tronc étroit au bois imputrescible
Et jaillissent tout droit de la courbe flexible
Des collines roussies par un mois d’août en feu.
Mais ils sont toujours verts, tout au long des saisons ;
Immuablement verts et jamais dénudés
Par l’énorme chaleur torride de l’été
Ou le mistral glacé frôlant la déraison.
Ce sont de hauts fuseaux à l’assaut du ciel bleu,
Qui le griffent du bout de leur pointe acérée :
Flagellés par le vent, ils se laissent courber
Mais ne cèdent jamais à ses assauts furieux.
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Poème illustré par :
peinture par Christian Guinet
www.peintre-couleur.com
Ca fera mille fois, ma si belle Provence,
Que je te chante ainsi, et ce fut une chance
S’il y a fort longtemps je suis venue ici
Poussée par ces hasards qui parsèment la vie.
Ce fut un coup de foudre, et tombée en amour
Je ne t’ai plus quittée. Pas un mois, pas un jour,
Où je ne sois ravie d’être au creux de ton coeur.
Savais-tu que « Provence » rime avec « Bonheur » ?
Ce n’est pas évident, mais je jure que si !
Poussée par la passion, je dis et je redis
A qui veut bien l’entendre ma flamme provençale
Et mon attachement qui se veut sans égal.
Et si tu m’adoptais comme une de tes filles ?
Je fais depuis longtemps partie de ta famille,
Je te loue tellement que tu me dois bien ça …
Disons que je suis née non loin de Carpentras ?
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Nous avons déjeuné sous l’ombrage ondoyant
D’un platane-mûrier ; la terrasse était fraîche,
Et un brin de mistral languissait en soufflant
Juste ce qu’il fallait, atténuant les flèches
D’un soleil de juillet un peu trop flamboyant.
Paysage étonnant ! Panorama grandiose (1)
Sur toute la Provence : la Camargue au Couchant
Et là-bas Aix, à l’Est, ennuagé de rose.
Pour arriver ici nous avons emprunté
Une route étriquée qui tourne et qui slalome.
Les moines blancs d’antan se sont-ils installés
En ces lieux escarpés pour s’éloigner des hommes ?
Mais nous nous sentons bien dans le vieux monastère
Tout carrelé de roux et dont les murs voûtés
Ont gardé la patine et les lignes austères
De temps évanouis qui les ont émoussés !
La Provence idéale ! Et les vieux bâtiments
Idéalement beaux nous rendent silencieux.
Calme, sérénité… Les jardins odorants
Bruissent de chants d’oiseaux qui montent jusqu’aux cieux.
(1) Route du Val-de-Cuech-D16, à Salon de Provence
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Poème illustré par :
Pascal Giroud
www.pgiroud.com
Paressant au soleil sous son toit à deux pentes,
Il est troué au Nord de petits fenestrons
Aux volets bleu fané, fermés qu’il pleuve ou vente
Ou qu’il fasse beau temps ! On dirait un bastion
Refermé sur lui-même et sur tous ses secrets.
Les fenêtres au Sud sont à peine plus grandes ;
Deux sont barrées de fer ; l’intérieur est bien frais
Et sombre comparé à l’éclat de la lande.
Il est tout en longueur : on y a rajouté
Pendant des décennies de nombreux appendices
Dans la seule mesure où la famille croissait.
C’est un indestructible et les années qui glissent
Passent tout doucement sur ses tuiles romaines
Un peu tachées de vert par des traces moisies.
Il est presqu’éternel, comme le bois de chênes
Dont un vieux spécimen se penche sur son huis.
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Poème illustré par :
Janine Fontanier
www.blog.aufeminin.com
Qu’irions-nous donc chercher ailleurs
Que nous n’appréciions en Provence ?
Bonne chère, bons vins et fleurs !
Comment ne pas appeler « Chance »
Ce beau pays des gens heureux ?
Pour tous ceux qui aiment la mer,
Voici la Méditerranée,
Ses flots marine et sa lumière ;
Si vous aimez les hautes terres,
Les Alpes de Haute-Provence :
Paysages arides, fiers,
Parfois rudes avec outrance ;
Il y a aussi les marais
Si étranges de la Camargue
Qui clapote sur ses secrets
Et que survolent des pygargues…
Et la garrigue, les calanques ;
Les vieux villages tout tortus ;
Et les bancaous en restanques
Aux oliviers un peu perclus ?
Mais surtout l’icône vermeille
Qui règne en despote absolu,
Notre grand maître le soleil
Dont la moindre absence nous tue !
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Poème illustré par :
Jacques Volpi
www.jacquesvolpi.fr
Il existe en Provence une douceur de vivre
Qui attire les gens de tous les horizons
Et les force à l’aimer ; car ce bien-être enivre
Tel une fleur de juin qui saoûle un papillon.
Est-ce l’odeur du thym flottant sur les hauteurs
Qui imprègne l’air bleu d’atomes si légers
Qu’on ne les perçoit plus ? Ou bien d’autres senteurs
Venues de la garrigue aux effluves poivrés ?
Le soleil blanc claquant sur toutes les façades ?
Leurs couleurs avivées par la lumière argent ?
Les terrasses des bars et tous ceux qui y badent
En souriant toujours, même en faisant semblant ?
Ce parler provençal qui enchante les mots,
Contraire à l’accent d’oïl qui en mange la fin ?
Et cette vie qui va molto moderato,
Une vie presque douce où l’on va presque bien ?
Il existe en Provence une manière d’être
Qui ralentit le temps et adoucit les angles :
Nous relativisons !. Comme on n’est pas les maîtres,
On se laisse porter par le bateau qui tangue…
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