Archives pour la catégorie “A la maison”

La Provence est gelée, il fait vraiment très froid.
On en est sidérés, n’ayant jamais vu ça
Depuis des décennies. Tout recroquevillés,
On est paralysés, presque terrorisés

Car ce n’est pas normal. On nous a pourtant dit
Que c’est dû à l’air froid venu de Sibérie.
Peut-être ! Mais vraiment l’on n’en a rien à faire ;
La Russie peut garder son effroyable hiver !

On chauffait tant et plus jusqu’à ce qu’EDF,
Alléguant que ce temps ne saurait qu’être bref,
Exhortât ses clients à plus d’économie.
N’usant plus du courant qu’avec parcimonie -

Si nous ne voulions pas nous voir soudain plongés
Dans un monde infernal sans électricité -
Nous obéîmes donc : une lampe à la fois ;
17° partout bien qu’on pelât de froid ;

Pas de trop gros moteurs, surtout pas de machines ;
Les chambres dans le noir ; beaucoup de discipline !
Patience, les amis : nous étions vulnérables
Mais, malgré ces tracas, vraiment presqu’admirables !

On marchait sur un fil quand la mère Antoinette
Eprouva le besoin de se rendre aux toilettes.
Une pression ténue sur un interrupteur…
Qui fit tout disjoncter ; et lors ce fut l’horreur

Car ce tout petit clic fut une extravagance !
De Marseille au Vaucluse, à la Haute-Provence,
De Nice à la Camargue, on plongea dans la nuit :
Un tintouin inouï juste pour un pipi…

 

 

 

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L’heure de l’apéro, c’est sacré à Marseille,
Surtout dès les beaux jours, à l’heure où le soleil
Descend sur l’horizon. On s’installe au jardin
Avec un bon pastis, pour ne faire plus rien.

Ah, mais si ! Tout de même ! On ne peut oublier
Qu’on s’est donné du mal pour bien vous préparer
Quelques amuse-gueule, avec une anchoïade.
En voici la recette de tatie Bertrade :

Vous prenez un peu d’ail, des anchois et des câpres,
Et de l’huile d’olive, au goût vert un peu âpre.
Vous écrasez le tout pour faire une purée,
Mais surtout pas trop fine ; ceci fait, vous coupez

Quelques lesques de pain – du gros pain de ménage !
Vous les faites griller comme le veut l’usage
Et vous les tartinez de la bonne pommade
Qu’ici dans la région on appelle anchoïade.

Et vous vous régalez pendant que les grillons
Entonnent dans le soir une brave chanson.
L’heure de l’apéro ? Le Paradis sur terre
Pour les épicuriens qui savent ne rien faire.

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Poème illustré par un tableau de :

Berthe Morisot
(1841-1895)

Dans un coin du salon, un très joli berceau.
Ce n’est pas bien sa place, Ariane le concède ;
C’est même un peu idiot, mais tant pis ! Elle cède
Au bonheur de le voir, qui clame fort et haut

Qu’un bébé tout nouveau va éclore bientôt.
C’est un meuble d’antan qui vient de sa famille ;
Comme rien n’est trop beau pour sa petite fille,
Elle l’a surchargé de jolis affutiaux :

Edredon bien dodu fait d’un précieux boutis
Assemblé par sa mère ; oreiller de dentelle
Offert fort gentiment par sa tante Muriel ;
Couverture en cashmere, et tutti, et quanti…

Ariane qui sourit balance la nacelle.
Chantant entre ses dents une vieille romance,
Elle rêve à l’enfant qu’elle berce en cadence.
Enorme et déformée, elle est pourtant si belle !

Et puis Bébé remue ; Ariane sent son ventre
Qui s’agite soudain en formant comme une onde.
Elle ne bouge plus, et le centre du monde
Est non loin de son coeur. La vie qui s’y concentre

Y bat tout doucement, toute prête à  jaillir.
Demain, après-demain ? Nul ne saurait le dire…

 

 

 

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www.leonor.unblog.fr

Viens ! Entre à la maison car elle est grande ouverte
A tous les coeurs en berne et tous les éclopés,
A tous ces chiens perdus qui errent sans collier,
Que leur maître a jetés par la porte entr’ouverte

D’une auto en maraude, et qui s’est éclipsé.
Viens ! Entre donc chez nous : il y a une place
Qui t’attend au logis. Ce n’est pas un palace
Mais on se serrera ! On saura bien t’aimer

Et te faire oublier le malheur qui t’accable.
Allons dans le jardin : le pot de l’amitié
Nous attend sous le pin. Tu vois, tout y est prêt
Car tu dois le savoir : le coeur est innombrable !

Nous parlerons de toi et de tous tes problèmes !
Le soleil revenu te fera chaud au coeur
Et nous pourrons parler d’espoir et de bonheur!
Mais il faut avant tout que tu saches qu’on t’aime.

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poème illustré par un tableau de :

Vera Pagava
(1907-1988)

Je suis doux et bouclé comme un tendre mouton
Et j’aime m’enrouler autour du corps bien rond
De ma jolie Emma. Quand elle sent le sel,
Juste après la baignade ! Elle essuie ses aisselles,

Ses jambes et ses bras… d’autres choses encore !
J’ai, comme dirait l’autre, une fonction en or !
Et puis elle m’étend sur le sable doré
Et se couche sur moi. Mon Dieu ! si vous saviez…

Voici bien des années que je vis ce servage
Et je vieillis pas mal, malgré tous les lavages.
J’étais bleu outremer, mais ma teinte qui passe
Est un brin délavée. Si ma couleur la lasse,

J’ai peur qu’elle me jette. Et le qu’en dira-ton
Dit que je pourrais bien me muer… en chiffon !
L’usure me détruit, j’ai du mal à survivre,
Mais vous m’imaginez, faisant briller les cuivres ?

Enfin, ça va encor : Emma n’est pas bêcheuse.
Elle aime ma douceur, la texture moelleuse
De mon coton épais. On va continuer
A aller à la mer pour s’y faire bronzer…

 

 

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Poème illustré par un tableau de :

Camille Pissaro
(1830-1904)

C’était un beau pichet qui avait bien cent ans :
Un pichet de Moustiers* fait d’antique faïence
Et presqu’une oeuvre d’art, comme on faisait antan.
Magali le tenait de sa grand’mère Hermance

Qui avait autrefois une faïencerie
Au centre de la ville. Elle en était très fière,
S’en servant aux beaux jours lorsque quelques amis
Ou ses frères et soeurs s’en venaient prendre un verre.

Las ! Un jour malheureux la pauvrette ébrécha
D’un geste maladroit la bordure du pot.
Pas grand’chose, vraiment : un tout petit éclat,
L’événement pourtant lui laissa le coeur gros,

Mais ceci n’était rien : le pichet le prit mal !
Désormais imparfait, il se crut outragé
Car il avait de lui une image idéale
Un brin démesurée ; il allait se venger !

Or donc à chaque fois que Magali voulut
Se servir de son pot, il se mit à baver
En inondant la nappe. Un jour elle reçut
Un jet en plein visage ! Elle en avait assez !

Mais le pire de tout ce fut quand le gredin,
Perdant toute mesure, crachota sur les pieds
Du maire du village, invité en voisin :
Il fit mine de rien mais partit ulcéré !

Magali réfléchit, puis ce fut décidé :
Pour qu’il ne puisse plus bouleverser les fêtes,
Et bien qu’il dût souffrir de sa sévérité,
Le pichet facétieux fut mis à la retraite !

Depuis il fait le beau derrière une vitrine.
Un exemple parfait pour l’art des faïenciers !
Et pour qu’il ait vraiment parfaite bonne mine,
On l’a fait pivoter pour cacher son secret :

Le fleuron de Moustiers est un peu esquinté !

 *Les faïences de Moustiers (Alpes de Haute-Provence) sont renommées depuis le XVII° siècle

 

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A la maison, l’on est moderne.
Comme on a le courage en berne
Dès qu’on évoque le ménage,
On a acheté – en vrais sages !

Un beau robot-aspirateur
Compensant notre peu d’ardeur.
On l’a appelé « Amédée »
Comme il se doit pour tout valet.

Il a une bouille sympa ;
Rouge, rond, un peu raplapla,
Il montre un courage indécent,
Virant, valsant et repassant

Mille et mille fois sur le sol
Pour y avaler à pleins bols
La poussière ! On ne savait pas
Que chez nous, c’était si cracra !

Il sait monter sur les tapis,
Va sous les fauteuils et les lits
Comme le fait une soubrette.
Mais j’ai failli perdre la tête

Quand un jour, criant au secours,
Il s’est mis à m’appeler pour
Le désemberlificoter
D’un fil où il s’était coincé !

Car il parle, ne vous déplaise !
Une très jolie voix d’hôtesse,
Comme une voix d’aéroport !
Quelle émotion, coquin de sort !

 

 

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Il aime sa maison sur les hauts de Marseille,
Dans cette rue étroite où même le soleil
A du mal à passer. Mais il y fait bien frais
Quand l’été forcené commence à tout griller.

Elle est vraiment modeste avec ses deux étages
Et son architecture pensée par un sage :
Façade aux tons fanés léchée par la lumière,
Petite cour devant et jardin à l’arrière ;

Un jardinet, plutôt, mais qui lui suffit bien
Pour y faire pousser un pied de romarin,
Tomates et poivrons, thym, fleurs, courgette(s) oblongues…
Il y peut mettre aussi sa chère chaise longue

Où il médite en sage aux tourments de la vie ;
Il médite souvent ! tourné vers l’infini
D’un ciel moultes fois bleu… Il remercie sa ville
De cacher en son coeur des coins aussi tranquilles

Qu’ici, à Saint Julien. Il aime ce quartier
Où les gens n’ont pas l’air d’être trop angoissés,
Et leur voix rocailleuse épicée de soleil.
Antonin aime vivre au coeur de son Marseille.

 

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Sur un adret pentu de la Haute-Provence
Se dresse une maison fière de ses cent ans :
Le mas d’une famille qu’on dirait en dormance
Tant elle est peu loquace, et qui vit comme un clan.

Sous le vieux toit de tôle, une chambre en soupente
Etroite et oppressante, avec un lit de fer
Au matelas moisi. Le plafond gris en pente
L’enclôt bien tristement, quoiqu’un rai de lumière

Fuse du vasistas. C’est l’unique ouverture
Découpée sur le ciel griffé par la montagne ;
Le temps y a posé une fine guipure
De crasse indélébile et de toiles d’aragnes.

Pour qui vivrait ici, la vie serait très dure…
C’était pourtant le trou d’un vieil homme, oublié
Dans le lit trop étroit appuyé sur le mur
Humide et salpêtré. A la fin il n’était

Plus qu’un très vieux papet usé et inutile,
Malade et solitaire, affaibli, mal nourri
De quelques bols de soupe arrosée d’un peu d’huile
Et de quignons de pain. Un pauvre homme vieilli

Ne servant plus à rien – qu’à lasser ses enfants !
Il est donc mort tout seul… Mais, depuis, impossible
D’entrer dans le grenier, tant ce qu’on y ressent
Et qui vous point le coeur confine à l’indicible !

L’ambiance y est glacée, les murs suintent la peur ;
L’on sent autour de soi rôder l’ombre angoissante
D’un vieillard pathétique abandonné à l’heure
Où il avait besoin d’une main rassurante.

L’atmosphère est si lourde, empeste tant la mort,
Qu’on n’ose plus monter dans la soupente hantée.
Et l’on dit que ces gens, rongés par le remords,
Vont vendre leur vieux mas pour loger au Lauzet.

 

 

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Du printemps à l’automne un joli plumbago
Fleurit dans mon jardin : une bribe de ciel
Accrochée au grillage. Ou les plumes des ailes
De l’oiseau enchanté de Charles de Perrault ?

Ses grappes sont si bleues, son feuillage est si vert
Que l’arbuste en paraît quelquefois irréel.
Il va fleurir ainsi jusqu’au seuil de l’hiver
Où il mourra peut-être, amoindri par le gel…

Mais chez moi, protégé par un vieux mur en pierre,
Il résiste au mistral et s’accroche à la vie.
Il sait bien profiter de la moindre lumière
Pour renaître au printemps, quoiqu’un peu rabougri !

Ca n’a pas d’importance ! Tirant de sa ramure
Asséchée, biscornue, sa sève nourricière,
Il refait son feuillage et ses boutons d’azur
Pour reconstruire enfin ses grappes printanières.

 

 

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Dans le fond du jardin, la petite Aurélie
S’est assise dans l’herbe à l’ombre du figuier.
De sa bouche arrondie sourd une mélopée,
Un mélange de sons très doux, de gazouillis ;

Sorte d’hymne barbare issu du fond des âges.
Elle est toute menue et frêle : un elfe blond
Qui vient d’avoir trois ans. Elle a deux yeux tout ronds
Dont le bleu lumineux éclaire son visage,

Et surtout cet amour des bêtes et des plantes!
Le printemps incarné en un petit enfant,
Candide inconscient des vertus de son chant
Qui fait naître un miracle ; où le monde s’enchante

D’un prodige inouï dont les gens de Lançon
Effarés et ravis ne se remettront pas :
Toutes les fleurs du coin, et même le lilas,
Vrillant son tronc chenu en moultes contorsions,

Pivotent vers l’enfant au pouvoir féérique.
Puis ce sont les oiseaux, insectes, hérissons…
Qui comme hypnotisés viennent former un rond
Tout autour d’Aurélie. Son étrange musique,

Symbole fort et doux du tout nouveau printemps,
Les a tous réunis en un cercle charmé.
La si petite fille en a fait des alliés
Oubliant leurs conflits, tout au moins pour un temps…

 

 

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Un chaton minuscule, et si frêle qu’il tient
Comme un joli jouet dans le creux de la main.
Il a vingt-quatre jours et il est si craquant
Qu’on est tout attendri rien qu’en le regardant.

Est-il fille ou garçon ? On ne peut pas le dire !
C’est si petit, tout ça ! Un bébé qui respire
A grands soupirs de chat ! Son souffle est si ténu,
Si fragile et si fort qu’on en est tout ému,

Vraiment bouleversé. Eh bien voilà, chaton…
Il nous va donc falloir te trouver un prénom !
Et te voici lâché dans toute une existence
De quelque vingt années, associé à la danse

Des chattes, des matous ! En attendant ronronne,
Jolie boule de poils ! Que ta mère te donne
Son trop-plein de tendresse avant de te jeter.
Car ainsi va la vie, mon bel ébouriffé…

 

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Poème illustré par :

Louis Aston Knight
(1873-1948)

www.louisastonknight.com

Dans le jardin les fleurs se fanent peu à peu
Et, à les voir mourir, la mélancolie point
En vous serrant le coeur. Verra-t-on l’an prochain
Leurs délicats boutons déployer sous nos yeux

Leurs si jolis pétal(es) ? Le ciel d’un gris passé
Délave la couleur des roses près du puits.
Au loin Salon s’endort. Le soleil assoupi
Pose sur les toits roux un reflet mordoré.

Le plumbago n’est plus, ni les gueules de loup…
Les jarres dégoulinent de tiges jaunies.
Il faudra tout couper puisque tout est fini…
Et l’automne est si long qui va détruire tout !

Mais pourquoi nous sommes-nous donné tant de mal
A faire ainsi pousser des plantes qui se meurent ?
Si nous devions compter cette peine et ces heures,
Nous n’en finirions plus ! Le fond de l’air est sale.

C’est sûr : il va pleuvoir ! Mais à quoi va servir
Cette pluie dégouttant des cheneaux encombrés
Par les premières feuill(es) ? Le ciel gris est plombé…
L’été n’aura duré que le temps d’un soupir.

 

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Tout neuf, un bébé dort posé sur le divan :
Un nouvel arrivant au sein de la famille,
Un tout petit lutin grand comme une brindille,
Qui fait autant de bruit que tout un régiment

Dès qu’il a un peu faim. Pas plus de trois kilos,
Mais pesant tant d’amour qu’il fait bien une tonne !
Un bonhomme épatant et dont chacun s’étonne
Qu’il soit si bien fini, du bas jusques en haut.

Il a vingt petits doigts, minuscules sculptures,
Ne tenant encor rien mais crispés de douleur
Dès que son ventre est vide. Il clame avec ardeur
Qu’il veut boire la vie : un être de luxure

Ne songeant qu’au plaisir ! Sa peau est de velours,
Couverte de duvet sur son crâne allongé.
Un petit bout de chou, un joli marmouset
Que nous allons gaver d’énormément d’amour…

 

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Le jardin d’Eulalie est tellement fleuri
Qu’elle en est toute fière. Et toutes ses amies
De la féliciter d’avoir la main si verte !
Sa porte hospitalière est d’ailleurs grande ouverte

A tous les villageois voulant le visiter.
Un endroit merveilleux visité par les fées
Dès avril, parfois mars ; où toutes les essences
Explosent en couleurs avec magnificence !

Mercredi Eulalie a reçu la visite
De son amie Anna, avec une petite
Qui l’appelait Mamoune : un tout-petit enfant
Aux cheveux blonds bouclés, aux grands yeux innocents.

Eulalie a offert une tasse de thé
Et les dames se sont mises à papoter
Pendant que la fillette errait dans le jardin…
Puis elle est revenue, un trésor plein les mains :

Une énorme brassée de fleurs, mais les plus belles !
Un bouquet gigantesque et tout aussi grand qu’elle
Qu’elle serrait très fort sur son ventre dodu.
Une razzia totale, un saccage absolu !

Eulalie crut mourir : son jardin ressemblait
Au square communal qui était tout pelé !
Cachant son émotion et sa déconfiture,
Pour se remettre un brin et fair(e) bonne figure,

Elle mit un grand coup de gnôle dans son thé !
Puis la tête à l’envers et le coeur retourné,
Elle fit des bouquets des fruits de la rapine,
Les offrant gentiment à toutes ses voisines…

 

 

 

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