Archives pour la catégorie “A la maison”

Il fait encore  nuit quand Magali s’éveille.
Elle n’allume pas pour protéger ses yeux
De l’éblouissement. Au dehors le soleil
Affûte avec ardeur ses premiers rayons bleus

Avant de se lever, car il a décidé
Que pour lui aujourd’hui serait un jour de gloire.
Mais c’est encor trop tôt. Cinq heure(s) à vue de nez !
Il n’est pas encor temps de fêter sa victoire.

Il fait même un peu frais et Magali remet
Sur ses épaules nues sa couette de coton.
Elle a dû s’agiter : son drap est chiffonné,
Froissé par le chagrin. Des rêves à la con ?

Elle a tout oublié; elle veut oublier ;
Oublier qu’elle est seule au milieu de son lit.
Mais son grand regard bleu se met à larmoyer :
Est-il vrai qu’il existe un mot nommé « oubli » ?

Les pleurs ne sont pas loin quand Magali tressaille :
Un petit corps bien chaud vient de se faufiler
Entre jambes et drap. C’est son chat qui l’assaille
Avec moults câlins pour la réconforter.

Il s’est glissé tout doux jusqu’au creux de l’épaule ;
Son petit crâne rond posé contre sa joue,
Il la lèche en ronflant. Adorable bestiole
Qui n’a que son amour pour effacer sa moue !

Sourire revenu, émue par sa tendresse,
Elle le pousse un peu tant sa langue est râpeuse ;
Lové contre le coeur si chaud de sa maîtresse,
Il ronronne si fort que peu à peu son stress

Se fait moins angoissant. Et bientôt elle rit
Quand sa moustache aiguë en vibrant la chatouille.
Lors, passant son index sur le pelage gris
De son ventre soyeux, Magali le grattouille.

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Poème illustré par un tableau de :

Georges Binet
(1865-1949)

Comme un étron séché, c’est grisâtre, épineux :
Un rameau de bois mort dans une jardinière ;
Mais si l’on gratte un peu, l’on voit un peu de vert
Qui luit sous son écorce où pointent quelques yeux.

Le soleil est radieux, et l’été enfin là
Ressuscite la vie partout où elle gît.
Du rameau rabougri quelque chose a jailli :
Un petit plumet rouge, un clin d’oeil, un éclat…

Puis ce sont des soupçons de boursouflures rousses
Qui deviennent bourgeons au bout de quelques jours ;
Minuscules rejets tout ourlés de velours,
Ils se déploient bientôt en feuillure qui pousse,

Et pousse et pousse encor jusqu’à couvrir la branche.
Le feuillage est costaud, et si vert et si dru
Que s’y lovent bientôt de longs boutons pointus
Comme des fers de lance. Et l’arbuste qui penche

Se couvre peu à peu de fleurs en pleine gloire.
La nature a gagné ; lou broco desséché,
Contre tout pronostic, s’est mué en rosier
Qui sent bon le soleil dans la brise du soir.

 

 

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Il faut me retenir ou je fais un malheur :
Il fait tellement beau, j’ai tant envie de fleurs
Qu’on doit me rappeler qu’il est encor trop tôt
Pour penser jardinage ! Oublions donc terreau,

Rempotage et semis… Il faut attendre avril,
Un peu plus de chaleur, même si le babil
Des oiseaux amoureux me chante le contraire :
« Laisse-toi donc tenter ! ». Et c’est vrai que la terre

Toute gorgée de sève a l’air bien avenant…
Depuis bientôt un mois il n’y a pas de vent :
Le mistral aurait-il oublié la Provence ?
Il fait tellement doux… Quelle incroyable chance

Que ce printemps hâtif qui sent bon le bonheur !
Mais je dois résister, ce n’est pas encor l’heure !
Le mauvais temps sans doute embusqué dans un coin,
Qui peut-être ne veut que flinguer mon jardin,

Est prêt à dégainer : gare au maudit coquin !
Ne nous pressons pas trop… C’est vrai que le matin,
Il fait encor très frais, que le Midi frissonne,
Même si le printemps me fait signe et fredonne

Sa petite chanson. Mais je reste stoïque,
Et si je veux avoir un jardin mirifique,
Il me faut juguler ce désir de planter.
Il est encore trop tôt ! Je vais aller rêver…

 

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Tout neuf, un bébé dort posé sur le divan :
Un nouvel arrivant au sein de la famille,
Un tout petit lutin grand comme une brindille,
Qui fait autant de bruit que tout un régiment

Dès qu’il a un peu faim. Pas plus de trois kilos,
Mais pesant tant d’amour qu’il fait bien une tonne !
Un bonhomme épatant et dont chacun s’étonne
Qu’il soit si bien fini, du bas jusques en haut.

Il a vingt petits doigts, minuscules sculptures,
Ne tenant encor rien mais crispés de douleur
Dès que son ventre est vide. Il clame avec ardeur
Qu’il veut boire la vie : un être de luxure

Ne songeant qu’au plaisir ! Sa peau est de velours,
Couverte de duvet sur son crâne allongé.
Un petit bout de chou, un joli marmouset
Que nous allons gaver d’énormément d’amour..

Pour Arthur – né le 7 février 2012 à 5h30

 

Gautier a ecrit : Bravo pour ce merveilleux poème ! Et cette photo est vraiment belle !

 

 

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Heureux celui qui a un cafoutche* chez lui
Car il peut se targuer d’avoir beaucoup de chance !
C’est ce que, dans le Nord, on nomme cagibi,
Ou réduit… ou placard… Partout ailleurs en France

On pourrait s’en passer. Oui ! mais pas à Marseille
Où l’on y range tout ce qui pourrait traîner.
Tenez : j’y garde même un morceau du soleil
Perdu par l’astre-roi au mitan de juillet !

Mais ne le dites pas ! Je le ressortirai
Quand l’hiver reviendra investir notre ville !
Pour l’instant il y dort avec un tas d’objets
Tout de bric et de broc… Bric à brac qui s’empile

Dans ce désordre fou qu’on appelle un foutoir :
Vivres, malles, outils, meubles dépareillés,
Bouteilles de bon vin… Un énorme bazar
Dont on dit chaque jour qu’il faudrait le ranger !

C’est un cafoutche, quoi ! la pièce préférée
De moults Marseillais. Un vrai capharnaüm
Pour y mettre au rencart ce qu’on ne peut caser !
Savez-vous que le mien sent le cuir et les pommes ?

*Ce mot est passé dans le vocabulaire courant partout en Provence

 

 

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La Provence est gelée, il fait vraiment très froid.
On en est sidérés, n’ayant jamais vu ça
Depuis des décennies. Tout recroquevillés,
On est paralysés, presque terrorisés

Car ce n’est pas normal. On nous a pourtant dit
Que c’est dû à l’air froid venu de Sibérie.
Peut-être ! Mais vraiment l’on n’en a rien à faire ;
La Russie peut garder son effroyable hiver !

On chauffait tant et plus jusqu’à ce qu’EDF,
Alléguant que ce temps ne saurait qu’être bref,
Exhortât ses clients à plus d’économie.
N’usant plus du courant qu’avec parcimonie -

Si nous ne voulions pas nous voir soudain plongés
Dans un monde infernal sans électricité -
Nous obéîmes donc : une lampe à la fois ;
17° partout bien qu’on pelât de froid ;

Pas de trop gros moteurs, surtout pas de machines ;
Les chambres dans le noir ; beaucoup de discipline !
Patience, les amis : nous étions vulnérables
Mais, malgré ces tracas, vraiment presqu’admirables !

On marchait sur un fil quand la mère Antoinette
Eprouva le besoin de se rendre aux toilettes.
Une pression ténue sur un interrupteur…
Qui fit tout disjoncter ; et lors ce fut l’horreur

Car ce tout petit clic fut une extravagance !
De Marseille au Vaucluse, à la Haute-Provence,
De Nice à la Camargue, on plongea dans la nuit :
Un tintouin inouï juste pour un pipi…

 

 

 

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L’heure de l’apéro, c’est sacré à Marseille,
Surtout dès les beaux jours, à l’heure où le soleil
Descend sur l’horizon. On s’installe au jardin
Avec un bon pastis, pour ne faire plus rien.

Ah, mais si ! Tout de même ! On ne peut oublier
Qu’on s’est donné du mal pour bien vous préparer
Quelques amuse-gueule, avec une anchoïade.
En voici la recette de tatie Bertrade :

Vous prenez un peu d’ail, des anchois et des câpres,
Et de l’huile d’olive, au goût vert un peu âpre.
Vous écrasez le tout pour faire une purée,
Mais surtout pas trop fine ; ceci fait, vous coupez

Quelques lesques de pain – du gros pain de ménage !
Vous les faites griller comme le veut l’usage
Et vous les tartinez de la bonne pommade
Qu’ici dans la région on appelle anchoïade.

Et vous vous régalez pendant que les grillons
Entonnent dans le soir une brave chanson.
L’heure de l’apéro ? Le Paradis sur terre
Pour les épicuriens qui savent ne rien faire.

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Poème illustré par un tableau de :

Berthe Morisot
(1841-1895)

Dans un coin du salon, un très joli berceau.
Ce n’est pas bien sa place, Ariane le concède ;
C’est même un peu idiot, mais tant pis ! Elle cède
Au bonheur de le voir, qui clame fort et haut

Qu’un bébé tout nouveau va éclore bientôt.
C’est un meuble d’antan qui vient de sa famille ;
Comme rien n’est trop beau pour sa petite fille,
Elle l’a surchargé de jolis affutiaux :

Edredon bien dodu fait d’un précieux boutis
Assemblé par sa mère ; oreiller de dentelle
Offert fort gentiment par sa tante Muriel ;
Couverture en cashmere, et tutti, et quanti…

Ariane qui sourit balance la nacelle.
Chantant entre ses dents une vieille romance,
Elle rêve à l’enfant qu’elle berce en cadence.
Enorme et déformée, elle est pourtant si belle !

Et puis Bébé remue ; Ariane sent son ventre
Qui s’agite soudain en formant comme une onde.
Elle ne bouge plus, et le centre du monde
Est non loin de son coeur. La vie qui s’y concentre

Y bat tout doucement, toute prête à  jaillir.
Demain, après-demain ? Nul ne saurait le dire…

 

 

 

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www.leonor.unblog.fr

Viens ! Entre à la maison car elle est grande ouverte
A tous les coeurs en berne et tous les éclopés,
A tous ces chiens perdus qui errent sans collier,
Que leur maître a jetés par la porte entr’ouverte

D’une auto en maraude, et qui s’est éclipsé.
Viens ! Entre donc chez nous : il y a une place
Qui t’attend au logis. Ce n’est pas un palace
Mais on se serrera ! On saura bien t’aimer

Et te faire oublier le malheur qui t’accable.
Allons dans le jardin : le pot de l’amitié
Nous attend sous le pin. Tu vois, tout y est prêt
Car tu dois le savoir : le coeur est innombrable !

Nous parlerons de toi et de tous tes problèmes !
Le soleil revenu te fera chaud au coeur
Et nous pourrons parler d’espoir et de bonheur!
Mais il faut avant tout que tu saches qu’on t’aime.

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poème illustré par un tableau de :

Vera Pagava
(1907-1988)

Je suis doux et bouclé comme un tendre mouton
Et j’aime m’enrouler autour du corps bien rond
De ma jolie Emma. Quand elle sent le sel,
Juste après la baignade ! Elle essuie ses aisselles,

Ses jambes et ses bras… d’autres choses encore !
J’ai, comme dirait l’autre, une fonction en or !
Et puis elle m’étend sur le sable doré
Et se couche sur moi. Mon Dieu ! si vous saviez…

Voici bien des années que je vis ce servage
Et je vieillis pas mal, malgré tous les lavages.
J’étais bleu outremer, mais ma teinte qui passe
Est un brin délavée. Si ma couleur la lasse,

J’ai peur qu’elle me jette. Et le qu’en dira-ton
Dit que je pourrais bien me muer… en chiffon !
L’usure me détruit, j’ai du mal à survivre,
Mais vous m’imaginez, faisant briller les cuivres ?

Enfin, ça va encor : Emma n’est pas bêcheuse.
Elle aime ma douceur, la texture moelleuse
De mon coton épais. On va continuer
A aller à la mer pour s’y faire bronzer…

 

 

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Poème illustré par un tableau de :

Camille Pissaro
(1830-1904)

C’était un beau pichet qui avait bien cent ans :
Un pichet de Moustiers* fait d’antique faïence
Et presqu’une oeuvre d’art, comme on faisait antan.
Magali le tenait de sa grand’mère Hermance

Qui avait autrefois une faïencerie
Au centre de la ville. Elle en était très fière,
S’en servant aux beaux jours lorsque quelques amis
Ou ses frères et soeurs s’en venaient prendre un verre.

Las ! Un jour malheureux la pauvrette ébrécha
D’un geste maladroit la bordure du pot.
Pas grand’chose, vraiment : un tout petit éclat,
L’événement pourtant lui laissa le coeur gros,

Mais ceci n’était rien : le pichet le prit mal !
Désormais imparfait, il se crut outragé
Car il avait de lui une image idéale
Un brin démesurée ; il allait se venger !

Or donc à chaque fois que Magali voulut
Se servir de son pot, il se mit à baver
En inondant la nappe. Un jour elle reçut
Un jet en plein visage ! Elle en avait assez !

Mais le pire de tout ce fut quand le gredin,
Perdant toute mesure, crachota sur les pieds
Du maire du village, invité en voisin :
Il fit mine de rien mais partit ulcéré !

Magali réfléchit, puis ce fut décidé :
Pour qu’il ne puisse plus bouleverser les fêtes,
Et bien qu’il dût souffrir de sa sévérité,
Le pichet facétieux fut mis à la retraite !

Depuis il fait le beau derrière une vitrine.
Un exemple parfait pour l’art des faïenciers !
Et pour qu’il ait vraiment parfaite bonne mine,
On l’a fait pivoter pour cacher son secret :

Le fleuron de Moustiers est un peu esquinté !

 *Les faïences de Moustiers (Alpes de Haute-Provence) sont renommées depuis le XVII° siècle

 

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A la maison, l’on est moderne.
Comme on a le courage en berne
Dès qu’on évoque le ménage,
On a acheté – en vrais sages !

Un beau robot-aspirateur
Compensant notre peu d’ardeur.
On l’a appelé « Amédée »
Comme il se doit pour tout valet.

Il a une bouille sympa ;
Rouge, rond, un peu raplapla,
Il montre un courage indécent,
Virant, valsant et repassant

Mille et mille fois sur le sol
Pour y avaler à pleins bols
La poussière ! On ne savait pas
Que chez nous, c’était si cracra !

Il sait monter sur les tapis,
Va sous les fauteuils et les lits
Comme le fait une soubrette.
Mais j’ai failli perdre la tête

Quand un jour, criant au secours,
Il s’est mis à m’appeler pour
Le désemberlificoter
D’un fil où il s’était coincé !

Car il parle, ne vous déplaise !
Une très jolie voix d’hôtesse,
Comme une voix d’aéroport !
Quelle émotion, coquin de sort !

 

 

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Il aime sa maison sur les hauts de Marseille,
Dans cette rue étroite où même le soleil
A du mal à passer. Mais il y fait bien frais
Quand l’été forcené commence à tout griller.

Elle est vraiment modeste avec ses deux étages
Et son architecture pensée par un sage :
Façade aux tons fanés léchée par la lumière,
Petite cour devant et jardin à l’arrière ;

Un jardinet, plutôt, mais qui lui suffit bien
Pour y faire pousser un pied de romarin,
Tomates et poivrons, thym, fleurs, courgette(s) oblongues…
Il y peut mettre aussi sa chère chaise longue

Où il médite en sage aux tourments de la vie ;
Il médite souvent ! tourné vers l’infini
D’un ciel moultes fois bleu… Il remercie sa ville
De cacher en son coeur des coins aussi tranquilles

Qu’ici, à Saint Julien. Il aime ce quartier
Où les gens n’ont pas l’air d’être trop angoissés,
Et leur voix rocailleuse épicée de soleil.
Antonin aime vivre au coeur de son Marseille.

 

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Sur un adret pentu de la Haute-Provence
Se dresse une maison fière de ses cent ans :
Le mas d’une famille qu’on dirait en dormance
Tant elle est peu loquace, et qui vit comme un clan.

Sous le vieux toit de tôle, une chambre en soupente
Etroite et oppressante, avec un lit de fer
Au matelas moisi. Le plafond gris en pente
L’enclôt bien tristement, quoiqu’un rai de lumière

Fuse du vasistas. C’est l’unique ouverture
Découpée sur le ciel griffé par la montagne ;
Le temps y a posé une fine guipure
De crasse indélébile et de toiles d’aragnes.

Pour qui vivrait ici, la vie serait très dure…
C’était pourtant le trou d’un vieil homme, oublié
Dans le lit trop étroit appuyé sur le mur
Humide et salpêtré. A la fin il n’était

Plus qu’un très vieux papet usé et inutile,
Malade et solitaire, affaibli, mal nourri
De quelques bols de soupe arrosée d’un peu d’huile
Et de quignons de pain. Un pauvre homme vieilli

Ne servant plus à rien – qu’à lasser ses enfants !
Il est donc mort tout seul… Mais, depuis, impossible
D’entrer dans le grenier, tant ce qu’on y ressent
Et qui vous point le coeur confine à l’indicible !

L’ambiance y est glacée, les murs suintent la peur ;
L’on sent autour de soi rôder l’ombre angoissante
D’un vieillard pathétique abandonné à l’heure
Où il avait besoin d’une main rassurante.

L’atmosphère est si lourde, empeste tant la mort,
Qu’on n’ose plus monter dans la soupente hantée.
Et l’on dit que ces gens, rongés par le remords,
Vont vendre leur vieux mas pour loger au Lauzet.

 

 

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Du printemps à l’automne un joli plumbago
Fleurit dans mon jardin : une bribe de ciel
Accrochée au grillage. Ou les plumes des ailes
De l’oiseau enchanté de Charles de Perrault ?

Ses grappes sont si bleues, son feuillage est si vert
Que l’arbuste en paraît quelquefois irréel.
Il va fleurir ainsi jusqu’au seuil de l’hiver
Où il mourra peut-être, amoindri par le gel…

Mais chez moi, protégé par un vieux mur en pierre,
Il résiste au mistral et s’accroche à la vie.
Il sait bien profiter de la moindre lumière
Pour renaître au printemps, quoiqu’un peu rabougri !

Ca n’a pas d’importance ! Tirant de sa ramure
Asséchée, biscornue, sa sève nourricière,
Il refait son feuillage et ses boutons d’azur
Pour reconstruire enfin ses grappes printanières.

 

 

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