Brièveté

brievete

Sentez-vous la tragédie
Qui se joue à votre insu ?
Tout destin et toute vie
Du triste Temps sont issus,

Mais ce n’est pas lui qui passe,
Hélas ! C’est nous qui passons.
Notre jouvencelle grâce
S’use tôt, et nous cessons

Très vite d’être ingénus…
Bien brève est notre jeunesse,
Sa beauté, et nos corps nus,
Vaincus par flemme et mollesse,

Perdent bientôt tout attrait.
Ce n’est pas le Temps qui passe
En nous décochant ses traits :
C’est la vie qui nous fracasse !

Telle est la fragilité
Organique des Humains.
Le roc peut se déliter,
Mais son propre lendemain

N’est sûrement pas le même
Que le nôtre évidemment !
Tout se détruit de lui-même,
Et bien vain notre tourment

Quant à la force infernale
Qui nous projette en avant
Vers la peine capitale !
Désespoir et chaud devant…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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