Avignon

 

Sur son pont l’on dansait du matin jusqu’au soir
Mais l’on n’y danse plus car le Temps a passé.
Le Rhône l’a brisé, le vent démantelé,
Et l’on n’y tourne plus, les mains au creux des reins.

Plus de gaie farandole aux rires tapageurs
Ni folle sarabande à l’ombre des piliers.
Plus personne n’y danse, et le Grand Sablier
Désagrège la pierre effritée, en douceur.

Une moitié de pont, c’est tout ce qui subsiste,
Que le Temps destructeur agresse infiniment
Chaque jour un peu plus, tout insidieusement.
Seule la gaie chanson des enfants lui résiste.

Et pourtant Avignon vit encore. En été
De studieux troupeaux l’assaillent en piaillant.
Ils y viennent ouïr le Théâtre, et le vent
Qui grelotte de rire ne peut que ricaner.

Puis la ville renaît, elle respire mieux.
Elle a vite oublié les trublions du Nord.
Pétrarque peut enfin conter fleurette à Laure
Sous les très vieux remparts auréolés de bleu.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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