Un soir de juillet

Soir-d-ete

Il fait très doux ce soir ; et la lumière est blonde,
Délicate et ténue, bien qu’on soit en juillet.
Le soleil s’est fané. Sa grosse face ronde
Est si pâle et ternie qu’on peut la regarder

Pratiquement en face. Une pie s’est posée
Sur le mur bien trop bas qui enclôt les voisins.
Elle s’est enfin tue, et son ombre perchée
Se profile en bleu-noir sur le ciel opalin.

Il y a sur le banc un panier de cerises
Peintes en vermillon, mais bien moins couleur sang
Que tes lèvres à toi. Leur saveur est exquise,
Qui fait couler en nous un plaisir si puissant

Qu’il pourrait délaver toutes les autres joies.
Petits bonheurs d’été, comme manger un fruit !
Ou suivre aveuglément cet amour qui tournoie
A l’entour de nos corps, pour que nous soyons pris

Dans ses tourbillons fous valsant à l’aveuglette…
La nuit s’en est venue, le soleil s’est éteint.
Le jardin fait silence et se tait à tue-tête ;
Et nous nous sentons seuls, et nous nous sentons bien.

Il n’y a que ta voix si douce qui soupire.
Même le rossignol qui chante chaque nuit
Préfère être discret. La lune est un sourire
Dans ce grand ciel d’été qui en est étourdi.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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