Sauvetage

Pendant dix heures, vingt pompiers
Se sont escrimés sur la plage
A un laborieux renflouage,
Applaudis et encouragés

Par une foule de badauds :
Ils ont lutté dans l’eau glacée,
Ahané pour y rejeter
Un pitoyable baleineau,

Et risqué eux-mêmes la mort
Pour sauver l’énorme bestiau
Battu par le sable et les flots.
Piquetés d’ambre, tachés d’or,

Ses petits yeux étaient ouverts
Sur un monde impossible à voir,
Et tout emplis du désespoir
Presque-frère d’un mammifère !

Mais à force de batailler,
Les vingt hommes sont parvenus
A rejeter le gros corps nu
Dans les flots bleus qui bouillonnaient

Soudain miséricordieux.
Il a enfin rejoint  sa mère
Au sein déchaîné de la mer
Et nous leur avons dit : « A Dieu… »

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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