Saint Paul de Vence

Comme peint au lavis sur le ciel bleu marine,
Un vaisseau minéral dressé dans la lumière :
C’est un village blanc qui fait face à la mer…
Renoir, Chagall, Signac, et Matisse, et Soutine,

Picasso et Miro et Modigliani…
Le labyrinthe noir de ses rues tortueuses
Est hanté en secret par les ombres fameuses
Des grands peintres rôdant dès que sonne minuit.

Voici aussi Giono, Gide, Cocteau, Prévert…
Les fantômes légers déambulent en bande
Sur les pavés usés de la vieille Rue Grande
Dès qu’elle est endormie au giron de l’hiver.

Haute cité nichée derrière de vieux murs,
Saint Paul est plus serein quand les beaux jours finissent.
Le village respire, et même ses artistes
Osent un peu souffler alors que le murmure

De la brise de mer chuinte dans les venelles.
Le soleil est moins haut, la lumière moins dense
Sur la Fondation Maeght ; un nuage qui danse
Au-dessus de Saint Paul le rend immatériel…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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