L’insatisfaite

Poème illustré par un tableau de :

Jean-Baptiste Greuze
(1725-1805)

Ma belle Magali, apprécie donc la chance
De vivre dans le Sud, d’habiter en Provence
Et d’y goûter ainsi trois cents jours de soleil
Qui piquètent de roux ton joli teint vermeil.

Trois cents jours de soleil tout au long de l’année,
Depuis ce jour de mai fleuri où tu es née
Dans un mas odorant qui sent bon la lavande,
Planté dans la garrigue au milieu de la lande !

Mais tu t’y sens trop loin des plaisirs de la ville.
Des larmes de dépit perlent de tes longs cils
Quand tu songes parfois que là-haut, à Paris,
Tu pourrais savourer une tout autre vie.

Jolie écervelée, tu n’es pas raisonnable !
Comment peut-on rêver d’un pays plus aimable
Que celui où tu vis ? Regarde autour de toi !
Et sais-tu qu’aujourd’hui dans le Nord il fait froid

Bien qu’on soit au printemps ? Tu y dépérirais
Comme une fleur des champs négligemment jetée
Sur le bitume gris. Reviens à la raison,
Magali du soleil, et reste à Cavaillon !

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans Cités provençales, La Provence au coeur, Les gens. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire