L’étouffoir

Bien qu’on soit au mois d’août, la ville est vraiment sage.
Les grillons excités mènent un grand tapage
Mais ils sont bien les seuls à être survoltés :
La fournaise est énorme et l’on est assommé !

Le soleil s’est enfui depuis bientôt une heure
Comme s’il avait peur de sa propre chaleur.
On en est hébétés : il fait si chaud ce soir
Que l’air sec et brûlant est comme un étouffoir

Où personne ne bouge et n’ose remuer
Tant le moindre effort coûte et vous fait transpirer !
Il faudrait se lever, aller chercher à boire,
Quelque chose de frais … Mais c’est toute une histoire

D’oser se déplacer pour trois ou quatre pas :
On est mou, l’on est mal et l’on se sent très las ;
Et l’on a bien trop chaud pour profiter encore
De l’odeur épicée du jardin qui s’endort.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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