Les volets fermés

Au centre du village une vieille maison
Dort depuis bien longtemps, et ses volets fermés
Sont comme des paupières qui se sont abaissées
Sur des vies effacées et des songes abscons.

On n’y voit plus personne, jamais plus rien n’y bouge,
Elle est ainsi fermée depuis des décennies.
Derrière ses volets tout un monde enfoui
Gît sous un voile épais de moisissures rouges.

Les jours de grand mistral les ferrures rouillées
Grincent en gémissant sous les coups de l’hiver,
Et parfois une tuile accrochée de travers
Tombe en rebondissant sur la terre mouillée.

La maison moribonde a fermé ses volets
Sur de vieux souvenirs laissés à l’abandon.
Elle est tout imprégnée de drames si profonds
Qu’on fait un grand détour pour ne pas l’approcher.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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