Le paquebot

Là-bas sur l’horizon glisse un paquebot blanc :
Un prodige marin quasiment aussi grand
Qu’un énorme building. C’est un phénoménal
M’as-tu vu chamarré comme le général

D’un pays d’opérette ; une sorte de ville
Flottant sur l’eau bonace ; un monstre bien tranquille
Ayant tout oublié des dangers de la mer
Et tout pétaradant de bruit et de lumière.

On n’y songe qu’à rire et à bien profiter
Des multiples plaisirs et des nombreux attraits
Qu’offre la vie moderne : ébats dans la piscine,
Bains de soleil et flirt, délicieuse cuisine !

La croisière s’amus(e), la fête bat son plein…
Au grand dam de Neptune. Aussi le dieu marin
Vient-il de décider d’y mettre le holà :
Il va se divertir et ça leur apprendra !

Rameutant à grands cris le vent et le tonnerre,
Le monstre se déchaîne et fait vivre un enfer
Aux pauvres malheureux qui croyaient oublier
Que la vie n’est qu’ennuis dans un monde bien laid…

L’énorme paquebot n’est plus sur la mer folle
Qu’une sorte d’esquif qui saute et cabriole
Comme coquille de noix ! Chacun n’est plus qu’effroi
Et admet humblement que seul Neptune est roi,

Le priant ardemment de sauver le bateau.
Magnanime, il écoute et maîtrise les flots
Qui baissent le museau. Quant aux gens, ils sont verts,
Mais ils ont bien compris ce qu’est vraiment la mer.

 

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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