Le nounours

Nous l’avons acheté il y a des années
Dans un magasin d’Aix, aux entours de Noël.
Les garçons sont partis, les hivers ont passé,
Mais le bon vieux nounours demeure intemporel.

Il est un peu fripé, sa peluche est grisâtre
Et il s’en va souvent faire un tour en machine.
Les années qui ont fui et leur saveur douceâtre
L’ont vraiment délavé et il fait grise mine

Bien qu’il ait peu changé. Il est un peu trop mou,
Son poil jadis usé par d’énormes baisers
Est souple et velouté ; il est encor bien doux
Pour les petites mains des tout nouveaux bébés :

Les enfants des enfants qui comme leurs parents
Le suçotent un peu, et avec tant d’amour
Qu’il le laissent froissé, chiffonné, pantelant.
Mais il est interdit de le jeter un jour !

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans A la maison. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire