Bleue ?

Pourquoi n’entend-on rien, et pourquoi donc dehors
Tout est-il silencieux ? La lumière est blafarde
Dans l’entrebâillement des volets, et tout dort
Encor dans la maison. Sous ma couette, peinarde,

Je n’ose pas bouger car il fait un peu froid.
Et pourtant il le faut car j’ai beaucoup à faire…
j’ouvre donc les volets et je reste sans voix :
Je n’ai jamais rien vu d’aussi beau sur la Terre !

Car le jardin est bleu, couvert d’un inouï
Edredon couleur ciel ! C’est pourtant de la neige :
C’est glacé dans la main. Sous mes yeux éblouis,
Le jardin peint d’azur est bleu sous un ciel beige

Où volettent légers d’incroyables flocons.
Le toit de l’appentis sous l’averse de neige
S’emmitoufle de bleu. Et d’étranges cocons
Gonflent les arbres nus et leur écorce grège

De bulles indigo. Beauté à l’état pur !
Je ne peux plus bouger. Suis-je devenue folle ?
Le ciel a-t-il jamais plu d’une neige azur ?
C’est pourtant ce qu’il fait, et les flocons qui volent

Dansant désordonnés sous mes yeux effarés
Ressemblent tout à fait à des houppes layette.
Ce monde est merveilleux, mais est-il vraiment… vrai ?
Je vais me recoucher, des rêves plein la tête.

  •  
  •  
  •  

A propos Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans A la maison, Contes, Hiver, La Haute Provence. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.