La visite

Poème illustré par un tableau de :

Théo Azambre
www.galerie-creation.com

Il y a bien longtemps, un Etre de lumière
Descendit de son monde afin de s’informer
De la planète bleue qui s’appelait la Terre.
Il se posa près d’Aix au début de l’été

Dans un très grand jardin et s’y trouva fort bien ;
D’autant qu’il y trouva des êtres immobiles
De toutes les couleurs. De bien curieux Terriens,
Mais parfaitement beaux – qui semblaient très fragiles

Dans leurs ailes de soie frémissant dans le vent.
L’Etre venu d’ailleurs, hébété de stupeur,
Se dit que ces Terriens vivaient étrangement…
D’autant que dans son monde, il n’y a pas de fleurs !

Puis un autre Terrien, marchant à quatre pattes
Et levant sans vergogne un pied sur un rosier,
Arrosa sans pudeur les fleurs si délicates.
Un tel manque d’égards… L’Etre fut horrifié !

Mais ce ne fut pas tout : un autre, vertical,
Arrivait en courant, tout écumant de rage,
Et criant au forfait, au crime et à l’outrage,
Hurlait comme un dément tout en gesticulant ;

Puis il roua de coups le pauvre quadrupède
Qui rampait à ses pieds… Lors l’Etre de lumière,
Ecoeuré par les moeurs de l’horrible bipède,
Se dit que les Terriens et leur maudite Terre

Ne justifiaient pas qu’on s’y attarde plus !
Il préférait Orion, où nul ne commettait
D’acte délictueux. Que ces olibrius
S’entretuent donc entre eux ! Les seuls qui méritaient

Qu’on s’intéresse à eux ne pouvaient pas bouger !
Parfums ensorcelants et robes de couleur ?
Mais aucun mouvement : ils étaient imparfaits !
L’Etre repartit donc vers son monde d’Ailleurs…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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