La Toussaint

Poème illustré par un tableau de :

Jacob van Ruysdael 
(1628-1682)

C’est un beau matin blond, léger et presque chaud.
Une foule empressée afflue au cimetière
Les bras chargés de pots, le coeur en bandoulière.
Une brise éphémère effleure les sureaux.

C’est un tendre matin, un vestige d’été
Sur l’immense jardin rutilant des couleurs
D’un grand feu d’artifice. Et la pierre émoussée
Par les larmes, le temps, est couverte de fleurs.

Les chrysanthèmes d’or qu’on apporte aux défunts
S’ils sont tout bigarrés n’ont presque pas d’odeur.
Les morts ne souffrent pas d’un abus de parfums
Au creux du cimetière,  leur ultime demeure.

Les parfums du passé, symboles d’une vie
Abandonnée au temps et que le temps efface.
Ils sont partis ailleurs et  n’ont aucune envie
D’être encor parmi nous où tout se lasse et casse.

Mais le grand jardin roux flambe sous le soleil
Comme un vaste bouquet en ce très bel automne.
C’est l’heure de la messe et une cloche sonne.
Les arbres chatoyants ont des teintes vermeilles.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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