La cueillette du safran*

On est le trente octobre, et depuis ce matin
Adeline et les siens s’affairent vaillamment
A récolter des fleurs écloses juste avant
Que la nuit ne s’achève. On les cueille à la main

Car il faut s’efforcer de ne point les blesser :
Ce sont des petits riens qui semblent si fragiles
Qu’ils ne sont recueillis que par des doigts agiles…
Adeline sourit, visage illuminé,

Un trésor dans la main. Un trésor, ces dix fleurs
Qu’elle vient de cueillir précautionneusement ?
Ces modestes crocus ? Eh bien, c’est évident…
Même si tant de gens ignorent leur valeur !

Car au coeur délicat des pétales violets
Il y a un pistil avec trois longs stigmates…
Bien plus précieux que l’or. Ces coûteux aromates
Méritent donc vraiment d’être hyper-dorlotés !

Posées avec douceur au creux d’une corbeille,
Les fleurs sont bien jolies dans leurs pétales mauves ;
Elles sont à l’abri comme au creux d’une alcove
Et feraient le bonheur d’une nuée d’abeilles.

Puis on va découper à l’aide de ciseaux
Les légers filaments pour les faire sécher
Et en faire un magot puissamment parfumé…
Combien coûte un kilo ? Té, trente mille euros !

*Poème dédié à Adeline Pincet, la princesse du safran !

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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