Il n’y a plus d’ailleurs

Poème illustré par un tableau de :

André Blavier
www.andreblavier.be

Il n’y a plus d’ailleurs. L’horizon est bouché
Par un grand pan de brume, et les arbres tronqués
Ne sont plus que des traits gris et fantomatiques ;
Nous sommes enfermés par le mur chlorotique

D’un brouillard étouffant qui nous rend claustrophobes.
On est comme encerclés ; le monde se dérobe,
Mangé par un rideau d’air opaque et glacé.
Nous voici isolés et tout claquemurés,

Privés de vue, de ciel, de lumière… Oh ! ce gris
Uniforme et poisseux, et qui a affadi
Les couleurs tape-à-l’oeil et crues de la Provence
Soudain débarrassée de toutes ses outrances !

On est sous un couvercle et l’on respire mal.
Le soleil n’est plus là, et le monde est si pâle
Qu’on oublie qu’il put être un jour enluminé.
Un microcosme éteint, lugubre et confiné…

Si cela continue, on n’y verra plus rien !
Le brouillard couvre tout, et le fond du jardin
A même disparu, magiquement gommé.
L’empire de la brume est le monde des fées…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans Automne, Hiver. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire