Entrailles

Poème illustré par : 

Ruinart

Un vieil ascenseur descend lentement :
A quatre-vingt mètres sous Saint-Joseph,
Un boyau s’amorc(e). Le sol est gluant,
Le plafond est bas, les gestes sont brefs

Sous la voûte humide et noire devant.
Un ruisseau très froid chuinte sous les pieds,
On frissonne un peu ; un zeste de vent
Souffle vers la mer. On part de Mimet :

Quinze kilomètres dans les entrailles
De la ville claire et ensoleillée
Jusqu’au Cap-Pinède. Et vaille que vaille
Il faut se forcer et l’on doit marcher …

Et quand on respire l’air bleu marin,
Quand on hume l’iode et le chaud soleil,
On a l’impression de revivre enfin :
Cette galerie, était-ce Marseille ?

Cependant subsiste au creux de la ville
Un lacis obscur de sombres tunnels ;
Réseau oublié d’un monde fossile
Et où tout instant devient immortel.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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