Déclin

Poème illustré par un tableau de :

Le Caravage
(1573-1610)

Combien d’étés, dis-moi, as-tu donc vu s’éteindre ?
Une vie, c’est si court ! Et pourquoi toujours feindre
Que n’est pas important ce maudit temps qui passe ?
Les jours sont des éclairs, et peu à peu la trace

Des anciens jours heureux s’efface lentement.
Te souviens-tu encor du nom de tes amants?
Le soleil fond en pluie et ta vie se délite,
Les jours après les nuits vont de plus en plus vite

Et tu redoutes tant l’éclosion de l’hiver
Que tu voudrais t’enfuir aux pays toujours verts
Où l’on ignore tout de la male saison.
Mais ne te mens donc pas ! Là n’est pas la raison

De ce  mal-être affreux qui dévore ton coeur.
C’est l’idée d’être vieux qui forge ton malheur
Et l’automne qui vient l’accentue plus encore !
Ce qui te ronge ainsi, c’est l’idée de ta mort…

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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