Archives pour la catégorie “Questions ?”

Année belle et année douce,
L’année qui vient de passer
Nouvellement fleuronnée
De fraîches et jeunes pousses ;
Année triste et année dure,
L’année qui vient de passer
Et bien loin a emporté
De très anciennes ramures.
Les années du temps qui passe
Se poussent les unes l’autre :
Inutiles patenôtres !
C’est la vie qui va. Tout casse !
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Jean-Jacques Henner (1829-1905)
S’il vous plaît, donnez-moi la main
Car je suis tombée dans un trou.
Je m’avançais sur un chemin
Pavé du doré et du roux
De l’automne aux doux reflets blonds
Sans savoir que mon sort déjà
Etait scellé. Je suis au fond !
S’il vous plaît, ne me laissez pas,
J’ai besoin qu’une main amie
Se tende vers moi. La lumière
Est si loin ! Et je suis ici
Entourée d’ombre et de chimères :
La maladie, le froid, la peur
Sont aux aguets, en tapinois.
Tout auréolée de terreur,
La mort germe peut-être en moi.
S’il vous plaît, j’ai besoin de vous,
De votre amitié chaude et douce.
Ne me laissez pas dans mon trou
Et venez vite à ma rescousse …
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Dubois-Gérard
www.dubois-gerard.com
Dans le ciel marine où flotte un nuage
Passe un grand oiseau pour elle inconnu.
Un ongle pointu inscrit sur la plage
Le nom d’un amant trop tôt disparu ;
Le sable est encor vierge de tout pas
Car on est en juin. Le doigt y dessine
Les lettres sacrées : un E puis un A,
Un B puis un L … La paume assassine
Supprime soudain le mot trop aimé :
Le prénom de l’être parti trop tôt
Qui lui a menti et qui l’a quittée.
Et la mer qui roule efface bientôt
Les derniers vestiges d’un fol amour.
Car tout est mouvant, bientôt effrité
Par le temps qui va, emportant toujours
Au fil de la vie les joies du Passé.
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Jean-Paul Courchia
http://www.courchia.com
Ne cherchez pas le grand bonheur,
Je pense qu’il n’existe pas !
Constitué de non-malheurs,
Il avance à tout petits pas
Au fil des minuscules choses
Qui font la saveur de la vie :
Un oiseau, les premières roses
De ce printemps encor flapi …
N’est-ce pas une exquise joie
De goûter au premier soleil ?
Et de humer entre ses doigts
Les nouveaux bourgeons de la treille
Qui va bientôt nous ombrager
Sur la terrasse aux volets bleus ?
Et tous ces petits-déjeuners
Pris sur la table aux pieds boiteux ?
Petits bonheurs, petites joies
Nous laissant tant de souvenirs !
Ils furent nos premiers émois
Et ne pourront jamais mourir.
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Gilbert Thomas
www.gilbthomas.blogspot.com
Ils avaient décidé de gravir la montagne
Car ils étaient en forme et il faisait beau temps !
L’escalade était rude et telles des aragnes
Au bout de leur filin, ils s’accrochaient au flanc
Basaltique et rugueux où le vent les plaquait …
Puis ce fut le sommet. Impression de victoire :
Etre les fils du vent et de la liberté !
L’horizon était rose et les monts étaient noirs,
Et leur coeur épuisé battait de gratitude ;
Etonnement total face à l’immense beauté
D’un monde fait pour l’air et pour la solitude ;
Silence impressionnant montant de la vallée !
Mais on dut redescendre et ce fut bien plus dur :
Partout des éboulis, des pierres effritées,
Des cailloux éclatant comme des fruits trop mûrs
Et d’énormes rochers se mettant à rouler …
Puis l’orage éclata, énorme, hallucinant.
Pris dans ses tourbillons, ne sachant plus que faire,
Ils étaient désarmés tels des petits enfants
Soudain plongés tout vifs au centre de l’enfer.
II
L’Humain est ainsi fait : il croît continûment !
Puéril amoureux des robots qu’il invente,
Il croit ne pouvoir vivre et n’être qu’en montant !
A jamais arrogant, il conquiert une pente
Qu’il veut escalader. Il veut tout dévorer !
Mais son intelligence a pourtant des limites
Et le Ciel ne peut plus perdre ni tolérer
D’être indéfiniment acculé à la fuite.
Parvenu bien trop haut, l’Homme va s’écrouler.
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La rousseur mordorée de novembre parfume
Le sous-bois flamboyant de ce beau mois d’automne.
Le soleil s’est éteint. Une lumière jaune
Pleut en rayons dorés du croissant de la lune.
Le sol couvert de feuilles en est capitonné,
Et l’on y a creusé un nid bien dérisoire
Au fin-fond des buissons où la brise du soir
Agite la lavande et la fait frissonner.
Dans son berceau en terre un petit enfant dort,
La bouche un peu souillée par des aiguilles de pin ;
Une petite fille dont les petites mains
Serrent farouchement un nounours. Et la mort
A mis sur sa figure un masque trop figé
Qui lui donne indûment les traits d’une poupée.
Pour Typhaine
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Publié par Vette dans Questions ?

Josette Mercier
www.josettemercier.ch
Des mondes étranges, des mondes fous
Confinant au Ciel se cachent en nous,
Enfantant parfois des faits inouïs.
De Dieux inconnus serions-nous le fruit ?
Des faits incongrus émergent parfois,
Bizarres, déments, et bien que l’on croit
Agir en suivant notre seul vouloir.
Croyant tout soumis à notre pouvoir
Nous ne voulons pas entendre raison.
Et l’irrationnel, puis la déraison,
La vie d’au-delà et celle d’ailleurs,
Nous les rejetons presqu’avec horreur.
Mais au fond de nous, tout ce qui subsiste
De nos coeurs d’enfants, cette longue liste
De sujets tabous se fraie un chemin :
Un monde inconnu nous prend par la main.
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Publié par Vette dans Questions ?
Josette Mercier
www.josettemercier.ch
Depuis combien de temps nous as-tu donc laissés ?
Un mois, deux mois , trois mois … ou ce laps de temps gris
Que chacun ici-bas nomme l’éternité ?
On se sent un peu seuls, pourquoi es-tu partie ?
On va comme toujours, et pourtant il est vrai
Que le ciel est pâlot, la vie tout appauvrie.
Quant au printemps nouveau qui se met à germer,
Il fait éclore en nous chagrin et nostalgie.
Il ne fait pas bien beau, et comme à l’unisson
Passe sur le jardin un bien morne frisson,
Celui du triste hiver où tu t’en es allée.
Mais peut-être ris-tu de notre peine étrange,
Et avec ton ardeur et ta folle gaieté
Joues-tu à t’envoler avec tes ailes d’ange ?
Pour Gisèle
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Ne vous figurez pas que dans notre Midi
Le temps est sans accrocs, comme on le croit souvent
Au delà du Lyonnais ! Car quelquefois ici
Le ciel placide et clair peut gonfler sur le champ
Et accoucher alors d’un prodige effrayant.
Un mistral déchaîné, des murailles de pluie !
Notre Provence est douce, son climat avenant,
Mais il faut se méfier : il est comme la vie
Le plus souvent paisible et dénuée d’à-coups !
Le temps méridional est si bénin et doux
Qu’habituellement l’on n’est pas suspicieux :
Il peut faire un peu gris et parfois même il pleut !
Puis soudain sans prélude et sans aucun présage,
Tout est anéanti par un énorme orage.
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Publié par Vette dans Questions ?

Certains jours il fait triste et la Provence est grise
Même si le soleil se déchaîne là-haut.
Un léger coup de blues, le coeur qui dramatise
Un incident banal ou l’absence de mots …
Mieux vaudrait tout se dire et ne pas accepter
Ce silence qui ronge et exagère tout
Par ses propres excès ; il faudrait expliquer
Qu’on a peut-être eu tort et qu’on fut trop jaloux.
La lumière violente est soudain délavée
Par ce chagrin obscur qui grisaille votre âme.
Plus rien n’est important, pas même cet été
Qui vous paraît si froid et terne sans les flammes
D’un amour infini et fou qui s’est brisé.
La mer bat comme un coeur sur la plage d’argent ;
C’était il y a un an, c’était à tout jamais,
Ce soleil est trop gai au coeur d’un vieil amant.
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Publié par Vette dans Questions ?

Turner
Les mots peuvent être des balles
Qui fusent dru et font très mal
En vous atteignant en plein coeur :
On prend un choc et l’âme en meurt.
Ils s’installent, parfois suppurent
En meurtrissant de leurs blessures
Celui qui a été frappé.
Ils peuvent même s’enkyster
Au fond de lui, rester en place
Pour très longtemps. Puis plus de trace :
On les croit enfin oubliés
Grâce à l’amour et à l’espoir …
Mais ils sont métamorphosés
Et tranformés en crabe noir !
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Publié par Vette dans Questions ?
Alexandre Seon
Vous étiez très heureux quand tout à coup l’annonce
D’un sale coup du sort s’en vient vous foudroyer.
Vous vous sentez mourir, vous vous sentez sombrer !
Un parterre de fleurs envahi par les ronces,
Un malheur impromptu et qui vous paralyse !
Vos mains molles, glacées laissent tout échapper,
Le rythme forcené de votre coeur choqué
S’emballe à la folie. Et l’horrible surprise
Suspendant votre souffle vous déchire et vous broie …
Mais il faut faire face. Vous devez tenir bon
Et donner dans le fond un grand coup de talon
Pour échapper au pire et juguler l’effroi.
Respirer un grand coup, reprendre ses esprits,
Se battre jusqu’au bout pour repousser la Bête !
Il va falloir lutter pour pouvoir tenir tête.
Tant que l’espoir est là, rien n’est jamais fini.
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Publié par Vette dans Questions ?

Mi.V
www.miv.pouget.over-blog.com
Nous nous retrouverons. C’est sûr ! Tu seras là
Pour m’aider à passer le chemin de lumière.
Il y aura toujours, piquetant tes yeux verts,
Une extrême ironie et ton amour pour moi.
Nous nous retrouverons, et le gouffre infini
Qui nous a séparés sera vraiment comblé ;
La longue attente enfin ne sera que Passé,
L’éternité ensemble, une nouvelle vie …
Nous nous retrouverons, le temps sera éteint :
On ne comptera plus les années qui s’enfuient,
Ni la douleur qui point, les larmes et les cris.
Tout perlé de bonheur, le temps sera serein.
Nous nous retrouverons, je le sais . A jamais !
Nos pas immatériels suivront la même voie,
Tu deviendras mon double et je deviendrai toi
Dans un jardin fleuri d’êtres tout étoilés.
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Raguz
www.france-art-realisation.com
Tous les soirs sur le Cours à peu près vers six heures
Dégorge de maisons hautes, grises, sévères,
Un vaste flot de gens dont l’apparence austère
N’est pas l’exacte idée qu’on se fait du bonheur.
Ils ne le savent pas, se croient très importants,
Se font des petits signes ou se saluent bien bas,
Trottinant gravement, allant d’un même pas,
Grands robots revêtus de complets élégants.
Ils sont tous étranglés par la même cravate
Et ils ont tous en main un porte-documents
Empli jusqu’à ras bord de papiers et de vent.
Chez eux pas de farceur ni de traîne-savates !
Ils sont ternes et gris et ne voient même plus
Combien le ciel est bleu et combien la Provence
Incite peu les gens à tant d’outrecuidance.
Ici le temps est fait pour les hurluberlus !
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Publié par Vette dans Questions ?

Josette Mercier
www.josettemercier.ch
Et pourquoi m’obliger à peindre la laideur
Ou ce qui blesse l’âme et la force à haïr ?
Il est tant de fléaux défilant d’heure en heure
Que je ne veux conter que le beau et le rire !
L’on me rétorquera que ce n’est pas la vie,
Que la réalité est émaillée d’horreurs.
C’est pour cette raison insigne que je fuis
La morne litanie du drame et des malheurs !
Car les temps d’aujourd’hui sont beaucoup trop violents
Pour les chanter tels quels au long de mes poèmes
Et il m’est bien égal qu’on me trouve gnan-gnan
Si je décris un monde où vit tout ce que j’aime !
Univers en couleurs fait d’irréalité,
Empreint de fantaisie, de rêves éveillés
Et de contes d’antan, d’amour, de clairs matins :
Le monde d’autrefois et celui de demain.
Car aujourd’hui est triste, est gris, est si cruel
Qu’il bouleverse tout, barbare et trop brutal.
Je veux un monde fou, pur et irrationnel,
Des rêves fabuleux éradiquant le mal.
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