Archives de catégorie : Questions ?

Un jeune homme est entré…

Le jeune homme est entré dans la vieille maison
Où des gens l’attendaient, le cœur plein d’espérance,
Et prêts à lui confier – avec foi ou défiance ?
Ses clés détériorées bien plus que de raison.

Un jeune homme tout neuf, mais une très vieille âme
Comme on le dit là-bas, aux pays du Bouddah.
Réfléchi, judicieux, raisonnable au-delà
De ce qu’on attendrait d’un jeune âge qu’on clame

Volontiers un peu neuf pour de telles fonctions.
On lui avait bien dit qu’il fallait du courage
Pour ainsi s’attaquer à cette belle ouvrage !
Mais il avait montré tant de résolution

Depuis quelques dix mois qu’on lui faisait confiance !
Les murs étaient croulants, le toit menaçait ruines,
Bien que quelques pantins sentencieux aient fait mine
De la rapetasser de toutes les façons

Depuis plus de trente ans. Mais il était confiant,
Il y arriverait ! Avec de l’énergie,
Du culot et du cœur, sans idéologie…
C’était un jeune lion, un jeune homme impatient

De retrousser ses manches et prendre une truelle
Pour tout moderniser dans la vieille maison ;
Pour nous embaucher tous, afin qu’à l’unisson
Nous nous décarcassions pour la rendre plus belle…

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Un honnête homme-2

C’était un gars très bien. On lui aurait donné,
Comme on le dit chez nous, l’bon Dieu sans confession.
Il ne mentait jamais, même par omission…
Un brave homme, vraiment, intègre, si ce n’est

Qu’il paraissait manquer de cran et d’assurance.
Mais il était honnête et semblait vraiment fait
Pour un destin public ; tous ses amis comptaient
Qu’il deviendrait bientôt… un bon maire en Provence*

L’homme avait des atouts. Il paraissait costaud,
Bien campé tous les jours au plus haut des sondages.
Admiré, adulé. L’on voyait son visage
Sur toutes les télés et dans tous les journaux…

Il prônait la vertu, était même un modèle
D’énergie, de courage et de ténacité.
L’on vantait sa morale et son honnêteté,
Tous les gens de son clan se juraient ses fidèles

Car il allait gagner, c’était sûr, c’était clair.
Il semblait maintenant avoir plus de hardiesse,
Entraînait avec lui moult coeurs tout en liesse…
Quand s’abattit sur lui un improbable éclair :

Un beau jour, patatras, ce fut la catastrophe !
Un journal dévoila qu’il n »était qu’un voleur,
Qu’il avait usurpé et morale et valeurs,
Que d’un honnête élu il n’avait pas l’étoffe.

Mais l’homme était pugnace. Il fit donc ressortir
Que ses malversations n’était point illicites
Et que l’Opposition jouirait par la suite
De sa répudiation. Mieux valait donc mentir !

On réfléchit… un peu ! Puis l’on conclut très vite
Que la moralité est un but essentiel
Pour la Démocratie ! Un tollé torrentiel
Renvoya donc chez lui le Roi des Hypocrites.

*Disons que j’ai « localisé » l’affaire !

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Cher Amour…

Ta peau caramélée a le goût d’un bonbon.
J’aime y passer la langue. Et sa saveur exquise,
Son odeur de soleil, son velouté me grisent
Presque instantanément ! Oh, c’est tellement bon

De sentir sous ma main tes formes toutes rondes !
Archétype parfait de la féminité,
Tu me fais délirer, et ta pure beauté
M’emportent à coup sûr en un tout autre monde.

J’aime tant caresser tes petits seins dressés,
Tes hanches arrondies comme une belle amphore…
Et ce lai où je chante à quel point je t’adore,
Je ne pensais jamais pouvoir te l’adresser.

J’aime bien déposer au creux de ton épaule
De délicats baisers, comme des papillons ;
En soudain ressentir une énorme émotion…
Oh, j’aime tant t’aimer, te rendre presque folle,

Caresser doucement l’arrondi de ton cou,
En goûter la tiédeur, celle d’un cou de cygne ;
Laisser gonfler en moi les indéniables signes
De ce désir violent qui monte à tous les coups…

Quand tu seras bien vieille, usée et cabossée
Par une longue vie, dis, t’aimerai-je encor ?
Pourrai-je dessiner les lignes de ton corps
De mes vieux doigts tremblants ? Mon âme est angoissée

A l’idée de te perdre et d’être trop lié
A ta simple beauté, à ton aspect physique.
Je veux que mon amour pour toi demeure unique..
Oh, Temps, n’efface point ces jours inoubliés !

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Le dôme bleu

Le ciel est comme un dôme, un dôme bleu qui pèse
Lourdement sur Marseille étouffé par l’été ;
Un ciel que les gabians, de leur vol ouaté,
Strient à grands coups d’aile. Un gros soleil obèse

Darde ses longs rayons sur le port accablé.
L’on a chaud, bien trop chaud. Des filles presque nues
Attendent patiemment la fraîcheur bienvenue
Qui devrait apaiser leur teint caramélé

En fin d’après-midi. Allongées sur la plage
Tout comme des statues, elles dorent en choeur
Sans souci pour leur peau. Et le soleil vainqueur,
Fignolant en sournois leur pernicieux bronzage,

Y sème patiemment des graines de cancer.
Mais juillet est brûlant ; et tout au bord de l’eau
Nul ne pourrait sentir à quel point il fait chaud.
Seul paraît bien vivant l’immuable concert

Des cigales crissant dans la cité éteinte.
Le ciel est comme un dôme, et son bleu outremer
Pèse massivement sur la Terre et la Mer
Imbriquées l’une en l’autre en une immense étreinte…

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Meeting


Poème inspiré il y a cinq minutes par le meeting de Jean-Luc Mélenchon. Un simple tableau, pas forcément prosélyte !!!

La Méditerranée dodeline et soupire
Car la plage est bien vide : où sont-ils tous partis ?
Il fait pourtant bien chaud et le soleil rôtit
Le sable incandescent où le soleil se mire…

Du côté du Vieux Port, on entend de grands cris,
Des hourra ! des chansons. Marseille semble en fête,
Et la ville excitée vocifère à tue-tête
Sous le vaste ciel bleu qui scintille et qui rit.

Debout sur un podium au milieu de la foule,
Un homme tonitrue en agitant les bras
Face à la Canebière. Et, du haut jusqu’en bas,
Oscillant en tanguant comme une grande houle,

Le public applaudit le tribun en hurlant.
L’homme, dos à la mer, salue les drapeaux rouges ;
Et, agitant les bras, sa grande ombre qui bouge
Ressort bien sur le bleu où moutonne du blanc…

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Renoncer ?

Pourquoi donc s’acharner et lutter ? Impossible…
Peut-on rivaliser avec des souvenirs
Bien trop enjolivés? Comment un avenir
Pourrait-il s’ébaucher de manière crédible

Avec tout ce passé continûment présent ?
Car l’Autre est toujours là, sans arrêt, et son ombre
Fait partie de leur vie. Il est là, Il encombre
Leur commune existence ; Il pèse en écrasant

Celui qui n’en peut mais, et ne peut se défendre ;
Car comment affronter l’idéale chimère
Que l’absence embellit, qui n’est plus que lumière ?
Dont les imperfections ne font que se distendre

Au fil du temps qui passe ? Illusoire pari…
L’Absent qui est parti vers l’Indéfinissable
Est toujours bien réel, en homme ineffaçable
Qui ne saurait jamais basculer dans l’oubli.

Pourquoi se cramponner, espérer l’impossible ?
Jean pourrait se résoudre au rôle de second,
Et n’être qu’un ersatz, face à la perfection !
Statut trop douloureux pour un être sensible…

Il faudrait renoncer, admettre que le Mort
Fut l’homme de sa vie et pour Eve l’unique.
Mais son attachement tellement pathétique
Le pousse à s’accrocher, et encor, et encor…

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Pourrais-je vivre ailleurs…

Pourrais-je vivre ailleurs ? Je ne le pense pas !
Il y a si longtemps que je vis en Provence :
La douceur de son ciel, le mistral, son outrance…
En ce futur fragile où ma vie pas à pas

S’en va se rabougrir, je resterai ici.
L’air y est délicieux ; nulle part la lumière
N’y est aussi dorée, ni si bleue, ni si claire.
Ce pays du soleil est ores mon pays…

Et pourtant j’ai passé mes premières années
En Lorraine où vivaient mes parents, les amis
De ma prime jeunesse. Un passé endormi
Depuis la nuit des temps… Mais je suis en apnée

Dès que je ne peux plus respirer cet air bleu,
Même s’il prête vie à l’énorme violence
Du mistral déchaîné quand il mène sa danse
Au-dessus du Midi. Qui en serait heureux ?

Mais ce n’est point assez pour lors en décamper !
Plus que les Provençaux, je suis dithyrambique…
Oyez donc, mes amis, oyez la vieille bique
Chantant de tout son coeur, avec un grand respect,

Son amour passionné et inconditionnel
Pour cette terre d’or, de lumière et de miel…

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Un honnête homme

Poème illustré par un dessin de :
Honoré Daumier ( 1808-1879)

C’était un gars gentil. On lui aurait donné
Comme on le dit chez nous, l’bon Dieu sans confession.
Il ne mentait jamais, même par omission…
Un brave homme, vraiment, intègre, si ce n’est

Qu’il paraissait manquer de cran et d’assurance.
Mais il était honnête et semblait vraiment fait
Pour un destin public ; tous ses amis comptaient
Qu’il deviendrait bientôt… un bon maire en Provence.

L’homme avait des atouts. Il paraissait costaud,
Bien campé tous les jours au plus haut des sondages.
Admiré, adulé. L’on voyait son visage
Sur toutes les télés et dans tous les journaux…

Il prônait la vertu, était même un modèle
D’énergie, de courage et de ténacité.
L’on vantait sa morale et son honnêteté,
Tous les gens de son clan se juraient ses fidèles

Car il allait gagner, c’était sûr, c’était clair.
Il semblait maintenant avoir plus de hardiesse,
Entraînait avec lui moult coeurs tout en liesse…
Quand s’abattit sur lui un improbable éclair :

Un beau  jour, patatras, ce fut la catastrophe !
Un journal dévoila qu’il n’était qu’un voleur,
Qu’il avait usurpé et morale et valeurs,
Et que d’un honnête homme il n’avait pas l’étoffe.

Mais il était pugnace. Il fit donc ressortir
Que ses malversations n’était point illicites
Et que l’Opposition jouirait par la suite
De sa répudiation. Mieux valait donc mentir !

On réfléchit… un peu ! Puis l’on conclut très vite
Que la moralité n’était pas l’essentiel
Au plus haut de l’Etat ! Juste digne du Ciel…
C’est ainsi qu’on élut le Roi des Hypocrites.

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La Femme*

Reflection

Elle est frêle, elle est forte, et porte à bout de bras
Tout le poids de la Terre et de l’Humanité.
Bien plus faible que l’homme, elle doit supporter
La naissance et la mort et tous les aléas

De la vie alentour dont elle est le pivot,
Cette vie si risquée dont elle est le creuset
Et portée neuf longs mois pour être ciselée.
Elle est frêle, elle est forte et porte sur son dos

Tous le poids de ce monde et toutes ses souffrances,
Mais aussi l’avenir, la joie et l’espérance.
Elle occupe en volume une bien moindre place

Que son mâle absolu qui se croit son seigneur
Bien qu’il soit subjugué par son feu et sa grâce.
La femme est un titan : la force est en son coeur !

*Pour la Journée Internationale des Droits de la Femme

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Le havre

Poème illustré par un tableau de :

James Ensor
(1860-1949)

Au cœur de sa maison, chacun devrait avoir
Un petit coin à lui, un havre, une retraite
Pour pouvoir s’y nicher comme en un reposoir ;
Un refuge égoïste et presque une cachette

Où l’on désapprendrait le monde environnant.
S’y requinquer tout seul, y retrouver l’espoir
Quand on vient de subir moult gens empoisonnants
Qui vous ont assailli du matin jusqu’au soir.

Avoir un peu de temps, rien qu’à soi, pour souffler
Sans l’Autre et les enfants ! Juste avant de reprendre
Le ronron familial, ce train-train boursouflé
De tout petits soucis qui pourraient bien attendre.

Au cœur de sa maison, un tout petit recoin,
Un endroit bien à soi où l’on pourrait renaître,
Méditer, – juste un peu – oublier qu’on n’est point
Seulement un quidam, et qu’on ne voudrait… qu’Etre !

Pas juste le devoir, la tribu, le travail,
Mais un peu d’égoïsme, un peu de solitude !
Le droit de paresser et de sortir des rails,
Avant que le bonheur changé en habitude

Truffée de rituels ne paraisse pesant,
Que le chemin à deux ne devienne épuisant.

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Utopie

Tout est calme, c’est incroyable !
Aucune guerre, aucun conflit
Sur la Terre où tout est aimable ;
Pas un combat, nulle chienlit.

La Nature s’est assagie
Pour un sempiternel printemps,
Et nous goûtons à la magie
D’un impérissable beau temps

Où tout est bleu, où tout est tendre ;
Où les Hommes, les animaux,
– Printemps rêvé, joli chromo –
Semblent affairés à s’entendre.

Dans l’espace la Terre roule
Comme une bulle de bonheur ;
Le monde est pris dans une houle
D’amour, de beauté, de douceur.

Tout est calme, les Humains s’aiment.
Le Ciel serait-il descendu
Chez nous pour une paix extrême ?
L’Eden nous serait-il rendu ?

L’harmonie règne sur le monde…
Mais il ne faut pas l’oublier
Et le proclamer à la ronde :
On est le trente février !

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J’aimerais, je voudrais…

J’aimerais, je voudrais m’envoler tout en haut
De la montagne bleue penchée sur la vallée ;
Et puis, niant ma peur, toute crainte avalée,
M’élancer du sommet comme une-femme oiseau.

Je voudrais, j’aimerais m’ébattre dans le ciel
Pour y glaner enfin des flocons de nuages,
Et voir la mer au loin tel un brumeux mirage
Où dansent des bateaux irisés d’arc-en ciel.

J’aimerais, je voudrais grappiller des étoiles
Pour les disséminer aux cimes des sapins
Et des mélèzes noirs, sur les monts subalpins
Que le gel hivernal drape d’un léger voile.

Je voudrais, j’aimerais incendier la lune
Pour qu’elle soit enfin l’égale du soleil
Et embrase les nues de son cercle vermeil
Qui enflamme la nuit, sa mélancolie brune.

J’aimerais, je voudrais musarder dans le ciel,
Valser au fil du vent au-dessus des vallées ;
Et puis planer tout doux après m’en être allée
Rejoindre l’horizon repeint d’or et de miel.

Je voudrais, j’aimerais rester toujours là-haut
Pour un dernier ballet. Un ultime voyage
Au pays où la mort n’existe plus, ni l’âge ;
Où des gens comme moi volent tels des oiseaux…

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Le nez dans le guidon

Poème illustré par un dessin de :
Honoré Daumier
(1808-1879)

Il existe chez nous des hommes politiques
Ne voyant pas plus loin que le bout de leur nez !
Et ce n’est point du tout pour notre République
Qu’ils recherchent nos voix, mais pour nous amener

Là où ça les arrange, eux seuls, en tout premier !
Dans leur propre intérêt ! Dénués d’expérience,
La vie publique étant leur unique métier,
Ils savent malgré tout déjouer la méfiance

De leurs chers électeurs – ces benêts à berner –
Bien qu’ils soient maintes fois en parfait décalage
Avec nous, les Français, sots embobelinés
Jugés bien trop obtus pour voir les fricotages

Dont ils usent toujours fort astucieusement.
Ils n’ont vraiment en vue que le tout prochain vote,
La prochaine échéance, et malhonnêtement,
Nous font ingurgiter mille faux antidotes

Dont nous pensons à tort qu’ils pourraient nous guérir.
Si trop souvent, pour nous, leurs faits sont illicites,
Leurs abus, leurs excès ne sauraient les noircir
Puisqu’ils votent les lois ! Et ils se félicitent

De notre ingénuité : nous les réélisons !
Si nous sommes cocus, c’est vraiment notre faute !
Ces malfrats patentés ont tout à fait raison
De couillonner ainsi leurs chers compatriotes

Qui pourraient les virer s’ils le voulaient vraiment !
Sommes-nous des sujets quasiment invisibles
Pour ces individus? Bien sûr, évidemment !
Mais c’est notre confiance en eux qui est risible…

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Tapisserie

Qu’est donc pour nous la vie le jour où nous naissons ?
La chaîne d’un tapis sur lequel nous devons
Passer et repasser une simple navette
Pour en tisser la tram(e) : très modeste carpette,

Ouvrage d’un grand prix ? En tout cas bien souvent
Ce que nous en faisons : parfois en en bavant,
Parfois facilement. Nous poussons la bobine,
Entrelaçant les fils afin que se combinent

Pour le mieux le hasard et les événements,
Essayant d’agencer ennuis et bons moments
Comme nous le pouvons. Mais dès que le fil casse,
Nous pourrions maintes fois, pour qu’au mieux tout se passe,

Essayer de recoudre avec art le tissu,
Même s’il est parfois tout sens dessous dessus.
Notre vie est souvent une tapisserie
Où peuvent alterner accrocs et broderies !

Alors que nous avons tout un choix de motifs,
Nous sommes fréquemment les uniques fautifs
De ces éraillements qui abîment la trame ;
Il nous serait aisé d’éviter bien des drames

Si nous nous souvenions de sa fragilité.
Notre vie est à nous, avec sa liberté.
Sa chaîne est bien tendue, mais son plus beau tissage
Dépend souvent de nous, qu’on soit fol ou très sage !

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Brièveté

brievete

Sentez-vous la tragédie
Qui se joue à votre insu ?
Tout destin et toute vie
Du triste Temps sont issus,

Mais ce n’est pas lui qui passe,
Hélas ! C’est nous qui passons.
Notre jouvencelle grâce
S’use tôt, et nous cessons

Très vite d’être ingénus…
Bien brève est notre jeunesse,
Sa beauté, et nos corps nus,
Vaincus par flemme et mollesse,

Perdent bientôt tout attrait.
Ce n’est pas le Temps qui passe
En nous décochant ses traits :
C’est la vie qui nous fracasse !

Telle est la fragilité
Organique des Humains.
Le roc peut se déliter,
Mais son propre lendemain

N’est sûrement pas le même
Que le nôtre évidemment !
Tout se détruit de lui-même,
Et bien vain notre tourment

Quant à la force infernale
Qui nous projette en avant
Vers la peine capitale !
Désespoir et chaud devant…

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