Archives de catégorie : Automne

Les Baux en hiver

Michel Bec

Poème illustré par un tableau de :

Michel Bec

L’automne a passé le flambeau
A l’hiver. Un poisseux ciel gris
Que déjà la nuit assombrit
Pèse lourdement sur les Baux.

Le village est vide, et le vent
Y mène sa danse infernale :
Assourdissante bacchanale
Du mistral qui court droit devant

Comme un centaure sans raison
Tonitruant dans les venelles.
La débandade habituelle
D’une morne et triste saison !

Te rappelles-tu l’an dernier
Quand l’on y fit une balade,
Poussés dans notre promenade
Par ce vent fou qui ricanait ?

Il y faisait si froid alors
Que ton doux visage était pâle,
Pâle comme l’anneau d’opale
Auréolant le croissant d’or

De la lune accrochée au ciel.
Les vieilles maisons du village,
Bastides grises d’un autre âge,
Etaient éclaboussées du miel

De la ténébreuse lueur.
Le vent tordait ta chevelure
Qui dansait comme une voilure
Autour de ton visage en cœur…

Les Baux sont tristes en hiver.
Tu n’es plus là, tu t’es perdue
Dans une existence éperdue…
Dis, n’ai-je point assez souffert ?

Peut-être un jour reviendras-tu ?
Je t’attends rue de la Calade
Où l’infernale cavalcade
Du vent dévale à qui veux-tu….

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Obstination

Maisonnette

Les longs doigts de la pluie tambourinent le toit,
Jazzant à toute allure un joli tintamarre.
Tic et taquant gaiement un petit air bizarre,
La pluie bleue machicote et veut entrer chez moi.

Elle frappe et tapote à petits coups pointus
Les tuiles arrondies. Sa drôle de musique
Fait chanter follement l’antique toit qui clique
Sous son flot continu. Son gai tempo têtu

Ne s’est point arrêté depuis mercredi soir !
Elle désire tant que j’ouvre la fenêtre
Que je suis hors de moi, et que je l’envoie paître
Car son obstination devient vraiment… rasoir !

Mais elle continue à chanter et valser.
Tip et tap, tip et tap ! Ses milliers de papattes
De perverse dingo et de folle acrobate
Bondissent sur mon toit en le faisant danser.

L’eau commence à monter autour de la maison.
Rien ne peut endiguer la folle sérénade ;
Dans la campagne entour, c’est une débandade :
La pluie du mois d’avril a perdu la raison !

C’est le soleil tout neuf qui nous en a sauvés :
Attiré par nos cris, il a bouté la folle
Hors de notre Midi. Depuis, il caracole
Au-dessus de chez nous pour tout faire sécher.

La pluie s’en est retournée bien seule dans le Nord,
Tip et tap, tip et tap – avec sa chansonnette.
Son rythme martelant m’est resté dans la tête,
Comme son rire frais qui y cliquette encor…

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Comme un coeur en octobre…

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Parfois mon coeur est triste : on dirait que l’automne
Y grave obstinément l’empreinte monotone
D’un sinistre refrain, tout aussi cafardeux
Que ce lourd ciel d’octobre épais et orageux

Pesamment affalé sur toute la Provence.
Il murmure tout doux sa plaintive romance
Toute en mélancolie. Sans trop savoir pourquoi,
Il craint de s’exposer à un je-ne-sais-quoi

Qui pourrait l’émouvoir, et la morne saison
L’émeut obscurément sans aucune raison.
Pourquoi ce désarroi, cette impression morbide
Qu’il faudrait quelquefois être un peu plus lucide ?

Ma vie est pourtant douce et je me sens aimée ;
Mais mon âme insatiable est parfois affamée,
Comme folle au logis, de trop grandes passions,
De folie et d’écarts, d’un désir d’évasion…

Cette triste chanson ressemble à un fado,
Lugubre mélopée pesant telle un fardeau
Sur celui qui vieillit et qui porte sa vie
Comme un faix bien trop lourd et sans plus trop d’envies.

C’est la triste chanson des étés qui se meurent.
Oh, je sais que le Temps bien après nous demeure,
Que nous ne sommes rien au long fil des saisons,
Que mon esprit parfois frôle la déraison

S’il pense voir un jour renaître sa jouvence.
Il pleut à petits flocs sur toute la Provence…

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La couleur des mots

Automne (6)

J’ai trempé mon pinceau dans la couleur des mots
Pour mieux montrer novembre en sa polychromie.
La palette du temps est une alliée, l’amie
De qui peine à conter ces bijoux, ces émaux

Dont se pare en automne une nature folle :
Ocre roux de la terre, or cuivré du soleil
M’offrant à son Couchant des touches de vermeil ;
Campagne bigarrée d’une gaie farandole

De plantes empourprées ; rutilantes couleurs
Du feuillage éclatant dont se parent les arbres ;
Chatoiement mordoré d’un vaste ciel en marbre
Penché sur les jardins et leurs dernières fleurs :

La nature est en feu, et je n’ai pour la peindre
Que ces vers qu’il vous faut entendre avec vos yeux.
Elle m’offre des tons de roux en camaïeu,
Et je dois rechercher pour les pouvoir dépeindre

Les mots pour faire voir à vos fines oreilles
Les couleurs inouïes engendrées par ce temps
Qui précède l’hiver fâcheux qui vous attend.
Des mots hauts en couleur, afin qu’ils ensoleillent

L’automne s’en venant repeindre à la Gauguin
La nature tentant malgré tout d’encor vivre ;
Une nature lasse, expirant, qui s’enivre
De teintes lui donnant l’illusion d’un regain…

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La montagne est mouillée…

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Poème illustré par un tableau de :
Rémi Clarke

La montagne est mouillée et luit sous le ciel gris
Tout vernissé de pluie. La route zigzagante
Erre de-ci, de-là, et la chaussée fumante
Qui monte et redescend saute comme un cabri

En filant vers le val. L’orage s’adoucit,
Grondant un peu moins fort là-haut dans la montagne
Après un jour entier de hargne et de castagne.
Malgré ce petit vent qui se lève et forcit,

Nous pourrions jusqu’au soir faire un tour à vélo ?
Monter en ahanant des côtes verticales,
Sentir dans nos mollets des crampes colossales,
Avoir les pieds trempés par la bouillasse et l’eau

Qui gicle sous les roues, n’est-ce point merveilleux ?
La montagne est brodée d’une fine dentelle
De vapeur azurée. Mais peut-être va-t-elle
Se transformer en pluie tant est capricieux

Ce temps peinturluré de curieux coloris ?
La montagne sent bon, mais l’odeur aigrelette
Des mélèzes roussis nous tourne un peu la tête.
La montagne est mouillée et luit sous le ciel gris…

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Les saisons de la mer

mistral

Printemps
Oh, Méditerranée ! Si bleue sous le ciel bleu,
Tu bats en palpitant telle un énorme cœur
Quand la lumière peint de fluctuantes fleurs
Sur ta houle ondulante où la lumière pleut.

Eté
Méditerranée plate, insensible au soleil
Qui te fait clignoter sous ses longs rayons noirs
Depuis le matin clair jusqu’au terme du soir,
Tu es tout hachurée de lents rouleaux vermeils.

Automne
Méditerranée grise et âpre sous le vent,
Tu deviens vraiment folle et bouscules tes flots
Jusqu’à ton horizon, où le roulis de l’eau
Brise ton harmonie de ses spasmes mouvants.

Hiver
Méditerranée sombre hurlant sous le mistral
Et parfois fustigée de flocons étoilés,
Tu oscilles giflée par un ciel bas voilé
Où stagnent les nuées d’un morne hiver austral.

 

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La douceur de l’automne

Automne (3)

Chez nous l’automne est doux, mais l’été qui se meurt
Refuse quelquefois de subir sa défaite :
Il n’accepte sa fin qu’en hurlant à tue-tête,
Avec de grands éclairs qui vous ballent le cœur.

Puis le beau temps revient, tout en délicatesse…
La Provence reprend sur un rythme enchanteur
Sa valse sage et tendre, et l’exquise lenteur
D’un tempo écorné par un rien de rudesse,

Lors de petits matins s’embrumant de vapeur.
L’automne n’en a cure, et il s’affaire à peindre
Les arbres de tons vifs, sans aucunement craindre
Un certain mauvais goût dans le choix des couleurs,

S’avérant malgré tout un incroyable artiste
Maniant étrangement ses sublimes pinceaux.
Quand l’orage est passé, il repart à l’assaut
De tout nouveaux rameaux qu’il ajoute à sa liste

De plantes colorées aux tons inattendus.
Douceur d’un temps très doux, puis sursauts de colère :
L’automne est par chez nous un peu atrabilaire
Comme le sont parfois d’aimables farfelus.

 

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L’arbre à contretemps

cerisier-fleurs

Dans le fond du jardin, l’unique cerisier
Se laisse un peu aller. Comme il se sent costaud,
Il s’étale partout. Il faudrait l’élaguer
Car il devient gênant. Mais c’est encor trop tôt !

C’est avant, d’habitude – à Sainte Catherine –
Que sa sève tarit, qu’il se repose enfin !
Mais comme cette année le beau temps qui lambine
Ne veut point concéder un pouce du terrain,

L’arbre embobeliné se croyant au printemps
Bourgeonne à qui mieux mieux sans être raisonnable.
Peut-il encor fleurir ? N’en demandons pas tant,
Et mieux vaudrait pour lui qu’il soit bien moins aimable.

Toujours aussi actif, le soleil goguenarde :
Se fichant de l’hiver, de sa maussade humeur,
Il occupe le ciel de force, à la hussarde,
Gorgeant de sa lumière et la terre et les fleurs

Et trompant méchamment notre vieux cerisier.
Nous sommes embêtés, nous ne savons que faire,
Ne pouvant l’élaguer sans le faire saigner !
Fichu réchauffement qui crée bien des misères…

Mais l’arbre semble heureux sous l’ultime lumière,
Toujours gavé de sève en sa pleine verdeur.
C’est le onze novembre. Allons boire une bière
Sous son ombrage fou et sa tiède fraîcheur !

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Assis au bord du ciel…

Infini

 

Leur nombre est infini, l’Univers l’est aussi…
Assis au bord du ciel et contemplant la Terre,
Heureux d’avoir quitté un monde sans merci
Qui leur est maintenant un abyssal mystère,

Les En-Allés inquiets regardent ces Humains
S’agitant tout en-bas, et tout aussi futiles
Qu’ils le furent jadis : croyant en leur destin,
Imbus de leur personne et se croyant utiles…

Assis au bord du ciel, un peu dubitatifs
Face à l’entêtement de ces malheureux frères
Qui se disent vivants, les En-Allés pensifs
Voudraient les décharger de toute leur misère,

Mais ne le peuvent pas. Ce n’est pas leur mission
Car ils sont au-delà des affaires terriennes !
Et bien que délivrés des absurdes passions
Ne leur ayant valu que déboires et peines,

Ils sont apitoyés par cet aveuglement
Dû à trop d’ignorance. Quelquefois ils s’en viennent
Hanter nos cauchemars, silencieusement !
Ils aiment se glisser au creux des nuits humaines,

Rallumer la lueur des anciens souvenirs…
Encor un peu humains, les En-Allés se penchent
Au-dessus de la Terre et du monde à venir,
Un monde grisailleux et devenu étanche

A toutes ces vertus prônées par les aïeux.
Un monde qui sans nous irait sûrement mieux…

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Début d’automne en Ubaye

Darlyne

L’air pur est transparent. Quelques nuages stagnent
Au-dessus du Pelat, posés sur la montagne
Comme des fleurs fanées. L’automne est déjà là ;
L’été part en lambeaux. L’on en entend le glas…

Passent dans le ciel bleu des V presque immobiles ;
Mais le lent battement des ailes si fragiles
N’y laisse rien du tout, pas même un seing d’argent.
Septembre est moribond, et le temps bien changeant

Depuis quelque trois jours. Il y a de la neige
Sur le Bric de Rubren : simple liseré beige !
La nuit est parfois froide, et aussi le matin
Juste au lever du jour. Les mélèzes châtains

Mettent de la lumière au flanc gris des collines
Avant de grisailler en perdant leurs épines,
Et ils virent au roux un peu plus chaque jour.
Planant au creux du ciel, il y a un vautour

Tournoyant affamé en quête de charogne.
Il recherche la mort sans aucune vergogne
Et son profil funeste outrage le soleil.
Les monts à l’horizon se teintent de vermeil.

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L’hiver est à l’affût…

Hiver

L’hiver a dévêtu tous les arbres au bois
Et il est à l’affût, tapi dans la garrigue.
Le soleil maigrichon quasiment aux abois
Eclaire un ciel livide où sans cesse il intrigue

Pour maintenir sa place et affirmer son rang.
Il n’y a plus d’oiseaux, il n’y a plus d’insectes ;
La Nature est inerte, et le grand Architecte
Semble avoir oublié qu’il est un conquérant.

Tout dort ou tout est mort. Plus rien ne pousse plus.
Le jardin qui s’étiole a vraiment triste mine
Avec ses fleurs fanées ; et parmi les élus
Rescapés du fléau, seule une balsamine

Lance encor quelques fleurs à l’assaut du figuier.
L’olivier un peu las frissonne sous la bise,
Et ses feuilles d’argent semblent soudain bien grises
Dans la lumière ocrée du ciel tout barbouillé.

L’hiver est aux aguets : son heure est bientôt là !
L’automne moribond va lui laisser la place.
Blanchie précocement, l’écorce du lilas
Arbore ce matin une cotte de glace…

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Le temps recommencé

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SONNET

Le temps recommencé restaure le passé
Et toujours et encor… C’est de nouveau l’automne ;
Les feuilles du figuier qui ont viré au jaune
S’en vont bientôt tomber. L’on n’est jamais lassé

De toutes ces couleurs, que septembre harassé
Par un vent incessant a peint sous un atone
Ciel fané par la pluie, défraîchi, que sillonnent
Deux, trois nuages gris ! L’été bleu effacé

Comme un simple clin d’oeil  n’est plus que souvenirs.
Puisse faire le Ciel que les jours à venir
N’évoquent pas l’hiver : pas si tôt, pas encore !

Il reste quelques fleurs dans le fond du jardin :
Des roses, du jasmin, de grandes hellébores
Etroitement serrées dans leur vertugadin…

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Dernier dîner dehors

Dîner dehors

Il fait si doux ce soir que nous pouvons encore
Dîner dans le jardin tout embaumé d’odeurs,
Ces senteurs exhalées par les roses que dore
Un très pâle soleil dont l’étrange blondeur

Est celle d’un automne un petit peu précoce.
Mais il fait bon ce soir, et la pluie a cessé.
Nous en avons fini avec l’idée atroce
D’avoir perdu l’été ! Foin des tristes pensées,

L’hiver est encor loin ! Posons sur la desserte
Les tout derniers brugnons que j’ai cueillis hier,
Des oeufs durs, du Bandol, quelques olives vertes,
Des tranches du rôti dont il reste un bon tiers…

Ce dîner impromptu fut une vraie merveille…
On est bien, il fait tiède, et le jardin sent bon
La pluie et le soleil. La lumière est vermeille…
Les tout derniers sursauts de l’été moribond

Font vibrer dans nos coeurs un bonheur délectable
Et je vois dans tes yeux s’allumer comme un feu
Qui me suggère que…Viens ! Quittons cette table :
Ce petit vin coquin est un vrai boutefeu !

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Crue d’automne

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Poème illustré par un tableau de :

Vincent Van Gogh
(1853-1890)

Au fil du fleuve noir courent des choses mortes :
Renforcé par les pluies, l’énorme Rhône emporte
Dans ses eaux agitées maints et maints détritus
Tournoyant et valsant tels de frêles fétus.

Il se rue vers le Sud dans l’orage et le vent,
Entraîné par la crue et fonçant droit devant,
Puissant et forcené comme un Titan énorme.
C’est un géant mouvant bien au-delà des normes,

Un monstre impétueux. Et tout en déboulant
Vers le Midi, là-bas, comme un tapis roulant,
Le Rhône file et va, poussant ses eaux foncées
Vers un monde irisé, la Camargue empressée

D’offrir à son flot noir ses terres lumineuses…
Il dépasse Avignon. Ses eaux fuligineuses
Scintillent sous les rais d’un immense ciel bleu
Et son cours écumant se calme peu à peu…

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Détresse

chatterton

Poème illustré par un fragment de :

« La mort de Chatterton »
Tableau de
Henry Wallis (1856)

Lové comme un fœtus au sein chaud de son lit
Où il gît replié et en chien de fusil,
Jean rêve à son histoire et songe à ses ratages.
Il n’existe ici-bas pas de grand rattrapage ;
Il va donc partir seul sans en faire un tapage.

Sa vie fut un fruit sec, terne fut son destin !
Il lui semble pourtant n’être encor qu’au matin
De ses jours pâlichons tellement monotones :
Du néant grisailleux, des incidents atones…
Dehors le ciel est gris comme un ciel gris d’automne

Pesant sur la maison tout comme sur son âme.
Il n’y a dans sa vie nul ami, nulle femme,
Ni aucune famille. Il est seul ici-bas,
Sauf Anita, parfois, pour de mornes ébats !
Personne dans sa vie si ce n’est Jo, son chat…

Son chat tout près de lui, qui s’insère et s’enroule
Dans le creux de son cou, tel une douce boule,
Pelotonné en rond comme il le fait toujours.
Son chat toujours fidèle et qui, jour après jour,
Lui voue discrètement un silencieux amour.

Jean se sent tout honteux, car il est responsable
Du petit animal, si tendre et si aimable.
Comment pourrait-il donc abandonner ainsi
Ce Jo si innocent et maintenant assis,
Inquiet, sur sa poitrine ? Il est son seul ami…

Ne t’en fais pas, mon chat ! L’on va continuer
Cette vie assommante et sans grand intérêt.
Tout ça n’aura duré que le temps d’un soupir,
On va se délabrer et se sentir vieillir…
Impossible pourtant de te faire souffrir !

Lové comme un fœtus au sein chaud de son lit
Où il gît replié et en chien de fusil,
Jean rêve à son histoire et songe à ses ratages.
Il n’existe pour lui qu’un seul vrai rattrapage,
Il lui faut prolonger cet ennuyeux voyage…

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