Archives pour la catégorie “Automne”

C.B Tarlton
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Dans la forêt magique un automne enchanteur
A roussi les grands fûts des cèdres. La douceur
Du jour gris de novembre caresse la ramée
Des arbres qui flamboient. Une odeur de fumée

Flotte dans l’air brumeux, délicieuse et amère.
La forêt fauve et bleue dont l’ombre mortifère
A tué le sous-bois étire sa feuillée
Vers le ciel un peu mauve et déjà étoilé.

C’est un soir automnal dans la forêt magique
Où il fait nuit plus tôt ; un froid âcre qui pique
Se transforme en brouillard, rend l’air un peu plus dense.

Il traîne dans les bois de longs pans de vapeur
Virevoltant partout en une étrange danse.
Dans la plaine plus bas clignotent des lueurs.

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Lisa Corbière
www.fr.carredartistes.com

La pierraille est cachée par de l’or fauve en lignes,
- Sol gris et asséché où les pieds de la vigne
S’embrasent de soleil sous le ciel tourmenté
Par le chambardement de la fin de l’été.

La campagne flamboie, brasier bien ordonné
De ceps débarrassés de leur grappes gonflées
De tout le suc ambré et poisseux du mois d’août.
Les pampres sont en feu et le temps est très doux.

Nul peintre n’oserait user de ces couleurs
Pour ainsi barioler la Nature, de peur
De passer pour un fou empli d’outrecuidance.
Mais la vigne rutile avec grandiloquence,

Parée d’un rouge ardent qui pétille au soleil.
Les feuilles sont bien drues et leur rouge vermeil
Cligne sur les côteaux autour de Valréas.
Il y a tout là-haut un vol de grues qui passe.

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Maxime Bochet
http://www.mbochet.com

Virevoltent les feuilles : le temps est si doux
Qu’elles planent, dansant un très lent guilledou
Sur le canal qui mène au bout du chemin
Vers la mer s’étalant en somptueux satin.

Veloutée par l’aurore et fripée par le vent,
Toute frisélisée sur ses sables mouvants,
La Camargue en octobre, couleur caramel,
Mêle ses eaux de bronze à l’infini du ciel.

Elle clapote un peu, et la boue rougeoyante
Gonfle en bulles d’argent sous les ondes stagnantes.
L’automne traîne un peu sur la Camargue éteinte,
Semblable sous le vent à une toile peinte.

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Robert Esnay
www.robert-esnay.com

Une chanson pour cet automne,
Teintée de roux, de bleu, de jaune :
Le roux des dernières ramées
Et le bleu du ciel qu’ont foncé

De gros tourbillons de mistral ;
Le jaune si blond et si pâle
Du soleil qui se calme enfin.
Un chant pour les petits matins

Qui commencent à s’embrumer
De brouillard, de suie, de fumée ;
Et la complainte de l’automne
Fleurissant les berges du Rhône

De buissons rouges et fanés.
Un chant pour tous nos En-Allés,
Pour nos amis, pour nos parents
Dont l’âme flotte au fil du temps.

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Josette Mercier
www.josettemercier.ch

Allons marcher. Il est onze heures,
La lumière ténue est jaune
Dans le sous-bois dont la blondeur
Frémit dans la brise d’automne.

Tout est parfait autour de nous,
Et la nature qui se meurt
Parée de tous les tons de roux
S’est parée de telles couleurs

Qu’elles paraissent irréelles.
C’est aux trois-quarts temps de sa vie
Que l’année paraît la plus belle !
L’existence serait jolie

Si c’était ainsi pour les Hommes !
Mais ne rêvons pas et flânons ;
La terre foulée qui embaume
A des odeurs de champignons

Et au loin un clocher tintinne :
C’est l’église de Ventabren.
Sonne-t-on encor les mâtines
En notre siècle de païens ?

Maintenant il faudrait rentrer.
Les arbres flamboient au soleil
Mais il commence à faire frais
Dans notre forêt aux merveilles.

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Théo Azambre
www.galerie-creation.com

La terre du sous-bois exhale des vapeurs
Qui dansent en volutes bleues et transparentes
S’enroulant aux troncs gris. Il est presque huit heures
Et le matin tout neuf a des senteurs de menthe.

C’est exquis de marcher ainsi dans la forêt
Où peu à peu l’automne empourpre le feuillage.
L’hiver est presque là et il fait un peu frais
Car novembre s’éteint ; il faut tourner la page !

Mais le soleil se lève et dissout lentement
Les vrilles du brouillard qui tournoie et qui danse.
Au-dessus des grands pins le ciel tout doucement

Vire au bleu délicat qu’il sait prendre en Provence
Aux entours de l’hiver. Sous nos pieds les aiguilles
Des vieux pins desséchés fleurent bon et craquillent.

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Quelques feuilles roussies sur leur arbre attachées
Jouissaient au soleil de leurs derniers beaux jours.
Folâtrant dans le coin le mistral alléché
Décida sur le champ de leur jouer un tour :

Il souffla doucement, très délicatement,
Et les déboutonna de l’écorce rugueuse
Pour les catapulter haut dans le firmament.
Et le bal commença ; transformées en danseuses

Les feuilles enivrées se mirent à valser :
Petits elfes dorés tournant, virevoltant,
Voltigeant haut et clair dans le ciel bleu léger,
Filigranes de miel, jolis lutins d’argent ,

Le vent les soulevait, les faisait tournoyer,
Descendre et remonter tout en pirouettant.
Culbutes et plongeons, trois tours sur le côté,
Et puis trois tours encor, glissades en avant …

Mais le mistral félon se désintéressa
De ses légères proies. Les lâchant tout à coup,
Eternel inconstant il les abandonna
En lambeaux sur le sol tout englué de boue.

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 Jean-Jacques Henner (1829-1905)

S’il vous plaît, donnez-moi la main
Car je suis tombée dans un trou.
Je m’avançais sur un chemin
Pavé du doré et du roux

De l’automne aux doux reflets blonds
Sans savoir que mon sort déjà
Etait scellé. Je suis au fond !
S’il vous plaît, ne me laissez pas,

J’ai besoin qu’une main amie
Se tende vers moi. La lumière 
Est si loin ! Et je suis ici
Entourée d’ombre et de chimères :

La maladie, le froid, la peur
Sont aux aguets, en tapinois.
Tout auréolée de terreur,
La mort germe peut-être en moi.

S’il vous plaît, j’ai besoin de vous,
De votre amitié chaude et douce.
Ne me laissez pas dans mon trou
Et venez vite à ma rescousse …

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L’été se traîne un peu au creux des chemins roux
Et l’air devient plus frais au tout-petit matin.
Les jours raccourcissant, le soleil est moins fou
Bien qu’il fripe encor trop les pétales éteints

Des cistes cotonneux aux entours des fossés.
Un changement subtil du temps un peu plus mou,
Un peu plus de verdure, un soupçon de rosée :
L’automne subreptice avance à pas de loup !

Et voici des signaux qui ne nous trompent pas :
Un peu d’oxydation aux feuilles des lilas ;
L’aspect flapi des pins, leur grande lassitude

Après trop de chaleur ; les roses effeuillées
Par tant de sécheresse ; et la décrépitude
Des plantes avachies, ternes et assoiffées.

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A Sainte-Cécile-les-Vignes
Un grand scandale a éclaté :
Une grive vraiment indigne,
Petite pocharde emplumée

Que le Dieu des poivrots emporte !
Pattes raidies, jabot défait,
Yeux demi-clos et ivre-morte
N’a pas même pu s’envoler !

 Il faut dire qu’au mois d’octobre
Il est difficile aux oiseaux
De rester sage et d’être sobre
Tant les grains oubliés sont beaux

Avec leur peau si rutilante
Encor toute gonflée d’été
Et cette chair si craquillante
Sous les petits becs aiguisés !

C’était du miel, c’était trop bon :
La grive n’a pas résisté
Au raisin noir, au raisin blond
Qui l’ont laissée tout éméchée.

Depuis elle cuve en silence,
Vautrée tout au fond d’un sillon.
Elle est enivrée de Provence
Mais perdue de réputation.

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La rousseur mordorée de novembre parfume
Le sous-bois flamboyant de ce beau mois d’automne.
Le soleil s’est éteint. Une lumière jaune
Pleut en rayons dorés du croissant de la lune.

Le sol couvert de feuilles en est capitonné,
Et l’on y a creusé un nid bien dérisoire
Au fin-fond des buissons où la brise du soir
Agite la lavande et la fait frissonner.

Dans son berceau en terre un petit enfant dort,
La bouche un peu souillée par des aiguilles de pin ;
Une petite fille dont les petites mains

Serrent farouchement un nounours. Et la mort
A mis sur sa figure un masque trop figé
Qui lui donne indûment les traits d’une poupée.

Pour Typhaine

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Claude Couturier

L’automne est une saison douce,
En demi-teinte et en langueur,
Tout engourdie dans la splendeur
Délavée de sa robe rousse.

Mais parfois son ciel se courrouce :
Nues qui fulminent, nues qui pleurent !
L’automne sort de sa torpeur,
Et des trombes d’eau l’éclaboussent,

Qui tombent en flots fantastiques
Zébrés des longs traits électriques
D’un ailleurs tout illuminé.

Puis il redevient doux et tendre
Et se rendort presqu’apaisé
Dans l’ombre du mois de décembre.

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Lionel Spani
www.lionel-spani.com

 Sur la plage il fait vraiment chaud :
Trente degrès comme en été !
L’on a ressorti les maillots,
L’ambre solaire car le nez

De Marion commence à rougir
Comme en mai, au premier soleil.
Mais il est si bon de souffrir
Et c’est une telle merveille

D’avoir encor un tel beau temps
Alors que les feuilles jaunissent !
Le soleil chauffe et les enfants
Lèchent leur glace avec délice.

Comment peut-on envisager
Que l’hiver est dans l’antichambre ?
On n’en peut plus d’être étonnés :
C’est demain le premier novembre !

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Le ciel est bien trop clair pour qu’on songe à la mort.
La Méditerranée sous sa coupole bleue
Et l’automne naissant vêtu de cuivre et d’or
Sont éternels et beaux. Et si chenu, si vieux

Qu’on soit sur cette terre, il nous faut oublier
Que tout est condamné, que tout a une fin.
Le temps est vraiment doux et l’air tiède est léger,
Il pousse encor des fleurs au fond de mon jardin.

Pourtant dès vendredi on dit qu’il fera froid,
Et qu’un grand coup de gel pourrait anéantir
Les chrysanthèmes roux que j’ai portés là-bas.
Perspective cruelle et peur de l’Avenir :

Il est vrai que demain il nous faudra partir
Et que ce temps clément n’est qu’un leurre parfait
Pour qui ne sait y voir que les jeux et les rires
De dernières vacances encor ensoleillées.

Mais contemplons le ciel et oublions la Mort.
La mer mousse, si bleue que c’en est incroyable
Et l’automne naissant vêtu de cuivre et d’or
Pétille encor de vie. Effaçons l’impensable !

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Martine Coudevylle
www.coudevyllem.free.fr

 Paul est tout ensuqué car il n’est que sept heures
Et c’est bien tôt pour lui : il aimerait dormir
Un tout petit peu plus, ne fût-ce qu’un quart d’heure !
Depuis qu’il est levé il grogne et il soupire.

Il est encor coiffé comme les porcs-épics
Et s’il se laisse aller, son minuscule nez
Va choir au fond du bol car c’est un homérique
Combat contre lui-même qu’il s’efforce à mener.

Funeste trois septembre et funeste rentrée !
Jours de l’été enfui qui tournent dans sa tête
Et grands jeux dans les bois déjà presqu’effacés !
Encor heureux qu’en classe il retrouve Juliette …

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