Archives de catégorie : Automne

Le printemps des menteurs

devenir-un-grand-orateur-une

(Sonnet)

Il est une saison où les bonnes nouvelles
Eclosent… en automne, avant les élections :
Un printemps en avance et fleuri d’illusions
Bourgeonnant à foison…Serments en ribambelles,

Engagements formels… De belles ritournelles
Serinées moultes fois par mille faux jetons !
Ce ne sont que bobards que nous, pauvres couillons,
Avalons  en jobards sans beaucoup de cervelle :

« Oyez, oyez, les gens, vous allez tout avoir :
Des emplois tant et plus ; plus de lendemains noirs
Ni d’insécurité ! Fiez-vous à nos promesses,

A notre bonne foi !  Juré, main sur le coeur ! »
Bien piètres Pinocchios, et de la pire espèce,
Qu’on devrait tous flétrir du même mot :«Menteur» !

Publié dans Automne, Printemps, Questions ? | 3 commentaires

Crépuscule en Ubaye

Montagne2

L’automne est presque là, et la soirée est fraîche
Même si la journée fut comme un jour d’été.
La lumière décroît vers les Trois-Evêchés*,
Et ses derniers éclats pétillent en flammèches

Sur les mélèzes roux. Les pentes sont très belles,
Pommelées de vermeil par le soleil qui fond
Tout doux sur l’horizon : un gros soleil tout rond
Qui éteint lentement ses blondes étincelles

Dans le ciel griffuré par la lumière fauve ;
Un soleil découpé, hachuré par les dents
De la montagne au loin. Les pics noirs au Couchant
Disparaissent au creux de la pénombre mauve

En fondant peu à peu, avalés par la brume.
L’astre-roi n’est plus rien, plus qu’à demi-mangé
Par la montagne aiguë ; un mi-soleil rongé
Par la nuit qui s’en vient. Un grand croissant de lune

Vient juste d’apparaître en plein mitan du ciel.
Il ne subsiste plus qu’un halo de lumière
Sur l’écume mousseuse et bleue de la rivière
Que la lune effilée marbre de reflets miel.

*Sommet des Alpes de Haute-Provence

Publié dans Automne, La Haute Provence | Laisser un commentaire

L’attente

Bien que passe le temps, elle attend qu’il revienne
Et se languit de lui. Le feuillage a jauni
Sur le micocoulier depuis qu’il est parti ;
L’arbre semble anémié… La douloureuse antienne

D’une chanson d’amour lui taraude le cœur :
Celle qu’il lui chantait pour la faire sourire.
Il faudrait l’oublier, mais son âme soupire,
Même si par pudeur elle feint la froideur.

L’arbre est un peu penché, vrillé par la vieillesse.
Novembre le dévêt de son feuillage roux,
Le laissant désarmé face à l’âpre courroux
Du mistral qui s’en fout… Brisée par la détresse,

Elle attend que revienne avant un morne hiver
Celui qui est parti quand était encor belle
La campagne alentour, et dont la ritournelle
Fleurissait le jardin toujours jaspé de vert.

Parfois le vent faiblit, et il lui semble entendre
Le chant de son amant tout au bout du chemin.
Mais c’est une illusion. Pas un seul être humain
Qui songe encor à elle ! Elle ne sait qu’attendre

L’homme au rire sonnant et aux belles chansons
Qui savait oublier combien elle était vieille.
Comme l’arbre tordu, ou la vétuste treille
Fermement agrippée aux murs de sa maison…

Il ne reviendra plus. Il fait froid, c’est l’automne,
Et l’arbre est dépouillé de son feuillage noir.
Elle clôt ses volets pour ne plus l’entrevoir,
Comme le ciel souillé de mouchetures jaunes…

Publié dans Amours, Automne, Les gens | Laisser un commentaire

Couleurs sépia

Automne

Il ne pleut plus, et le jardin
Que la pluie d’automne a repeint
De couleurs sépia d’un autre âge*
Arbore un tout nouveau visage.

Il a l’air d’un ancien cliché
Aux tons passés et délavés…
Ce jour s’est-il trompé d’époque?*
Le temps d’autrefois s’entrechoque

A l’harmonieux temps d’aujourd’hui.
Le ciel a de très humbles teintes
Et l’allée que septembre a peinte
De brume est ouatée de gris.

Est-on jadis, est-on demain ?
Le ciel est comme un parchemin
Où peut s’inscrire l’envolée
D’une migration bariolée

Vers le grand Sud, là-bas, au loin…
Mais pour l’instant, il n’y a point
D’irrévérencieux coloriage :
Pas de violence ni d’outrage

A cette ineffable douceur !
Ces tons passés dont la rousseur
Semble élavée par la vieillesse
Donnent au jardin la mollesse

D’une belle endormie d’antan.
Passent les jours, passe le temps…
Puisse cette douceur de vivre
Encor bien longtemps nous survivre !

**Merci à Denis qui m’a « offert » ces deux vers, autour desquels j’ai « bâti » ce poème !

Publié dans A la maison, Automne, Chez nous | Laisser un commentaire

Les Baux en hiver

Michel Bec

Poème illustré par un tableau de :

Michel Bec

L’automne a passé le flambeau
A l’hiver. Un poisseux ciel gris
Que déjà la nuit assombrit
Pèse lourdement sur les Baux.

Le village est vide, et le vent
Y mène sa danse infernale :
Assourdissante bacchanale
Du mistral qui court droit devant

Comme un centaure sans raison
Tonitruant dans les venelles.
La débandade habituelle
D’une morne et triste saison !

Te rappelles-tu l’an dernier
Quand l’on y fit une balade,
Poussés dans notre promenade
Par ce vent fou qui ricanait ?

Il y faisait si froid alors
Que ton doux visage était pâle,
Pâle comme l’anneau d’opale
Auréolant le croissant d’or

De la lune accrochée au ciel.
Les vieilles maisons du village,
Bastides grises d’un autre âge,
Etaient éclaboussées du miel

De la ténébreuse lueur.
Le vent tordait ta chevelure
Qui dansait comme une voilure
Autour de ton visage en cœur…

Les Baux sont tristes en hiver.
Tu n’es plus là, tu t’es perdue
Dans une existence éperdue…
Dis, n’ai-je point assez souffert ?

Peut-être un jour reviendras-tu ?
Je t’attends rue de la Calade
Où l’infernale cavalcade
Du vent dévale à qui veux-tu….

Publié dans Amours, Automne, Hiver, La Haute Provence, La Provence au coeur | Laisser un commentaire

Obstination

Maisonnette

Les longs doigts de la pluie tambourinent le toit,
Jazzant à toute allure un joli tintamarre.
Tic et taquant gaiement un petit air bizarre,
La pluie bleue machicote et veut entrer chez moi.

Elle frappe et tapote à petits coups pointus
Les tuiles arrondies. Sa drôle de musique
Fait chanter follement l’antique toit qui clique
Sous son flot continu. Son gai tempo têtu

Ne s’est point arrêté depuis mercredi soir !
Elle désire tant que j’ouvre la fenêtre
Que je suis hors de moi, et que je l’envoie paître
Car son obstination devient vraiment… rasoir !

Mais elle continue à chanter et valser.
Tip et tap, tip et tap ! Ses milliers de papattes
De perverse dingo et de folle acrobate
Bondissent sur mon toit en le faisant danser.

L’eau commence à monter autour de la maison.
Rien ne peut endiguer la folle sérénade ;
Dans la campagne entour, c’est une débandade :
La pluie du mois d’avril a perdu la raison !

C’est le soleil tout neuf qui nous en a sauvés :
Attiré par nos cris, il a bouté la folle
Hors de notre Midi. Depuis, il caracole
Au-dessus de chez nous pour tout faire sécher.

La pluie s’en est retournée bien seule dans le Nord,
Tip et tap, tip et tap – avec sa chansonnette.
Son rythme martelant m’est resté dans la tête,
Comme son rire frais qui y cliquette encor…

Publié dans A la maison, Automne, Chez nous, Contes | Un commentaire

Comme un coeur en octobre…

oil painting landscape - autumn forest, full of fallen leaves, colorful picture , abstract drawing, wallpaper; tree; decoration

Parfois mon coeur est triste : on dirait que l’automne
Y grave obstinément l’empreinte monotone
D’un sinistre refrain, tout aussi cafardeux
Que ce lourd ciel d’octobre épais et orageux

Pesamment affalé sur toute la Provence.
Il murmure tout doux sa plaintive romance
Toute en mélancolie. Sans trop savoir pourquoi,
Il craint de s’exposer à un je-ne-sais-quoi

Qui pourrait l’émouvoir, et la morne saison
L’émeut obscurément sans aucune raison.
Pourquoi ce désarroi, cette impression morbide
Qu’il faudrait quelquefois être un peu plus lucide ?

Ma vie est pourtant douce et je me sens aimée ;
Mais mon âme insatiable est parfois affamée,
Comme folle au logis, de trop grandes passions,
De folie et d’écarts, d’un désir d’évasion…

Cette triste chanson ressemble à un fado,
Lugubre mélopée pesant telle un fardeau
Sur celui qui vieillit et qui porte sa vie
Comme un faix bien trop lourd et sans plus trop d’envies.

C’est la triste chanson des étés qui se meurent.
Oh, je sais que le Temps bien après nous demeure,
Que nous ne sommes rien au long fil des saisons,
Que mon esprit parfois frôle la déraison

S’il pense voir un jour renaître sa jouvence.
Il pleut à petits flocs sur toute la Provence…

Publié dans Automne, La Provence au coeur, Les gens, Questions ? | Laisser un commentaire

La couleur des mots

Automne (6)

J’ai trempé mon pinceau dans la couleur des mots
Pour mieux montrer novembre en sa polychromie.
La palette du temps est une alliée, l’amie
De qui peine à conter ces bijoux, ces émaux

Dont se pare en automne une nature folle :
Ocre roux de la terre, or cuivré du soleil
M’offrant à son Couchant des touches de vermeil ;
Campagne bigarrée d’une gaie farandole

De plantes empourprées ; rutilantes couleurs
Du feuillage éclatant dont se parent les arbres ;
Chatoiement mordoré d’un vaste ciel en marbre
Penché sur les jardins et leurs dernières fleurs :

La nature est en feu, et je n’ai pour la peindre
Que ces vers qu’il vous faut entendre avec vos yeux.
Elle m’offre des tons de roux en camaïeu,
Et je dois rechercher pour les pouvoir dépeindre

Les mots pour faire voir à vos fines oreilles
Les couleurs inouïes engendrées par ce temps
Qui précède l’hiver fâcheux qui vous attend.
Des mots hauts en couleur, afin qu’ils ensoleillent

L’automne s’en venant repeindre à la Gauguin
La nature tentant malgré tout d’encor vivre ;
Une nature lasse, expirant, qui s’enivre
De teintes lui donnant l’illusion d’un regain…

Publié dans Automne | 7 commentaires

La montagne est mouillée…

?????????????????????????????????????????????????????????

Poème illustré par un tableau de :
Rémi Clarke

La montagne est mouillée et luit sous le ciel gris
Tout vernissé de pluie. La route zigzagante
Erre de-ci, de-là, et la chaussée fumante
Qui monte et redescend saute comme un cabri

En filant vers le val. L’orage s’adoucit,
Grondant un peu moins fort là-haut dans la montagne
Après un jour entier de hargne et de castagne.
Malgré ce petit vent qui se lève et forcit,

Nous pourrions jusqu’au soir faire un tour à vélo ?
Monter en ahanant des côtes verticales,
Sentir dans nos mollets des crampes colossales,
Avoir les pieds trempés par la bouillasse et l’eau

Qui gicle sous les roues, n’est-ce point merveilleux ?
La montagne est brodée d’une fine dentelle
De vapeur azurée. Mais peut-être va-t-elle
Se transformer en pluie tant est capricieux

Ce temps peinturluré de curieux coloris ?
La montagne sent bon, mais l’odeur aigrelette
Des mélèzes roussis nous tourne un peu la tête.
La montagne est mouillée et luit sous le ciel gris…

Publié dans Automne, La Haute Provence | Un commentaire

Les saisons de la mer

mistral

Printemps
Oh, Méditerranée ! Si bleue sous le ciel bleu,
Tu bats en palpitant telle un énorme cœur
Quand la lumière peint de fluctuantes fleurs
Sur ta houle ondulante où la lumière pleut.

Eté
Méditerranée plate, insensible au soleil
Qui te fait clignoter sous ses longs rayons noirs
Depuis le matin clair jusqu’au terme du soir,
Tu es tout hachurée de lents rouleaux vermeils.

Automne
Méditerranée grise et âpre sous le vent,
Tu deviens vraiment folle et bouscules tes flots
Jusqu’à ton horizon, où le roulis de l’eau
Brise ton harmonie de ses spasmes mouvants.

Hiver
Méditerranée sombre hurlant sous le mistral
Et parfois fustigée de flocons étoilés,
Tu oscilles giflée par un ciel bas voilé
Où stagnent les nuées d’un morne hiver austral.

 

Publié dans Automne, Hiver, Le début de l'été, Le soleil-lion, Méditerranée, Printemps | Laisser un commentaire

La douceur de l’automne

Automne (3)

Chez nous l’automne est doux, mais l’été qui se meurt
Refuse quelquefois de subir sa défaite :
Il n’accepte sa fin qu’en hurlant à tue-tête,
Avec de grands éclairs qui vous ballent le cœur.

Puis le beau temps revient, tout en délicatesse…
La Provence reprend sur un rythme enchanteur
Sa valse sage et tendre, et l’exquise lenteur
D’un tempo écorné par un rien de rudesse,

Lors de petits matins s’embrumant de vapeur.
L’automne n’en a cure, et il s’affaire à peindre
Les arbres de tons vifs, sans aucunement craindre
Un certain mauvais goût dans le choix des couleurs,

S’avérant malgré tout un incroyable artiste
Maniant étrangement ses sublimes pinceaux.
Quand l’orage est passé, il repart à l’assaut
De tout nouveaux rameaux qu’il ajoute à sa liste

De plantes colorées aux tons inattendus.
Douceur d’un temps très doux, puis sursauts de colère :
L’automne est par chez nous un peu atrabilaire
Comme le sont parfois d’aimables farfelus.

 

Publié dans Automne, Chez nous, La Provence au coeur | Un commentaire

L’arbre à contretemps

cerisier-fleurs

Dans le fond du jardin, l’unique cerisier
Se laisse un peu aller. Comme il se sent costaud,
Il s’étale partout. Il faudrait l’élaguer
Car il devient gênant. Mais c’est encor trop tôt !

C’est avant, d’habitude – à Sainte Catherine –
Que sa sève tarit, qu’il se repose enfin !
Mais comme cette année le beau temps qui lambine
Ne veut point concéder un pouce du terrain,

L’arbre embobeliné se croyant au printemps
Bourgeonne à qui mieux mieux sans être raisonnable.
Peut-il encor fleurir ? N’en demandons pas tant,
Et mieux vaudrait pour lui qu’il soit bien moins aimable.

Toujours aussi actif, le soleil goguenarde :
Se fichant de l’hiver, de sa maussade humeur,
Il occupe le ciel de force, à la hussarde,
Gorgeant de sa lumière et la terre et les fleurs

Et trompant méchamment notre vieux cerisier.
Nous sommes embêtés, nous ne savons que faire,
Ne pouvant l’élaguer sans le faire saigner !
Fichu réchauffement qui crée bien des misères…

Mais l’arbre semble heureux sous l’ultime lumière,
Toujours gavé de sève en sa pleine verdeur.
C’est le onze novembre. Allons boire une bière
Sous son ombrage fou et sa tiède fraîcheur !

Publié dans A la maison, Automne, Chez nous | 3 commentaires

Penchés au bord du ciel…

Leur nombre est infini, l’Univers l’est aussi…
Penchés au bord du ciel et contemplant la Terre,
Heureux d’avoir quitté un monde sans merci
Qui leur est maintenant un abyssal mystère,

Les En-Allés inquiets regardent ces Humains
S’agitant tout en-bas, et tout aussi futiles
Qu’ils le furent jadis : croyant en leur destin,
Imbus de leur personne et se croyant utiles…

Penchés au bord du ciel, un peu dubitatifs
Face à l’entêtement de ces malheureux frères
Qui se disent vivants, les En-Allés pensifs
Voudraient les décharger de toute leur misère,

Mais ne le peuvent pas. Ce n’est pas leur mission
Car ils sont au-delà des affaires terriennes !
Et bien que délivrés des absurdes passions
Ne leur ayant valu que déboires et peines,

Ils sont apitoyés par cet aveuglement
Dû à trop d’ignorance. Quelquefois ils s’en viennent
Hanter nos cauchemars, silencieusement !
Ils aiment se glisser au creux des nuits humaines,

Rallumer la lueur des anciens souvenirs…
Encor un peu humains, les En-Allés se penchent
Au-dessus de la Terre et du monde à venir,
Un monde grisailleux et devenu étanche

A toutes ces vertus prônées par les aïeux.
Un monde qui sans nous irait sûrement mieux…

Publié dans Automne, Contes, Les gens, Questions ? | Un commentaire

Début d’automne en Ubaye

Darlyne

L’air pur est transparent. Quelques nuages stagnent
Au-dessus du Pelat, posés sur la montagne
Comme des fleurs fanées. L’automne est déjà là ;
L’été part en lambeaux. L’on en entend le glas…

Passent dans le ciel bleu des V presque immobiles ;
Mais le lent battement des ailes si fragiles
N’y laisse rien du tout, pas même un seing d’argent.
Septembre est moribond, et le temps bien changeant

Depuis quelque trois jours. Il y a de la neige
Sur le Bric de Rubren : simple liseré beige !
La nuit est parfois froide, et aussi le matin
Juste au lever du jour. Les mélèzes châtains

Mettent de la lumière au flanc gris des collines
Avant de grisailler en perdant leurs épines,
Et ils virent au roux un peu plus chaque jour.
Planant au creux du ciel, il y a un vautour

Tournoyant affamé en quête de charogne.
Il recherche la mort sans aucune vergogne
Et son profil funeste outrage le soleil.
Les monts à l’horizon se teintent de vermeil.

Publié dans Automne, La Haute Provence, Zooland | Laisser un commentaire

L’hiver est à l’affût…

Hiver

L’hiver a dévêtu tous les arbres au bois
Et il est à l’affût, tapi dans la garrigue.
Le soleil maigrichon quasiment aux abois
Eclaire un ciel livide où sans cesse il intrigue

Pour maintenir sa place et affirmer son rang.
Il n’y a plus d’oiseaux, il n’y a plus d’insectes ;
La Nature est inerte, et le grand Architecte
Semble avoir oublié qu’il est un conquérant.

Tout dort ou tout est mort. Plus rien ne pousse plus.
Le jardin qui s’étiole a vraiment triste mine
Avec ses fleurs fanées ; et parmi les élus
Rescapés du fléau, seule une balsamine

Lance encor quelques fleurs à l’assaut du figuier.
L’olivier un peu las frissonne sous la bise,
Et ses feuilles d’argent semblent soudain bien grises
Dans la lumière ocrée du ciel tout barbouillé.

L’hiver est aux aguets : son heure est bientôt là !
L’automne moribond va lui laisser la place.
Blanchie précocement, l’écorce du lilas
Arbore ce matin une cotte de glace…

Publié dans Automne, Hiver | Laisser un commentaire