Archives pour la catégorie “Automne”

Poème illustré par :

Octavio Ocampo
www.kakushin.unblog.fr

Oh ! Mon ami, mon bel amour,
Nous appartenons au passé
Et nos vieux corps sont tout usés
Qui n’ont pas pu dire : « Toujours ! »

Mes cheveux gris, tes cheveux blancs
Sont tout tressés de souvenirs.
On n’a presque plus d’avenir.
Où sont donc nos projets d’antan ?

Mais ta vieille main si ridée
Est toujours au creux de la mienne
Et il faut que l’on se souvienne
Qu’on n’a jamais été lassés

Par les fêlures de la vie,
Cette vie déroulée ensemble :
Une douce vie, il me semble,
A nous être beaucoup souri,

A pleurer et à nous aimer,
A nous supporter tendrement.
Oh ! Mon ami, mon vieil amant,
Nous ne nous quitterons jamais.

Lis cette lettre, mon très cher,
Juste avant de fermer tes yeux.
Attends-moi là-haut, dans nos cieux,
Tendre lueur dans la lumière…

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Poème illustré par :

TonyWahlander
www.artony.eu

On s’installe le soir au frais sur la terrasse
Pour mieux s’y reposer ; puis l’on cligne des yeux,
Tout effaré de vivre un tel instant de grâce ;
On sent son coeur qui bat ! Tant de beauté, mon Dieu…

Les flèches des cyprès rayurent la colline
De verticales bleues sur le feuillage vert.
Au couchant le soleil qui s’éteint enlumine
Le ciel pur qui palpite encore de lumière,

Cette lumière rose éclaboussée d’orange
Encerclant d’une aura chaque arbre et chaque fleur
Et les toits au lointain. Une sorte de frange
Qui auréole tout d’une étrange couleur !

Au fond du val un arbre au beau feuillage rouge
Met une tache feu sur la masse des pins.
L’horizon est carmin et l’on dirait qu’il bouge
Sous le soleil qui meurt d’une agonie sans fin.

La colline s’endort. Peu à peu s’y allument
Des lucioles dorées : les lampes des maisons
Sous leur toit orangé. La corne de la lune,
Croissant roux effilé, s’est mise au diapason

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 Poème illustré par : 

Valérie Molina
www.valerie-molina.com

Automne inachevé, tu porte(e) encor des feuilles
Virant du roux au beig(e), du sec au décharné ;
Mais tu tiens malgré tout et l’hiver qui t’effeuille
S’unit au vent, au froid, à ses meilleurs alliés

Pour t’envoyer bien loin de la Provence lasse
D’un soleil bien trop chaud, de trop de sécheresse.
Décidé à lutter pour prendre enfin ta place,
Il s’apprête au combat avec moult allégresse

Car il en a assez de s’avancer masqué.
Ton feuillage est trop roux, ta lumière trop belle,
Et il faudrait enfin pouvoir te résigner
A devoir endosser ta tenue isabelle !

Tu vas bientôt mourir de la mort des saisons,
Mais revenir plus tard après un long repos.
Ce cycle, c’est la vie ! Les choses se défont…
Hiver, reviens chez nous : il est temps, il le faut !

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Quand il est vraiment sûr qu’au loin tout s’est éteint,
Quand le soleil n’est plus qu’une ligne de feu,
Il sort tout doucement et se promène enfin,
Discret et délicat, toujours silencieux.

Il marche à petits pas, puis repart et s’arrête
Pour pouvoir respirer les parfums du jardin
Surfleuri pour ces morts qu’on honore et qu’on fête.
Il rôde dans l’allée une odeur de jasmin !

Il se fatigue vite et son pas est très lent
Comme s’il lui fallait actionner des rouages
Pour mieux se déplacer. Et presque transparent,
Son reflet est ténu comme l’est son image

Sur sa tombe, là-bas, jonchée de chrysanthèmes.
Il est très fatigué, de plus en plus léger…
Il sait depuis longtemps que les Humains qui l’aiment
Le croient anéanti. Mais il lui faut rentrer…

Dans les larges allées du vaste cimetière,
D’autres tristes rôdeurs flottent au gré du soir.
Il se décide alors, et, pleurant sa misère,
S’en retourne dormir sous son froid marbre noir.

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Content de rien, lassé de tout,
Il en a assez de l’été ;
Il se sent faible et harassé
Par ce climat qui le rend fou

Et aspire à un peu de brume
Qui estomperait l’horizon ;
De la fraîcheur dans la maison,
Surtout au moment où s’allument

Les premières lueurs du soir !
Il en a assez du soleil
Et de sa faconde vermeille ;
Besoin de froid, besoin de noir,

Besoin d’un ciel un peu plus gris !
Etre un peu moins dépaysé
Et apprendre à mieux supporter
D’être aussi loin de son Nancy !

Il regrette les forêts sombres
Que l’automne s’en vient dorer
Dès les derniers jours de l’été.
Leur feuillage épais, leur pénombre…

Il voudrait bien rentrer chez lui
Avec la pluie et son ciel bas…
Oh ! Il était si bien là-bas…
Non ! il n’aime pas le Midi.

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Un peintre un peu fantasque a peint sur les carreaux
Des raies tout de guingois et de longs traits en biais
Glissant silencieux, toujours recommencés,
Et où cloquent parfois des vésicules d’eau.

Nous sommes en octobre ; il pleut depuis fin août
Et le soleil s’éteint, de longues cataractes
Le noyant lentement ; c’est sans aucun entr’acte
Que la pluie strie le ciel, que son chant qui glougloute

Nous lasse les tympans tant il est continu.
On n’a pas l’habitude, on attend le mistral
Pour qu’il vienne chasser ces nuées en cavale
Venues d’on ne sait où. Il serait bienvenu

Même s’il est souvent voué aux gémonies !
Car il est de cristal et ses rafales bleues
Assainissent le temps : il laverait les cieux
De cette interminable et monotone pluie.

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Poème illustré par :

Pierre Labrecque
www.pierrelabrecque.com

Le roux est ta couleur, la douceur ta vertu ;
Même si quelquefois tu trépignes de rage
Et lances sur le Sud ces énormes orages
Qui laissent la Provence hagarde et abattue.

Tu caches bien ton jeu, tout comme le printemps :
Si la plupart du temps tu es toute joliesse
Et t’éteins lentement avec délicatesse,
Sachant être discret, même au triste moment

Où tu meurs pour laisser enfin régner l’hiver,
Tu sais être violent et laisse(s) en héritage
A décembre accouru une horde sauvage
De tempêtes, de pluie, de chagrin, de misères…

Tu caches bien ton jeu, tout comme le printemps ;
Le roux est ta couleur, la douceur ta vertu :
C’est du moins la figure que tu t’évertues
A nous laisser de toi avant le mauvais temps !

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Une lumière fauve et un peu plus oblique
Tombe du ciel pâli et terne de novembre.
L’horizon est brouillé et le soleil est d’ambre,
Chaque jour un peu moins exalté et lyrique.

L’horizon est brouillé du côté de Meyreuil
Et la rousseur du soir est vraiment languissante.
Tout s’éteint peu à peu, et c’est la valse lente
Des jours moins lumineux tout entachés du deuil

De la fin de l’automne. Il fait encor très doux,
Mais de longs pans de brume estompent en douceur
Les jardins endormis où les feuilles se meurent,
Chutant au moindre vent sur les parterres roux.

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Automne au nom si doux et aux tendres couleurs,
Tu cherche(s) à t’accrocher à tes dernières heures
Ainsi qu’un lumignon qui ne veut pas s’éteindre.
Mais l’hiver est trop dur et va bientôt t’étreindre

En ses bras décharnés pour te faire mourir.
Tu as beau le charmer par un dernier sourire,
Il est trop fort pour toi. Ton teint roux vire au gris,
La nature soupire et lentement s’aigrit.

La Provence ternit et le soleil émousse
Ses rayons trop aigus. Ce soir la lune est rousse
Et l’on parle déjà des premières gelées.

Les jours ont raccourci, ils sont moins lumineux.
Automne au nom si doux, il te faut t’effacer,
Supplanté par décembre et ses longs jours pluvieux.

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Poème illustré par :

Dante Rossetti

Automne de ma mie aux longs cheveux si roux,
Automne mon ami aux effluves si doux
De feuilles et de fleurs allant sur leur déclin,
Automne un peu brumeux dès le petit matin ;

Automne de ma belle au teint fleuri de son,
Automne mon ami roussi comme un brugnon
Ou une belle pêche éclatante et sucrée.
Automne un peu pâli comme son teint de lait ;

Automne de Provence aux tons un peu plus sourds
Que les couleurs d’été brûlant jour après jour ;
Automne à la lumière un peu plus adoucie
Que les flammes flambant dans les yeux de ma mie !

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Poème illustré par :

Francis Jalibert
www.artmajeur.com/jalibert

Les olives sur l’olivier
Sont encor vertes et amères ;
Mais les petits fruits aigrelets
Ne savent mûrir qu’en hiver !

Il faut l’admettre : c’est fini,
Il nous faut vraiment dire adieu
A l’été ; à ses infinies
Soirées dans l’ombre fine et bleue

Du cèdre immense du jardin.
Terminées les grandes tablées
Réunies au petit matin :
Nous n’y faisons que frissonner

Et ce n’est plus très agréable.
Quelques journées par-là, par-ci,
Où le soleil est presqu’affable,
Mais parfois aussi de la pluie !

Les olives sur l’olivier
Vont devenir  molles et noires .
Ah ! Il fait frais : il faut rentrer !
L’été se meurt soir après soir…

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Poème iullustré par :

Leonid Afremov
www.afremov.com

Sous la lumière rousse du vieux réverbère,
Ils se sont embrassés sans craindre la lumière
Tant ils voulaient qu’on sache à quel point ils s’aimaient.
Les arbres rougeoyaient et l’automne flambait.

Blottis l’un contre l’autre et tout auréolés
Des derniers rayons blonds d’un soleil délavé,
Ils semblaient scintiller ; puis les tout derniers feux
Qui les auréolaient moururent peu à peu.

Bientôt la nuit s’en vint, mais ils restèrent là,
Encor étincelants. Et dénouant leurs bras
Restèrent face à face, un peu gênés peut-être.

C’était un soir d’automne irradié de couleurs
Où un très grand amour venait juste de naître ;
Et ce qu’ils ressentaient leur faisait un peu peur…

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Poème illustré par :

Leonid Afremov
Il existe à Lambesc un curieux phénomène
Que je n’ai vu qu’ici : le ciel est toujours haut
Quelle que soit la pluie – de la bruine ou des seaux,
Il garde à tous moments une apparence amène !

Un ciel gris, élevé, clair tel un ciel tout bleu,
D’où jaillissent des trombes qui frappent le sol
A grands coups de karcher. La pluie peut être folle
Mais elle choit toujours du pinacle des cieux !

C’est vraiment agréable et extraordinaire !
Quand on le dit aux gens, ils en sont étonnés,
Trop peu observateurs pour avoir remarqué
Que ciel bas et ondées vont toujours de concert,

Mais pas dans leur village. Nous en restons perplexes,
Nous demandant pourquoi nous sommes préservés
Du ciel bas sur les toits, lourd à les écraser…
Il y a aujourd’hui de la brume sur Aix !

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Poème inspiré par :

Colette Lamarque
http://www.encadreurdart.com/colette_lamarque.htm
Il pleut encor un peu comme il pleut sous tes yeux :
Gouttelettes cristal augurant de la fin
D’une période grise ; et le ciel vire au bleu
Comme va s’adoucir en toi ce lourd chagrin.

L’automne est triste et beau, toi tu es le printemps.
Surtout ne te plains pas car tu es sa lumière !
Ce mois d’octobre est calme et va tout en mourant
Se fondre doucement au giron de l’hiver.

Mais toi tu es l’espoir et la joie incarnés :
Qu’est donc pour tes vingt ans un blême et triste amour ?
Une bleuette terne et bientôt oubliée !
Souris, relève-toi, essuie tes yeux et cours,

Cours vers ta vie si neuve en lui tendant les bras !
Là-bas sur le Ventoux le soleil refleurit.
Irradiant de ses rais les nuages lilas,
Il lèche sur ta joue une larme de pluie.

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Battant le carreau gris la pluie grise s’écoule
En billes argentées qui glissent lentement,
Laissant comme un sillage, un sillon gris qui roule
En zigzaguant tout doux et verticalement.

Car cet automne est fade et morne et indécis,
Sans formes, sans couleurs, avec une pluie molle.
Un automne très terne, un automne très gris
Et qui semble oublier que la Provence est folle

Et toute en contrecoups, en à-coups, en saccades !
Mais pas cette année-ci : c’est un automne mou
S’étirant lentement sous des averses fades !
Où est donc le mistral, notre vent fort et fou

Qui nous rend tous fadas, mais qui est si vivant ?
Le ciel tout grisailleux repose sur la ville
Et donne l’impression d’être bien trop pesant,
Stagnant depuis des jours, poisseux et immobile.

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