Archive de l'auteur

Alain Calbo a écrit :
« Madame,
Je suis l’animateur du site lettres de l’académie de Reims ; une équipe d’enseignantes ont élaboré une séance de travail avec des élèves de sixième sur votre calligramme L’Autruche. La mise en ligne de cette séance pédagogique nécessiterait la publication de votre poème : pour cela nous avons besoin de votre accord.
Dans l’attente d’une réponse positive de votre part, je vous prie de croire à mes sentiments les meilleurs.
Alain Calbo »

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Ralentie par le poids de sa pauvre carcasse
Si lasse et engourdie par la fin de sa vie,
Une dame trottine, et ses pas tout petits
Laissent sur le chemin la dérisoire trace

D’un destin minuscule. Elle n’est plus grand’chose ;
Elle est seule, elle est vieille, et semble n’avoir plus
Aucune identité. Comme vivent les roses,
Elle fut éphémère ; elle n’a rien vécu.

Appuyée sur sa canne, elle va lentement
Et la foule l’évite en respectant son âge.
Le temps a dilué les traits de son visage,
Sa joliesse d’antan a fui avec les ans.

Un destin anodin, pas grand’chose à conter !
Une petite vie sans beaucoup d’importance
Qui ne laissera rien. Ni excès ni outrances,
Et des jours tous pareils au long de tant d’années…

C’est pourtant une étoile issue du vaste ciel ;
Un lumignon léger tout aussi important
Pour le Destin humain que d’immenses talents ;
Une existence rare et portée par les ailes

De la vie qui palpite au sein de l’Univers…
La vieille dame va, suivant comme elle doit
Le reste du chemin. Elle n’a pas le choix,
Mais sent qu’elle est menée vers l’ultime lumière.

 

 

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L’horizon est frangé d’un mauve délicat
Sous le ciel transparent, lumineux, presque blanc.
Les ruines du château, sur leur tas de gravats,
Sont empourprées de feu par le soleil levant

Avant de recouvrer leur bien triste grisaille
De pierres corrodées par le temps qui délave…
Citadelle orangée où erre la gueusaille
Des ombres oubliées, lamentables épaves

D’un lointain Autrefois maintenant effacé.
Mais le jour qui éclôt les a fait disparaître,
Et la lumière crue d’un beau matin de mai
Dissout l’ombre effrayante, en y faisant renaître

Des scintillements d’or comme des fleurs nouvelles.
Mison la médiévale est encor endormie
Au creux de son lacis de rues et de venelles
Et le jour qui s’en vient l’a lavée de sa nuit.

Sur le haut du beffroi, deux jolies tourterelles
Dorment encor, serrées en un frou-frou de plumes.
Mais il faut s’éveiller : à grands coups d’étincelles,
Le soleil triomphant vient de chasser la lune.

 

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Magali Donnadieu, qui vivait à Marseille,
Partageait son logis avec un bel ara,
Un joyeux compagnon qu’elle appelait Soleil.
Mais un beau jour d’été son oiseau se sauva :

Comme on disait qu’ailleurs l’herbe était bien plus verte,
Attiré au-dehors par la curiosité
L’ingrat se faufila par la fenêtre ouverte.
Tout d’abord Magali pensa qu’il reviendrait,

Et puis le temps passant, elle se résigna ;
Mais elle était si triste et tellement touchée
Qu’à force de chagrin la pauvre déprima,
Essayant, mais en vain, de ne pas trop pleurer.

La voyant si seulette en sa grande maison,
Son fils décida donc de lui faire un cadeau :
Un autre perroquet, qu’elle nomma Gaston,
Et auquel elle apprit, détachant bien les mots,

Un tout petit discours rabâché chaque jour…
Une année se passa… Puis tout comme Soleil,
Le second perroquet s’escapa à son tour !
Mais Magali croyait au monde des merveilles,

La foi en son oiseau étant beaucoup plus forte
Que la première fois ! Et elle avait raison,
Puisque deux jours plus tard l’on sonna à sa porte :
C’était un policier qui lui tendit… Gaston !

«  Madame, lui dit-il, on vient de retrouver
Ce bougre de pépère à la Vieille-Chapelle.
Oh boudiou ! Qué lascar ! On a bien rigolé !
Il nous renseignés ! Ouais : comment il s’appelle,

Et même son adresse ! « Dou-ze-Rue-Pa-ra-dis -
Ma-da-me-Don-na-dieu ». Un sacré numéro
Que votre perroquet, madame Magali !
Et un vrai phénomène! Au revoir ! A bientôt… »

Il ne se trompait pas : Gaston était futé
Et il récidiva. Mais grâce à son adresse,
Chaque fois qu’il fuguait, il était ramené
Confus et déconfit à sa chère maîtresse…

Ils vécurent ainsi de fort longues années,
L’oiseau aventurier et la vieille mamé…

*Inspiré par un fait divers… japonais !

 

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Poème illustré par un tableau de :

Diego Forlan
www.arts-reproductions.com

Oh là là ! Mes amis… Qui dois-je donc choisir ?
C’est un choix cornélien ! Devrais-je m’esbaubir
Que *l’OM ait gagné, que Nancy ait perdu ?
Je suis tourneboulée ! Vraiment je ne sais plus

Où mon coeur doit aller ! La ville où je suis née
Ou celle de mon choix ? Car Marseille a gagné
Et Nancy a perdu. Après tant de défaites
L’Om va donc enfin pouvoir faire la fête,

Retrouver son honneur… Eh oui ! Dois-je être heureuse
D’avoir choisi mon camp ? Et devrais-je être honteuse
D’être ainsi renégate et de prendre parti…
Car l’Om a gagné et je m’en  réjouis

Comme on se réjouit de voir un malheureux
Sortir du maëlstrom d’un sort ignominieux !
Alors, vas-y, l’Om ! Reprends le droit chemin :
Nous comptons tous sur toi pour te reprendre en main…

*OM : 1 – Nancy ( où je suis née) : 0

 

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Poème illustré par un tableau de :

Claude Monet
(1840-1926)

Au fond du vallon gris criquetant de cigales,
La Touloubre est tarie ; et seul un filet bleu
Y serpente au milieu de rocs en camaïeu
D’ocre, de blanc, de beige irisés par l’opale

Du ruisseau moribond presqu’exangue aujourd’hui.
Il n’a pas assez plu au printemps. L’eau est rare
Et la Provence sèche. Et il est bien trop tard
Pour qu’il y ait encor quelque chance de pluie !

Assise au bord de l’eau qui coule claire et fraîche ,
Je sens son clapotis léchouiller mes orteils.
Il fait déjà très chaud ; l’implacable soleil
Pompe insatiablement le ruisseau qui s’assèche

Et n’est plus qu’un filet enlaçant quelques brins
D’herbe qui se tortille au fil bleu du courant.
L’eau est vraiment frisquette et titille mes dents ;
Il est vrai qu’on n’en est encor qu’à la mi-juin !

Mais l’été sera rude ! Et bientôt le cagnard
Aura bu toute l’eau. Adieu donc les trempettes !
Sous l’arche du vieux pont trois canards qui trompettent
Patouillent dans la boue pour trouver des têtards.

 

 

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Poème illustré par un tableau de :

Florine
www.florine2007.rmc.fr

C’est un plateau brûlant de la Haute-Provence
Fleurant bon la lavande et le blé moissonné.
Le vent y est hurlant, et son souffle est immense
Qui courbe les épis et les fait onduler

En vagues d’or ocré jusqu’au temps des moissons.
C’est un pays ardent et qui vrombit d’odeurs
Autour de Valensole ; et tout y sent si bon
Qu’on en oublie bien vite l’atroce chaleur

Du grand mois d’août qui bout au-dessus des champs bleus.
La fragrance azurée affole les abeilles
Zonzonnant à l’envi ; et le soleil qui pleut
Inonde le pays de ses vagues vermeilles.

Valensole en balcon en est tout alangui,
Un peu saoul, enivré d’odeurs délicieuses ;
L’air est si parfumé qu’il en est étourdi
Et s’abandonne enfin à une sieste ombreuse.

 

 

 

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Il fait encore  nuit quand Magali s’éveille.
Elle n’allume pas pour protéger ses yeux
De l’éblouissement. Au dehors le soleil
Affûte avec ardeur ses premiers rayons bleus

Avant de se lever, car il a décidé
Que pour lui aujourd’hui serait un jour de gloire.
Mais c’est encor trop tôt. Cinq heure(s) à vue de nez !
Il n’est pas encor temps de fêter sa victoire.

Il fait même un peu frais et Magali remet
Sur ses épaules nues sa couette de coton.
Elle a dû s’agiter : son drap est chiffonné,
Froissé par le chagrin. Des rêves à la con ?

Elle a tout oublié; elle veut oublier ;
Oublier qu’elle est seule au milieu de son lit.
Mais son grand regard bleu se met à larmoyer :
Est-il vrai qu’il existe un mot nommé « oubli » ?

Les pleurs ne sont pas loin quand Magali tressaille :
Un petit corps bien chaud vient de se faufiler
Entre jambes et drap. C’est son chat qui l’assaille
Avec moults câlins pour la réconforter.

Il s’est glissé tout doux jusqu’au creux de l’épaule ;
Son petit crâne rond posé contre sa joue,
Il la lèche en ronflant. Adorable bestiole
Qui n’a que son amour pour effacer sa moue !

Sourire revenu, émue par sa tendresse,
Elle le pousse un peu tant sa langue est râpeuse ;
Lové contre le coeur si chaud de sa maîtresse,
Il ronronne si fort que peu à peu son stress

Se fait moins angoissant. Et bientôt elle rit
Quand sa moustache aiguë en vibrant la chatouille.
Lors, passant son index sur le pelage gris
De son ventre soyeux, Magali le grattouille.

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Sonnet illustré par un tableau de :

Jean-Claude Quinette
www.jc-quinette.com

Demain j’irai porter un bouquet sur ta tombe.
Novembre est vraiment doux, et les dahlias abondent
Tout au fond du jardin tels des petits soleils.
Dans le vieux cimetière endormi, tu sommeilles.

Le ciel est embrumé, la lumière fanée
Par un voile laiteux. Le marbre se défait
Sous le temps qui s’écoule et la pluie de l’automne,
Mais il va chatoyer sous les corolles jaunes

Que je vais y poser comme un signe d’amour.
Sur la cime d’un if un pigeon s’est perché,
Roucoulant doucement, trop dodu et trop lourd

Pour la pointe effilée joliment incurvée.
C’est ainsi que la vie doit sourire, toujours ;
Et malgré le chagrin, l’on doit continuer…

 

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Poème illustré par un tableau de :

Joseph Hurard
(1887-1956)

On a l’âme qui chante et l’on se sent si bien
Que tout est transformé : le monde est enchanté ;
La terre fatiguée semble réinventée
Et comme rajeunie. Le printemps qui revient

Sème au bord des chemins les milliers de fleurettes
Conçues par le soleil. L’hiver a trépassé ;
La lande desséchée est tout éclaboussée
De boutons d’or bien drus, de frêles pâquerettes.

La garrigue se hâte de faire le plein
De vert et de fraîcheur pour un été très dur
Le ciel est mordoré et le soleil  bien mûr
Posé comme un fruit d’or sur la cime d’un pin.

La chanson du printemps vole sur les collines,
Une chanson d’amour faite pour les oiseaux,
Pour les jardins en fleurs et pour les damoiseaux
Dont le coeur en souffrance explose et dodeline

A force d’aimer trop. Chanson irrésistible
Qui court à travers champs portée par le beau temps !
La sève est comme folle : elle monte et s’épand
Dans toute la nature en onde irrépressible.

 

 

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Poème illustré par un tableau de :

André Blavier
www.andreblavier.be

Il n’y a plus d’ailleurs. L’horizon est bouché
Par un grand pan de brume, et les arbres tronqués
Ne sont plus que des traits gris et fantomatiques ;
Nous sommes enfermés par le mur chlorotique

D’un brouillard étouffant qui nous rend claustrophobes.
On est comme encerclés ; le monde se dérobe,
Mangé par un rideau d’air opaque et glacé.
Nous voici isolés et tout claquemurés,

Privés de vue, de ciel, de lumière… Oh ! ce gris
Uniforme et poisseux, et qui a affadi
Les couleurs tape-à-l’oeil et crues de la Provence
Soudain débarrassée de toutes ses outrances !

On est sous un couvercle et l’on respire mal.
Le soleil n’est plus là, et le monde est si pâle
Qu’on oublie qu’il put être un jour enluminé.
Un microcosme éteint, lugubre et confiné…

Si cela continue, on n’y verra plus rien !
Le brouillard couvre tout, et le fond du jardin
A même disparu, magiquement gommé.
L’empire de la brume est le monde des fées…

 

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Poème illustré par un tableau de :

Vincent Van Gogh
(1853-1890)

Le soleil triomphant épandu sur la plaine
Dénudée par l’été s’y déverse en torrents
Jaillis droit de l’Enfer. Pas un souffle de vent
Pour adoucir un peu la torpeur africaine

Qui a franchi la mer en émanant du Sud.
La Provence est prostrée. Il y a bien longtemps
Qu’elle n’avait subi au mois d’août un tel temps,
Aride et meurtrier, qui peu à peu dénude

A force de chaleur les arbres assoiffés,
Torturés jusqu’au coeur par ce manque de pluie
Qu’on n’a jamais connu, même dans le Midi.
La forêt racornie sous le ciel asphyxié

Est si séche et si nue qu’elle peut s’enflammer
En un infime instant. Un seul miroitement
Sur un simple tesson, et c’est l’embrasement !
Il faudrait un orage ! On ne peut qu’espérer…

Mais le soleil flamboie, et inlassablement
Il fait pleuvoir sur nous un magma de lumière.
La garrigue asséchée, tout hérissée de pierres
Comme un grand désert gris, attend en suffoquant. .

 

 

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Poème illustré par un tableau de :

Hélène Gastin-Mozo
www.galerie-com.com

Nous avons ressorti du fin-fond des placards
Les shorts, les débardeurs, les vêtements légers.
Même si, d’ici peu, l’on va tant transpirer
Qu’on va pas mal râler, on grognera plus tard !

Pour l’instant jouissons de l’été revenu
Et ne prenons plaisir qu’à tous ses avantages.
Hâtons-nous d’oublier les terribles orages
D’un printemps désastreux où il a bien trop plu.

C’est vrai que le temps change et qu’on ne sait plus trop
A quels saints se vouer ! Un hiver printanier,
Un printemps gadouilleux… Seul notre bel été,
Invariablement, reste sec et bien chaud

Sauf quand juillet parfois joue à l’inconséquent,
Faisant râler les gens bien que notre Provence
Soit toujours plus gâtée qu’ailleurs partout en France :
Son ciel est lumineux, même taché d’argent ;

Ce cher bon vieux soleil ne pourrait délaisser
Ses terres du Midi ! L’été est par chez nous
Sans cesse épanoui. Parfois trop même au goût
De certains ronchonneurs toujours prêts à pester !

Alors, soyons heureux et prenons le meilleur !
Profitons de l’instant, des beaux jours qui renaissent,
Des jardins qui chatoient. Tout sent bon l’allégresse
Et l’été fait sonner sa fanfare en nos coeurs.

 

 

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David n’en revient pas : le Prado est bloqué
Du haut jusques en bas ! Tout un flot d’excités,
Drapeau rouge à la main, déferlent dans la rue
Et l’on est sidérés : jamais l’on n’avait vu

Autant de Marseillais assemblés sur la plage !
Et pas pour se baigner, comme c’en est l’usage,
Mais pour venir ouïr le discours enflammé
D’un homme de Paris qui les a subjugués.

Il rugit et il jure, il éructe et il tonne,
Prédisant le beau temps après tous ces automnes
Où la France a fléchi sous le poids de ses dettes ;
Il leur promet à tous d’être un vrai trouble-fête

Et un vrai justicier. Tout le monde est ravi,
D’autant plus qu’on sait bien, comme on le dit ici,
Que promesse engagée ne mange pas de pain.
On hurle donc de joie, acclamant le tribun

Qui se voit arrivé au sommet de sa gloire
Et croit sans en démordre en sa proche victoire…
Puis la foule enchantée repart de bonne humeur :
Ce fut un bon moment qui réchauffa les coeurs,

Même si l’on sait bien que c’est vraiment facile
De promettre et promettre… Et peu à peu la ville
Retrouve son train-train, avec tous les soucis
Troublant son quotidien et émaillant sa vie.

 

 

 

 

 

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Poème illustré par un tableau de :

Lionel Wibault, dit Wibo
www.wibault.org

Des dents de scie aiguës découpent le ciel bleu,
Aussi bleu que la mer, tout là-bas à Marseille ;
Et c’est le même azur, c’est le même soleil
Qui baignent leur rivage et nos rias en creux.

Nous avons même accent que partout en Provence :
Chantant et lumineux ; même s’il est plus dur
De vivre par chez nous ; même s’il se murmure
Quelquefois, plus au Sud, qu’il y a des nuances

Qui nous différencient des autres Provençaux.
La Nature est cruelle en nos rudes montagnes :
Devrions-nous envier le pays de Cocagne
Des autres, tout en bas ? Nous, les pauvres  « gavots »,

Comme on le dit à Aix, tout en faisant la moue…
Et pourtant dès qu’il tombe ici deux, trois flocons,
Ils oublient leur mépris ; et en baissant le ton,
Ils empoignent leurs skis et se ruent tous chez nous.

Nous sommes grands seigneurs et nous les acceptons
Sur les bords de l’Ubaye ! La montagne est si grande
Que nous aimons l’offrir à qui nous la quémande…
D’autant qu’ils sont cousus de moults picaillons !

 

 

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