Archive de l'auteur
Publié par Vette dans Marseille

J’étais à Saint-Joseph quand soudain, interdit,
J’ai vu sur la colline un Bouddah tout doré
Tout près d’une pagode au toit rouge effilé !
Quartier de la Savine, un Bouddah… inédit !
Il surplombe la route et vous attend serein :
Son beau visage rond n’est que béatitude ;
Et autour dans le parc une douce quiétude,
Toute tranquillité, vous gagne et vous étreint.
Partout disséminées, des statues du Bouddah
Jalonnent le jardin, contant sa destinée ;
Derrière la pagod(e), mollement allongée,
Une statue couchée invite au nirvana.
*Poème offert au moine Tich Tien Dinh
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Publié par Vette dans Contes

Poème inspiré par :
Andrews Esao
www.esao.net
La fée Lilou part en voyage
Dans un bien curieux équipage
Vers les confins du Lubéron.
Sa magie ne tourne plus rond,
Elle a besoin de se refaire
Une santé après l’hiver !
Elle a pris deux grosses valises,
Dont l’une est emplie de cerises,
En cas de soif ! Et la seconde
D’essence et d’un moteur qui gronde
Pour l’emporter loin, vers Bonnieux.
Car Lilou n’a pas froid aux yeux
Et elle est vraiment prête à tout
Pour oublier qu’elle est à bout !
Dans sa malle elle a mis ses chats,
Ses perruches, son chihuahua,
Dix-huit chapeaux, son canapé
Et ses vidéos préférées.
Puis elle a largué les amarres
Pour que le mistral fou s’empare
De sa nef tarabiscotée.
Et Lilou s’est laissée aller
Pour son mirobolant voyage,
Flottant au fil bleu des nuages…
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Poème illustré par :
Lionel Spani
www.lionel-spani.com
Haut les coeurs, mes amis ! Oui, le printemps est là :
Le soleil requinqué s’en vient sonner le glas
De tous ces jours si gris et mornes de l’hiver ;
On a le coeur en liesse et la tête à l’envers !
A Salon* les terrasses sont prises d’assaut :
On veut en profiter ! Cours Gimon, les badauds
Hument à pleins poumons l’air tiède et presque pur
De la rue bourdonnante, oubliant leur voiture
Qui gît abandonnée aux tréfonds de la ville.
On ralentit son pas, on a le coeur futile
Et l’on se sourit tous, l’âme un peu en goguette ;
La cité s’est parée de sa tenue de fête,
Les parterres de fleurs sont tout neufs ; et le vent
Délicat et léger les caresse en valsant,
Tout en faisant ployer avec grâce le stipe
Un peu raide pourtant des premières tulipes.
Place des Centuries l’on bade, l’on paresse
En prenant le soleil : tout va bien, rien ne presse !
Au-dessus, l’Empéri dresse ses murs austères ;
Même le vieux château ruisselle de lumière !
*Poème offert à Salon
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C’est à Venasque*au mois de mai
Qu’a lieu la fête des cerises ;
Car le Vaucluse est un verger
Où les jolies sphères exquises
Ponctuent de sang les arbres verts.
C’est « La Fête du diamant rouge »,
Ce petit globe où la lumière
Etincelle, chatoie et bouge
Sous le soleil qui le polit.
Venasque écarlate rutile
Par la vertu de tous ces fruits
Qui tachent de pourpre la ville.
Ils sont plus de cent à vanter
Leur chair sucrée, leur goût craquant ;
Et les rues tout ensoleillées
Bruissent du chant de leur accent
*Poème dédié à la ville de Venasque
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Poème illustré par :
Pierre Roudier
C’est un torrent fougueux tout hérissé de glace
Dont on a oublié qu’un jour il fut de l’eau.
Raidi et pétrifié sous une carapace
Dure comme l’acier, il chute de là-haut,
Dégringolant à pic en mille pendeloques
Sur les rochers tordus où il court en été…
Puis un beau jour de mars apparaissent des cloques
Sur l’eau fossilisée complètement gelée ;
Il fait un peu moins froid. Peut-être le printemps,
Se réveillant enfin après des mois d’attente ?
Des gouttelettes sourdent du roc noir et blanc,
Et bientôt un filet d’eau claire et bondissante
Bondit furieusement de rocher en rocher.
C’est d’abord un glouglou, puis le rugissement
De l’eau débarrassée de sa gangue glacée.
Le torrent délivré fait entendre son chant.
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Poème illustré par :
Dubois-Gérard
www.dubois-gerard.com
Il fait chaud, bien trop chaud ! Pour un peu l’on expire !
On ne voudrait que boire… en ne sachant trop quoi !
Quelque chose de frais, de même vraiment froid
Qui flatte votre goût, vous grise et vous chavire.
Mais soyez circonspect : l’alcool et la chaleur
Ne font pas bon ménag(e) ! Soyez donc raisonnable
Et n’improvisez pas un mélange improbable
Qui ajoute l’ivresse honteuse à la torpeur !
Prenez un gros citron tout gorgé de lumière
Et pressez en le jus sans perdre un seul instant :
Un jus acide et frais, vous cisaillant les dents,
Qui vous fait frissonner de sa saveur amère.
Ajoutez-y de l’eau, puis touillez bien le tout ;
Et ensuite du sucre, en poudre pour qu’il fonde.
Oh ! Mon dieu que c’est bon… La jouissance inonde
Votre estomac ravi ; vous êtes presque saoûl !
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Un brave homme d’antan, Eloi le charretier,
Grommelait chaque fois qu’il devait emprunter
Un chemin caillouteux au-dessus de Vachères* :
Ca le faisait pester, tout comme ses confrères
Qui y devaient passer. Surtout ce coin maudit
En haut de la colline ! Ils ne le franchissaient
Qu’après cris et jurons : la maudite anicroche,
C’était l’affleurement d’une satanée roche !
Un jour les charretiers enfin se décidèrent
A la déraciner ! Aussitôt ils creusèrent,
S’échinant et soufflant comme taureaux en rût…
Puis ils restèrent cois, croyant avoir trop bu :
Voici qu’apparaissait une tête de pierre,
Puis un homme en entier, couché face à la terre !
De l’époque d’Auguste ! Un beau soldat romain
Tout armé, réaliste, auquel ne manquait rien
Qu’un minuscule bout de son nez vénérable !
Un bel homme, ma foi ! A l’air grave et aimable,
Un vrai Celto-Ligure, au collier bien gaulois,
Un peu échevelé ! Ainsi que notre Eloi,
Ebahi, bouche bée comme ses compagnons…
Et la statue s’en fut au musée d’Avignon !
*Poème dédié au village de Vachères
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Poème illustré par :
Léon Tombu
(1866-1958)
Sur l’étagère en haut de la bibliothèque,
Dans un cadre doré, une grande photo
Qui met une lueur sur la planche de teck :
Eternellement jeune, éternellement beau,
C’est un adolescent au sourire éclatant
Qui est fort élégant, mais pas mal démodé
Dans son costume noir de premier communiant.
La malice adoucit son allure guindée
Si peu habituelle ; il semble se moquer.
La vieille Magali l’époussette souvent
D’un geste maladroit, le regard embué ;
Pourtant ça s’est passé il y a cinquante ans…
Il y a si longtemps ! Et elle est si âgée
Qu’elle ne peut marcher qu’à minuscules pas.
Mais cela ne fait rien, rien ne peut l’empècher
De l’aller voir là-bas. Elle se forcera
A sortir dans le froid et malgré le mistral !
La photo lui sourit. Il y a si longtemps…
C’était son tout-petit. Il s’appelait Martial :
Un nom lourd à porter pour un si jeune enfant…
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Publié par Vette dans Zooland

A Gonfaron dans la forêt
Vit un très vieux célibataire*.
Il a trouvé une moitié
Et lui ferait bien son affaire
Car ce bestiau est une brute
Et un barbare antipathique :
Bien qu’il soit en forme de luth,
Il n’est vraiment pas romantique !
Il a décidé qu’il l’aurait
Et il l’aura : c’est le plus fort !
Comme elle n’est pas très branchée,
C’est donc aux pattes qu’il la mord
En flanquant à la demoiselle
De furieux coups de carapace ;
Il la coince sous des genêts
Et elle doit demander grâce
Car elle est groggy, c’est l’enfer !
Mais il faut bien payer le prix
Pour pouvoir un jour être mère…
Et lui qui pousse de hauts cris !!!
Une vraie brute, je vous dis !
*Ce poème est « zoologiquement » véridique !
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Publié par Vette dans Printemps

Poème illustré par :
Elisabeth Fourcade
www.elisabeth-fourcade.net
Printemps, l’on t’aime et l’on voudrait
Te le chanter avec nos mots,
Des mots qu’on aurait inventés
Pour mieux te louer ! Des mots faux
Qu’on ne trouve en aucun lexique !
Des mots d’aujourd’hui et d’antan,
Des mots tout emplis de musique
Et s’envolant au fil du vent.
Tu es la saison de cocagne,
Si frais, si vert et gouleyant !
Tel une coupe de champagne,
Tu chasses les miasmes du temps,
Du temps d’hiver et d’infortune.
Tu clignes de l’oeil et séduis,
Sous les caresses de la Lune,
Tous les amoureux du Midi.
Printemps venu d’on ne sait où,
Tout frissonnant et frémissant,
Tu tournes la tête, et rends fou
Les baladins et les amants…
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Les jours sont vraiment courts ; le soleil est très bas,
Posé sur l’horizon comme une balle rouge,
Et décembre est très long qui va cahin-caha.
Oh ! Revienne la vie qui flamboie et qui bouge !
Le fond de l’air est gris, et Vernègues qui dort
Se morfond dans le froid un peu mou de l’hiver.
On s’ennuie, on somnole ; il faut attendre encore
Des jours et puis des jours pour que deviennent verts
Les champs tout hérissés de chaumes desséchés.
Le village ruiné posé sur la colline
Egratigne le ciel de ses sinistres traits,
Et les hameaux trop neufs n’ont pas très bonne mine
Sous les nuages bas salissant l’horizon.
Vernègues se calfeutre : on n’a pas l’habitude !
Le temps est infini, les jours tournent en rond,
Et du village sourd une morne hébétude.
Poème dédié au village de Vernègues
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Poème illustré par :
Octavio Ocampo
www.kakushin.unblog.fr
Oh ! Mon ami, mon bel amour,
Nous appartenons au passé
Et nos vieux corps sont tout usés
Qui n’ont pas pu dire : « Toujours ! »
Mes cheveux gris, tes cheveux blancs
Sont tout tressés de souvenirs.
On n’a presque plus d’avenir.
Où sont donc nos projets d’antan ?
Mais ta vieille main si ridée
Est toujours au creux de la mienne
Et il faut que l’on se souvienne
Qu’on n’a jamais été lassés
Par les fêlures de la vie,
Cette vie déroulée ensemble :
Une douce vie, il me semble,
A nous être beaucoup souri,
A pleurer et à nous aimer,
A nous supporter tendrement.
Oh ! Mon ami, mon vieil amant,
Nous ne nous quitterons jamais.
Lis cette lettre, mon très cher,
Juste avant de fermer tes yeux.
Attends-moi là-haut, dans nos cieux,
Tendre lueur dans la lumière…
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Poème illustré par :
Patrice Skrabal
www.art-pistache.com
A Callian* les ruelles montent en spirale
Vers un très beau château qui possède deux tours
Dont celle de l’Horloge, loin d’être banale ;
Je m’en vais vous conter quel est le bruit qui court :
A sa base une porte au linteau décoré
D’une extraordinaire tête de cochon.
Son groin est rutilant, poli par des milliers
De mains qui l’ont frotté depuis moultes saisons,
Car la légende dit que quiconque l’astique
Fait le plein de bonheur pendant toute une année.
Il est curieux de voir comme chacun le brique,
Crédule tout au fond, mais avec l’air blasé !
Or il y a quelqu’un que cela fit bien rire :
C’est soeur Emmanuell(e) qui termina ses jours
Dans le joli village en forme de sourire.
Son âme y flotte encor, toute grâce et amour.
*Poème dédié à Callian et…Soeur Emmanuelle
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Publié par Vette dans A la maison

Poème illustré par une oeuvre de :
Christie Bolduc
www.christiebolduc.skyrock.com
Il s’appelle Virgile et vit dans mon jardin,
Pendu au cerisier afin d’en mieux chasser
Tous ces fichus oiseaux. Mais mes efforts sont vains !
Ils ne se lassent pas de piquer, grignoter
Mes cerises percées de mille petits trous !
Dans un grand tourbillon sans cesse ils font ripaille ;
Quand au brave Virgile, on dirait qu’il s’en fout
Et se moque de moi dans sa barbe de paille !
Et puis j’ai tout compris : il est bien trop sympa
Avec sa bonne bouille et son air goguenard.
Les oiseaux insouciants n’en font donc aucun cas,
Ils picorent en paix et ils se font du lard !
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Publié par Vette dans Marseille

Poème illustré par :
Vincent Honnoré
http://honnore.peintre.free.fr
Il y a vingt-cinq ans, en découvrant Marseille,
Martin l’a détestée car tout y était … « trop » !
Trop de vent, trop de bruit et bien trop de soleil,
Trop de cris, de rumeurs … Oui ! Tout lui semblait faux,
Sans aucune mesure et trop exagéré !
Tout paraissait partout multiplié par mille !
Grande gueule et vulgair(e), rebelle et distinguée !
L’outrance et la fureur : la folie faite ville !
Et puis il a aimé ce cosmopolitisme,
Ces gens si différents et cette mixité,
Ce côté pas très clair frôlant le banditisme ;
Les couleurs de la mer, le chahut, la gaieté,
Les maisons entassées en ruelles-grimpettes,
Les places de province endormies au soleil,
Et ce grand brouhaha à en perdre la tête :
Ce bleu, ce noir, ce blanc, cet ocre et ce vermeil …
Il a été conquis par cette agitation
Grouillant sur les quais bleus de la mer infinie.
Une ville construite en points d’exclamation !
Il s’est abandonné car il était séduit…
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