Archives de l’auteur : Vette de Fonclare

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.

La maison du bonheur

On l’appelle à Lançon : «  La maison du bonheur ».
Surplombant le village, elle est ensoleillée
A longueur de journée, et, à peine éveillée,
Papillote au soleil. Pour tous les promeneurs,

C’est vraiment merveilleux de voir sur la colline
Cette jolie bastide aux volets grand ouverts
Comme de larges yeux sur un jardin tout vert,
Où des cyprès pointus doucement dodelinent

Dès que bruisse le vent quand il souffle plus fort.
Son crépi est ocré, comme on l’aime en Provence.
Une affable maison, sans excès ni outrance,
Où l’on aimerait vivre et encor et encor…

Sur un vieux rocking-chair, il y a le grand-père
Qui marmonne sans cesse en prenant le soleil.
Il a le teint rougeaud et un gros nez vermeil
Car c’est un vieil ivrogne.Et la famille espère

Qu’il s’en ira bientôt… sans laisser son magot
A son fils préféré en lésant tous les autres !
La grand’mère confite en moultes patenôtres
Aime mieux son cadet, qui est un vrai nigaud !

La jolie maison bruit d’innombrables disputes.
Tout le monde se hait, même les deux vieux chiens…
Bagarres inouïes entre le vieux Lucien
Et sa bru dont il dit qu’elle est une vraie pute ;

Sans compter les enfants, trois horribles marmots…
La jolie maison ocre héberge un triste monde,
Mais cache son secret à des lieues à la ronde,
Soupirant sous son toit, ne disant jamais mot,

Car c’est vrai que les mas en Provence ont une âme !
La maison du bonheur ressent avec chagrin
La hideur et l’horreur de ce qu’elle contient ;
Et son ressentiment engendrera un drame

Quand un jour, excédée, elle s’écroulera
Sur ces piètres humains dont l’abjecte bassesse,
Les cris et les jurons la perturbent sans cesse.
Dans les infos du jour alors on parlera

D’un affreux accident dû à la vétusté…
La maison du bonheur n’est plus qu’un tas de ruines
Où poussent trèfle et thym, là-haut sur la colline.
Seuls les chiens survivants se sont carapatés…

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Cher Amour…

Ta peau caramélée a le goût d’un bonbon.
J’aime y passer la langue. Et sa saveur exquise,
Son odeur de soleil, son velouté me grisent
Presque instantanément ! Oh, c’est tellement bon

De sentir sous ma main tes formes toutes rondes !
Archétype parfait de la féminité,
Tu me fais délirer, et ta pure beauté
M’emportent à coup sûr en un tout autre monde.

J’aime tant caresser tes petits seins dressés,
Tes hanches arrondies comme une belle amphore…
Et ce lai où je chante à quel point je t’adore,
Je ne pensais jamais pouvoir te l’adresser.

J’aime bien déposer au creux de ton épaule
De délicats baisers, comme des papillons ;
En soudain ressentir une énorme émotion…
Oh, j’aime tant t’aimer, te rendre presque folle,

Caresser doucement l’arrondi de ton cou,
En goûter la tiédeur, celle d’un cou de cygne ;
Laisser gonfler en moi les indéniables signes
De ce désir violent qui monte à tous les coups…

Quand tu seras bien vieille, usée et cabossée
Par une longue vie, dis, t’aimerai-je encor ?
Pourrai-je dessiner les lignes de ton corps
De mes vieux doigts tremblants ? Mon âme est angoissée

A l’idée de te perdre et d’être trop lié
A ta simple beauté, à ton aspect physique.
Je veux que mon amour pour toi demeure unique..
Oh, Temps, n’efface point ces jours inoubliés !

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Le dôme bleu

Le ciel est comme un dôme, un dôme bleu qui pèse
Lourdement sur Marseille étouffé par l’été ;
Un ciel que les gabians, de leur vol ouaté,
Strient à grands coups d’aile. Un gros soleil obèse

Darde ses longs rayons sur le port accablé.
L’on a chaud, bien trop chaud. Des filles presque nues
Attendent patiemment la fraîcheur bienvenue
Qui devrait apaiser leur teint caramélé

En fin d’après-midi. Allongées sur la plage
Tout comme des statues, elles dorent en choeur
Sans souci pour leur peau. Et le soleil vainqueur,
Fignolant en sournois leur pernicieux bronzage,

Y sème patiemment des graines de cancer.
Mais juillet est brûlant ; et tout au bord de l’eau
Nul ne pourrait sentir à quel point il fait chaud.
Seul paraît bien vivant l’immuable concert

Des cigales crissant dans la cité éteinte.
Le ciel est comme un dôme, et son bleu outremer
Pèse massivement sur la Terre et la Mer
Imbriquées l’une en l’autre en une immense étreinte…

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L’hiver s’en est allé…

Poème illustré par un tableau de :
Yves Lallemand

L’hiver s’en est allé, emportant ses guenilles
De froidure et de vent dans l’hémisphère sud.
Mais il y a encor, là-haut sur les paluds,
Une couche de glace argentée qui craquille

Dès qu’on y met le pied… L’on va souffler un peu,
Ne plus craindre au matin cette maudite bise
Qui vous tombe dessus et qui vous brutalise
A gifles que veux-tu ! Un grand sauve-qui-peut

Fait déguerpir le gel et la neige et la glace
En un monde inconnu. Et le nouveau printemps,
Fraîchement émoulu de l’Ecole du Temps,
S’en vient à petits pas, mais avec tant de grâce

Qu’il pousse les oiseaux à sortir de leur nid.
L’hiver s’en est allé, emportant ses caprices
Tellement déplaisants : n’est-il donc que malice ?
Nous respirons enfin et c’en est bien fini

De ce grelottement des pieds jusqu’à la tête,
De ce recul tremblant, peureux, si nous passons
Le nez à l’extérieur ; et de ces grands frissons
Dès que nous regardons de près le thermomètre…

Le temps est guilleret et l’air doux à souhait,
Juste comme il le faut. L’euphorie printanière
Aiguillonne les gens, chacun à sa manière !
Moi, je t’aime encor plus, comme tu le voulais…

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Meeting


Poème inspiré il y a cinq minutes par le meeting de Jean-Luc Mélenchon. Un simple tableau, pas forcément prosélyte !!!

La Méditerranée dodeline et soupire
Car la plage est bien vide : où sont-ils tous partis ?
Il fait pourtant bien chaud et le soleil rôtit
Le sable incandescent où le soleil se mire…

Du côté du Vieux Port, on entend de grands cris,
Des hourra ! des chansons. Marseille semble en fête,
Et la ville excitée vocifère à tue-tête
Sous le vaste ciel bleu qui scintille et qui rit.

Debout sur un podium au milieu de la foule,
Un homme tonitrue en agitant les bras
Face à la Canebière. Et, du haut jusqu’en bas,
Oscillant en tanguant comme une grande houle,

Le public applaudit le tribun en hurlant.
L’homme, dos à la mer, salue les drapeaux rouges ;
Et, agitant les bras, sa grande ombre qui bouge
Se détach(e) sur le bleu où moutonne du blanc…

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Renoncer ?

Pourquoi donc s’acharner et lutter ? Impossible…
Peut-on rivaliser avec des souvenirs
Bien trop enjolivés? Comment un avenir
Pourrait-il s’ébaucher de manière crédible

Avec tout ce passé continûment présent ?
Car l’Autre est toujours là, sans arrêt, et son ombre
Fait partie de leur vie. Il est là, Il encombre
Leur commune existence ; Il pèse en écrasant

Celui qui n’en peut mais, et ne peut se défendre ;
Car comment affronter l’idéale chimère
Que l’absence embellit, qui n’est plus que lumière ?
Dont les imperfections ne font que se distendre

Au fil du temps qui passe ? Illusoire pari…
L’Absent qui est parti vers l’Indéfinissable
Est toujours bien réel, en homme ineffaçable
Qui ne saurait jamais basculer dans l’oubli.

Pourquoi se cramponner, espérer l’impossible ?
Jean pourrait se résoudre au rôle de second,
Et n’être qu’un ersatz, face à la perfection !
Statut trop douloureux pour un être sensible…

Il faudrait renoncer, admettre que le Mort
Fut l’homme de sa vie et pour Eve l’unique.
Mais son attachement tellement pathétique
Le pousse à s’accrocher, et encor, et encor…

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Veux-tu venir, ami…

Veux-tu venir, ami ? Tu le vois, je t’invite
En un pays béni tout fleuri de cigales,
De soleil, de beau temps… Une terre idéale
Où il fait si bon vivre. Et que l’hiver évite

Car il s’y sent perdu, vraiment désemparé
Par la douceur ambiante et l’énorme lumière
Qui gicle de l’espace et prépare la terre
A couver en son sein un monde chamarré

Eclosant bien plus tôt qu’ailleurs partout en France.
Pays des doux printemps et fief des chauds étés :
Je t’y mène avec moi. Tu y seras fêté
Comme tous les amis qui viennent en Provence.

Tu sembles fatigué ? Viens, nous allons monter
Tout en suivant l’Ubaye jusqu’à Barcelonnette.
Nous sommes au printemps, la montagne est en fête,
Le Cimet s’est mué en un monde enchanté

Où glougloutent en cœur des cascades d’eau vive.
Respire : l’air est vif mais sent bon le soleil !
La montagne renaît après un long sommeil
Et bourdonne de vie, s’arrachant à ces rives

Froides et désolées qui enclosent l’hiver.
Un tichodrome* chante… Et la brise qui danse
Fait valser les nuées au creux du ciel immense.
Les mélèzes tout nus sont festonnés d’un vert

Qu’on aimerait goûter… C’est à pleines goulées
Qu’on boit le vent qui tourne et vire autour de nous.
L’on savoure, on est bien. Remercions à genoux
Cette marche du Temps toujours renouvelée…

* Charmant petit oiseau montagnard

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Un jardin en automne

L’automne qui s’en vient détricote l’été,
Eliminant tout doux cet excès de lumière
Dont on a abusé jusqu’à la satiété.
Une odeur d’herbe sèche émane de la terre…

Auréolé de roux sous le ciel bleu marine,
C’est un petit jardin, l’air un peu fatigué.
L’étang s’y est paré de reflets tourmaline
Ondoyant sous le vent, et parfois zigzagués

Par des rais lumineux arrachés au soleil
Qui semble à chaque instant toujours un peu plus terne.
Les vieux rosiers fanés plongent dans le sommeil,
Ce long sommeil d’hiver qui va les mettre en berne,

Et leur tige épineuse a la sinistre teinte
Du bois quand il est mort. Il ne fait pas bien chaud.
Le jardinet ressemble à une toile peinte
Par un homme encagé tout au fond d’un cachot

Tant il est moche et gris, sans aucun chatoiement.
Des rameaux desséchés s’inclinent vers la terre
Où des fleurs avachies pendouillent tristement.
Le mois d’août en partant a éteint la lumière…

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La maison-fée

Il est une maison au flanc de la colline,
Qui vacille et frémit dès que gémit le vent ;
Et comme près des Baux il souffle bien souvent,
L’on dirait qu’elle vibre et qu’elle dodeline

Au moindre frisson d’air un petit peu violent.
Y habitent, dit-on, de vieilles âmes mortes,
Des sylphes, des lutins ou des djinns, peu importe !
Mais qui ose y entrer y ressent un violent

Sentiment d’anxiété. Car la maison est fée :
Charmant ses visiteurs, elle les engloutit
Au sein d’un rêve fou, dans un monde interdit
Où la réalité se fait et se défait

Sous chacun de leurs pas. Errant de pièce en pièce
Au fil de longs couloirs, ils oublient ce qu’ils sont,
Semblent ensorcelés, attirés par le son
D’une étrange chanson qui pleure et qui les blesse,

Arrachant quelquefois du fin-fond de leur cœur
Des sentiments perdus et des réminiscences
De rêves enfouis. Sorte de jouissance
Qu’ils voudraient retenir même s’ils en ont peur !

Une belle maison. La colline gravie,
L’on y entre aussitôt, ne pouvant résister,
Et même si l’on sait qu’on va y aposter,
Chaque fois qu’on y va, un danger pour sa vie !

Attirante maison. Hypnotique. Toujours.
Vacillant dans le vent et semblant immortelle.
Ses murs sont en papier, mais elle est éternelle.
Nul ne pourrait l’abattre. On l’appelle : « l’Amour ».

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Pourrais-je vivre ailleurs…

Pourrais-je vivre ailleurs ? Je ne le pense pas !
Il y a si longtemps que je vis en Provence :
La douceur de son ciel, le mistral, son outrance…
En ce futur fragile où ma vie pas à pas

S’en va se rabougrir, je resterai ici.
L’air y est délicieux ; nulle part la lumière
N’y est aussi dorée, ni si bleue, ni si claire.
Ce pays du soleil est ores mon pays…

Et pourtant j’ai passé mes premières années
En Lorraine où vivaient mes parents, les amis
De ma prime jeunesse. Un passé endormi
Depuis la nuit des temps… Mais je suis en apnée

Dès que je ne peux plus respirer cet air bleu,
Même s’il prête vie à l’énorme violence
Du mistral déchaîné quand il mène sa danse
Au-dessus du Midi. Qui en serait heureux ?

Mais ce n’est point assez pour lors en décamper !
Plus que les Provençaux, je suis dithyrambique…
Oyez donc, mes amis, oyez la vieille bique
Chantant de tout son coeur, avec un grand respect,

Son amour passionné et inconditionnel
Pour cette terre d’or, de lumière et de miel…

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Jour d’orage

La montagne flamboie. Le temps est à l’orage,
Et sur les hauts sommets un voile de vapeur
Flotte tel un rideau. Serait-ce point la peur
Qui m’oppresse  si fort ? Il y a un mirage

Au-dessus de l’Ubaye, qui irise ses eaux
D’un halo de couleurs. Et cette onde si fraîche
Dévalant de là-haut dicte à ma bouche sèche
Un désir de sorbet… Plus aucun chant d’oiseaux :

L’orage est imminent, et c’est sûr qu’ils se cachent
Avant que ne fulgure un tout premier éclair.
Là-bas, vers Entrevaux, le ciel est encor clair,
Mais avec à l’Ouest une traînée qui tache

Son bleu couleur d’été d’un long dégueulis roux.
La montagne se tait et le ciel lourd suffoque ;
Tout semble pétrifié, quand les nues se disloquent
En fragments lumineux. Brusquement, d’un seul coup !

Le ciel déverse enfin un déluge de pluie,
Cette pluie le gonflant depuis début juillet.
L’on respire bien mieux, et de l’humus mouillé
Suinte une fade odeur. La chaleur s’est enfuie…

La montagne rutile et brille sous le soleil.
On la dirait repeinte à grands coups de pinceau
D’émeraude et d’or frais ruisselant à pleins seaux.
L’astre-roi redéploie son gros disque vermeil.

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Langueur d’automne

Dodelinant tout doux, tout doux la balancelle
Tangue dans le jardin – jardin brun, jardin gris
Qu’une prime fraîcheur a brusquement surpris.
Un friselis de vent… Des feuilles s’amoncellent

Sur l’allée de gravier qu’on ne ratisse plus.
La balancelle va, s’en vient, revient encore,
Inlassablement mue par le vent. Et l’aurore
Nimbe d’un halo blanc le Cupidon joufflu

Qui s’ennuie dans un coin. Une feuille d’érable
S’est posée sur sa tête en lui cachant un œil :
Manque de courtoisie ! Plus loin, un écureuil
Se sachant à l’abri grignote sur la table

Les miettes moisies d’un très ancien repas.
L’été est terminé. Il n’y a plus personne.
Dans le jardin qui meurt, le silence résonne,
Et septembre en douceur transforme pas à pas

Sa quiétude tranquille en tristesse infinie.
La balancelle va, vient encor, et revient…
Posé sur la terrasse, un vase péruvien
Assourdit ses couleurs. La fête est bien finie…

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Va-t-on bientôt enfin…

Poème illustré par un tableau de :

Yves Lallemand

Va-t-on bientôt enfin éteindre le chauffage ?
Quitter ces gros manteaux, ces bonnets, ces lainages
Où l’on est engoncé des pieds jusques au cou ?
L’hiver n’est pas d’ici. L’on en souffre beaucoup,

Beaucoup plus que le Nord qui est habitué !
Chez nous, c’est un squatter ! Pour le destituer,
Nous devrions voter, afin que la Nature
Participe elle-même à sa déconfiture,

Effaçant pour toujours ce tyran irascible.
Mais ne nous leurrons pas, c’est un rêve impossible ;
Et malgré le futur changement du climat,
Il y aura toujours mauvais temps et frimas

Pour nous importuner et nous faire râler !
Mais l’on est presque au bout. L’hiver va s’en aller
Enquiquiner les gens là-bas vers l’Antarctique.
Le Temps continuera son mouvement cyclique

Pour nous faire oublier sa saison mortifère.
C’est ainsi que tout va. Il n’y a rien à faire !
Et très souvent le blanc fait contrepoids au noir
Pour que tout embarras se mâtine d’espoir…

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Un honnête homme

Poème illustré par un dessin de :
Honoré Daumier ( 1808-1879)

C’était un gars gentil. On lui aurait donné
Comme on le dit chez nous, l’bon Dieu sans confession.
Il ne mentait jamais, même par omission…
Un brave homme, vraiment, intègre, si ce n’est

Qu’il paraissait manquer de cran et d’assurance.
Mais il était honnête et semblait vraiment fait
Pour un destin public ; tous ses amis comptaient
Qu’il deviendrait bientôt… un bon maire en Provence.

L’homme avait des atouts. Il paraissait costaud,
Bien campé tous les jours au plus haut des sondages.
Admiré, adulé. L’on voyait son visage
Sur toutes les télés et dans tous les journaux…

Il prônait la vertu, était même un modèle
D’énergie, de courage et de ténacité.
L’on vantait sa morale et son honnêteté,
Tous les gens de son clan se juraient ses fidèles

Car il allait gagner, c’était sûr, c’était clair.
Il semblait maintenant avoir plus de hardiesse,
Entraînait avec lui moult coeurs tout en liesse…
Quand s’abattit sur lui un improbable éclair :

Un beau  jour, patatras, ce fut la catastrophe !
Un journal dévoila qu’il n’était qu’un voleur,
Qu’il avait usurpé et morale et valeurs,
Et que d’un honnête homme il n’avait pas l’étoffe.

Mais il était pugnace. Il fit donc ressortir
Que ses malversations n’était point illicites
Et que l’Opposition jouirait par la suite
De sa répudiation. Mieux valait donc mentir !

On réfléchit… un peu ! Puis l’on conclut très vite
Que la moralité n’était pas l’essentiel
Au plus haut de l’Etat ! Juste digne du Ciel…
C’est ainsi qu’on élut le Roi des Hypocrites.

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La Femme*

Reflection

Elle est frêle, elle est forte, et porte à bout de bras
Tout le poids de la Terre et de l’Humanité.
Bien plus faible que l’homme, elle doit supporter
La naissance et la mort et tous les aléas

De la vie alentour dont elle est le pivot,
Cette vie si risquée dont elle est le creuset
Et portée neuf longs mois pour être ciselée.
Elle est frêle, elle est forte et porte sur son dos

Tous le poids de ce monde et toutes ses souffrances,
Mais aussi l’avenir, la joie et l’espérance.
Elle occupe en volume une bien moindre place

Que son mâle absolu qui se croit son seigneur
Bien qu’il soit subjugué par son feu et sa grâce.
La femme est un titan : la force est en son coeur !

*Pour la Journée Internationale des Droits de la Femme

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