Archives de l’auteur : Vette de Fonclare

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.

Récital de poèmes

Le dimanche 10 décembre à 17h30, invitée par l’association franco-russe Datcha Kalina à Eguilles, je donnerai un Récital de mes poèmes- Contes fantastiques tous inspirés par ma chère Provence

Publié dans Questions ? | Laisser un commentaire

Emporte-moi, le Vent

Poème illustré par un tableau de :
Ivan Aïvazovski
(1817-1900)

Emporte-moi, le Vent, au delà de la ville,
Au fin fond du ciel bleu où volent les gabians
Se ruant vers les flots agités, criaillant
Tout comme le feraient de banals volatiles.

Emporte-moi, le Vent, au delà de Marseille,
Au-dessus de la mer avec les grands oiseaux
Discordants et rieurs qui plongent vers les flots
Tout tachetés d’or roux que l’été ensoleille.

Emporte-moi, le Vent, au delà de la côte,
Au delà de la France, au delà du Midi
Pour me dépayser. L’habitude affadit
Même les paradis, et donne la bougeotte

A quelques farfelus, bien qu’ils soient en Provence.
Emporte-moi, le Vent, peut-être vers l’Enfer,
Là où des rêves fous pourraient bien m’être offerts
Sans sitôt susciter malaise et méfiance.

Emporte-moi, le Vent, vers d’incroyables terres
Où les mois de l’été ne sont point trop brûlants,
Sans soif ni sécheresse. Où le temps se fait lent
Pour mieux sauvegarder certains jours salutaires

A la sérénité de mon âme, et transporte
Mon vieux corps ralenti par tant de temps passé,
Un temps qui m’affaiblit. Peut-être outrepassé ?
Emmène-moi, le Vent, au-delà de la Porte…

Publié dans Le début de l'été, Le soleil-lion, Marseille, Méditerranée, Zooland | Laisser un commentaire

L’arbre aux rêves

Un nuage s’est pris aux branches d’un vieil hêtre,
Et ça tombait très bien car l’arbre était tout nu,
Sans le moindre rameau. L’automne étant venu,
Il souffrait fort du froid, confus de ne plus être

Qu’un truc dégingandé, encor bien moins accorte
Depuis qu’un grand éclair l’avait coupé en deux.
Au milieu de sa plaine, il se sentait hideux
Avec ses bras griffus balafrant la nue morte

Vide de tout oiseau ou de toute autre vie.
Le nuage lui a redonné un feuillage
Aérien et mousseux. Et l’austère visage
De l’arbre dénudé que les autres envient

Est lors aussi plaisant que quand l’été s’achève.
Il est le plus gracieux à des lieues alentour
Avec son ombre d’or épandue tout autour.
Et le printemps venu, il en pleut de doux rêves.

Publié dans Automne, Contes | Laisser un commentaire

La maison éplorée

La maison comme hier est tout à fait la même :
Les meubles sont en place et je n’ai rien changé
A la décoration. Rien n’a vraiment bougé,
Et pourtant ce n’est plus du tout celle que j’aime!

Je ne peux plus rien voir avec les mêmes yeux.
Un écran singulier désormais s’interpose
Entre la vie et moi. Et tu en es la cause,
Toi qui t’en es allé là où tout est bien mieux…

Même chose au jardin, dorénavant si terne
Qu’il semble avoir perdu sa grâce et ses couleurs.
Sentirait-il aussi cette énorme douleur
Epandue alentour ? Il a l’air d’être en berne,

Et ses fleurs tout ensemble ont fané l’autre nuit.
Le printemps revenu est semblable à l’automne,
Le ciel ensoleillé est d’une teinte jaune
Occultant sa lumière, et les oiseaux ont fui.

La maison s’est tassée, muette et silencieuse.
Dans le salon obscur, le piano est fermé ;
Mais y murmure encor le vieil air élimé,
Discordant et vieilli, d’une ancienne berceuse

Que tu jouais sans cesse… Où t’en es-tu allé,
En quel lieu mystérieux ? La maison est si vide
Sans toi qui est parti… Mais la Mort est avide,
Et quoi que nous fassions, nous sommes ses valets.

Publié dans A la maison, Printemps | Un commentaire

Un hiver mollasson

Poème illustré par un tableau de :
Eric Bruni

La montagne qui dort est couverte de neige.
Sous son édredon blanc, elle a un peu perdu
Son aspect hérissé, ses angles suraigus.
Le ciel est boursouflé d’une lumière beige

Qui distille partout un lancinant ennui.
Le soleil s’est enfui vers d’autres latitudes,
Et les Hauts-Provençaux voient avec lassitude
L’interminable hiver emmitouflé de nuit

S’emparer pour des mois de toute leur montagne.
Il va encor neiger, et le ciel est gonflé
De milliards de flocons tout prêts à dévaler
Des nues vers la vallée, un val étroit où stagne

Depuis quelque huit jours un temps tout mollasson.
Le ciel terni déverse une lumière grise
Sur les toits des chalets, d’où pendouillent des frises
De cristaux effrangés comme des paillassons

S’égouttant lentement. Le brouillard édulcore
Les lignes escarpées, pointues des hauts sommets,
Brouillant d’un voile blanc les à-pics déplumés
Où des mélèzes gris essaient de vivre encore

Malgré le manque d’eau de ce dernier été.
La montagne se tait. Un curieux sortilège
L’aurait-il envoûtée ? Le ciel gonflé de neige
Comme un ballon géant vient juste d’éclater…

Publié dans Hiver, La Haute Provence | Un commentaire

Si chaud, déjà si chaud…

Si chaud, déjà si chaud… Cet été est affreux
Et nous n’en pouvons plus ! Une étuve infernale
Où de pauvres Humains cuisent à petit feu
A fait de la Provence une terre létale.

Un terme hyperbolique? A peine exagéré !
La plage est embrasée, et la mer est si chaude
Qu’on a en s’immergeant la sensation d’entrer
Dans un bouillon brûlant! Quiconque baguenaude

Sur le sable a sitôt un brasier sous les pieds !
Que sera-ce en juillet, le mois caniculaire,
Et sous le soleil d’août ? Nous faudra-t-il prier,
Pour être pardonnés, tous ces dieux en colère

Qui vengent la Nature en nous faisant cramer ?
Oh, Seigneur, qu’il fait chaud ! Nous sommes tous en nage
Dès le petit matin déjà tout enflammé
Par un soleil dément. Il serait bien plus sage

De se terrer chez soi et de n’en plus bouger !
Mais la vie continue ; la routine nous pousse
A agir comme on doit… Alors, déménager ?
Pour aller où, bon sang ? La Provence si douce

A nos cœurs angoissés n’est pas pire qu’ailleurs!
Car il fait chaud partout, partout la canicule…
L’on ne peut qu’espérer bientôt des jours meilleurs
S’il en existe encor… Que ce temps re-bascule

Dans l’Enfer d’où il vient ! Il fait tellement chaud
Qu’hyper déshydratés, l’on ne sait plus que boire :
Du pastis et du vin… et quelquefois de l’eau !
Mais ceci n’est-il point le pire des déboires ?

Publié dans Le début de l'été, Le soleil-lion | Laisser un commentaire

Le crocus et l’oiseau

Un crocus a jailli de l’édredon de neige
Où il dormait encor pour goûter au soleil ;
Le versant escarpé où les flocons s’agrègent
Brille de mille feux sous son disque vermeil.

La fleur est la première à fêter le printemps
Tout prêt à rénover la vie dans la montagne.
Mais un petit oiseau s’ébouriffe en chantant,
Tout gonflé de bonheur. Son gazouillis témoigne

Qu’il sait bien lui aussi que le temps est venu !
Le temps du renouveau, de l’herbe qui repousse
Pour couvrir prestement la froideur du sol nu
Des petits brins serrés de ses millions de pousses.

L’oiseau et le crocus prient à leur façon
La Nature engourdie qui tout juste s’éveille :
La fleur par sa beauté, l’oiseau par sa chanson.
Ils explosent de joie, et tous deux s’émerveillent

Que le soleil enfin reprenne le flambeau.
En hiver, comme un traître, il leur est infidèle
Et s’en va dans le Sud, où par monts et par vaux
Il oublie le Midi pour des pays plus chauds.

Mais il est revenu, bourrelé de remords,
Amenant avec lui un Printemps juvénile
Tout prêt à terrasser la froidure et la mort,
En boutant de l’Ubaye l’hiver quasi sénile

Désormais impuissant face à tant de jeunesse.
Le crocus et l’oiseau frémissent d’allégresse…

Publié dans Hiver, La Haute Provence, Printemps, Zooland | Laisser un commentaire

Un poète

On rit quand on le voit passer
Car c’est un curieux personnage
Qui s’est forgé l’aimable image
D’un homme venu du Passé.

Rimes volant autour de lui
Comme un léger essaim d’abeilles,
Un bouquet de salsepareille
En armoiries, il est celui

Qui poème à longueur de temps.
Il a la tête dans la lune,
Se sert encore d’une plume
Pour écrire tout comme antan.

Ses vers sont des alexandrins
Qui tout en douceur dodelinent ;
Et les gens qu’ils embobelinent
Apprécient tercets et quatrains

Qu’il polit comme des bijoux.
La Nature est la conseillère
Qui l’approvisionne en lumière,
Et il aime qu’on le croit fou.

Les mots pour lui sont des joyaux
Qui enluminent ses poèmes ;
Il les cisèle et il les aime,
Les ajustant avec brio.

Ami des fées, des magiciens,
Il sait parler aux fleurs, aux bêtes.
Il a des rimes plein la tête,
Sans sa poésie, il n’est rien !

Publié dans Les gens | Laisser un commentaire

Le soleil-lumignon

L’aube blanche a posé sur l’horizon éteint
La chétive lueur d’une lampe indécise
Et des ombres floutées peu à peu se précisent
Sur le ciel délavé couleur de vieil étain ;

Car le soleil levant est vraiment très très pâle ;
L’automne nostalgique anémie ses rayons
D’étoile amenuisée, de soleil-lumignon
Au tonus affaibli, et sa lumière opale

Luit misérablement dans le ciel défraîchi.
Un pauvre vieux soleil tout en déliquescence.
Où sont donc sa vigueur et sa toute-puissance ?
Ouaté par le brouillard, son disque réfléchi

Par la mer engourdie est semblable à la lune :
Une boule laiteuse, un gros cercle un peu gris
A la lumière molle ; un astre rabougri
Voilé par les vapeurs d’une brume importune.

Son image est bercée lentement par la mer
Ondulant en longs flots réguliers et tranquilles.
Marseille se ranime en douceur, et la ville
Sous son soleil pâlot a un réveil amer…

On n’a pas l’habitude et l’aurore est bien terne !
Où est donc la lumière aimée des Marseillais ?
Un vent venu d’ailleurs, nébuleux et mouillé,
Affaiblit le soleil en le mettant en berne…

Publié dans Automne, Marseille, Méditerranée | Laisser un commentaire

La corvée

Poème illustré par un tableau de :
Suzanne Bourdet

L’été est vraiment sec par ici ! L’on ne peut
Oublier, fût-ce un jour, la corvée d’arrosage,
Car sécheresse et fleurs ne font point bon ménage !
Il faudrait remercier pour les jours où il pleut

En août et en juillet : ça confine au  miracle…
Depuis quelques années, le ciel s’est asséché
Et la chaleur a crû. Nos jardins bien léchés
Nous offrent, désolés, un affligeant spectacle

Si l’on omet un soir de les pourvoir en eau !
Telles des chiffons mous, les feuilles qui pendouillent
Leur donnent sur le champ une bien triste bouille ;
Et les écervelés se sentent tout penauds

De n’avoir point prévu cette déconfiture.
Pour les roses ça va : tempérament costaud !
Mais ce n’est pas le cas de tous ces végétaux,
Donnant à nos édens une aimable figure

Si en contrepartie on les abreuve bien :
Il faut les arroser chaque jour, chaque soir !
Voyez-les frétiller dès qu’ils voient l’arrosoir,
Tout prêts à recevoir le jet d’eau magicien

Qui les embellira et les fera revivre !
Les pivoines flamboient en gonflant leur jabot,
Les zinnias, les dahlias, les lys, le plumbago
Se gorgent goulûment de l’eau qui les enivre :

Le jardin qui revit est de plus en plus vert
Après avoir subi les affres de l’enfer…

Publié dans A la maison, Le début de l'été, Le soleil-lion | Laisser un commentaire

Une pluie de printemps

Poème illustré par un tableau de :
Germaine Zurdo

La pluie tombe bien droit, et zinzinule comme
Un oiseau au printemps. Et d’ailleurs nous y sommes :
Le mois de mars est là, qui apporte avec lui
Une brise légère et cette aimable pluie

Dont avait tant besoin le sol tout asséché
Par un hiver glacial. Ses petits doigts tapotent
Les vitres balafrées, et des flaques clapotent
Au jardin, dans l’allée. Le soleil ébréché

Par un nuage noir cherche à réapparaître,
Bien qu’il soit affaibli par le dernier grand froid.
Il se sent bien plus fort, et sa lumière croît
Chaque jour un peu plus. Impression de mieux être,

Lente résurrection que féconde cette eau
Tombant en cliquetant sur les toits du village !
Des gouttes de cristal, une averse bien sage
Noyant l’horizon bleu d’un harmonieux rideau…

La pluie tombe tout droit et elle dégouline
Dans le cou du Printemps qui s’éveille impatient
De faire son boulot. Et c’est tout-chaud bouillant
De s’y mettre au plus tôt qu’il fustige et câline

Les graines et la sève enfouies sous la terre.
L’averse est bien jolie avec ces fils en verre
Qui strient le ciel gris d’un filet transparent !
Tout brille sous la pluie, et tout est différent…

Publié dans La Provence au coeur, Printemps | Laisser un commentaire

Le doux pays

Poème illustré par un tableau de :
Pierre Carron

Il est un doux pays que je ne quitterai
Jamais, au grand jamais. Pays qui m’accueillit
Quand j’en avais besoin ; qui tout doux adoucit
Un énorme chagrin… Pays où j’aimerais

Fermer un jour les yeux, d’où je ne peux partir :
Son âme était sans doute implantée dans mes gènes,
Essentielle à mon corps tout comme l’oxygène
L’est pour tout ce qui vit ! Et j’y voudrais mourir

Comme j’y ai vécu, car c’est vraiment ma terre,
Arpentée avec joie chaque jour que Dieu fait,
Même si je sais bien que je n’y suis point née.
Mais cet attachement est-il un grand mystère

Pour ceux qui ont vécu un jour dans ce Midi
Où le soleil est roi, où la lumière est reine ?
Il en faudrait beaucoup pour que je désapprenne
A quel point mon passé m’a attachée ici !

Le temps y est si bleu, la mer tellement proche
Avec ces flots dansants quasi civilisés !
Et ce soleil constant aux rayons aiguisés
Presque toute l’année ! Ce ciel pur qui s’accroche

Quatre cent jours par an aux toits roux des maisons…
Et puis les gens, surtout, et leur accent qui chante,
Et leur accueil plaisant dont la chaleur enchante
Ces estrangers gênants à en perdre raison.

Ce pays remarquable où chacun peut par chance
Vivre des jours heureux ? Ma si chère Provence…

Publié dans Amours, La Provence au coeur, Méditerranée | Un commentaire

Ascension

Montons tous deux, Amour, au-delà des étoiles !
Ne laissons surtout pas la mort nous dévorer,
Toutes griffes dehors, de ses crocs acérés.
Il faut nous entraider pour mieux mettre les voiles
Et partir vers l’Ailleurs sans nul regret, d’autant
Qu’au delà des nuées la montagne est si belle
Qu’on ne peut faire mieux. Elle est intemporelle
Et nous y trouverons les limites du Temps.
Allons main dans la main, sans aucune inquiétude.
Rien ne peut être pis que ce que vivons !
Vois la vie qui se perd, noyée à l’horizon,
Artisane avérée de tant de solitudes…
Nous sommes deux, Amour, et nous allons marcher
Jusqu’à ce que la mort nous rattrape là-haut.
Tu ne peux partir seule, et surtout il ne faut
Pas avoir peur pour nous ; et ne pas décrocher,
Saisie par la terreur, tes doigts d’entre mes doigts.
Montons, mon cher Amour. Cet hiver doux nous aide :
Il ne fait pas trop froid ! Mais la pente est bien raide
Et tu souffles très fort. N’oublie pas que tu dois
Rester tout contre moi : il faut partir ensemble !
Vois comme tout est beau dans le soleil couchant
Qui peint d’or et de roux la Durance et les champs.
Courage, mon Amour. Sous nos pieds le sol tremble…
Publié dans Amours, Hiver, La Haute Provence, Questions ? | Laisser un commentaire

L’intruse

Les rayons du soleil fort bas sur l’horizon
Entrent en biais chez nous ; et ils y font flotter
Des particules d’or, comme s’ils agitaient
De la poudre de riz au cœur de la maison.

C’est un joli ballet, même s’il faut reconnaître
Que tout n’est que poussière… et que c’est consternant !
Mais la lumière drue de l’astre déclinant,
Valsant sous le plafond, semble y faire renaître

Un printemps tout nouveau au seuil du triste automne.
Elle fait flamboyer le noyer du bahut
En lui donnant l’aspect d’un bois tout droit venu
D’un exotique Ailleurs brodé de plages jaunes.

Toujours plus intrusive, elle s’est faufilée
Jusqu’au fauteuil douillet où s’est lové le chat.
Lustrant le poil foncé de l’insolent pacha
Qui dort à qui mieux mieux, de sa langue effilée

Elle chauffe ses reins sans qu’il bouge de place.
Elle avance en rampant sur le sol bien ciré
Etincelant soudain sous le faisceau doré
Qui le fait rutiler tout comme de la glace.

Plus la journée décroît, plus elle se faufile,
Empruntant la fenêtre étroite du salon
Dont l’angle convient bien à son intrusion…
Et puis d’un coup s’éteint, alors que se profile

Dans le ciel assombri la lune de septembre :
Mais j’ai clos la fenêtre, et sa sombre clarté
Bute contre la vitre et ne peut point entrer !
Elle reste dehors et y fait antichambre…

Publié dans A la maison, Automne, Chez nous | Laisser un commentaire

Le photographe

Poème illustré par une photo de :
Marc Lagoutte

A notre ami, le photographe Marc Lagoutte
C’est un vrai magicien, apte à capter le monde,
La nature et les gens au fond d’un appareil
Semblable à un écrin ; où en une seconde
Il fige à tout jamais la vie de ses pareils.

C’est un illusionniste, un peintre de l’instant
Qui fixe pour toujours une scène de rue ;
Un pigeon de Montmartre en immortalisant
Sa démarche pataude et son ombre ventrue ;

Ou de simples quidams, tenant de son talent
Une immortalité facilement acquise ;
Montmartre sous la pluie, et ses pavés luisant
Dans l’ombre en noir et blanc que la nuit électrise…

C’est un très grand poète, un chantre de Paris
Qui louange ses rues et en « copie les rimes »* ;
Un témoin de la vie que son talent décrit
Tel un héraut subtil, sans esbrouffe et sans frime.

* Cette formule si poétique est de Marc

 

Publié dans Les gens | 2 commentaires