Vernis hivernal

Sur la chaussée glissante est posée une couche
De glace qui chatoie. Du verglas par chez nous !
Nous avançons tout doux en pliant les genoux,
Comme de gros bébés encore dans leurs couches

Gardant leur équilibre en étendant les bras.
Tout est gelé partout ! Tout le Sud est touché !
Réduits à presque rien et ridiculisés,
Nous titubons patauds à minuscules pas

Tandis qu’au Nord, là-haut, on se chauffe au soleil ;
Le Midi geint de froid, sidéré, et grelotte
Sous le poids de l’hiver qui plante ses quenottes
Dans sa si tendre chair, de Salon à Marseille.

Cette fois c’est ici que tout a dérapé !
Comme paralysée, la Provence patine
Et glisse, glisse encor. Ah ! Elle a bonne mine
A exhiber ainsi ses routes vernissées !

C’est bien joli, pourtant, ces longs trottoirs luisant
Sous le grand ciel tout noir où la lune de glace
Est comme un ballon bleu. Le froid qui les verglasse
D’heure en heure se fait de plus en plus mordant.

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans Hiver, La Provence au coeur. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire