Un secret

Un elfe

Il me faut vous confier un fabuleux secret
Connu de peu de gens, que je m’en vais vous dire :
Vous expliquer enfin pourquoi les fleurs soupirent
Le matin au printemps, juste au moment sacré

Où le soleil se lève, embrasant l’horizon
D’un énorme incendie ; où il passe du rouge
Au mauve le plus doux ; où dans le ciel qui bouge,
Des myriades d’oiseaux s’envolent à foison.

Les calices déploient leur cœur encor fermé
En un lent mouvement impalpable et timide ;
Leurs pétales soyeux encor un peu humides
S’ouvrent très lentement sous le ciel rallumé,

Et puis laissent sortir leur hôte de la nuit :
Un elfe du jardin fusant de la corolle
Encor un peu fripée, et qui soudain s’envole
Vers un monde enchanté sans soucis ni ennuis.

Grands comme un petit doigt, ces légers êtres nus
Sont lovés dans les fleurs fraîches et parfumées
Des jardins printaniers. Créatures aimées,
Nées au fond de nos coeurs de rêves inconnus,

Ils enchantent le monde et le rendent plus fort
En embellissant tout. Petits souffles de vie,
Ils se chargent de nous quand ils en ont envie ;
Puis, quand le soir s’en vient, reprennent leur essor

Pour aller se blottir dans le giron des fleurs
Où ils passent la nuit, et qui tendrement veillent
Sur leurs petites vies. Et les elfes sommeillent,
Bercés par leur parfum doux et ensorceleur.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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