Une vieille dame

Poème illustré par :

Philippe Calabro
www.calabro.canalblog.com

Chaque jour elle fait ses courses
A petits pas précautionneux ;
Son cabas au bras et sa bourse
Bien camouflée, serrée au creux

De son soutien-gorge ; elle a peur
Qu’on lui vole ses quelques sous
Car même à Bandol la terreur
D’être attaqué a fait son trou !

Elle ne se reconnaît plus,
N’a plus de formes ni de taille :
Gris bibendum un peu joufflu
Qui continue vaille que vaille

Et qui ne se souvient plus guère
Du temps lointain de sa jeunesse,
Peut-être pendant l’autre guerre…
Oh ! Mais c’est là que le bât blesse :

Pourquoi fut-elle si jolie
Quand les Temps ne s’y prêtaient pas ?
Et maintenant que c’est fini,
Elle avance à tout petits pas,

Une canne en main, vacillante.
Mais tant qu’elle pourra sortir
Qu’elle se sait encor vaillante,
Elle ne pourra pas mourir…

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans Les gens. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.