Un silence incongru

Eté

Poème illustré par un tableau de :

Nicole Benoit
http://www.nicole-benoit.com

Pourquoi vous taisez-vous, cigales scélérates ?
On m’a dit que partout ailleurs vous striduliez !
Mes pins sont-ils pour vous trop inhospitaliers,
Comme mes oliviers ? Petites renégates,

Combien de fois pourtant vous ai-je célébrées ?
Pourquoi donc avez-vous délaissé mon jardin ?
Il est pourtant joli ! Du thym, du romarin,
Des fleurs un peu partout, tellement parfumées

Qu’on en est étourdi de senteurs délicieuses
Dès qu’on y met son nez. Pourquoi vous cachez-vous ?
Avez-vous oublié notre grand rendez-vous
Du 20 juin, chaque année ? Entente mystérieuse

Entre moi, la Lorraine, et vous, les Provençales !
Je vous ai rencontrées il y a fort longtemps,
Au temps où je croyais que c’était au printemps
Que vous vous réveilliez, mes charmantes cigales !

Comme tous ceux du Nord ! Mais vous êtes flemmardes,
Qui restez engourdies à mûrir et dormir
Jusqu’au bord de l’été. Et qui allez mourir
Juste trois mois après, quand l’horrible Camarde

S’en vient vous faire taire. Et puis l’été s’en va,
Dont vous êtes pour moi les petits émissaires…
Chantez vite, bon sang : pour mon anniversaire !
Vous êtes du beau temps l’essentiel canevas…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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3 réponses à Un silence incongru

  1. Nicole Benoit dit :

    C’est avec grand plaisir que je partage ma toile en illustration de votre si joli poème , Vette ! .. Et j’entends déjà le chant des cigales pour me rappeler la douceur de vivre dans notre belle Provence ..

  2. Merci, Nicole ! Il y a comme ça des peintures et des textes qui semblent avoir été faits pour cheminer ensemble…

  3. flipperine dit :

    elles commencent à chanter

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