Un ruisseau de montagne

C’est un petit ruisseau qui coule tout là-haut,
Un tout petit ruisseau fait de trois gouttes d’eau ;
Un filet de cristal, une onde transparente
Sautillant hardiment en dévalant la pente

Et qui se prend vraiment, parfois, pour un torrent
Quant une grosse pluie renforce son courant.
Il est vraiment heureux dès qu’elle tambourine
Sur les prés verdoyants des pentes subalpines :

Elle le fortifie, c’est pour lui un nectar,
Elixir bienfaisant le boostant à l’instar
D’un vrai philtre magique. Il bouillonne et il mousse,
Gicle et crache à tous vents, accélère sa course

Pour rattraper en bas bien d’autres ruisselets,
Excités et cinglés comme lui même l’est,
Déboulant de concert de la Haute Provence
Pour retrouver enfin leur mère la Durance.

Mais dès juin, il est maigre et fait de gros efforts
Pour descendre la pente un peu plus loin encor,
Et encore et encor, car il est optimiste,
Attendant un orage pour se remettre en piste.

Pourtant le plus souvent c’est un tout petit ru
Qui joue en attendant une prochaine crue,
Minuscule rigole où flottent des brindilles,
Des brins d’herbe dansant sur son eau qui scintille.

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans La Haute Provence, La Provence au coeur, Le début de l'été, Le soleil-lion. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire