Un oiseau en automne

Sur un sommet pentu des Alpes provençales,
Un oiseau s’est posé, minuscule fétu
De plumes embrasées par la lumière pâle
D’un soleil moribond. Ce matin il a plu ;

Une brume dorée voile le pic de Bure
Penché vers le plateau. De grands pans indécis
Ondulent lentement dans le ciel refroidi
Par l’avant-jour frisquet ; mais l’oiseau n’en a cure

Tant est déjà bien chaud son paletot de plumes.
Il est prêt pour l’hiver, il n’en redoute rien ;
Le vent l’a mené là et il s’y sent très bien.
Dominant la vallée que le soleil allume,

Il est le roi du monde, il sifflote et boursoufle
Son duvet si léger qu’il s’ébouriffe au vent.
Un passereau dodu, allègre et si vivant
Que l’été déclinant en jalouse le souffle,

Envieux de cette vie qui paraît si costaude.
Les yeux de l’oiseau rient, mais son regard pointu
Est méfiant malgré tout car souvent la mort rode,
Qui peut fondre du ciel : un aigle au bec crochu..

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A propos Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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