Un été précoce

Poème illustré par un tableau de :

Henry Wallis
(1830-1916)

Il est encor très tôt ; l’on étouffe déjà
Car l’air chaud trop pesant ne s’est pas rafraîchi
Au long du cours brûlant d’une trop courte nuit.
Bien qu’on soit début juin, l’on est déjà très las,

Harassé de chaleur et moite de sueur.
L’été qui entre en danse a bien fourbi ses armes :
La terre est déjà cuite ; un craquement d’alarme
Fait vibrer le bois sec des pins dont la sueur

Résineuse et ocrée suinte déjà des troncs.
Nous ne sommes pas prêts à avoir aussi chaud
Et à tant transpirer. Il est vraiment trop tôt !
Même notre Midi ne tourne plus très rond…

Ce qui est inouï, c’est ce maudit silence
Sans cigales, sans rien : elles ne savent pas
Que leur temps est venu et que l’été est là !
Ce foutraque d’été est bien trop en avance…

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans Le début de l'été. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire