Un érable en Provence

Au fond de mon jardin s’élève un bel érable
Importé du Québec, tout à fait incongru
Dans notre chaud Midi. Mais un Destin aimable
L’aide à se bien tenir : personne ne l’eût cru

Quand il fut rapporté du grand Nord par un fou…
Qui avait eu raison ! Il semble invulnérable,
Et malgré la chaleur, il tient fort bien le coup !
Lors du dernier été, il a été capable

De supporter la soif et garder son feuillage
Jusqu’à la fin septembre. Et alors – oh, mon Dieu !
Nous avons tous pensé que c’était un mirage ;
Il est devenu pourpre, aussi roux que le feu

Embrasant l’horizon au coucher du soleil :
Non loin de la fontaine, une boule écarlate
Rutilant tant et plus d’un chaud éclat vermeil !
La lumière d’automne a soudain paru mate

A nos yeux éblouis par ce presque-miracle !
Charmés et ébahis comme tous nos amis,
Nous l’avons applaudi. Et porté au pinacle
Par tant d’admiration, l’arbre a encor rougi !

  •  
  •  
  •  

A propos Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans Automne, Contes. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.