Un épais édredon


La neige a tant gonflé les pentes du Cousson
Qu’il est tout rebondi, comme un sommet des Vosges
A la fin de l’hiver quand le grand froid proroge
Un long enneigement. Seuls quelques gros buissons

Posent leur ombre bleue sur l’épais duvet blanc.
Mais comment donc le ciel transparent et limpide,
Où ne transparaissait pas une seule ride,
A-t-il pu cette nuit déverser sur les flancs

De la rude montagne ces milliards de flocons
Impalpables et drus qui l’ont transfigurée ?
La neige a amolli ses pentes acérées
Et ses crêtes bombées ont des airs de ballons.

Mais est-on vraiment sûr qu’on n’est pas en Alsace,
Et ce sommet en boule est-il bien du Midi ?
Le Cousson est dodu et son ventre arrondi
Lui donne ce matin une certaine grâce

Qui n’est point malvenue ni même déplaisante.
On a rarement vu une telle épaisseur
De neige au bord de l’Asse. Et c’est tout en douceur
Que l’eau de la rivière aujourd’hui somnolente

Clapote en chuchotant le long de la falaise.
La couche accumulée étouffe tous les bruits :
La montagne est muette, il n’y a pas un cri
Car même les choucas désorientés se taisent.

  •  
  •  
  •  

A propos Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans Hiver, La Haute Provence. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.