Trois jonquilles

Trois jonquille(s) ont fleuri sur le pré enneigé,
Trois petits soleils d’or qui viennent d’émerger
D’un épais linceul blanc. Des fleurs si vulnérables !
Puisse mars se montrer toujours aussi aimable

Qu’il le fut l’an dernier en haut pays d’Ubaye,
Et leur laisser le temps de longues retrouvailles
Avec un gai printemps verdissant les talus !
Peut-être que bientôt il ne gèlera plus ?

Sans doute ont-elles froid ? Elles courbent la tête,
La neige alourdissant leur jolie collerette,
Elle aussi engluée par un magma poisseux.
Le soleil compatit et il fait de son mieux

Pour faire peu à peu fondre la carapace
Du lourd cocon durci par le gel et la glace
Solidifiant leur tige. Il en fond de pitié.
Peut-être pourra-t-il désentraver leur pied

De sa gangue gelée ? Tout là-haut la montagne
Commence à ruisseler, et la lumière gagne
Peu à peu la vallée. C’est la fin de l’hiver,
Le printemps montre enfin son joli museau vert.

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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