Trois feuilles…

feuilles-mortes

Trois feuilles détachées du vieux micocoulier
Glissent au fil de l’eau argentée du ruisseau.
Portées par le torrent qui court vers Forcalquier :
Navires chancelants, trois tout petits bateaux.

Arrachées au courant fougueux qui caracole
Par un coup de mistral, et prenant leur essor,
Les feuilles malmenées font un bond et s’envolent :
Infimes hélicos menés par un rotor ?

Planant dans les nuées comme des oiseaux blonds,
Elles virent et vont, elles tournoient et dansent,
Portées jusques au Sud, survolant les vallons,
Ballotées par le vent et valsant en cadence.

Trois feuilles emportées par le mistral d’automne,
Virevoltant en choeur… Au-dessus de Marseille,
Trois légers cerfs-volants, fragiles nefs si jaunes
Qu’elles brillent au ciel tels trois petits soleils.

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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