Tombe, tombe, la pluie…

Poème illustré par un tableau de :

Leonid Afremov
www.afremov.com

Continue à tomber, belle aux doigts de cristal,
Car tu es bienvenue en ces longs mois si sombres,
T’immisçant en douceur jusqu’au coeur abyssal
D’un sous-sol inconnu, le royaume de l’ombre !

Les plantes endormies n’ont plus à absorber
Ton nectar bénéfique à leur résurrection :
Tu peux donc librement aller et pénétrer
Jusqu’aux lacs souterrains et qu’on dit si profonds.

Reconstitue ces nappes, ces veines cachées
D’où jailliront ruisseaux et sources argentines
Revigorant les puits. Fends le sol asséché
Pour y semer la vie de ton eau cristalline.

Tombe, tombe, la belle, attendue ardemment,
D’autant que par chez nous tu es inestimable ;
En Provence, l’hiver, nous sommes tes amants
Même si quelquefois tu es… inconfortable

Avec tes doigts glacés se glissant dans le cou,
Ou ton flagellement, tes caresses visqueuses…
Une trombe en folie ou un battement doux !
Mais malgré tes excès, tu nous es si précieuse…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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