Terreur nocturne

Qui pianote tout doux à l’huis de la maison ?
Un léger battement, un soupir, une sorte
De frôlement furtif qui défie la raison.
Qui donc tapote ainsi au vantail de la porte

A onze heures du soir ? On a déjà ouvert
Rapidement – deux fois – mais l’on n’a vu personne !
Maintenant l’on a peur. Quel est donc ce pervers
Qui veut nous effrayer ? Voici qu’on déraisonne

En cherchant qui, dehors, veut nous pousser à bout.
Il est vrai qu’on est seuls au cœur de la garrigue,
Que lugubre est le cri de ce maudit hibou
Qui niche pas bien loin. Et qu’on paie les fatigues

Cumulées au travail tout au long de l’été.
L’on est venu passer quelques journées tranquilles
Dans la vieille maison, dont la tranquillité
Nous déstresse si bien à l’écart de la ville.

Et voici que ce bruit nous fait battre le cœur !
Il n’est pas régulier, bat par intermittences.
Un petit tapotis. Mais l’on sent la rancoeur
Nous gagner peu à peu, une colère intense

Envers cet inconnu qui veut nous faire peur.
On est terrorisés, d’autant que le bruit cesse
Quand on crie d’arrêter au maudit visiteur
Qui veut nous affoler, nous menace et nous stresse…

C’est moi qui ai tiré au travers de la porte.
Et puis l’on a ouvert. Il gisait sur le seuil.
Créature chétive, insignifiante et morte :
Notre assaillant nocturne était… un écureuil.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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