Tempête

tempete

Le vent est déchaîné, et des virgules blanches
Strient de tirets blancs les vagues bleu foncé.
Le mistral est énorme, et la mer se déhanche
En un ballet dément qui vient se fracasser

Sur les digues du port ancrées comme des rocs.
Comme à l’accoutumée, Marseille est impassible,
Apathique et stoïque, habituée aux chocs
Assénés par les flots aux coups imprévisibles.

Sur les eaux indigo, le ciel est bleu marine,
D’un bleu tellement pur qu’il est peut-être faux !
C’est l’effet du grand vent dont les ailes s’échinent
A chasser les nuées. Il fait froid, il fait beau

Et la mer est superbe au-delà du réel.
Les îles sont frangées par un réseau d’écume
Déposée par le vent – immuables castels
Dessinés au fusain. Il n’y a pas de brume,

Leur dessin est si net qu’elles paraissent proches
De la côte assaillie par les flots furieux.
Les rochers sont mousseux ; l’écume s’y accroche,
Tel le duvet léger des nuages aux cieux.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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