Spleen printanier

printemps provençal

Le ciel est un peu gris avec des reflets jaunes.
On est au mois d’avril, et tout me semble atone,
Insipide, engourdi comme un temps finissant :
Renouveau sans éclat aux accents languissants…

Pleuvrait-il dans mon coeur sans qu’il pleuve au jardin ?
Le printemps semble mou, sans cet esprit badin
De saison enjouée bariolée de teintes
Polychromes et gaies. Que des couleurs éteintes !

Un hiver attardé ne sachant plus mourir !
Un rayon de soleil ténu comme un soupir ?
Il est déjà fané… De nouveau la tristesse
Vient envahir mon coeur désemparé que blesse

L’éclat noir d’un passé qui veut tout envahir.
J’ai besoin d’une main pour pouvoir repartir,
Sentir qu’incessamment la vie se renouvelle,
Qu’elle peut derechef voler à tire d’ailes…

Mais dans le ciel trop gris courent des reflets jaunes
Et le doux chant des fleurs me semble monotone,
Tous les ans identique et même un peu lassant…
Un sombre violon grince un air angoissant

Tout au fond de mon âme. Il faut aider ma vie
A se sortir de là…Mais en a-t-elle envie ?
L’on va laisser le Temps ranger son triste archet,
En attendant  la fin de ce morne couplet…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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