Sous le ciel embrasé…

Eric Bruni

Poème illustré par un tableau de :

Eric Bruni
www.bruni-gallery.com

Sous le ciel embrasé par le grand soleil blanc,
La Provence somnole en attendant l’automne.
Le sol y est trop sec, la garrique trop jaune
Et il n’y a pas plu depuis bien trop longtemps.

L’angoisse rôde entour car tout est trop aride.
Pas une goutte d’eau depuis quelque trois mois,
Et cette siccité provoque un grand émoi
Au coeur des Provençaux. Une impression de vide,

D’air raréfié trop dur et de stérilité !
Encore heureux que l’eau coulant de la montagne
S’offre comme un nectar, or mouvant qu’accompagnent
La fraîcheur et la joie de la fécondité !

Mais malgré ce filon, de toute la Provence
A bout de sécheresse et de trop de chaleur,
Des villes et des champs, de partout, comme un choeur,
A jailli tout à coup un long cri de souffrance :

Ras-le-bol et révolte, amertume mêlés !
Les gens, les animaux, les plantes et les pierres
Ont soudain explosé pour hurler leur misère.
Leur appel au secours s’est alors envolé

Vers le ciel enfiévré… Et comme apitoyées,
Les nuées déchirées par un grand éclair bleu
Ont soudain déversé en présent fabuleux
De longs rideaux de pluie sur la terre asséchée…

En Provence, en tout lieu, l’on s’est mis à danser :
Les animaux, les gens, les pierres et les plantes
Devenus comme fous sous l’averse battante
Se sont mis à valser dans un monde insensé.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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