Sonnet pour un temps gris

Le ciel est terne et doux. Mais où sont donc passées
Les violentes couleurs des terres provençales ?
Une brume cendrée s’est tout entrelacée
Aux branches du cyprès dont parfois elle avale

La pointe suraiguë. Il n’a plus de sommet
Et sa cime estompée se perd dans le ciel gris.
Est-ce bien le printemps que ce temps délavé ?
Un paisible oiseau gris flotte sur le roulis

De la mer argentée flasque comme de l’huile
Et qui lèche en douceur les digues de la ville.
Léthargie vraiment rare en Méditerranée !

Le brouillard étouffant qui envahit les rues
Absorbe tous les bruits sous son voile ouaté.
Où s’en est donc allé le printemps revenu ?

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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