Soir d’automne en Arles

Poème illustré par un tableau de :

Vincent Van Gogh
(1853-1890)

Le soleil s’est couché, mais il a nous a laissé
Son manteau transparent qui tamise le ciel
D’un voilage un peu mauve et griffé par les ailes
D’un vol tardif d’oiseaux zébrant l’azur léger.

Les fleurs ont bien moins soif ; la nuit tombe plus tôt,
Plus fraîche et friselant de frissons délicieux.
Le plumbago explose en mille bouquets bleus,
Les tout derniers éclos dans le soir indigo.

Douceur de fin d’été, charme d’un presqu’automne :
Le temps est idéal, tout comme il devrait l’être
Au long cours de l’année. Arles semble renaître,
Tel qu’au coeur du printemps sur les rives du Rhône.

La ville est apaisée, et septembre y est doux
Comme en ces soirs de mai où le vent est un souffle.
Elle est tout engourdie et elle s’emmitoufle
Dans des pans de brouillard tavelés de spots roux.

La lumière musarde sur les Alyscamps
Où cheminent encor des ombres imprécises.
Le cimetière est tiède et frémit sous la brise
Qui vient de se lever au Nord en soupirant.

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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