Salon de Provence

 

 

Un château surplombe la ville,
Tout empêtré dans ses créneaux,
Ses mâchicoulis, ses meneaux.
L’Histoire y est presqu’immobile.

Nostradamus y a vécu
Et son ombre légère et brune,
Couleur du temps, couleur de lune,
Y hante quelquefois les rues.

Ce fut un gros bourg bien tranquille
Mais ses antiques voies pavées,
Ses maisons creuses, son été
N’y goûtent qu’une paix fragile.

Car neuf oiseaux au corps d’acier
Nichent non loin dans la campagne.
Parfois ils se ruent, puis s’éloignent
En striant le ciel supplicié.

Et la vieille cité d’antan
Se met à vibrer en ses murs,
Une fugitive écorchure
Blesse les nues en leur mitan.

Les monstres alors vont au nid,
Crachant de leur jabot un homme,
Et Salon replonge en son somme
Sous le ciel enfin assagi.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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