Saint Gens

 

Il y a bien longtemps un damoiseau vivait
Retiré en ermite au fin fond des collines
Pas bien loin de Monteux, dans les monts du Beaucet.
Travaillant seul son champ pour la gloire divine,

Il priait, méditait, labourait à la houe
Ou avec les deux vaches données par son père,
Jusqu’à ce qu’un beau jour survienne un très grand loup
Qui tua sa Noiraude – vil suppôt de l’Enfer !

Mais Gens n’avait pas peur : il terrassa la Bête
Et puis il l’obligea à travailler pour lui
Attelé aux côtés de sa douce Blanchette ;
Elle était courageuse et le labeur reprit …

Un jour en mal de lui sa mère vint le voir.
Il s’était exilé très loin de la maison :
Elle n’arriva donc qu’au moment où le soir
Souffle un peu de fraîcheur dans le creux des vallons.

Elle mourait de soif, supplia le jeune homme
Qui transperça alors une roche du doigt
Pour en faire jaillir une eau limpide comme
Une source d’argent détournée pour un roi.

Depuis s’il fait trop sec, quand on veut de la pluie
Aux entours de Monteux, c’est Saint Gens que l’on prie …

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans Cités provençales, Contes, La Provence au coeur. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à Saint Gens

  1. Joëlle dit :

    …….. Un Rajout à mon commentaire ci-dessus :
    SAINT GENS ……. On m’y mena j’avais 5 ans en pélérinage j’en garde un souvenir QUI NE S’EFFACERA JAMAIS.
    bien que j’y sois allée d’autres fois.

    Vous devez savoir que l’on doit se coucher dans le lit de St GENS LA TÊTE EN BAS….. QU’ELLE PEUR A 5 ANS….

    Joëlle de MODENE

Laisser un commentaire