Réchauffement climatique ?

Des larmes de cristal dégouttent des rameaux,
Stalactites gelées tellement transparentes
Qu’on peut y voir le ciel. Sculptures effarantes
Car on n’est qu’en novembre. Il y a des grumeaux

Blancs et coagulés qui tanguent sur l’étang,
Minuscules glaçons à l’équilibre instable :
Signes avant-coureurs d’un hiver redoutable
Trop pressé de sévir, en avance d’un temps,

Ou effets destructeurs de cette obscurité
Qui éteint le soleil jusqu’à la mi-décembre ?
Les feuilles ont jauni, et le gel en démembre
Les tout derniers lambeaux de ses crocs acérés…

L’on nous parle partout du redoux du climat
Alors qu’on a très froid et qu’on n’est qu’en automne !
Le soleil n’y est plus qu’un terne fanal jaune
Se laissant grignoter tout doux par le frimas,

Et nous nous demandons si l’on se rit de nous !
Octobre fut glacé tout autant que novembre ;
L’on a fait un grand feu dans l’âtre de la chambre
Pour que s’y dévêtir soit juste un peu plus doux,

Et l’on voudrait qu’on croit au radoucissement
Du climat par chez nous, alors qu’on y grelotte
Dès l’automne venu ! La lumière est pâlotte
Comme au mois de janvier. Peut-être qu’on nous ment

En nous parlant ainsi du grand réchauffement ?
Mais les savants, c’est sûr, ont une grosse tête
Qui a pensé pour nous ! Et il serait fort bête
De ne point écouter leurs conseils… du moment !

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

Ce contenu a été publié dans Automne, Chez nous. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire